L’interview aux choix : Norman Nato

4 10 2013

Norman Nato fait partie de la nouvelle génération de pilotes français, tout comme Arthur Pic, Pierre Gasly ou Esteban Econ, qui convoitent une place en Formule 1 à plus ou moins court terme. Fan F1 a pu rencontrer le natif de Cannes lors des meetings World Series By Renault sur le circuit Paul Ricard au Castellet où le pilote est engagé en Formule Renault 3.5.

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Norman Nato n’a pas eu un début de week-end facile pour l’avant dernière manche du très relevé championnat de Formule Renault 3.5. Après une qualification qu’il jugera lui-même décevante le samedi matin, le pilote cannois a du subir les affres d’un accrochage en début de course qui compromettra ses espoirs de bon résultat devant son public et sa famille. Une arrivée dans les points lors de la seconde course le dimanche sera néanmoins plus proche de ses ambitions.

Mais c’est avec le sourire et une bonne humeur apparente que Norman se prête aux jeux des questions réponses, visiblement amusé par les choix qui s’offrent à lui. Le principe de cette interview : deux propositions offertes au pilote, un seul choix, un joker, que Norman n’utilisera pas, et au final une discussion avec un homme passionné qui nous permet de mieux découvrir son univers et son approche du métier de pilote de course professionnel.

Formule Renault 3.5 ou GP2 ?

Je n’ai jamais testé de GP2 donc je dirais Formule Renault 3.5 car c’est vraiment une bonne série.

V8 ou V6 turbo ?

(Sans hésitation) V8

Hunt ou Lauda ?

(Petite hésitation) Lauda

TV ou cinéma ?

TV

Scorcese ou Tarantino ?

Tarantino

Est-ce que vous êtes allé voir « Rush » de Ron Howard ?

Pas encore, je n’ai pas eu le temps. Mais c’est prévu. La semaine prochaine j’aurais un peu plus de temps libre.

Prost ou Senna

Les deux. Ce sont deux très grands pilotes. Sincèrement, les deux.

Alonso ou Raikkonen

C’est un choix difficile…je dirais quand même Alonso.

Ferrari ou McLaren ?

J’ai des origines italiennes donc je vais quand même dire Ferrari

Paul Ricard ou Magny-Cours ?

J’ai déjà couru à Magny-Cours dans une petite formule mais je dirais le Paul Ricard. Malgré que Magny-Cours soit un circuit que j’apprécie aussi.

Quel est votre circuit favori justement ?

J’aime beaucoup le Nürbürgring. C’est un de mes circuits favoris. Après, on a la chance de faire des courses sur de très beaux circuits. Il n’y a pas vraiment un circuit que je n’affectionne pas, mais j’ai un petit plus pour le Nürbürgring.

Rap ou rock

House !

Repas italien ou hamburger ?

Italien ! J’essaie de manger équilibré même si des fois on fait de petits écarts, c’est normal. On évite durant la saison, on se relâche un petit peu après…

Que faites-vous justement pour vous relaxer ?

Je fais du sport à l’année. Même en hiver, ça sert à se préparer pour l’année d’après. Mais j’aime bien sortir avec mes amis, faire un petit peu la fête puisqu’on ne peut pas vraiment le faire pendant l’année.

Course à pied ou vélo

J’aime bien les sports de raquettes en fait : tennis squash, badminton  etc…

Football ou tennis ?

J’aime bien les deux mais au niveau physique et blessure je préfère quand même le tennis, c’est moins risqué que le foot.

Nadal ou Federer ?

Aujourd’hui, plutôt Nadal (rires)

Comment s’organise votre entrainement durant la période hivernale ?

J’ai un coach physique. On se voit pratiquement tous les jours sauf le week-end. On varie entre cardio et musculation, mais pas de la musculation pour devenir un bodybuilder, c’est surtout pour l’endurance du cou, des épaules qu’il faut obligatoirement renforcer pour piloter une monoplace.

Des objectifs pour la fin de saison ?

Je n’ai clairement plus grand chose à jouer au championnat. Mon but va d’être d’enchainer les bons résultats et de montrer mon réel niveau car depuis quelques courses, nous sommes rentré dans une phase difficile. Mais si les résultats viennent, les points suivront.

Et pour l’année prochaine ?

Aujourd’hui je ne sais pas encore. On est en train de discuter. J’ai des managers qui s’occupent de cela. Moi j’essais de faire mon travail en piste et on verra ensuite ce qu’il se passera

Équipier de Kevin Magnussen au sein de la mythique et reconnue équipe DAMS, Norman Nato a un point commun avec tous ses camarades de jeux : une ambition débordante. Les Grosjean, Pic, Vergne ou Bianchi devront regarder de près la progression de leurs cadets car une nouvelle génération de pilotes français est en train d’émerger, et Norman Nato fait partie des chefs de file de ces tricolores que l’on pourrait retrouver en Formule 1 dans peu de temps…

 

Axel B.





Entretien avec Stéphane Clair, nouveau directeur du circuit Paul Ricard

2 11 2011

Cette semaine, votre chronique habituelle est légèrement chamboulée pour laisser place à une interview inédite avec Stéphane Clair, nouveau directeur du circuit Paul Ricard, qui a accepté une rencontre dans le cadre de la finale GT Tour sur le circuit varois. La Formule 1 sera au centre de cette discussion avec ce véritable passionné de sport automobile.

(c) Cédric Ciampini

Q : Quel a été votre parcours avant d’accéder à la direction du circuit Paul Ricard ?

« Je viens du monde de l’événement et de la communication, pour avoir été à la fois patron d’agence d’organisation d’événements, organisateur d’événements sportifs, journaliste etc…tout en ayant toujours été passionné par les sports mécaniques. Et jusqu’à il y a quelques mois j’ai été organisateur de rallye raid dans le cadre de championnats du monde en Tunisie et au Maroc. Et il s’avère que j’ai été également client du circuit Paul Ricard en tant qu’organisateur pour des manifestations liées à la moto, ce qui m’a donné l’occasion de travailler encore plus étroitement avec les équipes de celui-ci, et de me rapprocher depuis cet été de la direction pour prendre la succession de Gérard Neveu. »

Q : Quelles sont vos ambitions à courts et moyens termes pour le circuit ?

« Le circuit est un formidable outil. Il y a des équipes très professionnelles, des installations de qualité qui nous sont enviés par beaucoup d’autres circuits et il nous reste à continuer ce qui a déjà été entreprit depuis maintenant deux années, c’est-à-dire à s’ouvrir encore plus au public et aux compétitions. Ce circuit, quand il a été réouvert, était un circuit d’essais. A nous aujourd’hui de transformer l’essai, en quelque sorte, et de devenir vraiment un lieu apprécié du grand public et des passionnés…ce n’est pas seulement de la compétition mais aussi un lieu de divertissement. Ce qui veut dire que l’on va travailler cet hiver de manière importante pour adapter nos installations et que tous les week-ends, les gens aient envi, que cela soient des touristes l’été ou des habitants de la région le reste du temps, de venir passer leurs dimanches à s’initier à la conduite, au pilotage, à faire du karting, à profiter d’animations ou à assister à des compétitions. »

Q : Les récentes World Serie By Renault (véritable anti-chambre de la F1 avec des pilotes comme Vergne ou Wickens) que vous avez accueillie ont été un vrai succès, est ce que vous postuler pour les accueillir une nouvelle fois l’an prochain ?

« Oui, et cela est déjà inscrit au calendrier, ainsi que les essais des World Series qui se dérouleront en mars, en préparation de ce rendez-vous de fin d’année. »

Q : La grande force du Paul Ricard actuellement est sa politique attractive pour le public, avec un accès peu coûteux aux compétitions. Allez vous continuez dans ce sens à l’avenir ?

« De plus en plus, nous sommes dans la logique d’en faire un lieu populaire, ce qu’il était à l’origine. Ce qui n’empêche en rien d’avoir un site de qualité et d’accueillir des manifestations privées et prestigieuses. Mais sur de grands week-ends comme les World Series, il est évident que la gratuité et la façon d’accueillir et de gérer le public fait parti des clés du succès. Nous sommes donc très attaché à conserver des tarifs les plus abordables possibles pour que tout le monde puisse vraiment en profiter. Mais il est vrai que nous avons également des installations qui nous permettent le même week-end d’avoir des loges, des services VIP, et d’accueillir des familles. Donc vraiment, nous feront fonctionner tout cela car cela représente l’esprit et l’essence même de la nature de circuit. »

Q : Quels sont les grands événements à venir en 2012 sur le Paul Ricard ?

« Notre calendrier sera annoncé fin novembre. Mais aujourd’hui je peux vous dire d’ors et déjà qu’il y aura encore plus de compétitions l’année prochaine et que nous allons essayer le plus rapidement possible de nous ouvrir aux compétitions motos en complément des compétitions automobiles. Sans nul doute, le public aura l’occasion d’assister à tous les types de compétitions, de la classique, de la moderne, de la monoplace, de l’endurance, de la moto etc…Nous aurons des rendez-vous pour tous. »

Q : Etes vous candidat à l’organisation d’un Grand Prix de Formule 1 dans un avenir proche. Et comment pourriez-vous nous expliquer le processus de candidature dans cette situation ?

« Alors nous ne sommes pas candidat. Ce que l’on peut dire aujourd’hui sans dévoiler de grands secrets c’est que le gouvernement a nommé une commission qui travaille sur le sujet « Grand Prix de France » en partenariat avec les organisateurs du Grand Prix de Belgique. Cette commission, dans ses études, a choisi le circuit Paul Ricard comme lieu d’organisation d’un Grand Prix, si cette course devait avoir lieu, et maintenant ils sont en train de travailler sur des études budgétaires et techniques pour l’organisation de ce Grand Prix. Notre position est que nous répondons à leurs sollicitations, quand ils ont besoin d’informations techniques, savoir comment accueillir, quelles sont les installations qu’il faut développer, quel est le budget à envisager, nous répondons également à leurs sollicitations en terme d’infrastructures hôtelière et de capacité d’accueil de manifestions de très grand public, de manière à ce que leur dossier soit le mieux étayé possible quand ils rendront leur rapport et que la décision politique sera prise. Voilà aujourd’hui où l’on en est. Le dossier continu à avancer. Nous travaillons au quotidien avec eux et rien ne laisse à penser qu’une décision a déjà été prise dans un sens ou dans un autre. Il reste encore du travail mais la décision sera clairement prise avant la fin de l’année. Leurs échéances sont aux alentours du 15 décembre.
Malheureusement nous ne sommes pas partie prenante de la prise de décision mais nous serions bien entendu ravi d’accueillir la Formule 1. »

Q : Que répondez-vous aux critiques qui disent que l’accès au circuit est parfois compliqué et peu pratique pour les grandes manifestations, sans autoroute à proximité et avec des embouteillages fréquents ?

« Nous avons fait la démonstration lors des World Series By Renault en accueillant 60 000 visiteurs, un public qui n’est pas très éloigné de celui de la Formule 1. Ce qu’il faut savoir c’est qu’en ambition ou en estimation, nous en sommes à 60 000 ou 80 000 spectateurs. Et nous avons vu sur cette manifestation que l’organisation qui a été mise en place et qui serait sensiblement la même que pour l’accueil de la Formule 1, a été jugé très positivement par les autorités et la préfecture. Nous n’avons pas de soucis de ce côté-là. »

Q : Qu’avez-vous à répondre aux pilotes de Formule 1, comme Jenson Button par exemple, qui jugent le circuit plutôt inintéressant de par son tracé ?

« Vous savez, quand les pilotes gagnent, ils adorent le tracé qu’ils trouvent très technique et pensent que la victoire est liée au pilote. Et quand ils perdent, ils disent que vraiment, ce tracé est nul (sourire). On peut en parler pendant dix ans, selon qui vous verrez, l’avis changera. En plus on parle de 2013…quels pilotes présents en 2011 seront encore présents à cette échéance ? La Formule 1 moderne évolue très rapidement. Nous avons vu que la saison dernière, cela n’avait déjà plus rien à voir avec les précédentes, même si les bons restent les bons. Personne n’a encore décidé d’où serait situé les possibilités de dépassements ou les zones de DRS sur le circuit. Aujourd’hui, on sait que la course se fabrique non seulement par le tracé mais aussi par toutes ces décisions sportives. Nous ne l’avons pas encore évoqué et nous n’avons pas encore décidé de la configuration du tracé, des chicanes, d’une des lignes droites les plus rapide de la saison…Tout est ouvert, ce sont des questions que l’on se pose déjà mais aucune décision n’a été prise, donc personne ne peut dire encore si le tracé sera intéressant ou pas. Lotus-Renault GP et McLaren, viendront rouler pour des essais en 2012, donc ils rouleront avec des voitures modernes sur des configurations de circuit qui leur conviennent. Le circuit a été fabriqué pour la Formule 1 et tout le monde le trouve formidable pour les essais. »

Q : Quelles modifications seraient nécessaires au niveau de la sécurité sur le circuit en cas d’organisation d’un Grand Prix de Formule 1 ?

« En sécurité piste, nous sommes homologué en degrés 1 pour la compétition et tous types de véhicule, il y aurait juste quelques détails à régler de l’ordre de l’habillage. Pour ce qui est de l’accueil du public, il faudra imaginer la mise en place d’équipements complémentaires pour avoir des tribunes numérotés, des voies d’accès au circuit et des systèmes de contrôle, qui ne sont pas présent actuellement mais qui sont rapidement réalisable. Les plans sont déjà effectués. Les visites techniques organisées tendent à prouver que le lieu est largement au dessus de certains autres sites qui accueillent la Formule 1 depuis des années. »

Q : En tant que passionné de sport automobile, quel regard portez-vous sur la saison actuelle de Formule 1 (la domination de Vettel, l’apparition de nouveaux circuits…)?

« Il est évident que Vettel est supérieur, depuis quelques années il monte en puissance et il démontre une nouvelle fois qu’il est un ton au dessus. Je crois que la jeunesse va avoir sa place. J’ai trouvé qu’on avait une belle saison cette année. On s’est moins endormis devant les courses que les saisons précédentes, et finalement, ce qui paraissait comme une usine à gaz, réglementairement parlant (le DRS, le KERS) a finalement fonctionné et de ce côté-là, ils ne se sont pas trompé, le spectacle est revenu. Le « circus F1 » reste le plus beau, c’est incomparable. Après, pour ce qui est des nouveaux circuits, il faut faire attention quand le même architecte s’occuper de la totalité des circuits. Tout finit par se ressembler. Il faut que chaque circuit puisse garder sa personnalité. Il est formidable de faire des Grands Prix à des endroits où on peu financièrement les réaliser, mais le public est rarement au rendez-vous. Les Grand Prix historiques ont leur place. Quand j’ai entendu qu’on voulait supprimer Monaco du calendrier je me suis dis « on devient fou ! ». Mais la logique reprend vite le dessus. Par exemple quand on voit que la course au Bahreïn n’a pas lieu, on se dit finalement que tout cela était un peu artificiel. Mais je pense que la F1 moderne, si on garde des circuits mythiques, continuera d’être intéressante. Moi je rêve de revoir la Formule 1 en France, autant en tant que responsable de circuit qu’en tant que passionné. On m’aurait posé la question il y a trois quatre ans, j’aurais eu plus de doutes. Aujourd’hui l’image d’un Grand Prix Formule 1 est magique pour une région. »

Nul doute que le circuit Paul Ricard est prêt pour accueillir la Formule 1. La compétence et la disponibilité de ces équipes sont des atouts indéniables qui, alliés à un tracé mythique et moderne, pourrait faire le bonheur du petit monde de la Formule 1 dans un avenir proche. Le succès des World Serie By Renault et du récent GT Tour, organisé sur la piste varoise en est la meilleure preuve.

Axel B.





Le circuit Paul Ricard est prêt !

21 09 2011

La question taraudait bon nombre d’observateurs et de professionnels du sport automobile : est ce que le circuit Paul Ricard au Castellet est capable d’accueillir des compétitions automobiles de grandes envergures ? Ce week end, avec l’organisation de World Series by Renault, le site français nous a donné un fort élément de réponse.

(c) Cédric Ciampini

Le débat fait rage dans le milieu du sport automobile et de la Formule 1 en particulier, sur la possibilité d’organiser dans un futur proche, un Grand prix sur le site du Castellet, au circuit Paul Ricard.

Depuis 2009, et grâce à la venue de son directeur, Gérard Neveu, le circuit du Castellet s’ouvre progressivement au public et à la compétition de grande envergure.

Début 2011, le circuit était le cadre d’une manche des LeMans Series avec la venue de la majorité des prototypes (Pescarolo, Peugeot…) et pilotes (Mansell, Fisichella, Alesi…) qui allaient participer aux prestigieuses 24 heures du Mans.

Le week end dernier, le Paul Ricard franchissait une étape supplémentaire en étant le théâtre de la seule manche française des World Series By Renault.

Ce grand spectacle regroupe en fait l’ensemble des disciplines et des catégories du constructeur français Renault en sport automobile. Les Formules 2.0 et 3.5 mais aussi L’Eurocup Megane Trophy, L’Eurocup Clio, des démonstrations de Formule 1 (anciennes ou récentes) confiées à des pilotes de renoms (Prost père et fils, Romain Grosjean…) et des tonnes d’animations et de stands accès autour de la marque au losange.

Outre l’aspect sympathique et convivial d’un tel rassemblement, la proximité et l’attrait du public est augmenté par une entrée gratuite et une ouverture totale des paddocks et du circuit, qui permet aux spectateurs de vivre l’événement de l’intérieur.

Cela était donc une première pour le Paul Ricard qui s’est soldé par une organisation sans faille et une adhésion totale du public. Plus de 60 000 personnes étaient présente sur les deux jours cumulés du week end, faisant le bonheur de Gérard Neveu : « Nous sommes aujourd’hui très heureux d’être le théâtre de la manche française des World Series By Renault 2011. C’est un très beau challenge dans tous les sens du terme, qui en appellera d’autres… »

Evidemment, ces quelques mots ne cesseront d’attiser les rumeurs les plus insistantes concernant l’organisation d’un futur Grand Prix de France sur le circuit à partir de 2013…

Même si les tractations sont réelles, rien n’est encore définitif et les dirigeants du circuit préfèrent prôner la prudence en ne confirmant ni n’infirmant cette information.

En attendant, les pilotes français sont excités à l’idée de courir enfin sur ce circuit mythique. Jean-Eric Vergne, pilote d’essais Toro Rosso en Formule 1 et vainqueur ce week end de la manche française de Formule Renault 3.5 au Castellet, ne cache pas son enthousiasme : « Courir dans un beau pays, dans une belle région ! Le Castellet est un circuit mythique. Pour ma toute première course ici, c’est une sensation vraiment géniale de gagner ! »

Romain Grosjean, présent sur place ce week end pour faire des démonstrations de pilotage au volant d’une Renault F1 de 2010 est sur la même longueur d’onde : « C’est une émotion particulière de faire enfin rouler une Formule 1 sur le sol français ».

Le nouveau directeur du HTTT (High Tech Test Track) du Castellet, Stéphane Clair, qui prendra sa fonction le 26 septembre, est lui aussi confiant quant au futur du circuit qui se trouve entre ses mains : « Aujourd’hui, au circuit Paul-Ricard on attend la décision qui ne nous appartient pas. Nous sommes prêts au cas où, en collaborant activement avec la commission de travail créé à l’initiative de François Fillon avec Gilles Dufeigneux. Ce sont eux qui pilotent ce dossier. La décision est de toute façon imminente, car pour figurer au calendrier 2013, il ne faut pas trop traîner. En tout cas le circuit répond au cahier des charges actuel de la FIA. »

On parle beaucoup d’une alternance possible entre la France et la Belgique pour l’organisation d’un Grand Prix, mais la principalement information de ce week end de course sur le circuit Paul Ricard est que ce dernier est capable et parfaitement prêt à accueillir la Formule 1.

Axel B.





Coup d’arrêt

21 02 2011

Ce n’est pas la première fois que la Formule 1 tremble sur ses bases ; mais cette fois-ci, les événements politiques qui sévissent un peu partout dans le monde musulman, et plus particulièrement au Bahreïn, pourraient faire plier pour la première fois le grand barnum économico-sportif du sport automobile.


L’élan de révolution et de démocratie qui parcours le monde arabe est en train de toucher une multitude de pays. Après la Tunisie et l’Egypte, le Moyen-Orient commence lui aussi à sentir les déflagrations de ce tremblement de terre populaire.

Le Bahreïn, qui intéresse particulièrement le sport automobile puisque la première manche du championnat de Formule 1 doit s’y dérouler dans quelques semaines, est en train de devenir un épicentre de cette révolte.

De nombreux pays comme la Grande-Bretagne, l’Australie ou le Canada ont déjà fortement déconseillé à leurs ressortissants de se rendre dans le royaume.

La capitale, Manama, a déjà été la cible d’affrontements violents entre les manifestants anti-régime et la police locale. Une situation délicate qui fait évidemment passer le sport au second plan des intérêts actuels. De plus, la sécurité étant plus que précaire, les plus vives interrogations se posent quant à la tenue des derniers essais hivernaux et du premier grand prix prévu sur ces terres.

Bernie Ecclestone, promoteur de la discipline souffle le chaud et le froid depuis plusieurs jours en émettant des avis contradictoires selon l’évolution de la situation. Une chose est sûre, une alternative à déjà été trouvé.

Les essais prévus une dizaine de jours avant le grand prix pourraient être délocalisé en Espagne ou en France (on parle de Jerez ou du Castellet – ce qui serait la première apparition d’une Formule 1 sur le sol français depuis la victoire de Felipe Massa à Magny Cours en 2008) et la course au Bahreïn proprement annulée, ou reportée à une date ultérieure. L’Australie récupérerait alors sa place de première étape d’un championnat qui ne compterait plus que 19 courses.

Cependant, jamais la Formule 1 n’avait eu à subir ou à se plier à quelques mouvements sociaux, politiques ou terroristes dans toute son histoire.

La guerre des deux instances politiques,  FISA et FOCA, qui se disputaient la légitimité de la Formule 1 à l’orée des années 80 n’aura causé comme désagréments qu’un semblant de grand prix en Espagne lors de la saison 1980 ou seule les écuries FOCA ont participé à la course remportée par Alan Jones sur Williams, ainsi qu’a une tentative de création de championnat parallèle début 1981 avec les même écurie FOCA mais vite annihilée par le manque de suivi médiatique et la future création des Accords Concordes qui allaient régir ce sport jusqu’à aujourd’hui encore.

Finalement, l’affrontement qui opposait les deux hommes fort du moment, Jean-Marie Balestre pour la FISA et le déjà incontournable Bernie Ecclestone pour la FOCA n’aura eu d’impact que sur un tome de la fameuse série de bande dessinée Michel Vaillant dans lequel Jean Graton imaginait la suite de l’histoire, séparée en deux championnats distincts. Pure fiction dans les années 80 mais dont le spectre ressurgissait ces dernières années…

La Formule 1 n’a pas eu à subir non plus les conséquences de la guerre du golfe ou des attentats du 11 septembre. Elle était même devenue, dans ce dernier cas, une vitrine occidentale de la volonté de chacun de ne pas se plier aux menaces terroristes en continuant un semblant de vie normale. Toutes les écuries se présentant sur la grille de départ avec un bandeau noir sur leur livrée, même vierge de sponsors pour Ferrari.

 

Si la rumeur de boycott du grand prix de Bahreïn par quelques équipes se confirme, Bernie Ecclestone n’aura d’autre choix que de repousser la course. Personne ne songe à une annulation aux vues des enjeux économiques engagés par l’épreuve. Mais cette inquiétude parait cependant bien futile à la vue des événements sociopolitiques du moment.

 

Axel B.





Plaidoyer pour le circuit Paul Ricard

25 10 2010

Entre la réussite du nouveau circuit de Yeongam en Corée du Sud et la confirmation de celle de la piste de Yas Marina à Abu Dhabi, la France se sent encore plus orpheline et frustrée de ne pas avoir de course de Formule 1 sur ses terres. D’autant plus qu’un circuit en particulier semble avoir tous les atouts pour accueillir ce petit monde.


Le circuit Paul Ricard, implanté dans la commune du Castellet à quelques kilomètres de Marseille, vient à peine de fêter ses 40 ans. Riche d’un tracé conçu sous les conseils avisés de Jean-Pierre Beltoise et Henri Pescarolo à l’orée des années 70, et optimisé depuis plus de dix ans grâce aux nouvelles idées apportées par Philippe Gurdijian (maintenant directeur et concepteur du circuit d’Abu Dhabi), le Paul Ricard HTTT (High Tech Test Track) n’aurait besoin que de quelques mineures modifications pour redevenir une vitrine française du sport automobile exposée mondialement grâce à la Formule 1.

A ce propos, la holding propriétaire du site, a récemment avoué son envie de revoir des courses de Formule 1 dans le cadre du circuit. Gérard Neveu, directeur du Paul Ricard HTTT, se veux quant à lui beaucoup moins optimiste sur le retour d’une course, ne serait-ce même sur le sol français.

Des appuis politiques inexistants (même si François Fillion, actuel premier ministre s’était penché au début de son mandat sur le dossier en ayant une entrevue avec Bernie Ecclestone), des partenaires financiers qui ne se manifestent pas et une conjoncture économique toujours plus restrictive ne favorisent pas l’optimisme des dirigeants du circuit.

Et même, sans évoquer tous ces aspects essentiels, la difficulté de trouver une place dans le calendrier de la Formule 1 actuel, qui passera à 20 courses la saison prochaine, risque d’être insurmontable. Surtout avec la récente signature de la Russie et l’envi de Silvio Berlusconi d’accueillir un grand prix dans les rues de Rome.

Mais cette approche réaliste peut néanmoins être nuancée par le fait que le circuit Paul Ricard attire encore beaucoup de monde pour des courses de Protos, de GT et devient une étape incontournable des Le Mans Series (LMS) européenne.

Lors des dernières manifestations, les tribunes encore existantes n’ont eu aucun mal à se remplir grâce, notamment au prix d’entrée attrayant et accessible au grand public, à la qualité de l’accueil et à la beauté du tracé de la piste et du paysage environnant.

Patrick Peter, promoteur de courses automobiles et plus particulièrement des LMS résume parfaitement bien cet état de fait : « Les spectateurs sont l’une des composantes du succès d’un événement, il faut travailler pour eux. Et je note avec plaisir les efforts accomplis par le circuit Paul-Ricard pour retrouver son public. On ne crée pas de la passion en laissant les gens derrière les grillages de protection. L’accès et l’ambiance dans un paddock, les séances d’autographes aussi font partie de la vie des courses. »

La passion et l’état d’esprit sont donc deux des atouts majeurs pour que le circuit Paul Ricard retrouve sa place dans le paysage mondial de la Formule 1, comme cela était le cas de 1971 à 1990. Que des grands noms de ce sport ont triomphé sur cette piste, Alain Prost, Niki Lauda, Jackie Stewart, Nelson Piquet etc…L’histoire serait belle si à l’avenir les Alonso, Hamilton, Vettel ou Kubica pouvaient ajouter à leur tour leur nom au palmarès du circuit.

Axel B.








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