Coup d’arrêt

21 02 2011

Ce n’est pas la première fois que la Formule 1 tremble sur ses bases ; mais cette fois-ci, les événements politiques qui sévissent un peu partout dans le monde musulman, et plus particulièrement au Bahreïn, pourraient faire plier pour la première fois le grand barnum économico-sportif du sport automobile.


L’élan de révolution et de démocratie qui parcours le monde arabe est en train de toucher une multitude de pays. Après la Tunisie et l’Egypte, le Moyen-Orient commence lui aussi à sentir les déflagrations de ce tremblement de terre populaire.

Le Bahreïn, qui intéresse particulièrement le sport automobile puisque la première manche du championnat de Formule 1 doit s’y dérouler dans quelques semaines, est en train de devenir un épicentre de cette révolte.

De nombreux pays comme la Grande-Bretagne, l’Australie ou le Canada ont déjà fortement déconseillé à leurs ressortissants de se rendre dans le royaume.

La capitale, Manama, a déjà été la cible d’affrontements violents entre les manifestants anti-régime et la police locale. Une situation délicate qui fait évidemment passer le sport au second plan des intérêts actuels. De plus, la sécurité étant plus que précaire, les plus vives interrogations se posent quant à la tenue des derniers essais hivernaux et du premier grand prix prévu sur ces terres.

Bernie Ecclestone, promoteur de la discipline souffle le chaud et le froid depuis plusieurs jours en émettant des avis contradictoires selon l’évolution de la situation. Une chose est sûre, une alternative à déjà été trouvé.

Les essais prévus une dizaine de jours avant le grand prix pourraient être délocalisé en Espagne ou en France (on parle de Jerez ou du Castellet – ce qui serait la première apparition d’une Formule 1 sur le sol français depuis la victoire de Felipe Massa à Magny Cours en 2008) et la course au Bahreïn proprement annulée, ou reportée à une date ultérieure. L’Australie récupérerait alors sa place de première étape d’un championnat qui ne compterait plus que 19 courses.

Cependant, jamais la Formule 1 n’avait eu à subir ou à se plier à quelques mouvements sociaux, politiques ou terroristes dans toute son histoire.

La guerre des deux instances politiques,  FISA et FOCA, qui se disputaient la légitimité de la Formule 1 à l’orée des années 80 n’aura causé comme désagréments qu’un semblant de grand prix en Espagne lors de la saison 1980 ou seule les écuries FOCA ont participé à la course remportée par Alan Jones sur Williams, ainsi qu’a une tentative de création de championnat parallèle début 1981 avec les même écurie FOCA mais vite annihilée par le manque de suivi médiatique et la future création des Accords Concordes qui allaient régir ce sport jusqu’à aujourd’hui encore.

Finalement, l’affrontement qui opposait les deux hommes fort du moment, Jean-Marie Balestre pour la FISA et le déjà incontournable Bernie Ecclestone pour la FOCA n’aura eu d’impact que sur un tome de la fameuse série de bande dessinée Michel Vaillant dans lequel Jean Graton imaginait la suite de l’histoire, séparée en deux championnats distincts. Pure fiction dans les années 80 mais dont le spectre ressurgissait ces dernières années…

La Formule 1 n’a pas eu à subir non plus les conséquences de la guerre du golfe ou des attentats du 11 septembre. Elle était même devenue, dans ce dernier cas, une vitrine occidentale de la volonté de chacun de ne pas se plier aux menaces terroristes en continuant un semblant de vie normale. Toutes les écuries se présentant sur la grille de départ avec un bandeau noir sur leur livrée, même vierge de sponsors pour Ferrari.

 

Si la rumeur de boycott du grand prix de Bahreïn par quelques équipes se confirme, Bernie Ecclestone n’aura d’autre choix que de repousser la course. Personne ne songe à une annulation aux vues des enjeux économiques engagés par l’épreuve. Mais cette inquiétude parait cependant bien futile à la vue des événements sociopolitiques du moment.

 

Axel B.





Kubica, pilote divin

15 02 2011

Ces derniers jours, le petit monde de la Formule 1 a été secoué par le grave accident de Robert Kubica, survenu alors qu’il concourrait lors d’un rallye en Italie. Si l’état du pilote suite au crash pouvait laisser penser au pire, des nouvelles rassurantes sont rapidement parvenues en provenance de l’hôpital dans lequel le polonais était soigné. Kubica est donc un rescapé.


Mais ce n’est pas la première fois qu’il lui arrive pareilles mésaventures. Et il s’en sort à chaque fois miraculeusement avec des blessures moins graves que ce que la puissance de l’accident pouvait laisser présager. Robert serait-il alors favoris des Dieux ? Lorsque l’ont connait l’importance de la religion dans sa vie, cette question, au demeurant futile et risible, prend une toute autre dimension.

Plus que la religion, Kubica entretient un lien particulier avec Karol Wojtyla, cardinal devenu Pape sous le nom de Jean Paul II, et originaire de Cracovie, en Pologne, comme le pilote.

Tout le monde se souvient du grand prix du Canada 2007, qui avait été le théâtre de l’effroyable accident du pilote polonais dont la monoplace avait percuté un mur après être entré en collision avec la Toyota de Jarno trulli, et avait effectué plusieurs tonneaux avant de retomber lourdement, déchiquetée, sur le bas côté.

Les secours présent sur le circuit étaient intervenus rapidement et les médecins s’attendaient au pire. Au contraire, Kubica ne souffrira que d’une légère commotion cérébrale, d’une cheville foulée et de quelques contusions. Outre le fait que la sécurité des habitacles des monoplaces et des abords des circuits aient été grandement amélioré au fil des ans (en effet, la coque de survie de la BMW-Sauber de Kubica est restée intacte après le choc contre les rails), le fait que les blessures du pilote soient si peu grave a étonné les précis observateurs.

Plus tard, Kubica avouera qu’il portait dans son casque une photo du défunt Pape Jean Paul II, et que celle-ci avait sûrement eu une influence sur la chance qui se trouvait de son côté cet après midi là.

D’ailleurs, l’histoire entre l’homme de foi et le pilote n’en restera pas là. Le père Slawomir Ode proposera lors du processus de béatification de Karol Wojtyla, d’inclure l’accident de Kubica au Canada comme étant un miracle avéré. Cependant, cet argument ne sera pas reconnu car il n’est pas surnaturel que le pilote est survécu à cet accident, grâce notamment aux progrès techniques cités précédemment.

Cela n’empêchera néanmoins pas l’église d’offrir dans quelques jours au pilote polonais une relique de Jean Paul II comportant une goutte de son sang et un bout d’étoffe lui ayant appartenu. La matérialisation et la reconnaissance d’un lien tacite qui unit les deux hommes.

Kubica avait également été victime d’un accident de la route en 2003, alors qu’il était passager d’une voiture et qu’un autre automobiliste les avait percutés, lui et son conducteur. Son bras droit (le même que celui qui a souffert dans son accident de rallye) avait été gravement touché et, après une rééducation impressionnante, la carrière du polonais pris un envol formidable aujourd’hui stoppé par un nouvel accident.

 

Mais preuve de son incroyable mental, Kubica a déjà déclaré à la presse qu’il allait revenir encore plus fort qu’avant : « Je veux revenir en piste plus fort que jamais, car après ces accidents, vous n’êtes plus le même qu’avant, vous vous améliorez ». Comment ne pas croire un homme qui a vécu tant d’embûches et qui conserve malgré tout un exceptionnel talent ?

 

Axel B.





Une cascade de présentations (2)

9 02 2011

Cette semaine, nous allons porter un regard sur les autres écuries ayant présenté leur nouvelle monoplace. Au programme, Mercedes, McLaren-Mercedes, Williams-Cosworth, Red Bull-Renault, Virgin-Cosworth, Force India-Mercedes et HRT-Cosworth.


L’équipe Mercedes a quelque peu raté son effet de surprise. Une photo de la nouvelle WO2 a parcourue la toile Internet la veille de sa présentation.

Si le design de cette monoplace n’est pas révolutionnaire et moins innovant que sa devancière (plus particulièrement concernant  l’entrée d’air au dessus du cockpit), Ross Brawn porte de grands espoirs dans sa nouvelle née qui devrait normalement permettre à Michael Schumacher et Nico Rosberg de lutter pour les premières places à l’instar de sa consoeur McLaren-Mercedes.

Cette dernière, redevenue depuis une écurie cliente Mercedes, vise également le titre avec un duo de pilotes éprouvés et constants qui étaient ravi de l’approche prudente et réfléchie du team de Woking.

En effet, la structure britannique a prit plus de temps que ses principaux concurrents pour présenter sa nouvelle monoplace et a, de ce fait, commencé les essais hivernaux avec son ancienne voiture. La ligne de la McLaren est épurée notamment à l’arrière, avec des pontons très fins, trait commun que l’on retrouve sur la majorité des nouvelles monoplaces 2011. La MP4-26 semble être la monoplace la plus raffinée et la plus travaillé parmi ses concurrentes.

Une fois de plus, l’écurie s’est distinguée par une présentation innovante où la voiture est arrivée en kit à Berlin avant d’être assemblée sur place par des mécaniciens, sous les yeux du public.

Tout l’inverse de la présentation conventionnelle de Williams-Cosworth dans leur box du circuit de Valence, qui a mit à jour la nouvelle monoplace britannique sous des couleurs encore transitoires et vierges de nombreux sponsors.

La nouvelle FW33 a donc immédiatement prit la piste aux mains de Rubens Barrichello qui s’est dit impressionné par ses performances. Le pilote brésilien, toujours optimiste, ne manquera pas dans peu de temps, comme à l’accoutumé, de révéler de grandes ambitions pour la saison à venir.

Mais la principale nouvelle annoncée par l’écurie Williams concernait surtout son avenir et son introduction en bourse. Frank Williams, toujours soucieux de la pérennité de son entreprise a donc décidé de lui donner une nouvelle impulsion économique.

L’impulsion de la victoire, elle, a été insufflée à l’écurie Red Bull la saison dernière. Elle compte bien tirer parti cette année de l’excellente base de sa monoplace 2010.

Adrian Newey, acteur important lors de la victoire de Sebastian Vettel et de Red Bull la saison dernière a néanmoins été très conservateur et peu d’innovations sont visibles. Mais pourquoi changer une formule qui gagne ?

Les louanges reçues par l’équipe tout l’hiver n’ont fait qu’augmenter la confiance de l’équipe et ce ne sont pas les révélations tardives de Mark Webber sur sa blessure à l’épaule en fin de saison 2010 qui auront une incidence sur la marche victorieuse de la firme autrichienne. Le pilote australien cependant semble de plus en plus isolé au sein de celle-ci.

Virgin Racing, ou plutôt devrions nous dire Marussia-Virgin Racing reste elle aussi fidèle à sa ligne directrice 2010 en présentant une monoplace conçue entièrement par ordinateur, sans passer par la sacro-sainte étape de la soufflerie. L’écurie, qui courra cette saison sous licence russe, a présenté son nouveau bolide en direct des studios de la BBC, annonçant de ce fait implicitement qu’elle ne renonçait pas tout à fait à ses racines britanniques.

L’expérimenté Timo Glock et le jeune belge Jerôme d’Ambrosio, premier représentant de son pays depuis 17 longues années tenterons tant bien que mal de ne pas réitérer les performances médiocres de 2010, qui avait vu l’équipe finir à la dernière place du championnat.

Force India compte également beaucoup sur la nouvelle VJM04 qui doit permettre à l’équipe de reconquérir le podium. C’est en tout cas l’objectif avoué d’Adrian Sutil, pour qui le temps sans succès semble long. Il ne voudrait pas basculer dans la caste des éternels espoirs qui n’arrivent pas à confirmer leur indéniable talent. Paul di Resta qui remplacera Vitantonio Liuzzi cette saison, aura un approche plus réservée et profitera des progrès attendus de l’écurie indienne pour parfaire son pilotage et apprendre les ficelles du métier de pilote de Formule 1.

En fond de grille, la révolution d’image entamée par l’équipe HRT semble être à ce jour la seule modification probante de la première écurie espagnole en Formule 1. Ses pontons vierges de sponsors et ses couleurs rappelant la robe des McLaren masquent difficilement un chassis obsolète conduit par un pilote vieillissant (Narain Karthikeyan) faisant son retour après six ans d’absence. Les seules ambitions d’Hispania sont évidemment de rester en vie jusqu’à la fin de la saison…le second baquet sera sûrement confié à un, voire, plusieurs pilotes durant l’année selon son budget.

 

Le plateau de Formule 1 pour l’année 2011 est désormais complet. Cette saison sera transitoire en terme d’environnement technique avant les grands changements prévus pour 2013. Le retour du SREC (ou KERS pour les anglophones) et l’innovation des échappements bas vu sur certaines monoplaces comme la McLaren en seront les principales attractions qui feront autant parler durant la saison que le F-duct l’année dernière et aujourd’hui proscrit.

 

Axel B.





Une cascade de présentations (1)

1 02 2011

En Formule 1, les deux premiers mois de l’année sont propices à la présentation des nouvelles monoplaces des équipes. Ce début 2011 ne déroge pas à la règle. Cette semaine, nous allons nous pencher sur les démonstrations de Ferrari, Team Lotus-Renault, Lotus-Renault (à vous de faire la différence), Sauber-Ferrari et Toro Rosso-Ferrari, qui ont levé le voile sur leur avenir en piste. La suite du plateau sera analysée la semaine prochaine.

Une fois n’est pas coutume, la mythique Scuderia Ferrari a été la première à nous présenter sa F150, dont l’appellation est un hommage aux 150 ans de l’unification de l’Italie.

Un Fernando Alonso barbu et un Felipe Massa revigoré ont été des acteurs actifs de cette présentation en clamant haut et fort que cette nouvelle voiture allait leur permettre de, sinon remporter le championnat, du moins se battre pour celui-ci.

Après les restructurations internes de cet hiver, Ferrari veut repartir du bon pied et rapidement oublier le désastre du dernier grand prix à Abu Dhabi. Lucas di Montezemolo, très présent dans la presse ces derniers temps, s’est chargé de rappeler à ses troupes des objectifs bien clairs et dignes du standing de l’équipe.

La seconde équipe à avoir dévoilé sa voiture 2011 est le Team Lotus de Tony Fernandes. La distinction avec Lotus GP ne se fera finalement pour l’instant que sur la robe des monoplaces (verte et jaune pour l’écurie malaisienne et noir et or pour la britannique) puisque le procès qui déterminera qui est détenteur du  nom ne se tiendra que le 21 mars, soit plusieurs jours après le début du championnat.

Les pilotes, Heikki Kovalainen et Jarno Trulli, ainsi que le directeur technique Mike Gascoyne placent de grands espoirs dans cette nouvelle monoplace qui devrait leur permettre de viser le milieu de grille. Un objectif vital pour Jarno Trulli qui a récemment avoué à la presse ne pas avoir la force de supporter une nouvelle « année blanche », vierge de points comme en 2010.

Si d’aventure Tony Fernandes perdait son procès contre Lotus GP et devait changer le nom de son entité, la perte sèche pour l’écurie s’élèverait à plusieurs millions d’euros (soit les primes obtenues pour sa dixième place au championnat la saison dernière) ce qui mettrait un coup de frein sévère à ses ambitions.

De son côté, l’équipe Lotus-Renault GP était fière d’arborer le sigle cher à Colin Chapman et de présenter sa nouvelle armada de pilotes. Outre les deux titulaires, Robert Kubica et Vitaly Petrov, pas moins de cinq autres pilotes étaient présents. Romain Grosjean apportait la touche française chère à Renault, mais il se voyait damner le pion par Bruno Senna qui a lui aussi trouvé refuge au sein de l’écurie qui bat maintenant pavillon britannique. En claironnant haut et fort que c’est lui qui serait choisit en cas de désistement d’un des deux titulaires, le pilote brésilien a certainement donné un coup fatal aux ambitions de compétition du franco-suisse Grosjean. Ho-Pin Tung, Jan Charouz et Fairuz Fauzy complétaient le casting avec un rôle de pilote de réserve dont la fonction doit rester aussi flou dans leur esprit que dans les nôtres.

Une telle pléthore de pilotes est déroutant et semble même inutile, à moins qu’Eric Boullier anticipe déjà la possible mise à l’écart de Petrov durant la saison.

Même position au final chez Toro Rosso ou Daniel Riccardio attend tapis dans l’ombre du garage le moindre faux pas de Sebastien Buemi ou Jaime Alguersuari, tous deux très fier de présenter la nouvelle STR6 sortie des usines de Faenza, sans l’aide si précieuse de la technologie Red Bull. Le résultat est une monoplace qui s’éloigne de plus en plus du design de sa grande sœur autrichienne. Les résultats sur la piste seront, à n’en pas douter, eux aussi très différents.

L’objectif de la petite structure italienne sera de se battre plus régulièrement dans le milieu de grille où elle retrouvera sûrement l’équipe Sauber-Ferrari qui a pris cette année des accents très mexicain.

La signature de Sergio Pérez en tant que pilote titulaire a incité de nombreuses firmes mexicaines à s’associer avec l’écurie suisse pour la saison à venir. Une bonne manière pour Peter Sauber d’assurer la survie de son entreprise et de garantir sa présence sur le long terme en Formule 1. Kamui Kobayashi, pilote leader de l’équipe répondra présent pour apporter de gros points avec son style d’attaquant inimitable.

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite des présentations des nouvelles monoplaces 2011…

 

Axel B.








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