L’Europe, terre sacrée de la Formule 1

26 04 2010

Les racines européennes de la Formule 1 sont incontestables. Même si Bernie Ecclestone, promoteur commercial de ce sport, cherche de nouveaux horizons pour offrir son spectacle, les grands prix les plus mythiques situés en Angleterre ou en Italie semblent indéboulonnables.

Il fut un temps où le championnat du monde de Formule 1 n’avait de mondial que le nom. Dans les années 50, hormis la mythique course des 500 Miles d’Indianapolis, qui n’était même pas alors intégrée dans le championnat, tous les grands prix étaient organisés en Europe de l’ouest. A partir de 1953, le grand cirque de la Formule 1 faisait une escale par an en dehors du vieux continent. C’est ainsi que les spectateurs de l’époque ont pu découvrir leur sport favori sur des circuits situés en Argentine, de 1953 à 1958 ou au Maroc, en 1958. Les années 60 verront apparaître sporadiquement des grands prix en Afrique du Sud (1962), au Canada (1967) et au Mexique (1963) alors qu’il faudra attendre 1976 pour que la Formule 1 fasse sa première escale sur le sol asiatique avec la création d’une course au Japon sur le circuit de Mont Fuji.

Ce sont dans les années 80 que les Etats-Unis font leur grand retour dans le championnat avec de multiples grands prix organisés dans des villes aussi diverses que Detroit, Las Vegas ou Dallas. Même si ces courses peinent à trouver leur public, la Formule 1 commence réellement à s’externaliser du sol européen pour se diriger vers des pays économiquement plus fort.

Cette tendance va s’accentuer dans les années 2000 avec la création de nombreux circuits ; en Malaisie, depuis 1999, en Chine et au Bahreïn en 2004, en Turquie en 2005, à Singapour et  à Abu Dabi en 2009. Des grands prix en Corée du Sud et en Inde sont également prévus respectivement en 2010 et 2011.

Face à cette désertion européenne du championnat, les circuits restant à l’affiche tentent, tant bien que mal, de s’adapter aux nouveaux standards imposés par Bernie Ecclestone. Si les pays d’Asie ou du Moyen Orient disposent de moyens conséquents pour satisfaire les exigences des promoteurs, les propriétaires des circuits européens, généralement peu soutenu par leurs gouvernements, ont des difficultés à conserver leurs places.

L’exemple le plus flagrant concerne le grand prix de France, absent depuis 2009 du calendrier, et qui n’arrive pas à refaire surface financièrement faute de soutient politique. La Formule 1 a beau tenter de se tourner vers les technologies respectueuses de l’environnement, elle traîne néanmoins une image tenace et négative sur le plan écologique dans certains pays.

D’autres circuits, à l’image de Silverstone, arrivent cependant à se renouveler. Grâce à l’influence du British Racing Drivers Club, propriétaire du site, le circuit subit cette année de nombreuses modifications, autant sur son tracé que dans ses infrastructures. En conséquence un nouveau contrat de sept années a été signé pour l’organisation du grand prix de Grande Bretagne.

Il est naturel, pour un championnat qui se veut mondial, de se tourner vers une majorité de pays les plus divers. En 2008, hormis l’Afrique, tous les continents étaient représentés. Si les grands prix historique font de la résistance à l’image de Monza ou Silverstone, leurs places semblent de plus en plus menacées. L’idée de Bernie Ecclestone, consistant à organiser vingt courses par saison, pourrait être une bonne solution pour réussir un mélange entre modernité et patrimoine.

Axel B.








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