L’avenir de l’Europe en Formule 1

8 05 2013

Alors que la Formule 1 se dirige à grands pas vers l’Europe, on s’aperçoit que, de plus en plus, le calendrier mondial de la Formule 1 se voit amputer d’un bon nombre de Grands Prix sur le sol européen. Des pays à forte capacité économique damnent le pion à d’autres pistes, parfois mythiques et souvent appréciées des pilotes. Certaines font de la résistance ? mais jusqu’à quand ?

Licence Creative Commons / Mutari

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Il y a quinze ans, la part des Grands Prix européens s’élevait à plus de 80% du calendrier mondial. Aujourd’hui, avec à peine sept courses sur les dix-neuf que compte la saison 2013, cette part a chuté en dessous des 35%.

Si l’on prend comme référence ses quinze dernières années, entre les saisons 1998 et 2013, les statistiques sont édifiantes. La liste des pays ayant perdu leur Grand Prix depuis est longue : l’Autriche, la France, St Marin, l’Allemagne (qui comptait alors deux courses au calendrier) mais aussi l’Argentine pour les non-européens, ont vécu une séparation franche avec la discipline. Pour preuve de cette tendance d’abandon du vieux continent, le Grand Prix d’Europe, présent sporadiquement selon les saisons sur diverses pistes comme Jerez, le Nürburgring ou Valence, n’est plus aujourd’hui une étape du championnat, et on voit mal comment, dans le contexte actuel, il pourrait refaire surface.

D’un autre côté, des pays où la compétition automobile est émergente mais historiquement moins traditionnelle sont apparus dans le paysage mondial comme la Malaisie, la Chine, Bahreïn, Singapour, la Corée du Sud, l’Inde ou encore Abu Dhabi.

Les enjeux économiques ont évidemment une place très importante dans le choix des destinations de la discipline, choix qui est fait par Bernie Ecclestone, toujours soucieux du meilleur rendement financier possible.

Mais les constructeurs ont aussi leur mot à dire. Dans une période ou l’Europe est engoncée dans une crise financière qui semble interminable, les manufacturiers automobiles cherchent à externaliser leurs ventes et leur image vers des pays en plein expansion comme la Chine par exemple, dont Renault et Mercedes ont fait leurs champs de bataille prioritaire.

De plus, tout ces pays sont plus amène de payer le prix exorbitant fixé par Ecclestone pour avoir le droit d’accueillir un Grand Prix de Formule 1. On connaît les difficultés rencontrées par la France pour générer et sécuriser un budget pour une seule année de présence au calendrier, et d’autres pays comme l’Espagne ou la Belgique ont les pires difficultés à rester présents, même en étant déficitaire comme les courses de Melbourne et de Montréal (pourtant hors-Europe).

Dans un monde ou l’argent a prit le pas sur le sport et la passion, on peut se demander si la pression des pilotes, qui adorent courir sur des tracés mythiques, peut encore avoir du poids pour prolonger la présence de circuits comme Monza, Silverstone, Monaco ou Spa-Francorchamps. Mais même ce dernier, pourtant cité comme référence par les plus grands champions, n’arrive pas à pérenniser sa présence en Formule 1.

D’autre part, l’exotisme des destinations ne cesse pas d’enfler puisque l’on entend parler de futurs Grands Prix en Thaïlande ou en Russie, qui ne sont pas à proprement parler des terres de sport automobile mais qui ont la chance de pouvoir offrir les garanties financières tant recherchées.

Cependant, pour que la Formule 1 garde une âme, et qu’elle reste un sport attaché à ses racines et à son glorieux passé, il serait judicieux que Bernie Ecclestone et ses acolytes ne désertent pas totalement ce berceau européen qui a fait de la discipline ce qu’elle est aujourd’hui. Monza, Silverstone, Nürburgring, Francorchamps et Monaco risquent d’être finalement les seules traces du passé encore visible dans un futur…plus ou moins proche.

Axel B.





Une fois de plus…

15 06 2011

Une fois de plus, la Formule 1 fait parler d’elle pour de sombres questions économiques. Car ne nous cachons pas, la venue ou non du grand cirque automobile sur le royaume de Bahreïn remet en jeux d’énormes financements.

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Cet article est propulsé par Banque Nationale assurance auto

L’imbroglio politique consécutif à l’annulation du Grand Prix de Bahreïn en début de saison ne cesse de semer le trouble dans le microcosme de la Formule 1.

Si Bernie Ecclestone, promoteur financier de la discipline, aborde le sujet de manière mercantile, d’autres entités comme la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) ou la FOTA (la fédération regroupant les décisionnaires des écuries) pensent essentiellement à l’alourdissement d’un calendrier pléthorique mais aussi aux problèmes de moralité consécutifs à l’organisation d’un tel événement dans un pays qui subit depuis le début de l’année une révolution violente.

Du point de vue de Bernie Ecclestone, le problème est clair. Il a vendu à prix d’or à tous ses partenaires (sponsors, chaines de télévision, radio etc…) un championnat devant se dérouler en vingt manches. S’il se trouve qu’une de ces courses doit subir une annulation, sa position de force face à ses interlocuteurs sera fortement fragilisée.

De plus, tous les partenaires financiers du Grand Prix de Bahreïn voient leurs investissements sans retour et ils s’en remettent alors à Ecclestone, qui leur a, en quelques sortes, « vendu un produit » qui ne leur a pas permis de faire fructifier leurs investissements.

Les termes employés peuvent paraître très commerciaux, et, de ce fait, mettre de côté les aspects sportifs et sociaux qui entrent en jeux dans cette situation ; mais Bernie, dans ce dossier, n’a longtemps vu que le côté mercantile de l’affaire…tout du moins jusqu’à ce que certaines voix se fassent entendre, plus particulièrement celles de la FOTA et d’un unique pilote, Mark Webber, qui ont été les seuls à aborder l’aspect moral de l’organisation de cette course.

Le pilote australien s’est d’ailleurs positionné rapidement en faveur d l’annulation pure et simple du grand prix et de sa non reprogrammation : « Mon opinion personnelle, c’est que la discipline aurait dû adopter une position beaucoup plus ferme plus tôt cette année, au lieu de constamment repousser sa décision en espérant reprogrammer la course en 2011. Un message très clair aurait alors été transmis quant à la position de la F1 sur un sujet aussi fondamental que les droits de la personne, et aussi sur la façon dont elle traite les questions morale. Qu’on le veuille ou non, la F1 et le sport en général ne sont pas au-dessus des responsabilités et des consciences sociales. »

Aucun de ses camarades de jeux n’a osé faire de telles déclarations, qui semblent pourtant dans la droite ligne d’une opinion sage et réfléchie, qui met en avant les problèmes sociaux et les questions d’humanités évidentes dans ce cas.

D’ailleurs, son équipe, Red Bull a été choisie par l’organisation Avaaz, qui cherche activement des solutions pour traiter et mettre en alerte les populations sur les grands problèmes mondiaux et qui se définit comme étant un réseau citoyen mondial de 8 millions de membres qui mène des campagnes visant à ce que les opinions et les valeurs des peuples influent sur les décisions mondiales.

Cette organisation a lancé une pétition mondiale pour appeler l’écurie Red Bull Racing à boycotter le Grand Prix si la décision avait été prise de l’organiser cette année.

Avec des références et des phrase chocs (« A l’attention de Red Bull et des autres écuries de Formule 1: Nous vous appelons à déclarer publiquement que vous ne participerez à aucune course à Bahreïn cette année, car le gouvernement a tué et blessé des centaines d’innocents qui s’exprimaient pour défendre leurs droits. Votre réputation, et celle de la Formule 1, seront

affectées si vous récompensez ce régime meurtrier. »). L’organisation a réuni près de 500 000 signatures et s’est récemment réjoui d’avoir pesé de tout son poids sur la décision finale de ne pas organiser de course cette année au Bahreïn.

Encore une fois donc, il aura fallu des pressions extérieures fortes pour que la Formule 1 et ses organisateurs se rendent compte que leurs obsessions commerciales ne font pas toujours du bien à leur image et que leur insistance à vouloir conserver leurs intérêts face à des problèmes mondiaux dépassant le cadre sportif et risquent d’instrumentaliser la Formule 1 à des fins politiques.

Axel B.





Finir avant tout

21 03 2011

Plus que jamais, le début du championnat du monde de Formule 1 est propice à toutes les allégations. La première course représente souvent pour les pilotes leur seule chance de réaliser une bonne performance durant la saison.

C’est presque devenu historique. A quelques exceptions près, la première course d’un championnat de Formule 1 nous réserve son lot de surprises.

Il suffit souvent, pour un pilote avec une monoplace modeste, de finir la course, pour se retrouver dans une position favorable et marquer ainsi les esprits et peut être même les seuls points de sa saison.

Les exemples ne manquent pas. Si le grand prix de Bahreïn la saison dernière a été surtout marqué par l’ennui, les courses d’ouvertures des saisons précédentes ont tenu leurs promesses.

En 2009, en Australie, malgré l’impressionnante et inattendu domination des Brawn GP, la course a été marqué par de nombreux accrochages (Vettel et Kubica dans les derniers tours en lutte pour la troisième place) et la remontée fulgurante de Timo Glock de la dernière à la quatrième place au volant de sa Toyota, bénéficiant donc de nombreux abandons des leaders et de la disqualification de Lewis Hamilton pour une manœuvre douteuse sur son coéquipier Jarno Trulli.

En 2008, toujours en terre australe, seulement six voitures seront classés à l’arrivée et le grand vainqueur de cette épreuve chaotique sera le français Sébastien Bourdais qui, partant de la dix-septième place sur la grille, remontera jusqu’à la quatrième avant de renoncer sur casse moteur mais d’être finalement classé septième au grès des divers abandons de ses concurrents directs.

L’australien Mark Webber aura sûrement à cœur, lui, de se souvenir de sa belle course à domicile en ouverture de la saison 2002 qui l’avait vu finir à la cinquième place avec la petite écurie Minardi-Asiatech, pour le premier grand prix de sa carrière. Il grimpera même sur le podium après la cérémonie officielle pour fêter sa miraculeuse moisson de points avec son public et son patron de l’époque, un autre australien, Paul Stoddart. Ce résultat, même si on ne peut douter du talent de Webber, fut la conséquence d’un grand nombre d’abandons dans un grand prix qui n’avait vu que huit pilotes classé sur les vingt-deux ayant pris le départ.

Certes, le tracé du circuit accueillant le premier grand prix de la saison a une incidence importante sur le déroulement de la course. La piste de Melbourne, associée à une météo souvent changeante, est plus propice aux rebondissements et aux courses spectaculaires que l’insipide tracé de Sakhir, qui a ouvert les saisons 2006 et 2010 dans le cadre du grand prix de Bahreïn…

Mais la fiabilité des voitures joue également un rôle très important en début de saison. Ce qui devient l’apanage des meilleures écuries en milieu de saison, reste souvent leur point faible lors des premières courses de l’année. Il n’est pas étonnant alors de voir des Ferrari, McLaren ou RedBull perdre de gros points lors de ces occasions au bénéfice d’écuries moins performantes mais ayant joué la carte de la fiabilité.

 

Comme le disait Enzo Ferrari, pour arriver premier, il faut premièrement arriver ! Le premier objectif du futur champion du monde 2011 sera donc de voir le drapeau à damier en Australie ce weekend. Les statistiques parlent d’elles même. Ces dix dernières années, 70% des vainqueurs de la première course de la saison ont remporté le championnat à la fin de l’année.

 

Axel B.





Coup d’arrêt

21 02 2011

Ce n’est pas la première fois que la Formule 1 tremble sur ses bases ; mais cette fois-ci, les événements politiques qui sévissent un peu partout dans le monde musulman, et plus particulièrement au Bahreïn, pourraient faire plier pour la première fois le grand barnum économico-sportif du sport automobile.


L’élan de révolution et de démocratie qui parcours le monde arabe est en train de toucher une multitude de pays. Après la Tunisie et l’Egypte, le Moyen-Orient commence lui aussi à sentir les déflagrations de ce tremblement de terre populaire.

Le Bahreïn, qui intéresse particulièrement le sport automobile puisque la première manche du championnat de Formule 1 doit s’y dérouler dans quelques semaines, est en train de devenir un épicentre de cette révolte.

De nombreux pays comme la Grande-Bretagne, l’Australie ou le Canada ont déjà fortement déconseillé à leurs ressortissants de se rendre dans le royaume.

La capitale, Manama, a déjà été la cible d’affrontements violents entre les manifestants anti-régime et la police locale. Une situation délicate qui fait évidemment passer le sport au second plan des intérêts actuels. De plus, la sécurité étant plus que précaire, les plus vives interrogations se posent quant à la tenue des derniers essais hivernaux et du premier grand prix prévu sur ces terres.

Bernie Ecclestone, promoteur de la discipline souffle le chaud et le froid depuis plusieurs jours en émettant des avis contradictoires selon l’évolution de la situation. Une chose est sûre, une alternative à déjà été trouvé.

Les essais prévus une dizaine de jours avant le grand prix pourraient être délocalisé en Espagne ou en France (on parle de Jerez ou du Castellet – ce qui serait la première apparition d’une Formule 1 sur le sol français depuis la victoire de Felipe Massa à Magny Cours en 2008) et la course au Bahreïn proprement annulée, ou reportée à une date ultérieure. L’Australie récupérerait alors sa place de première étape d’un championnat qui ne compterait plus que 19 courses.

Cependant, jamais la Formule 1 n’avait eu à subir ou à se plier à quelques mouvements sociaux, politiques ou terroristes dans toute son histoire.

La guerre des deux instances politiques,  FISA et FOCA, qui se disputaient la légitimité de la Formule 1 à l’orée des années 80 n’aura causé comme désagréments qu’un semblant de grand prix en Espagne lors de la saison 1980 ou seule les écuries FOCA ont participé à la course remportée par Alan Jones sur Williams, ainsi qu’a une tentative de création de championnat parallèle début 1981 avec les même écurie FOCA mais vite annihilée par le manque de suivi médiatique et la future création des Accords Concordes qui allaient régir ce sport jusqu’à aujourd’hui encore.

Finalement, l’affrontement qui opposait les deux hommes fort du moment, Jean-Marie Balestre pour la FISA et le déjà incontournable Bernie Ecclestone pour la FOCA n’aura eu d’impact que sur un tome de la fameuse série de bande dessinée Michel Vaillant dans lequel Jean Graton imaginait la suite de l’histoire, séparée en deux championnats distincts. Pure fiction dans les années 80 mais dont le spectre ressurgissait ces dernières années…

La Formule 1 n’a pas eu à subir non plus les conséquences de la guerre du golfe ou des attentats du 11 septembre. Elle était même devenue, dans ce dernier cas, une vitrine occidentale de la volonté de chacun de ne pas se plier aux menaces terroristes en continuant un semblant de vie normale. Toutes les écuries se présentant sur la grille de départ avec un bandeau noir sur leur livrée, même vierge de sponsors pour Ferrari.

 

Si la rumeur de boycott du grand prix de Bahreïn par quelques équipes se confirme, Bernie Ecclestone n’aura d’autre choix que de repousser la course. Personne ne songe à une annulation aux vues des enjeux économiques engagés par l’épreuve. Mais cette inquiétude parait cependant bien futile à la vue des événements sociopolitiques du moment.

 

Axel B.





L’Europe, terre sacrée de la Formule 1

26 04 2010

Les racines européennes de la Formule 1 sont incontestables. Même si Bernie Ecclestone, promoteur commercial de ce sport, cherche de nouveaux horizons pour offrir son spectacle, les grands prix les plus mythiques situés en Angleterre ou en Italie semblent indéboulonnables.

Il fut un temps où le championnat du monde de Formule 1 n’avait de mondial que le nom. Dans les années 50, hormis la mythique course des 500 Miles d’Indianapolis, qui n’était même pas alors intégrée dans le championnat, tous les grands prix étaient organisés en Europe de l’ouest. A partir de 1953, le grand cirque de la Formule 1 faisait une escale par an en dehors du vieux continent. C’est ainsi que les spectateurs de l’époque ont pu découvrir leur sport favori sur des circuits situés en Argentine, de 1953 à 1958 ou au Maroc, en 1958. Les années 60 verront apparaître sporadiquement des grands prix en Afrique du Sud (1962), au Canada (1967) et au Mexique (1963) alors qu’il faudra attendre 1976 pour que la Formule 1 fasse sa première escale sur le sol asiatique avec la création d’une course au Japon sur le circuit de Mont Fuji.

Ce sont dans les années 80 que les Etats-Unis font leur grand retour dans le championnat avec de multiples grands prix organisés dans des villes aussi diverses que Detroit, Las Vegas ou Dallas. Même si ces courses peinent à trouver leur public, la Formule 1 commence réellement à s’externaliser du sol européen pour se diriger vers des pays économiquement plus fort.

Cette tendance va s’accentuer dans les années 2000 avec la création de nombreux circuits ; en Malaisie, depuis 1999, en Chine et au Bahreïn en 2004, en Turquie en 2005, à Singapour et  à Abu Dabi en 2009. Des grands prix en Corée du Sud et en Inde sont également prévus respectivement en 2010 et 2011.

Face à cette désertion européenne du championnat, les circuits restant à l’affiche tentent, tant bien que mal, de s’adapter aux nouveaux standards imposés par Bernie Ecclestone. Si les pays d’Asie ou du Moyen Orient disposent de moyens conséquents pour satisfaire les exigences des promoteurs, les propriétaires des circuits européens, généralement peu soutenu par leurs gouvernements, ont des difficultés à conserver leurs places.

L’exemple le plus flagrant concerne le grand prix de France, absent depuis 2009 du calendrier, et qui n’arrive pas à refaire surface financièrement faute de soutient politique. La Formule 1 a beau tenter de se tourner vers les technologies respectueuses de l’environnement, elle traîne néanmoins une image tenace et négative sur le plan écologique dans certains pays.

D’autres circuits, à l’image de Silverstone, arrivent cependant à se renouveler. Grâce à l’influence du British Racing Drivers Club, propriétaire du site, le circuit subit cette année de nombreuses modifications, autant sur son tracé que dans ses infrastructures. En conséquence un nouveau contrat de sept années a été signé pour l’organisation du grand prix de Grande Bretagne.

Il est naturel, pour un championnat qui se veut mondial, de se tourner vers une majorité de pays les plus divers. En 2008, hormis l’Afrique, tous les continents étaient représentés. Si les grands prix historique font de la résistance à l’image de Monza ou Silverstone, leurs places semblent de plus en plus menacées. L’idée de Bernie Ecclestone, consistant à organiser vingt courses par saison, pourrait être une bonne solution pour réussir un mélange entre modernité et patrimoine.

Axel B.





La Formule 1 enfin tournée vers son passé !

15 03 2010

Pour une fois, le monde de la Formule 1 a souhaité porter un regard sur ses 60 ans d’histoire. Pour une fois, tous les grands champions encore vivants se sont réunis pour célébrer le plus noble des sports mécaniques. Pour une fois, l’illustre passé a été mis à l’honneur.

Dans le cadre du premier grand-prix de la soixantième saison de Formule 1, au Bahreïn, les organisateurs ont mis en place la plus grande réunion historique de ce sport en réunissant les 18 champions du monde de la discipline encore vivants ou souhaitant se déplacer pour l’événement. Seul Kimi Raikkonen, retenu par ses obligations en rallye, et Nelson Piquet, contrarié par l’affaire du « crashgate », ne se sont pas présenté sur la piste du circuit de Shakir.

Le public présent a pu admirer les légendaires pilotes au volant de leurs mythiques voitures. C’est ainsi que Damon Hill a pu se glisser dans la Williams FW18 qui l’a mené à la victoire en 1996 tandis que son fils, Josh, prenait place dans Lotus 49B de son grand père Graham, double champion du monde en 1962 et 1968. Emerson Fittipaldi, premier brésilien à remporter la victoire finale en Formule 1 s’est lui aussi pris au jeu de remonter dans son vieux bolide, à l’image de Keke Rosberg, très présent habituellement dans les paddocks pour suivre le parcours son fils Nico, ou encore Jody Scheckter, Mario Andretti et Jackie Stewart. Nigel Mansell, de retour de ses essais en Le Mans Series au Paul Ricard, a pu tester avec délectation la Ferrari 125 de 1950 alors que Mika Hakkinen quant à lui se retrouvait au volant de la Mercedes-Benz W196 de Juan Manuel Fangio, victorieuse en 1954. Cette grille de départ historique avait fière allure.

Il est cependant décevant que ce ne soit pas la F.I.A. qui est organisé cet événement. A l’heure où la Formule 1 devrait essayer de se rapprocher de son public, ce type de manifestation festive est un très bon vecteur pour insuffler une aura d’humanisme dans un sport de plus en plus politisé et éloigné de la dimension populaire qui devrait être la sienne.

Saluons donc la passion et le travail méticuleux du Cheick Salman, l’homme providentiel qui amena la F1 au Bahreïn en 2004 et qui a réussi avec son équipe à réunir tous ces champions à l’égo surdimensionné et à arracher à leur propriétaires collectionneurs les monoplaces en parfait état de marche afin de faire vivre au public présent ce moment inoubliable.

Il suffirait enfin qu’une majorité de chaines de télévision retransmette ce genre d’événement pour que la fête soit complète.

Sinon, la première course de la saison a confirmé nos intuitions d’hiver, à savoir que la course au titre va se jouer entre les huit pilotes favoris appartenant aux équipes Ferrari, McLaren, RedBull et Mercedes.

Si Vettel, Alonso et Hamilton semblent bien placés, Schumacher, Webber et Button commencent déjà à rencontrer les premières difficultés d’une saison que l’on a annoncée, peut être à tort, passionnante. Après un temps d’adaptation nécessaire au nouveau règlement, nul doute que la prochaine course en terre australe sera plus animée.

Axel B.








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