L’Ecossais solitaire

9 02 2013

Lors de la présentation de la nouvelle Force India, seul un pilote était présent. L’Ecossais Paul di Resta se trouvait bien seul pour afficher les ambitions de l’équipe. Une situation inconfortable pour cette dernière et son pilote.

Licence Creative Commons / Machael Elleray

Licence Creative Commons / Machael Elleray

Depuis plusieurs années, Force India nous a habitués à une confirmation tardive de son duo de pilotes. Mais jamais l’attente n’aura été aussi longue. Vraisemblablement, il faudra encore patienter jusqu’aux essais de Barcelone pour connaître l’identité de celui qui accompagnera Paul di Resta pour la saison à venir.

Il semblerait donc que le départ de Nico Hulkenberg vers Sauber-Ferrari ait chamboulé l’écurie plus que ce qu’elle veut bien le laisser entendre. Le pilote allemand, qui a fini la saison 2012 comme une fusée, en jouant la victoire lors de l’ultime Grand Prix au Brésil, laisse un vide difficile à combler au sein de l’écurie de Vijay Mallya.

Bien sûr, pour occuper ce baquet, plusieurs noms sont avancés et nourrissent les rumeurs. Les deux plus fiables, et qui ont été confirmé par l’entourage de l’équipe, sont Jules Bianchi et Adrian Sutil.

Le pilote français, couvé par la grande famille Ferrari a plusieurs atouts en sa possession. Premièrement, il connaît bien l’équipe puisqu’il en est le pilote essayeur depuis maintenant deux ans. Durant cette période, il a eu largement le temps de nouer des liens de travail et d’affection avec les divers membres de l’écurie, de manière à se sentir pleinement à son aise. De plus, il a eu l’opportunité de suivre de près la conception de la nouvelle monoplace qui n’aura pas de secret pour lui.

D’un point de vue plus politique, ses liens étroits avec Ferrari pourraient être un avantage de taille. En effet, dans l’optique des changements radicaux dans la réglementation moteur pour la saison 2014, l’écurie Force India ne serait pas contre un rapprochement technique avec la Scuderia, qui pourrait lui fournir des moteurs de qualité. Certes, actuellement, la collaboration entre l’écurie indienne et son actuel motoriste, Mercedes, semble donner entière satisfaction aux deux parties. Mais apparemment, Vijay Mallya ne serait pas contre profiter de la grande expérience des hommes de Maranello pour se lancer avec les meilleurs atouts dans cette nouvelle ère de la discipline.

D’un autre côté, Adrian Sutil fait le forcing pour retrouver sa place en Formule 1 abandonnée à la fin de l’année 2011 pour une sombre histoire judiciaire. Le pilote allemand, alors pensionnaire chez Force India, avait été inquiété dans une affaire d’agression le mettant directement en cause. A la vue de cet épisode peu reluisant qui aurait pu lui valoir des interdictions de séjour dans certains pays (et ainsi l’empêcher de courir certains Grands Prix), Mallya avait préféré l’écarter au profit d’Hulkenberg.

Aujourd’hui, cette histoire semble appartenir au passé, et Sutil et Force India se font les yeux doux. Il est vrai que le talent de l’Allemand est reconnu depuis plusieurs années, et même s’il tarde à convaincre, faute de moyens, une deuxième chance serait méritée. De plus, lui aussi connaît très bien l’environnement de l’équipe et il faudrait peu de temps pour qu’il retrouve ses marques. Seule ombre au tableau, son absence forcée loin des circuits pourrait lui être préjudiciable. N’est pas Kimi Raikkonen qui veut…

Chaque jour, un nouveau nom s’ajoute à la liste des prétendants, rendant celle-ci aussi épaisse que le portefeuille d’Ecclestone . Bruno Senna et Kamui Kobayashi ont récemment été cité, et nul doute que dans les heures à venir, des pilotes comme Heikki Kovalainen et même Vitaly Petrov (même si son agent dément déjà tout contacts), victime de la signature de Van der Garde chez Caterham,  feront eux aussi partie de cette liste.

En attendant, Paul di Resta reste le seul représentant de l’écurie sur les premiers essais hivernaux. Une position embarrassante pour le pilote, qui n’a aucun point de repère pour jauger ses performances, et pour l’équipe, qui a pour ambition de jouer le podium à la régulière. Un début d’année bien solitaire pour l’écossais et plutôt étrange pour l’équipe…

Axel B.





Une grille de rêve

2 01 2013

Une nouvelle année commence, une nouvelle saison va débuter, et beaucoup de vœux formulés par certains acteurs de la Formule 1 resteront vains. Alors tentons de réaliser certains de ces rêves dans cette première chronique 2013. En mettant de côté l’aspect financier et moral de certaines décision, à quoi pourrait ressembler une grille de départ rêvée pour la saison à venir ?

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Chez Ferrari, l’indéboulonnable Fernando Alonso a encore de nombreuses années en rouge devant lui. On voit mal pourquoi, et pour qui, l’écurie au cheval cabré pourrait s’en séparer. Mais en ce qui concerne son équipier, la question est longtemps restée en suspend. Dans notre fiction, Felipe Massa pourrait décider de raccrocher son casque après plusieurs années éprouvantes. Il souhaiterait se consacrer à sa famille et profiter d’une vie qu’il aurait bien pu voir s’achever un après midi d’été en Hongrie.

La liste de ses remplaçants est bien longue, mais le seul capable d’avoir la stature pour le rôle est aussi le seul qu’Alonso pourrait accepter à ses côtés. Il s’agit de Mark Webber, lassé de ne réussir à combattre Sebastian Vettel chez Red Bull, il viendrait donc chercher chez Ferrari un prestige qui manque à sa carrière et que l’écurie autrichienne ne saurait lui apporter. Une sorte de retraite dorée pour l’Australien même si son mental de compétiteur ne l’empêcherait pas d’avoir dans un coin de la tête, le rêve fou de détrôner Alonso de son piédestal.

Qui pourrait alors le remplacer chez Red Bull ? Là aussi, Vettel est incontournable. Mais la politique de Mateschitz et Marko serait alors de promouvoir un jeune de la maison. A ce petit jeu, Daniel Ricciardo, pur produit Red Bull, est le mieux placé. Il est celui qui a le plus d’expérience et, même s’il a fini la saison 2012 derrière son équipier français Jean-Eric Vergne, il semble le plus à mène d’apporter les garanties nécessaires à l’équipe pour remporter un titre constructeur.

Du coup une place se libère chez Toro Rosso, et il ne faudra pas aller chercher bien loin pour trouve acquéreur. Parmi la pléthore de jeunes pousses siglée Red Bull, Felix da Costa serait le mieux placé pour faire ses débuts dans la discipline. Il a impressionné ses employeurs en Formule Renault 3.5 et son accession à la discipline serait logique.

Dans le giron McLaren, même si l’on a peine à croire que Sergio Pérez ait été choisi par l’écurie basée à Woking uniquement pour son talent (le soutien de Telmex est un gros poids dans la balance), le duo de pilote formé avec Button reste cohérent et présente une des premières belles surprises pour 2013. Même constat chez Mercedes, ou l’association entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg pourrait faire des étincelles tant elle semble évidente. La génération « 85 » pourrait bien redorer l’étoile ternie du constructeur allemand.

Quand à Lotus-Renault, avec un Kimi Raikkonen en position de messie et avec tous les efforts consentis pour faire de Romain Grosjean un vrai pilote de Formule 1, l’équipe souhaiterait s’acheter une saison plus calme en conservant, au moins, la stabilité de ses pilotes !

Dans les écuries du milieu de tableau, l’argent fait encore plus loi. Si le transfert de Nico Hulkenberg de Force India vers Sauber peut éventuellement être synonyme de progression et de défi sportif pour l’Allemand, le recrutement d’Estéban Gutierrez au sein de l’écurie suisse sent le bon coup financier à plein nez. Il est vraiment dommage que le flamboyant Kamui Kobayashi ne soit pas de la fête, et il aurait toute sa place dans la grille fictive construite dans cet article. Au moins pour poursuivre une saison de plus avec Sauber…

Chez Force India donc, Paul di Resta reste en place en espérant briller un peu plus qu’en 2012 et il pourrait trouver à ses côtés un Bruno Senna, vainqueur des secondes, voire troisièmes chances, offertes dans la discipline mais qui, avec un tel patronyme et quelques belles performances, reste sympathique à voir.

Au sein de l’ancien employeur du Brésilien, Williams, on s’appuiera sur le désormais fiable Pastor Maldonado pour donner sa chance à l’espoir maison, le Finlandais Valtteri Bottas. Sir Franck a déjà raté Mika Hakkinen et Kimi Raikkonen, il n’est pas question qu’il passe à côté de son Finlandais !

Et puis bien sûr, dans les petites équipes, l’association entre un pilote expérimenté et un jeune espoir semblent être le deal idéal. Heikki Kovalainen chapeauterait parfaitement le Français Charles Pic chez Caterham et Timo Glock pourrait bien apporter toute son expérience à Vitaly Petrov, qui trouverait refuge chez Marussia, écurie de sa chère patrie. Le Russe est loin d’avoir démérité en 2012, et prouve qu’il a sa place en Formule 1, surtout à l’approche de l’organisation d’un Grand Prix en Sotchi en 2014.

Alors bien sûr, voici encore une chronique totalement subjective qui pourra laisser libre court à des commentaires et des critiques sur les choix formulés. Mais n’ayez pas d’inquiétudes, cette grille de départ rêvée et fictive ne verra sûrement pas le jour de si tôt, tout du moins tant que l’aspect financier aura le dessus sur la morale et le talent. D’ici là, bonne année !

 

Axel B.





La chronique de Noël

26 12 2012

C’est Noel ! Cela ne vous aura pas échappé. La période préférée des enfants mais aussi des adultes qui sont restés de grands enfants. Une cascade de cadeaux tous plus magnifiques les uns que les autres va être déversée pour le plus grand bonheur de tous. Et en Formule 1, les personnalités aimeraient avoir quel genre de cadeaux ?

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Sans aucun doute, Bernie Eccelstone aimerait beaucoup avoir au pied de son sapin une saison 2013 semblable à la précédente, faite de surprises, d’indécision et de titre attribué lors de l’ultime course. Presque une année parfaite donc pour le grand argentier de la Formule 1.

Fernando Alonso estime lui aussi que sa saison a frôlée la perfection. Il aimerait donc lui aussi ouvrir un cadeau rempli de ténacité, de hargne, de chance et de soutien des tifosi pour parvenir à se parer du titre mondial dans sa tenue rouge. Il serait alors le plus beau des Pères Noël pour tout le peuple italien, amoureux de son équipe au cheval cabré.

Mais le triple champion du monde en titre, Sebastian Vettel, veux lui aussi le même cadeau ! On ne doute pas qu’ils ne cesseront de se le chamailler durant toute la saison 2013, même si l’Allemand aimerait pouvoir le remporter un peu plus facilement que cette année.

A côté d’eux, d’autres pilotes auraient des envies toutes aussi légitimes de réussite. Mark Webber a commandé un livre : « L’Allemand pour les nuls » afin de pouvoir enfin expliquer à son encombrant équipier qu’il cesse de pointer son doigt au ciel à la fin de chaque course tandis que Jenson Button a souhaité avoir, dans la même collection, un ouvrage sur le Mexique pour pouvoir prendre la mesure de son nouvel équipier.

Puis dans l’ordre ou dans le désordre, Felipe Massa a commandé quelques podiums, Kimi Raikkonen une nouvelle caisse de t-shirt floqués à ses futures victoires, Romain Grosjean une combinaison en titane afin de protéger des éventuelles critiques faites à son égard, Lewis Hamilton une boite de polish pour faire briller sa nouvelle étoile Mercedes, Sergio Pérez des médicaments contre les maux de ventre afin de soulager son équipe de sa conduite mexicaine souvent épicée, Pastor Maldonado va se voir offrir de la part de son équipe un bon de réduction chez un opticien vénézuélien réputé afin qu’il juge un peu mieux certaines de ses trajectoires…et Michael Schumacher un nouvelle paire de pantoufles…

Mais bien entendu, tous ne seront pas satisfaits. Des pilotes comme Bruno Senna, Kamui Kobayashi, Adrian Sutil, Jaime Alguersuari, Heikki Kovalainen, Vitaly Petrov ou Pedro de la Rosa, qui ont noté sur leur liste un volant pour la saison à venir, risquent d’être déçu à l’ouverture des cadeaux le matin de Noël.

Les fans de Formule 1 eux, veulent avoir une saison 2013 de toute beauté avec quelques belles passes d’armes, un championnat serré, des monoplaces plus belles que celles de cette année et, pourquoi pas, une retransmission télévisée gratuite et de qualité ! Finalement, désirez-vous autre chose de plus au pied de votre sapin ?

Axel B.





On a le droit d’être déçu ?

5 12 2012

Clairement oui ! Une saison qui débute par sept vainqueurs différents en sept courses, qui voit les premières victoires de Nico Rosberg et Pastor Maldonado, un succès de Kimi Raikkonen après deux ans d’absence, quelques podiums d’un pilote français et qui se solde par un troisième titre consécutif de Sebastian Vettel…il y a un peu de quoi être déçu de voir s’imposer au final le même pilote depuis 2010.

Licence Creative Commons / Ryan Bayona

Licence Creative Commons / Ryan Bayona

A l’orée de la saison 2012 de Formule 1, rien ne pouvait laisser envisager un tel début de championnat. La victoire surprise de Jenson Button en Australie et la déroute des Ferrari étaient certainement les deux premières sur

prises de l’année. Un peu plus tard, le renouveau de Williams avec l’étonnante victoire de Pastor Maldonado en Espagne faisait écho au premier succès d’un Rosberg et d’une Mercedes depuis des décennies.

Malgré ce lot de surprise, les cadors de la discipline avaient aussi réussi à remporter leur Grand Prix. Les Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton ou Mark Webber satisfaisaient les espoirs de réussite placés en eux.

Pendant ce temps, les Sauber de Kamui Kobayashi et surtout Sergio Pérez, se plaçaient dans le rôle d’outsider aux côtés d’étonnantes Lotus-Renault avec un duo de pilote qui apportait pourtant beaucoup d’interrogations.

Les fans français, après plusieurs années de disette commençaient à s’enthousiasmer pour les quelques podiums de Romain Grosjean avant de connaître une terrible désillusion au fur et à mesure que la saison avançait et que leur nouvel idole s’empêtrait dans ses départs et se construisait, à coup de monocoques froissées, une réputation de « taré du premier tour » comme l’a gentiment baptisé Mark Webber.

Mais plus l’année avançait, plus le championnat reprenait une allure normale. Alors que jusqu’à tard dans la saison, six pilotes encore pouvaient se battre pour le titre (Hamilton, Button, Vettel, Webber, Alonso et Raikkonen), la lutte pour le graal suprême prenait rapidement des allures de duel entre le taureau rouge de Sebastian Vettel et le cheval cabré de Fernando Alonso. Certes, Kimi Raikkonen faisait figure d’épouvantail au milieu de ces deux étalons, mais ses chances de titres n’étaient vraiment crédibles que dans la banlieue d’Espoo…

Entre temps, les trublions du début de saison étaient rentrés rapidement dans les rangs. Exit donc les Grosjean et Mercedes, dont les performances ont chuté aussi subitement que le prix d’une casquette Schumacher entre 2006 et 2012, et exit également Sergio Pérez, déjà la tête parée du gris McLaren et qui enchainait les bévues à la même allure que ce qu’il enchainait les points en début d’année.

Au final, le duel entre Alonso et Vettel attisera les passions de fins de saison, certains seront heureux de dire que, enfin, après des victoires farfelues, la Formule 1 redevenait un vrai sport, mais d’autre, resteront sur leur faim de loufoqueries qui les avaient poussé à vouloir un champion du monde original, comme en 1982 ou en 2007 par exemple, avec les victoires inattendu de Keke Rosberg et Kimi Raikkonen, pas franchement favoris à l’entame de l’ultime course. Le rideau de la saison se referme donc sur une troisième victoire de Sebastian Vettel dans une saison qualifiée de folle mais qui accouchera d’un final conventionnel et attendu. Qui a dit décevant ?

 

Axel B.





Les pilotes brésiliens en péril

30 09 2012

Tout comme l’Italie cette saison, ou la France encore très récemment, le Brésil risque de ne plus avoir de pilotes pour le représenter la saison prochaine en Formule 1. En effet, les deux seuls « auriverde » du plateau, Felipe Massa et Bruno Senna, sont dans une situation précaire.

Licence Creative Commons / Nicolas Lannuzel

La Formule 1 est un sport mondial, tant au niveau des pays qu’elle fréquente qu’au niveau de la nationalité des pilotes qui y participent. A ce titre, beaucoup de pays, de divers horizons, sont représentés : très récemment, l’Inde ou la Malaisie ont été les nouveaux venus alors que le Venezuela et le Mexique ont fait un retour fracassant grâce à Pastor Maldonado, vainqueur en Espagne cette année, et Sergio Pérez, désormais habitué des podiums.

Plus flagrant encore, la France qui avait connu une période de disette dans les années 2000 (entrecoupée par les quelques courses de Frank Montagny chez Super Aguri), après les départs de Jean Alesi et Olivier Panis, a réussi grâce à l’investissement de plusieurs sociétés nationales et au travail de la Fédération française de sport automobile, à trouver des représentants dignes d’être sur la grille de départ. Après le passage en 2008 et 2009 de Sébastien Bourdais au sein de l’écurie Toro Rosso, ce ne sont pas moins de trois pilotes, cette saison, qui portent haut les couleurs de la France.

A côté de cela, un autre pays européen vient de perdre son dernier représentant, quand l’italien Jarno Trulli a décidé de raccrocher son casque. Ce pays pourtant toujours présent en Formule 1, sauf lors de la saison 1969, se retrouve désormais sans aucun pilote dans la liste des engagés.

Cette situation risque maintenant de s’imposer pour le Brésil, qui ne compte cette année que deux pilotes. Si l’on peut penser que ce quota de représentation s’avérerait suffisant pour assurer une présence sur le long terme des Brésiliens en Formule 1, la situation personnelle de ces deux pilotes laisse cependant planer un doute.

On ne reviendra pas en détails sur la situation tant commentée de Felipe Massa chez Ferrari, mais pour le moment, rien n’est décidé quant à l’avenir du vice-champion du monde 2008. Si Luca di Montezemolo et Fernando Alonso restent de fervents défenseurs du Pauliste, nul doute que ce dernier devra prouver sur la piste qu’il mérite de rester une année supplémentaire chez les Rouges. Les récentes déclarations de Massa concernant son avenir laissent à penser que si Ferrari ne lui renouvelle pas sa confiance, il n’insistera pas en Formule 1 et se tournera peut être vers une autre discipline.

De son côté, Bruno Senna est également sur la sellette. Les performances du neveu d’Ayrton, même si elles sont plus régulières que celles de son équipier Maldonado, sont surtout moins étincelantes. La victoire du Vénézuélien à Barcelone a marqué les esprits au sein de l’écurie Williams, et les difficultés récurrentes rencontrées par Senna en qualifications compromettent à la fois ses courses et son avenir en Formule 1. Après être passé chez HRT et Lotus-Renault, Williams était sa dernière chance de briller pour sauver sa présence dans la discipline. A ce stade de la saison, les rumeurs s’orientent plus vers un remplacement du Brésilien que vers une reconduction de son contrat. Valtteri Bottas, le pilote essayeur de l’écurie britannique attend son heure avec patience en coulisse.

Une fois écarté de chez Williams, Senna aura-t-il beaucoup d’opportunités pour continuer sa route en Formule 1 ? Rien n’est moins sûr dans une période ou l’argent et la jeunesse sont des atouts décisifs pour l’obtention d’un baquet. Le Brésilien, 29 ans en octobre, n’a plus qu’un seul de ces atouts dans la poche.

Si un tel cas de figure devait se présenter pour la saison 2013, la fédération brésilienne de sport automobile devrait commencer à se pencher sur le sujet pour étoffer un vivier de jeunes pilotes bien peu convaincant jusqu’à présent.

Si l’on regarde dans les deux principales formules de promotions qui abreuvent généralement la Formule 1 de nouveaux talents (à savoir la Formule Renault 3.5 et le GP2 Series), on se rend vite compte que peu de Brésiliens y brillent. Felipe Nasr, pensionnaire en GP2, atteint péniblement une dixième place finale au championnat, alors qu’un autre de ses compatriotes, Victor Guerin n’a pas marqué un seul point de la saison. Du côté de la Formule Renault, le bilan n’est guère plus flatteur. André Negrao est actuellement dixième du championnat à deux manches de la fin de la saison et Lucas Foresti n’est que vingt-deuxième avec sept petits points.

Au final, il n’y a que Luiz Razia en GP2 Series qui peut représenter un espoir crédible pour l’avenir du sport automobile brésilien de haut niveau. Le jeune pilote natif de Barreiras s’est battu pour le titre jusqu’à la dernière course face à l’Italien Davide Valsecchi, pour finalement échouer à la seconde position finale.

Razia a même eu le privilège de participer aux essais lors de deux week-ends de Grand Prix en 2011 au sein de l’écurie Caterham (qui s’appelait encore Team Lotus) mais sans réellement impressionner l’équipe qui n’a pas reconduit l’expérience cette saison. L’avenir est-il bouché pour lui en Formule 1 ? Si c’est le cas, cela pourrait précipiter vers l’oubli le Brésil, pourtant terre de champions avec Emerson Fittipaldi, Nelson Piquet et Ayrton Senna.

 

 Axel B.





A nos victoires manquées !

25 07 2012

Voilà un toast que Kimi Raikkonen pourrait bien porter avec ses collègues de l’écurie Lotus-Renault. A la mi-saison, l’équipe aux couleurs noire et or semble être passée à côté de pas mal d’occasions de victoires, en collectionnant des places d’honneurs sur les podiums.

 

Licence Creative Commons / Rich Jones

Au début de la saison, de fortes interrogations étaient émises concernant les performances probables des Lotus-Renault. L’équipe avait eu beaucoup de mal en 2011 à satisfaire les ambitions placées en elle après deux podiums en début d’année, acquis consécutivement avec Vitaly Petrov et Nick Heidfeld.

Cependant, aucun de ces deux pilotes n’aura la carrure nécessaire pour être le leader naturel que l’écurie attendait après le terrible accident de Robert Kubica qui empêchera ce dernier de prendre part à la saison.

Eric Boullier, directeur sportif de Lotus-Renault tentera alors un coup de poker en titularisant en fin de saison Bruno Senna, en lieu et place du malheureux Heidfeld, pourtant pas déméritant. Mais même cette tentative d’électrochocs n’apportera pas le soubresaut tant attendu.

C’est aussi pour cela que le dirigeant français décidera de faire table rase pour entamer la saison 2012 sous de nouveaux auspices, avec un duo de pilotes totalement nouveau, mais pas vraiment inconnu. Boullier a réalisé le coup hivernal parfait en attirant Kimi Raikkonen dans son antre. Le champion du monde 2007, las de sa difficile expérience en rallye, s’est laissé séduire par le projet Lotus alors que Frank Williams lui tendait les bras et que les tractations avec le Britannique semblaient bien avancées.

Pour devenir le coéquipier du Finlandais, Boullier a choisi un pilote qu’il couvait depuis plusieurs années en la personne de Romain Grosjean, déjà en possession d’une expérience en Formule 1 pendant l’une des pires périodes de l’écurie en 2009. Si Grosjean n’avait pas impressionné à l’époque, sa maturité acquise en GP2 ensuite, devenait alors une bonne garantie de son talent.

Au final, les choix de Boullier ont été validés sur la piste. Si Grosjean a été un peu brouillon sur les premières courses de la saison, il s’est vite repris pour devenir un des plus beaux espoirs de ce sport. Sa deuxième place au Canada confortant son statut de pilote en passe de devenir vainqueur de Grand Prix. Kimi Raikkonen quant à lui s’est idéalement replacé dans la compétition en marquant des points très rapidement et en étant un habitué des podiums. Il donne l’impression de n’avoir jamais arrêté la Formule 1, ce qui est un exploit en soit lorsque l’ont voit les difficultés rencontrées par Michael Schumacher, lui aussi retraité en come back depuis trois ans et qui n’est monté sur un podium depuis son retour que cette année à Valence.

Mais malgré tout, une pointe de déception peut se faire ressentir concernant Lotus-Renault. En effet, l’équipe a toujours été à quelques secondes de remporter un Grand Prix mais a toujours manqué ce but pour diverses raisons, que cela soit en Chine ou au Canada.

Le facteur chance n’est certainement pas la seule explication pour justifier ce manque. Eric Boullier expliquait d’ailleurs lui-même très bien sur la grille de départ du Grand Prix d’Allemagne, les possibles raisons de ce palmarès vierge de victoire à ce jours.

Avant tout, comme dit précédemment, il ne faut pas oublier que ni Raikkonen, ni Grosjean, n’ont participé aux deux dernières saisons. Même si leur adaptation semble plutôt réussie, ils restent néanmoins des novices sur ces monoplaces modernes.

De plus, de fortes lacunes en qualifications mettent souvent en difficulté les pilotes pour la course du lendemain. Boullier sait parfaitement que si Raikkonen ou Grosjean se qualifiaient plus souvent dans les quatre premiers de la grille, ils seraient des prétendants plus sérieux et réguliers à la victoire.

Finalement, Lotus-Renault semble avoir tous les atouts pour gagner enfin, mais il manque une « synergie » (pour reprendre le terme de Boullier) à l’ensemble pour que tous les éléments qui font la victoire s’assemblent entres eux et donne enfin un résultat probant. Un petit coup de pouce du destin pourrait tout de même régler tout cela…

Axel B.





Tous les pilotes peuvent-ils gagner ?

21 06 2012

Cette nouvelle saison de Formule 1, si ouverte et disputée, nous donne l’impression que chaque écurie (hormis peut être Caterham, HRT et Marussia) a une possibilité de remporter une course. Mais est ce que chaque pilote de ces dernières est capable de la faire ?

Licence Creative Commons / Morio

Généralement, il n’y a pas de doute sur la compétitivité et la compétence de ceux qui tiennent le haut du tableau depuis plusieurs années.

Fernando Alonso, Lewis Hamilton, Jenson Button, Sebastian Vettel et Mark Webber sont des vainqueurs de Grand Prix régulier depuis plusieurs années maintenant. Leur présence dans des écuries de pointe leur donne un statut de potentiel premier à chaque course.

Dans cette liste, il serait bon d’ajouter après sa récente victoire en Chine, Nico Rosberg, dont le talent s’est enfin confirmé et concrétisé avec ce succès. De son côté, et malgré tous les doutes ayant entouré son retour, Michael Schumacher reste également dans le groupe des vainqueurs potentiellement régulier.

Chez Lotus-Renault, la pente ascendante de Romain Grosjean peut donner lieu aux plus fous espoirs. Après avoir raté la victoire de quelques secondes au Canada, le français sait désormais qu’il a la capacité et la monoplace pour remporter une victoire. Par là même, il semble commencer à dominer son équipier Kimi Raikkonen, pourtant champion du monde et multiple vainqueur de Grand Prix, mais dont le retour semble pour l’instant un peu s’essouffler, même s’il reste un prétendant logique au succès cette saison.

Il reste le cas de Felipe Massa. Il semble être le pilote le plus en doute parmi ceux qui fréquentent les écuries de tête. Et son récent palmarès ne plaide pas en sa faveur. En effet, le brésilien n’a plus grimpé sur un podium depuis le Grand Prix de Corée du Sud en 2010 ! Et sa dernière victoire remonte à un encore plus lointain passé, lors de la course au Brésil en 2008, qui l’avait vu perdre le championnat dans l’ultime virage de la saison. On ne va pas revenir sur l’état psychologique de Massa, mais en plus de ce championnat raté, son accident en 2009 lors du Grand Prix de Hongrie et le fameux épisode « Fernando est plus rapide que toi » en Allemagne en 2010 font que le brésilien risque d’avoir beaucoup de mal à revenir dans la peau d’un potentiel vainqueur. En tout cas, il ne l’a pas encore prouvé aujourd’hui.

Mais la guerre interne et psychologique entre équipiers se retrouve également au sein des autres écuries. La victoire de Pastor Maldonado en Espagne a ravi Frank Williams et toute son équipe, mais elle a aussi mis en abîme les limites de Bruno Senna, autre pilote de l’écurie britannique, dont on doute maintenant qu’il soit capable de faire autant que le vénézuélien. Quelques jours après la course à Barcelone, les médias n’ont pas tardé à faire de Senna un futur ex-pilote Williams, bientôt remplacé par le prometteur Bottas, actuel réserviste. La pression psychologique est maintenant sur les épaules du neveu d’Ayrton, même si sa régularité en performance a été bien plus impressionnante que celle de Maldonado qui n’a marqué des points qu’à deux reprises (contre trois pour le brésilien) mais qui a réussi à ramener une victoire dans son escarcelle, un graal tellement plus honorifique et flamboyant.

Le même état de fait peut se constater au sein de l’écurie Sauber. Les deux podiums acquis par Sergio Pérez ont fait beaucoup de mal à la réputation de Kamui Kobayashi, pilote émérite et attaquant né, mais qui, cette saison, ne semble pas se trouver dans les bons coups comme son équipier. Car effectivement, il y a également une part de chance dans tous ces résultats. Il ne faut pas oublier que si Pérez est monté sur la deuxième marche du podium en Malaisie, c’était surtout dû aux conditions climatiques dantesques subits ce dimanche là. Certes, il n’a pas fait d’erreur et aurait même pu remporter la victoire, et de son côté, son équipier japonais abandonnait la course assez rapidement. La performance du mexicain au Canada est à ce titre bien plus probante. En partant quinzième et en terminant troisième, il a littéralement atomisé Kobayashi qui partait pourtant devant lui, en onzième position mais qui n’arrivera qu’à obtenir les deux points de la neuvième place. Espérons que cela ne soit pas un coup fatal, celui de trop, pour la carrière du Japonais.

Il reste maintenant à observer le comportement dans les autres équipes. Pourquoi Force India n’aurait-elle pas la possibilité de gagner d’ici là fin de la saison ? Giancarlo Fisichella a prouvé en 2009 que cela était possible en terminant deuxième du Grand Prix de Belgique cette année. Dans ce cas, qui de Paul di Resta ou Nico Hulkenberg saura se mettre en avant ? Pareil chez Toro Rosso. Sebastian Vettel avait fait gagner l’équipe en 2008. Rien n’empêche Daniel Ricciardo ou Jean-Eric Vergne de jouer la victoire dans cette saison folle !

Il va cependant falloir évidemment beaucoup de force à tous ces pilotes pour se sortir de l’ombre, et prouver à leur équipe et à tous les observateurs de la Formule 1 que, eux aussi, peuvent prétendre à devenir des pilotes d’exception.

Axel B.





We never give up !

16 06 2012

« We never give up ! » soit « Nous n’avons jamais abandonné ! » c’est la phrase que s’est écrié Sergio Pérez en direction de son équipe, Sauber, après avoir franchi la ligne d’arrivé du Grand Prix du Canada à la troisième place. Une performance qui en dit long sur les capacités du jeune mexicain et des ressources de l’écurie suisse.

 

Licence Creative Commons / Morio

Voilà une saison réellement excitante. Nul ne peut savoir à l’issue des qualifications le samedi après midi, quel pilote aura la chance de monter sur le podium le dimanche.

Même avec une position modeste sur la grille de départ, les chances de victoire, ou tout du moins de bon résultat, sont grandes.

Le meilleur exemple de cette situation, nous l’avons encore vu ce week-end avec le podium de Sergio Pérez, et aussi dans une moindre mesure la deuxième place de Romain Grosjean.

Si pour le Français, ce podium est un peu moins étonnant que pour le mexicain, il n’en reste pas moins exceptionnel. Personne n’aurait parié que le pilote Lotus-Renault finirait à moins de trois secondes du vainqueur après une qualification qui l’avait vu en haute lutte pour accéder à une plutôt décevante septième place.

Certes, une fois de plus, Romain devançait son équipier pour être le seul représentant de son équipe dans la dernière partie des qualifications ; mais malgré une course que l’on pensait un peu plus chaotique que ce qu’il en est advenu, le Français a réussi un Grand Prix splendide fait d’attaque, de stratégie parfaite et surtout absent de toute erreur, ce qui, il faut le dire, nous rassure un peu…

En effet, si Romain Grosjean est rapide et digne de se battre avec les plus grands de la discipline, sa fiabilité et son irrégularité course après course risquent de lui jouer des tours à l’avenir. Mais il ne faut pas non plus oublier qu’il en est uniquement à sa première saison complète, et avec une petite quinzaine de Grand Prix derrière lui, ses performances restent exceptionnelles. Même au volant d’une monoplace qui semble être une des toutes meilleures du plateau. Il ne lui reste désormais plus qu’à trouver enfin un rythme lui permettant de se battre régulièrement, et à la régulière, pour le podium, ce qui devrait être, avec un peu plus de temps et d’expérience, à sa portée. La voix royale pour une première victoire française depuis 1996 et une nouvelle victoire pour la marque Lotus depuis 1987. Romain Grosjean pourrait bien être le huitième homme. Car lui non plus, n’abandonne jamais !

Est-ce que Sergio Pérez peut lui aussi prétendre à ce titre dans cette saison de toutes les surprises ? Sa performance au Canada fait devenir cette question légitime. En partant de la quinzième position en qualifications pour terminer sur la troisième marche du podium après un seul arrêt aux stands, le mexicain confirme tout le bien que l’on pensait de lui après sa course en Malaisie qui l’avait vu rater la victoire de peu.

Si lors de cette course, Pérez avait amplement profité des conditions climatiques (tout comme Fernando Alonso dont la Ferrari était à côté de la plaque à l’époque) pour décrocher un sensationnel résultat, son podium canadien doit beaucoup plus à sa formidable gestion des pneumatiques et à son sens de l’attaque en douceur.

Cette saison, le nerf de la guerre se trouve donc aux quatre extrémités des monoplaces. Les gommes fournis par Pirelli sont à ce point sensibles que même Jenson Button, pourtant proclamé « Docteur es gestion des pneumatiques », en perd ses moyens…et ses points.

Ce qui fait cette année que l’on retrouve avec un plaisir non dissimulé des pilotes que l’on attendait pas en haut de l’affiche. Les Lotus de Raikkonen et Grosjean régulièrement sur les podiums, un Maldonado vainqueur en Espagne et une équipe Sauber, revenue du diable vauvert après l’abandon de BMW fin 2010, emporté par un élan de jeunesse et de renouveau et qui a pour état d’esprit de ne jamais abandonner. Et si c’était seulement cela la clé du succès et de la réussite ?

Axel B.





Mon rêve est devenu réalité

16 05 2012

Souvenez-vous, il y a quelques mois, avant le début de la saison,  à l’époque des rumeurs liant Kimi Raikkonen à l’écurie Williams-Renault, je m’étais mis à rêver dans une précédente chronique sur un retour au premier plan de la mythique écurie britannique, fait de victoires et de champagne. Certes, le pilote que je voyais en tête n’est pas le même, mais quelle émotion de revoir Frank Williams fêter un succès !

Licence Creative Commons / Morio

Cette saison 2012 de Formule 1 est assurément une des plus folles et des plus inédites qu’il nous ait été donné de voir. Plusieurs vainqueurs de différentes écuries se partagent les victoires sans qu’aucune individualité ne sorte réellement du lot. D’ailleurs, historiquement, c’est souvent le cas : après une période intensive de domination par un pilote ou une écurie (ici en occurrence Sebastian Vettel et Red Bull en 2010 et 2011), il existe une compétition exacerbée lorsque les leaders tombent de leur piedéstal aussi subitement que ce qu’ils y sont parvenu.

Donc, après Button, Alonso, Rosberg et Vettel, c’est au tour du plus inattendu Pastor Maldonado d’inscrire son nom au palmarès des vainqueurs de Grands Prix en 2012. Certes, on sentait depuis le début de la saison que la Williams était revigoré et pouvait permettre à ses pilotes de réaliser des performances plus intéressantes que l’année dernière. Une entrée régulière dans les points, peu être un ou deux podiums occasionnels en profitant de conditions de course particulières…mais de là à remporter une course !

Voilà pourquoi la Formule 1 nous fait tant vibrer et nous passionne. Nous ne la vivons presque qu’exclusivement pour voir ces images du bonheur de Maldonado une fois la ligne d’arrivée franchie, et son explosion de joie à la sortie de sa monoplace sous le podium. Ces images donnent des frissons, comme celles de Frank Williams, qui semblait interloqué mais pas vraiment surpris de voir son équipe en haut des classements. On parle là quand même d’une équipe qui vient de signer sa 114ème victoire, certes plus de sept ans après son dernier succès (Brésil 2004 avec un autre sud-américain, le Colombien Juan-Pablo Montoya), mais cela n’est vraiment qu’un détail. C’est avant tout la victoire d’un des derniers, sinon le dernier artisan de la Formule 1, bercé par la passion de la course automobile et qui, à 70 ans, démontre toujours autant de passion envers son entreprise, son équipe et la compétition.

Bien sûr, cette victoire révèle aussi quelques parts d’ombre qui risque d’empoisonner le futur proche de l’écurie. La rançon de la gloire en quelques sortes. Car si la performance de Maldonado est exceptionnellement bonne (souhaitons cependant que cela ne soit pas qu’une exception…), elle met en abîme le résultat plus que décevant de Bruno Senna. Une qualification ratée à cause d’une bête erreur commise sous la pression, et un accrochage idiot en course avec Michael Schumacher. Même si le Brésilien n’a pas été reconnu coupable de cet avatar, il s’est retrouvé dans trop de mauvais coups ce week-end pour pouvoir empêcher une comparaison plus que défavorable à son encontre face à son coéquipier. On parle déjà de Bottas, le pilote essayeur, pour prendre sa place. Les rumeurs vont vite, et il faudra une bonne dose de courage et de talent à Bruno pour renverser la tendance et prouver que lui aussi est un vainqueur potentiel de Grand Prix.

Car grâce à cette performance, Maldonado vient d’effacer tous les doutes que l’on pouvait encore avoir à son encontre. A une époque où peu de monde avait compris le choix de Frank Williams de remplacer le prometteur Nico Hulkenberg par ce besogneux Vénézuélien, Sir Frank lui, restait convaincu par le potentiel financier et le talent de Pastor. Au final, c’est bien lui qui avait raison et qui vient de fait en sorte que mon rêve devienne prémonition.

Axel B.





L’importance du premier Grand Prix

18 03 2012

A quelques jours du début du championnat, il est intéressant de se pencher sur une statistique visiblement parlante. Depuis vingt ans, 75% des pilotes qui se sont imposés lors de la manche inaugurale, sont devenus champion du monde à la fin de la saison.

Licence Creative Commons / Tom Reynolds

La liste est longue depuis 1992, des pilotes champions du monde ayant gagnés le premier Grand Prix de la saison. Il faut dire que depuis cette date, la Formule 1 a connu des périodes de domination sans partage.

Le britannique Nigel Mansell a survolé la saison 1992 au volant d’une formidable Williams, profitant de nombreuses avancées techniques, encore non adaptées sur les monoplaces des écuries rivales.

En gagnant le Grand Prix d’Afrique du Sud dès l’ouverture de la saison, puis huit autres courses ensuite, Nigel s’ouvrait une voie royale vers son premier, et dernier, titre mondial.

L’année suivante, au volant également de la Williams, Alain Prost remportait lui aussi le premier Grand Prix, et de ce fait le championnat du monde, avant de se retirer pour aller prendre une retraite, peut être un peu forcée par l’arrivée d’Ayrton Senna au sein de l’équipe britannique.

L’arrivée du brésilien se soldera par un triste dénouement que tout le monde a en tête depuis ce triste jour de mai 1994. Englué dans des difficultés avec sa monoplace, Senna laissera Michael Schumacher remporter la manche inaugurale, et l’allemand continuera sa route vers le titre de champion.

Le même scénario se représentera l’année suivante en 1995 pour l’allemand, mais également lors de ses plus grandes périodes de domination en 2000, 2001, 2002 et 2004. A chaque fois, Michael remportera le premier Grand Prix de la saison et filera inexorablement vers le titre.

D’autres pilotes pendant ces vingt années auront connu le même parcours. Que cela soit Damon Hill en 1996, Mika Hakkinen en 1998, Fernando Alonso en 2006, Kimi Raikkonen en 2007, Lewis Hamilton en 2008, Jenson Button en 2009 ou Sebastian Vettel, très récemment, en 2011, on peut constater que chacun d’eux sont parvenus à leurs objectifs en ayant une monoplace dominatrice, à l’exception peut être d’Hamilton ou Raikkonen.

Cependant, est ce que remporter la première course de la saison est une garantie de se battre pour le championnat jusqu’à la fin ?

Si l’on se penche, toujours dans la période de ses vingt dernières années, sur les cinq pilotes ayant remporté la première course, mais n’ayant pas réussi à concrétiser par une victoire finale au championnat, on se rend néanmoins compte que chacun s’est battu pour le titre tout au long de la saison…ou presque…

En 1997, malgré la domination de Jacques Villeneuve sur sa Williams, David Coulthard remportera la manche de début de saison en Australie, puis en profitera au prix d’une belle course stratégique, pour damner le pion à Jean Alesi pour aller gagner à Monza.

Ces deux belles performances, conjuguées à l’exclusion du championnat de Michael Schumacher (à la suite d’une manœuvre litigieuse de l’Allemand sur Villeneuve au Grand Prix d’ Europe), lui permettront de se classer troisième du championnat.

En 1999, c’est Eddie Irvine qui profitera des conditions de courses particulières pour s’imposer à Melbourne. Au fil, de la saison, il se verra devenir le leader de la Scuderia Ferrari après l’accident de Schumacher, qui privera ce dernier d’une grande partie de la saison. Mais l’Irlandais échouera à la deuxième place du championnat, après avoir contesté le titre à Mika Hakkinen jusqu’à l’ultime course de la saison.

Plus proche de nous encore, la victoire inaugurale de Fernando Alonso au Bahreïn en 2010 lui permettra de prétendre au titre jusqu’à la fin de l’année. Mais un duel stratégique perdu avec la Red Bull de Sebastian Vettel l’empêchera d’atteindre le Graal.

Au final, seul David Coulthard en 2003 et Giancarlo Fisichella en 2005 n’arriveront pas à mettre à profit une saison entamée par une victoire. La chute sera encore plus rude pour l’italien qui verra son équipier Alonso revenir à sa hauteur et remporter le titre à sa place.

Le premier vainqueur de la saison 2012 nous donnera donc un peu plus d’indications sur la bataille pour le titre qui se déroulera tout au long de l’année. Cela semble commun à dire, mais néanmoins, ce premier Grand Prix reste d’une importance capitale.

Axel B.








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