Senna, un mythe qui s’écrit au pluriel

26 01 2012

La Formule 1 est remplie de belles histoires, souvent familiale. Une nouvelle page va s’écrire lors de la saison 2012 avec la signature de Bruno Senna chez Williams-Renault.

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Même les rêveurs les plus fous n’osaient pas y croire. Quelques uns pensaient que le symbole serait trop fort, trop lourd à porter pour les deux individualités…Franck et Bruno sont sûrement les deux personnes présentes actuellement en Formule 1 qui ont été le plus durement touchées par le décès brutal d’Ayrton.

Ayrton Senna, l’idole héroïque de tout un sport, le messie de tout un peuple avide de reconnaissance. Si brutalement touché par le destin au fait de sa gloire et de sa popularité.

On pourrait revenir sans cesse sur ce drame du 1er mi 1994 qui a marqué à tout jamais le sport automobile. Cet enchainement de malheurs qui restera sans précédents lors d’une époque où l’on se croyait invincible. Cette image affreuse du casque jaune qui tombe sur le côté du cockpit sans laisser aucun autre espoir que le pire.

Toutes ces images, tous ces sentiments de tristesse, de gâchis, de colère et de doute, Frank Williams les a encore encrées au plus profond de son âme.

Bruno lui, a du se construire avec cette pression inhérente à ceux qui portent un nom célèbre. Mais encore plus que Ralf Schumacher ou Damon Hill, Bruno est le neveu de la plus grande figure mystique de la Formule 1.

Même Michael Schumacher, pourtant bien plus titré et victorieux qu’Ayrton, n’aura jamais réussi à atteindre les sommets d’admiration du champion du monde brésilien.

Et on peut dire, en restant objectif, que Bruno a réussi dans son entreprise,  pour conquérir lui aussi le Saint Graal d’une présence en Formule 1.

Cela n’a pas été facile d’y parvenir. Il y est entré par la petite porte pour y en ressortir presque anonymement, en manquant de rejoindre tous ces pilotes en qui l’on fondait de grands espoirs et qui sont maintenant entassés dans le cimetière des éléphants de l’oubli.

Besogneux, acharné, volontaire et intraitable, Bruno s’est battu peut être encore plus fort que tous pour surmonter ces épreuves et finalement prouver à sa famille, et surtout à sa mère, la sœur d’Ayrton, que son obstination n’était pas de la faire souffrir, mais bien d’assouvir cette passion de la vitesse et de la compétition qu’il a partagé très tôt avec son oncle.

Son accession vers Williams-Renault est peut être plus qu’un simple fait de course. Certains diront, et à juste titre, que l’aspect financier a joué un rôle prépondérant dans cette association. Comme toujours au final. Le sport automobile n’échappe pas à ce vice de la politique et de l’économie qui le touche à tous les niveaux.

Un Bruno Senna sans sponsors aurait eu beaucoup plus de difficultés à poursuivre sa carrière. Mais on ne peut pas croire non plus, en étant amoureux de ce sport et de son histoire, que la signature d’un Senna avec Williams, dix huit ans après cette histoire inachevé un après-midi de printemps, ne soit qu’une simple coïncidence.

Frank Williams rêvait sûrement, avant de finir sa carrière, loin des circuits, de compléter ce manque qui le taraude depuis près de vingt ans. Il n’aura pas fallu beaucoup insister pour que le patron de Grove acquiesce à la présence du plus tout jeune et plus vraiment espoir Bruno.

Car en effet, en analysant avec pragmatisme le duo de pilote affiché par l’écurie pour la saison 2012, beaucoup de questions restent en suspend.

Entre un Pastor Maldonado peu expérimenté et plutôt brouillon l’année passée, et un Bruno Senna qui, à 28 ans, se situe entre le pilote expérimenté qu’il devrait être à cette âge et le rookie qu’il ne cesse d’être, l’aspect semble assez bancal.

 

Mais le symbole est là. Surtout lorsque l’ont se rend compte que c’est Rubens Barrichello qui permet à Bruno d’être enfin titulaire dans une écurie digne de ce nom. Le même Barrichello, qu’Ayrton avait accompagné jusqu’en Formule 1, et qui s’était miraculeusement sorti d’une farouche embardée de sa Jordan au commencement du tristement fameux week-end noir en 1994 qui couta la vie à Ayrton…la boucle est bouclée ?

 

Axel B.





Les secondes chances

21 01 2012

La situation de Romain Grosjean en Formule 1 est plutôt exceptionnelle. Peu nombreux sont les pilotes qui se voient offrir une seconde chance d’accéder à la discipline reine du sport automobile après un premier passage peu convaincant.

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En 2012, la carrière du franco-suisse Romain Grosjean prendra un nouveau départ. Le pilote Lotus-Renault n’est pourtant pas un inconnu des grilles de départ.

En effet, lors de la saison 2009, il avait joué les remplaçants au sein de l’écurie managée alors par Flavio Briatore, lorsque le jeune Nelson Piquet Jr s’était vu remercier après ses révélations concernant le scandale du crash-gate.

Dans un contexte plutôt difficile, et au volant d’une monoplace rétive et peu performante, Grosjean n’avait pas réussi à se faire remarquer et à conserver son baquet pour la saison suivante.

Cette étape aurait bien pu mettre un coup d’arrêt définitif à sa carrière, mais la volonté du jeune pilote de se relancer en GP2, et avec le succès que l’ont connaît (champion de la discipline au terme de l’année 2011), l’a remit dans de bonnes dispositions pour pouvoir prétendre à un poste de titulaire en 2012.

Les soutiens de la firme française Total et d’Eric Boullier, ont donc été les atouts décisifs pour sa titularisation aux côtés de Kimi Raikkonen et aux dépends de Vitaly Petrov et Bruno Senna, qui n’ont pas su saisir la chance qu’il leur a été offerte ces derniers mois.

La chance, Grosjean l’a donc une deuxième fois, et ils sont peu à pouvoir se vanter de l’obtenir comme lui.

Dans l’histoire récente de la Formule 1, quelques pilotes peuvent s’enorgueillir d’une telle situation. Qu’elle soit répétitive ou ponctuelle.

L’exemple le plus flagrant et le plus récent est celui de Narain Karthikeyan. Le pilote indien avait participé à la saison 2005 au volant d’une Jordan, sans pour autant faire de coups d’éclats, même s’il avait profité des circonstances exceptionnelles du Grand Prix des Etats-Unis pour marquer ses premiers (et ses seuls) points de sa carrière. Un bilan sportif semble-t-il insuffisant pour qu’il puisse conserver son volant la saison suivante. On aurait pu croire ne plus avoir de nouvelle de lui, mais c’est avec surprise que l’on a retrouvé le besogneux pilote Indien dans le baquet d’une HRT au début de la saison 2011, après six années d’absence en Formule 1. Pas un record, mais une belle seconde chance offerte.

On pourrait évoquer aussi le cas de Lucas Badoer, qui s’est vu offrir le volant de la Ferrari de Felipe Massa, blessé en 2009, et qui n’a pas réussi à transformer la chance qu’il lui a été offert. Bien au contraire, cette étape dans sa carrière a surtout décrédibilisé son talent mis en sommeil par plusieurs années d’essais dans l’ombre des titulaires de la Scuderia.

Pedro de la Rosa est aussi un habitué des retours et des secondes, voire troisièmes, chances offertes. A 41 ans, le pilote espagnol surprend encore tout le monde en devenant titulaire au sein de l’équipe HRT après avoir fait des remplacements chez McLaren et Sauber, et même une saison entière dans l’équipe suisse en 2010.

On le voit donc aisément, il est rare qu’une seconde chance soit accordée à un pilote dans une écurie de pointe, ou tout du moins qui joue le podium à la régulière. Il est rare également que cette opportunité soit bien saisie par le pilote concerné. La pression est donc sur les épaules de Romain Grosjean, qui devra répondre aux attentes de Lotus-Renault et d’Eric Boullier, sous peine de ne plus avoir rapidement d’avenir dans la discipline.

Axel B.





Qui se souvient des seconds ?

11 01 2012

Chaque saison en Formule 1, un champion est consacré par le titre mondial. Mais même lors de périodes de domination intense (Juan Manuel Fangio dans les années 50 ou Michael Schumacher dans les années 2000 par exemple), au moins un pilote a pu contester la suprématie du futur titré.

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Le titre de vice-champion est souvent galvaudé et quasiment tout le temps oublié, mais pourtant, ces pilotes qui contestent parfois jusqu’à la dernière course l’hégémonie du futur champion méritent que l’on s’attarde un peu plus sur eux car ils nous permettent, la plupart du temps, de ménager le suspens.

Qui se souvient qu’avant d’être double champion du monde en 2010 et 2011, Sebastian Vettel avait réussi à contester le futur champion Jenson Button lors de la saison 2009 ?

Pourtant, l’Anglais était devenu le favori imbattable après un début de saison tonitruant marqué par une succession de victoires et de podiums qui avait presque dégouté la concurrence.

Après un regain de forme de sa Red Bull en fin de saison, Vettel maintiendra la pression sur Button jusqu’à la dernière course mais le titre lui échappera néanmoins pour une petite dizaine de points.

La saison suivante, en 2010, Vettel se battra une fois de plus pour le titre jusqu’à la dernière course mais sans en être encore le favori puisque Fernando Alonso mène alors les débats.

Une mauvaise stratégie émanant de la Scuderia Ferrari fera chuter le pilote espagnol dans le trafic du Grand Prix d’Abu Dhabi et offrira la gloire à Vettel.

Il y a donc des secondes places au championnat dont on se souvient pour leurs issues malheureuses…

Un peu comme le malchanceux, mais plein de panache, Felipe Massa, qui se verra priver du titre dans le dernier virage de la dernière course de la saison 2008.

Le brésilien passera la ligne du Grand Prix du Brésil en champion du monde, mais dix secondes plus tard, une manœuvre de dépassement de Lewis Hamilton sur Timo Glock dans des conditions de pistes humides, permettra au britannique de prendre le point précieux qui lui permettra de franchir la ligne en champion du monde définitif d’une saison rocambolesque.

Massa reste à ce jour le seul pilote qui aura été champion du monde pour quelques secondes, mais il devient surtout le vice-champion le plus malchanceux de l’histoire, et donc un des plus reconnu.

Un peu à l’image d’un Stirling Moss, quatre fois vice-champion entre 1955 et 1958, qui a eu la malchance de courir durant la période dominatrice de Juan Manuel Fangio. Moss, surnommé l’éternel second, tel le Poulidor de la Formule 1, est sûrement le pilote jamais titré qui méritait le plus de devenir champion du monde. Aléas de l’histoire, Stirling reste dans les mémoires collectives comme ce fabuleux second qui donnait malgré tout du fil à retorde à l’argentin quintuple champion.

Mais d’autres pilotes se sont classé deuxième du championnat sans forcément marquer les esprits.

Rubens Barrichello, fidèle lieutenant de Michael Schumacher, David Coulthard, besogneux écossais dans l’ombre de son leader Mika Hakkinen, Eddie Irvine, propulsé meneur de la Scuderia malgré lui après l’accident de Schumacher en 1999 ou un peu plus loin dans l’histoire, Riccardo Patrese atomisé par Nigel Mansell en 1992 et Carlos Reutemann, mal-aimé et mal aidé par Williams (lui préférant Alan Jones) en 1981.

Mais il est des secondes places qui ont le gout de victoire. Pas de victoire au champagne ou de fausse modestie, mais des victoires d’âme et de cœur, comme celle de Jackie Ickx, refusant de jouer le titre en 1970 après le décès brutal de Jochen Rindt, déclaré champion à titre posthume. Le pilote belge n’est jamais devenu champion, mais grâce à ce geste et à cette seconde place, il devient un vrai grand homme du sport automobile.

Axel B.





Les laissés-pour-compte de 2012

4 01 2012

A chaque fin de saison, certains pilotes ne sont pas sûrs d’être sur la grille de départ du premier Grand Prix de l’année prochaine. Même si des incertitudes planent sur encore deux places libres, quelques personnalités, pourtant talentueuses, sont certaines de ne pas déambuler avec sérénité dans le paddock 2012.

Licence Creative Commons / Gil Abrantes

Les mouvements au sein des écuries de pointes sont inexistants cette année. Vettel, Webber, Alonso, Massa, Button, Hamilton et même Rosberg et Schumacher, ne changerons pas leurs habitudes pour la saison à venir.

Il faut plutôt jeter un œil vers le bas de la grille pour trouver des changements, parfois radicaux, dans les compositions d’équipe.

L’équipe qui a fait le plus parler d’elle est assurément Lotus-Renault, qui en titularisant Kimi Raikkonen et Romain Grosjean, a dit au revoir à son duo de pilotes de la fin de saison 2011. Bruno Senna et Vitaly Petrov ne s’attendaient peut être pas à un traitement aussi dur de la part de leur ex-employeur.

Et pourtant, le brésilien et le russe se retrouvent sur la touche, sans forcément avoir démérité, mais sans jamais avoir montré malgré tout un tempérament de leader qui manquait tant à l’équipe. Après l’accident malheureux de Robert Kubica, et l’épisode gênant concernant Nick Heidfeld (mis à la porte de l’écurie avant le Grand Prix de Belgique pour un soi-disant manque de résultat alors qu’il était le pilote qui avait marqué le plus de point pour son équipe à ce stade de la saison), l’écurie a décidé de repartir d’une feuille blanche.

Senna semble être en contact avec Williams-Renault…mais cette association n’est elle pas juste un rêve ?

Petrov également est en relation avec l’écurie britannique à la recherche d’un pilote capable de lui apporter à la fois de l’expérience et une grosse valise de dollars pour pouvoir boucler la saison. Mais les pistes Adrian Sutil et Rubens Barrichello semblent les plus crédibles.

Quoi qu’il arrive, un des ses quatre pilotes restera sur le carreau en 2012. Et comme les rumeurs les plus insistantes placent le pilote allemand chez Williams, les trois autres pourraient bien devoir se trouver une autre occupation.

Petrov et Senna auraient cependant plus d’espoir de retrouver un volant en Formule 1 dans les années à venir si la conjoncture des transferts leur est plus favorable, mais Barrichello pourrait bien mettre un terme définitif à sa présence au sommet du sport automobile mondial après 19 saisons bien remplies.

Du côté de chez Toro Rosso, la surprise ne fut pas moins grande lorsque l’annonce de la titularisation de Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne est sortie.

Si l’équipe italo-autrichienne est enfin en phase avec son statut de formatrice de jeunes talents, elle n’en met pas moins de côté encore deux de ces (anciens) espoirs, Sébastien Buemi et Jaime Alguersuari, qui rejoignent la liste des Scott Speed, Vitantonio Liuzzi ou autre Christian Klien…

Si le pilote suisse pourrait rebondir en tant que troisième pilote Red Bull (même si on se demande quel pourrait être son intérêt, puisqu’il n’a pas réussi à se faire remarquer en trois saisons pour atteindre un baquet de titulaire dans l’écurie phare de la marque), l’avenir de l’espagnol est bien plus sombre…même HRT, pourtant sous licence ibérique, semblerait lui préférer l’italien Liuzzi pour avoir un semblant de continuité.

Enfin, un autre pilote qui a fait ses preuves mais qui n’aura pas la chance de mettre à profit son expérience accumulée lors d’une saison entière, il s’agit bien entendu de Jérôme d’Ambrosio.

L’espoir belge a été sacrifié sur l’autel de l’argent, comme c’est bien trop souvent le cas, au profit du jeune français Charles Pic, a qui on ne pourrait pas garantir qu’il ne suive pas le même destin que son prédécesseur à la fin de la saison 2012 puisque, pour ces écuries en mal de financement, l’argent est malheureusement, mais obligatoirement, plus important que le talent.

Bref, il n’y a guère de logique dans le monde cruel de la Formule 1. Par le passé, bon nombre de pilotes, pourtant talentueux, n’ont jamais réussi à avoir la chance d’obtenir un sursit supplémentaire de quelques saisons pour avoir le temps de faire leur preuves. D’autres ont réussi à revenir contre toute attente, souvent après une logue pause, comme Pedro de la Rosa ou Narain Karthikeyan.

Axel B.








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