La F1 doit-elle retourner en Malaisie ?

28 03 2012

A l’heure où le monde de la Formule 1 se pose la question de la légitimité de sa présence au Bahreïn, une autre interrogation mérite d’être abordée : est ce que la Formule 1 doit continuer à aller courir en Malaisie dans les conditions actuelles ?

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Depuis 1999, la Formule 1 fait une halte en Malaisie. Pendant deux saisons, les équipes garaient leurs motor-homes sur les terres de Kuala Lumpur en fin de saison. Dans une période de l’année ou le climat et la météo sont un peu plus cléments, il était rare de voir une course perturbée pas la pluie.

Durant ces deux saisons, les courses n’étaient certes pas palpitantes. L’hégémonie et la domination sans partage des Ferrari (vainqueur de 1999 à 2001) sur la piste de Sepang, ne rendaient pas le Grand Prix très disputé.

Mais même si une majorité des pilotes trouve le tracé plutôt intéressant, voire grisant, il ne favorise pas forcement les dépassements et les courses vivantes, avec des monoplaces modernes. Les changements fréquents de réglementation n’ont jamais vraiment réussi, sauf jusqu’à très récemment avec l’introduction du KERS et du DRS, à rendre le Grand Prix de Malaisie très disputé.

Bernie Ecclestone, promoteur de la discipline, voyait alors dans les conditions climatiques changeantes, le seul salut de cette course qui risquait de devenir aussi soporifique que le tourniquer hongrois du Hungaroring.

En décalant le Grand Prix en début de saison depuis 2002, en pleine période de moussons d’hiver au mois de mars, qui apportent des précipitations de pluie très fréquentes, le pari de Bernie est réussi. Depuis plusieurs années, la course est perpétuellement perturbée par la pluie, souvent de forte intensité, et parfois paralysante…pour le bon déroulement du Grand Prix bien sûr.

Le point d’orgue de cette situation a été atteint en 2009 lorsque la course, ayant débutée dans des conditions météorologiques instables, a du être stoppée après seulement quelques tours.

Durant cette interruption, la direction de course avait été plus qu’hésitante, en faisant patienter pilotes, écuries, spectateurs et téléspectateurs, plus d’une heure avant de finalement renoncer à relancer les vingt deux acteurs sur la piste. De ce fait, et selon le règlement, seulement la moitié des points avait été attribuée.

En effet, même dans ce cas de figure où la pluie avait légèrement baissé d’intensité, la piste était toujours autant détrempée et impraticable et surtout, la nuit commençait à tomber. Car pour satisfaire le téléspectateur européen, le Grand Prix se déroulait à 16h, heure locale (10h en France, par exemple), alors que la nuit commence à faire son apparition aux alentours de 18h. Déjà que le tour du circuit est proche des deux minutes et que la course est généralement une des plus longue de l’année, si on y ajoute quelques heures d’interruption, la crainte d’un Grand Prix nocturne non éclairé se révèle.

Cette année, le scénario était à deux doigts de se renouveler. Une course interrompue après neuf tours, des conditions météo exécrables ayant noyées la piste, et une heure de plus en plus tardive, ont fait craindre le pire.

Au final, et par bonheur, une interruption d‘une heure et une course relancée derrière la voiture de sécurité (quinze minutes tout de même après la décision de la direction de course !), ont néanmoins abouti à un des finals les plus insolites et excitants de ces dernières années. Et ce ne sont pas Sergio Pérez et Peter Sauber qui penseront le contraire…

Mais la réflexion mérite tout de même d’être menée sur la viabilité d’un Grand Prix de Malaisie à cette période de l’année et dans cette tranche horaire. Les courses deviennent certes passionnantes, mais il ne faut pas que cela soit au détriment de la sécurité des pilotes.

Axel B.





Zéro point(é) pour les pilotes français

21 03 2012

Il y avait énormément d’attentes et de pression sur les épaules des trois nouveaux pilotes français lors de la manche inaugurale du championnat du monde de Formule 1 ce week-end. Au final, le bilan, s’il est encourageant, n’est pas fameux.

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Le week-end australien avait commencé sous les meilleurs hospices pour nos trois représentants tricolores.

Romain Grosjean et Jean-Eric Vergne avaient réussi, lors des séances d’essais, à se faire remarquer en se plaçant en haut des feuilles de temps. De son côté, Charles Pic, qui découvrait sa Marussia-Cosworth, arrivait à prendre ses marques au volant de sa nouvelle monoplace avec une aisance peu commune pour un jeune pilote qui démarre son expérience au plus haut niveau dans la dernière écurie du plateau. Aucunes erreurs n’étaient à mettre à leur actif.

Le rêve commençait même à devenir réalité pour le franco-suisse de Lotus-Renault avec une deuxième place derrière le champion du monde Lewis Hamilton lors des EL3. Une performance remarquable, rapidement confirmée par une excellente troisième place sur la grille de départ. Certes, Romain n’en était pas à sa première participation à un Grand Prix de Formule 1, et on peut légitimement penser que son expérience, même malheureuse, en 2009, lui a permis d’aborder avec une plus grande sérénité cette première épreuve 2012.

Du côté de Vergne, la première déception pointait déjà, avec une solide onzième place sur la grille de départ, mais atténuée par la performance hors pair de Ricciardo, qui plaçait sa Toro Rosso en Q3 devant son public.

Une légère déception se lisait sur le visage du Français en conférence de presse, mais la grande confiance en lui, qui est un de ses principaux atouts, lui donnait beaucoup d’espoir pour la course.

Par contre, en fond de grille, Charles Pic était rappelé à la triste réalité en concédant pas loin de huit dixième face à son expérimenté équipier, l’allemand Timo Glock.

Certes, on ne pouvait pas attendre de miracle de la petite structure Marussia, et on peut atténuer cette contre-performance en arguant le fait que les deux monoplaces de l’équipe russe ne sont sûrement pas identiques en tout point. Mais l’écart reste néanmoins assez important, et Charles devra prouver d’autres choses s’il ne veut pas suivre le même chemin que Di Grassi ou d’Ambrosio, ses prédécesseurs.

En course, le rêve fut de courte durée pour Romain Grosjean. Après un départ raté, il ne tardera pas à jouer des roues avec Pastor Maldonado sur une Williams étonnante, et son insistance à vouloir garder à tout prix son avantage lui sera fatale. Il aura beau essayer d’expliquer que le comportement virile du Vénézuélien était à la limite de l’acceptable, la faute lui en sera quand même imputée. Une faute qui peut être qualifiée de jeunesse et qui peut également être mise sur le compte d’une envie mal canalisée. Rien de bien grave à ce stade de la saison, mais cela reste une occasion de manquée et une première déception dont le français devra rapidement se remettre.

Une fois Grosjean hors course (ou hors piste, c’est au choix), tous les espoirs tricolores reposaient sur Jean-Eric Vergne, qui avait fière allure sur sa Toro Rosso. Dans les points une majeure partie de la course, un écart de conduite l’amènera dans le bas à gravier pendant la seconde partie du Grand Prix Ce qui aura pour conséquence de la faire se batailler encore plus durement pour retrouver une place dans les dix premiers.

Mais dans le dernier tour, tout s’est emballé. Alors qu’il tenait une poigné de points à quelques mètres de l’arrivée, le chaos survenu après la sortie de piste de Maldonado allait lui être fatal. Il craquera sous la pression de son équipier Ricciardo dans les derniers virages pour échouer à une frustrante onzième place, alors qu’il pouvait légitimement prétendre bien mieux. Au final, le pire n’est pas qu’il rate les points de peu, mais surtout que cela soit son coéquipier qui les lui vole dans les derniers mètres. Psychologiquement, cela pourrait avoir un impact négatif sur le Français. Mais on connait sa force de caractère et sa volonté de repartir de l’avant ; et ce, dès la Malaisie.

Finalement, seul Charles Pic n’aura pas déçu. On n’attendait pas grand-chose de ses performances au volant d’une erratique Marussia, et il a parfaitement rempli son contrat en ramenant sa monoplace à bon port, sans faire de fautes.

Voilà un bilan somme toute assez mitigé pour les pilotes français, mais néanmoins encourageant pour la suite de la saison. Mais surtout, laissons leur le temps d’apprendre, et n’ayons pas des rêves trop fous à leur encontre lors de cette première saison. Cela leur rendra service de ne pas leur rajouter de pression supplémentaire.

Axel B.





L’importance du premier Grand Prix

18 03 2012

A quelques jours du début du championnat, il est intéressant de se pencher sur une statistique visiblement parlante. Depuis vingt ans, 75% des pilotes qui se sont imposés lors de la manche inaugurale, sont devenus champion du monde à la fin de la saison.

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La liste est longue depuis 1992, des pilotes champions du monde ayant gagnés le premier Grand Prix de la saison. Il faut dire que depuis cette date, la Formule 1 a connu des périodes de domination sans partage.

Le britannique Nigel Mansell a survolé la saison 1992 au volant d’une formidable Williams, profitant de nombreuses avancées techniques, encore non adaptées sur les monoplaces des écuries rivales.

En gagnant le Grand Prix d’Afrique du Sud dès l’ouverture de la saison, puis huit autres courses ensuite, Nigel s’ouvrait une voie royale vers son premier, et dernier, titre mondial.

L’année suivante, au volant également de la Williams, Alain Prost remportait lui aussi le premier Grand Prix, et de ce fait le championnat du monde, avant de se retirer pour aller prendre une retraite, peut être un peu forcée par l’arrivée d’Ayrton Senna au sein de l’équipe britannique.

L’arrivée du brésilien se soldera par un triste dénouement que tout le monde a en tête depuis ce triste jour de mai 1994. Englué dans des difficultés avec sa monoplace, Senna laissera Michael Schumacher remporter la manche inaugurale, et l’allemand continuera sa route vers le titre de champion.

Le même scénario se représentera l’année suivante en 1995 pour l’allemand, mais également lors de ses plus grandes périodes de domination en 2000, 2001, 2002 et 2004. A chaque fois, Michael remportera le premier Grand Prix de la saison et filera inexorablement vers le titre.

D’autres pilotes pendant ces vingt années auront connu le même parcours. Que cela soit Damon Hill en 1996, Mika Hakkinen en 1998, Fernando Alonso en 2006, Kimi Raikkonen en 2007, Lewis Hamilton en 2008, Jenson Button en 2009 ou Sebastian Vettel, très récemment, en 2011, on peut constater que chacun d’eux sont parvenus à leurs objectifs en ayant une monoplace dominatrice, à l’exception peut être d’Hamilton ou Raikkonen.

Cependant, est ce que remporter la première course de la saison est une garantie de se battre pour le championnat jusqu’à la fin ?

Si l’on se penche, toujours dans la période de ses vingt dernières années, sur les cinq pilotes ayant remporté la première course, mais n’ayant pas réussi à concrétiser par une victoire finale au championnat, on se rend néanmoins compte que chacun s’est battu pour le titre tout au long de la saison…ou presque…

En 1997, malgré la domination de Jacques Villeneuve sur sa Williams, David Coulthard remportera la manche de début de saison en Australie, puis en profitera au prix d’une belle course stratégique, pour damner le pion à Jean Alesi pour aller gagner à Monza.

Ces deux belles performances, conjuguées à l’exclusion du championnat de Michael Schumacher (à la suite d’une manœuvre litigieuse de l’Allemand sur Villeneuve au Grand Prix d’ Europe), lui permettront de se classer troisième du championnat.

En 1999, c’est Eddie Irvine qui profitera des conditions de courses particulières pour s’imposer à Melbourne. Au fil, de la saison, il se verra devenir le leader de la Scuderia Ferrari après l’accident de Schumacher, qui privera ce dernier d’une grande partie de la saison. Mais l’Irlandais échouera à la deuxième place du championnat, après avoir contesté le titre à Mika Hakkinen jusqu’à l’ultime course de la saison.

Plus proche de nous encore, la victoire inaugurale de Fernando Alonso au Bahreïn en 2010 lui permettra de prétendre au titre jusqu’à la fin de l’année. Mais un duel stratégique perdu avec la Red Bull de Sebastian Vettel l’empêchera d’atteindre le Graal.

Au final, seul David Coulthard en 2003 et Giancarlo Fisichella en 2005 n’arriveront pas à mettre à profit une saison entamée par une victoire. La chute sera encore plus rude pour l’italien qui verra son équipier Alonso revenir à sa hauteur et remporter le titre à sa place.

Le premier vainqueur de la saison 2012 nous donnera donc un peu plus d’indications sur la bataille pour le titre qui se déroulera tout au long de l’année. Cela semble commun à dire, mais néanmoins, ce premier Grand Prix reste d’une importance capitale.

Axel B.





Un hiver entre chaud et froid

9 03 2012

Un peu comme les sondages en politique, dont nous sommes assommés en ces périodes préélectorale, les essais hivernaux en Formule 1 devraient être un regard fiable sur les futures performances des monoplaces 2012. Mais bien entendu, les sondages comme les temps au tour sur les circuits espagnols de Jerez et Barcelone, sont loin d’être fiables.

Licence Creative Commons / Gil Abrantes

A écouter tous les pilotes au soir du dernier week end d’essais libres espagnols, on a l’amusante impression que tous ont la chance légitime de se battre pour le championnat. A quelques exceptions près bien entendu.

En premier lieu, l’équipe Red Bull a tenté de démontrer à ses plus proches rivaux que cela ne servirait à rien d’espérer un revirement total de situation, dans la hiérarchie établie l’année dernière. Mark Webber et Sebastian Vettel ont trusté les hauteurs des feuilles de temps lors de toutes les séances, et ce n’est pas un surcroît de travail après quelques inquiétudes mécaniques à Barcelone qui aura mis à mal leur formidable confiance en eux.

Une confiance qui semble être de retour également dans le clan Mercedes. Très discret lors de ces essais, la bande de Michael Schumacher et Nico Rosberg s’est attelée à travailler en profondeur sur le comportement de la nouvelle monoplace et à apporter des évolutions qui leur fond dire que la W03 est une bonne base de travail pour débuter la saison en toute sérénité.

Cependant, l’expérimenté septuple champion du monde, sur qui Ross Brawn semble beaucoup compter durant la phase de développement au point de lui proposer une place au-delà de cette fin d’année selon ses motivations, relativise l’optimisme ambiant en affirmant qu’il faudra attendre quelques courses avant de voir le niveau réel de chacun car les temps réalisés durant l’hiver ne sont guère révélateurs.

Voilà qui pourrait donner un peu d’espoir à Ferrari. En effet, la Scuderia semble en difficulté et une ambiance de fin de cycle flotte autour de l’équipe au cheval cabré. La longue déchéance entamée après le départ du carré magique Todt/Schumacher/Brawn/Byrne, semble incontrôlable, même pas étouffée par le titre de Raikkonen ou la lutte d’Alonso en 2010 pour la première place.

L’Espagnol prend son mal en patience et met tout son talent et sa « grinta » au service d’une équipe en laquelle il croit et avec laquelle il pense redevenir le champion qu’il a été en 2005 et en 2006. Mais ses récentes déclarations laissent entrevoir un soupçon de défaitisme, puisqu’il se justifiait récemment de son parcours passé, en arguant sur le fait qu’un troisième titre ne rajouterait rien à sa légende.

Les doutes ont aussi assailli le clan Mclaren, qui s’est distingué avec une conception de monoplace très différente de la concurrence. Si Jenson Button jouait le jeu de l’équipe en restant optimiste, Lewis Hamilton, lui, avait du mal à cacher une certaines anxiété concernant les performances de sa monoplace. Des doutes cependant atténués par les temps au tour réalisés par les deux hommes.

Les difficultés ont aussi été l’apanage de Lotus-Renault et du revenant Kimi Raikkonen, avec une monoplace très fragile, ce qui a valu au deux pilotes titulaires de rater des journées précieuses de test et de se créer de belles frayeurs à quelques semaines seulement du début de la saison. Romain Grosjean a pu, par contre, faire preuve de son talent en accomplissant des temps le propulsant en tête des classements.

Justement, quelles ont été les fortunes de nos chers pilotes français ? On l’a vu, Grosjean a rencontré quelques difficultés mais a réussi néanmoins à se faire remarquer. Charles Pic, quant à lui, ira à Melbourne sans avoir fait le moindre tour de roue au volant de sa Marussia pour cause d’échec fréquent au crash-test de la FIA. Une situation embarrassante que son mentor, Olivier Panis, n’aura pas tarder à dénoncer. Afin de dédouaner son poulain face à des possibles contre-performances au début de la saison ? Finalement, seul Jean-Eric Vergne aura réussi à boucler un programme complet, en étant plutôt satisfait de l’expérience accumulée.

Bref, ces essais hivernaux sont au final juste là pour permettre aux acteurs principaux de la Formule 1 de reprendre leurs marques. Il ne faut surtout pas en tirer des conclusions définitives, mais, quand même, chacun regarde avec attention les performances de son voisin en se demandant s’il doit s’en inquiéter ou pas…

Axel B.





L’insolite histoire de Desiré Wilson, femme pilote

3 03 2012

La Formule 1 est un sport de macho ? Non pas que les femmes n’y soient pas tolérées, mais il n’est pas aisé pour elles d’y accéder. Pourtant, quelques unes y sont parvenues, et parmi elles, la plus insolite de par son histoire, la Sud-Africaine Désiré Wilson.

 

Inconnue du grand public et même de la plupart des fins connaisseurs de ce sport, Désiré Wilson a pourtant couru pour Tyrell et Williams, et à même remporté un Grand Prix.

Mais il faut connaitre son histoire pour comprendre pourquoi ses faits d’armes ne sont pas inscrits dans les pages statistiques des livres d’histoire de ce sport.

Pourtant, Desiré Wilson peut être considérée comme la seule femme à avoir remporté une course au volant d’une Formule 1. Cela n’était certes pas dans le cadre du championnat officiel, mais lors d’une course du « Championnat de Grande Bretagne de Formule 1 », une discipline qui réunissait des monoplaces de F1 des années précédentes sur le sol britannique et dont Wilson a remporté la course de Brands Hatch en 1980.
C’est sur ce même circuit, également en 1980, que la jeune pilote a tenté de se qualifier pour le Grand Prix de Grande-Bretagne, officiel cette fois-ci, au volant d’une Williams privée, engagée par l’équipe Brands Hatch Racing.
Sa performance en qualification ne lui permettra pas de participer à la course puisque, à cette époque, les pilotes n’ayant pas atteint un certain temps au tour lors des essais n’étaient pas autorisés à concourir le dimanche.
Wilson se retrouvait donc sur la touche aux côtés de Jan Lammers et de Keke Rosberg, pourtant futur champion du monde en 1982, qui courrait alors sur une erratique Fittipaldi-Ford.
Mais elle réussit néanmoins à se qualifier la saison suivante sur une Tyrrell, à seulement six dixièmes d’Eddie Cheever son coéquipier, lors du Grand Prix d’Afrique du Sud 1981. Après un départ catastrophique, elle fit une belle remontée en course en dépassant notamment des pilotes établis comme Nigel Mansell, mais elle dut renoncer à quelques tours de l’arrivée suite à une sortie de route qui avait endommagé son aileron arrière. Comble de malchance, cette course tristement célèbre pour l’affrontement politique entre les deux instances dirigeantes, FISA et FOCA, a été purement rayée du championnat officiel et n’a jamais été reconnue pour la saison 1981.
Mais cette expérience malheureuse dans la discipline reine du sport automobile n’aura pas mis un terme à la carrière de la sud-africaine. Elle réussit même à impressionner Ken Tyrrell par ses prouesses, mais les financements de Riccardo Zunino et Michele Alboreto auront décidé à eux seul du duo de pilotes de l’équipe britannique pour le reste de la saison…
Consciente de la difficulté de se faire une place au sein d’un milieu dominé par les hommes, et à une époque où il était bien moins courant de voir un pilote de la gente féminine concourir dans des disciplines de hauts niveaux du sport automobile (comme Danica Patrick ou Sara Fisher récemment en IndyCar), Desiré Wilson s’est tournée vers les courses d’endurance avec succès. Elle remportera notamment les très prisés 1 000 Km de Monza et les 6H de Daytona toujours lors de la saison 1980. Elle tenta aussi de se qualifier pour les 500 Miles d’Indianapolis, mais sans y parvenir. Ces quelques victoires font penser qu’elle aurait peut être pu faire des résultats intéressants en Formule 1 si on lui en avait laissé le temps et l’opportunité.
Après tout, les quelques femmes qui ont participé à des Grands Prix n’ont pas été ridicules. La première d’entre elles, Maria Teresa de Fillipis, aurait bien pu marquer des points lors de la course en Italie en 1958 où elle dut abandonner sur problème mécanique alors qu’elle tenait fermement position à la cinquième place. Mais elle abandonna la compétition trop tôt pour pouvoir prétendre à confirmer son talent.
On pourrait également parler de Lella Lombardi, qui elle, est inscrite dans les livres d’histoire de la Formule 1 à jamais grâce au demi-point qu’elle a marqué lors du Grand Prix d’Espagne 1975.

Mais la plus insolite est aussi la plus méconnue et la seule victorieuse. Car Desiré Wilson est bien la seule femme à avoir gagné une course au volant d’une monoplace de Formule 1. Elle n’a jamais vraiment quitté le monde de la course puisque depuis qu’elle a raccroché son casque, elle s’est tournée, avec son mari au sein de l’entreprise Wilson Motorsport Inc, dans l’élaboration et la conception de pistes destinées à la course automobile.

Axel B.








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