Bianchi est-il le meilleur espoir français ?

27 03 2013

Impressionnant lors de ses deux premières courses au volant d’une modeste Marussia-Cosworth, Jules Bianchi est en train de se construire une réputation intéressante dans le microcosme de la Formule 1. A tel point que l’on peut déjà se poser la question de savoir s’il ne représenterait pas l’avenir du sport automobile tricolore.

(c) Panoramic

(c) Panoramic

L’intersaison de Jules Bianchi a été pour le moins mouvementée. Pendant longtemps pressenti comme titulaire chez Force India, il se verra damner le pion au dernier moment par le revenant Adrian Sutil. Si le pilote allemand a dors et déjà prouvé qu’il méritait une autre chance, le Français, qui a trouvé refuge chez Marussia grâce à la dextérité de son manager Nicolas Todt, pourrait bien faire regretter le choix de Vijay Mallya, patron de l’équipe indienne.

En effet, en seulement deux courses, sur des circuits aussi différents que Melbourne ou Sepang, Bianchi a déjà réussi à faire parler de lui en de très bons termes. Il domine largement son coéquipier Max Chilton, autant en qualifications qu’en course et il est passé deux fois sous le drapeau à damiers sans commettre aucun erreur.

Si à Melbourne, le peu d’abandons durant la course ne lui ont pas permis de prétendre à mieux qu’une quinzième place, les retraits conjugués de Fernando Alonso, Jenson Button et des deux Force India à Sepang, lui ont ouvert la porte vers une excellente treizième position.

A l’heure où Romain Grosjean oscille entre performance solide (sixième en Malaisie) et résultat le mettant en doute (dixième en Australie pendant que son coéquipier remportait la course), où Jean-Eric Vergne se débat avec une monoplace qui semble avoir peu évolué depuis la saison dernière conjugué à des erreurs flagrantes de son équipe, et où Charles Pic a quelques difficultés à cacher sa déception quant aux performances en bernes de Caterham, Jules Bianchi apporte une fraicheur bienvenue dans le monde des pilotes bleu, blanc, rouge.

A ce titre, le Niçois de 23 ans ne serait-il pas en train de devenir le d’Artagnan des quatre mousquetaires français présents en Formule 1. Il est bien entendu un peu tôt pour répondre à cette question, tant les performances d’un pilotes sont liées à celles de sa monoplace. A ce niveau là, Bianchi n’est pas le mieux loti de nos quatre représentants, en étant au sein de ce que l’on peut considérer comme la plus petite écurie du plateau, tant en terme de ressources financières que de performances. Même si clairement, en ce début de saison, Marussia se retrouve au niveau de son plus proche rival, Caterham, ce rapprochement semble plutôt imputable à une baisse significative de rythme de la part de l’écurie malaisienne. Mais la première personne à battre est son coéquipier, et à ce jeu là, Jules Bianchi domine largement Max Chilton depuis le début de la saison.

Il faut dire que le Français, au contraire du pilote britannique, n’est pas tout à fait un novice en Formule 1. Certes, il participe à sa première saison en tant que titulaire, mais depuis 2009, il a eu l’occasion à maintes reprises de monter dans une monoplace, tout d’abord au volant d’une Ferrari, en faisant parti de l’Academie des Jeunes Pilotes de la Scuderia, puis ensuite chez Force India, pour laquelle il pilotera lors de neuf séances d’essais durant les week-ends de Grand prix.

Bianchi n’arrive donc pas les mains vides et dépourvu d’expérience pour sa première saison en Formule 1. Mais ses performances restent tout de même assez impressionnantes au volant de la Marussia. S’il continue à ce rythme, il y a de fortes chances qu’une écurie plus huppée le remarque et le prenne sous son aile. Ses liens forts avec Ferrari pourraient lui promettent un bel avenir, mais il est bien entendu encore un peu tôt pour tirer des plans sur la comète…

 

Axel B.





2013, une année de transition

6 03 2013

A tout point de vue, l’année 2013 sera une vraie période de transition. L’évolution de la réglementation technique prévue pour 2014 en est la principale cause. Mais certaines grandes équipes ont aussi vécues des chamboulements internes dans leur organisation qui font qu’une période d’adaptation sera nécessaire à leur bon fonctionnement.

Licence Creative Commons / Magic Aviation

Licence Creative Commons / Magic Aviation

Sur le papier, la saison 2013 n’apporte pas beaucoup de changement par rapport à la formidable saison 2012 qu’il nous été donné (et je dis bien donné…) de voir.

Le gel des moteurs depuis maintenant plusieurs année n’offre que très peu de changement de ce côté-là, et du point de vue aérodynamique, très peu de nouvelles contraintes sont imposées aux concepteurs des monoplaces.

Le grand changement est surtout prévu pour l’année prochaine. En effet, la quasi-totalité des méthodes d’élaboration des voitures sera remise en cause avec l’arrivée des unités de puissance comprenant des moteurs turbo V6, des systèmes de récupération d’énergie cinétique et thermique (KERS et HERS) et de nouvelles boites de vitesses.

Sur le plan aérodynamique, des évolutions sont aussi attendues et devraient concerner plusieurs pièces dont les ailerons, l’empâtement de la carrosserie et les déflecteurs.

La seule grosse différence concerne les fameux museaux en escalier des monoplaces 2012 qui ont été gommé par certaines équipes cette année, même si ce n’est pas l’apanage de toutes, dont Red Bull. Mais les voitures présentées ces dernières semaines vont sûrement encore beaucoup évoluer jusqu’à la première course en Australie au milieu du mois de mars.

Une période de transition va également s’installer cette année dans certaines équipes. On pense avant tout à Mercedes et McLaren, qui sont les deux principale écuries du haut du tableau à avoir subit un changement radical dans leur duo de pilote.

Au sein de l’écurie de Woking, la perte de Lewis Hamilton, enfant choyé, a fait un grand vide que tente de combler le Mexicain Sergio Pérez. L’adaptation de ce tempérament latin à la rigueur et au flegme britannique de McLaren sera passionnante à observer tout au long de la saison, et conditionnera de manière importante les performances futures de l’équipe. Par le passé, plusieurs exemples contradictoires peuvent nous éclairer sur l’association entre la froideur de l’équipe et le bouillonnement de son pilote comme avec Ayrton Senna pour l’aspect positif ou Juan Pablo Montoya pour la déception.

Du coup, Lewis Hamilton débarque chez Mercedes et va entamer lui aussi une nouvelle ère avec son équipe. La firme à l’étoile a entrepris une profonde restructuration interne, qui ne touche pas uniquement ses pilotes, car elle accueille en ses rangs des grands noms tels que Niki Lauda, Toto Wolff ou Paddy Lowe. Il va sûrement falloir un petit peu de temps avant que tout ce joli monde arrive à travailler de concert pour le meilleur de l’écurie.

Pour les équipes les plus modestes, la valse des pilotes a également eu lieu, comme on peut le constater notamment chez Sauber, Marussia et Caterham qui ont totalement renouvelé leurs duos ou chez Williams qui voit arriver un néophyte finlandais aux côtés du solide Maldonado.

Et puis bien sûr, dans le microcosme de la Formule 1 française, les téléspectateurs devront également s’adapter  à leur nouvelle méthode de retransmission télévisuelle puisque c’est désormais Canal + qui est chargé de relayer la passion de milliers de personne. Nul doute que la chaine cryptée et payante devra elle aussi de son côté subir une période, plus ou moins courte, de transition avant de trouver la bonne formule, tant au niveau quantitatif que qualitatif. Mais restons attentif car c’est souvent les saisons dites « transitoires » qui sont les plus animées !

Axel B.





L’Inde s’installe en Formule 1

17 10 2012

L’Inde deviendrait-il un pays incontournable dans le paysage de la Formule 1 ? Avec une écurie, un pilote et un Grand Prix national, tout porte à croire que cette nation veut s’imposer durablement dans la discipline.

Licence Creative Commons / Nic Redhead

Il aura fallu attendre 2005 et la participation de Narain Karthikeyan pour la saison de Grand Prix au volant d’une Jordan, pour que l’Inde fasse son entrée dans le petit monde de la Formule 1.

Depuis cette date, sa présence ne cesse de croitre, notamment grâce à une personnalité importante du nom de Vijay Mallya.

L’homme d’affaire indien gravite autour de la Formule 1 depuis quelques temps maintenant. On se souvient qu’il a été notamment un des sponsors, avec la marque de bière Kingfisher, de l’écurie Benetton en 1996, juste après l’ère victorieuse de Michael Schumacher.

Il s’est ensuite investi encore plus durablement en acquérant la moribonde écurie Spyker (ex- Jordan et Midland) pour créer la première équipe indienne sous le nom très ambitieux de Force India.

Après des débuts plutôt difficiles lors de la saison 2008 où l’écurie ne marque aucun point, cette dernière progresse d’année en année avec pour point culminant une pole position et un podium réalisés par Giancarlo Fisichella au Grand Prix de Belgique 2009.

Si depuis, plusieurs pilotes de talents sont passés dans les rangs de l’équipe (Paul di Resta, Nico Hulkenberg, Adrian Sutil…), celle-ci court toujours après une nouvelle performance de choix, qui lui permettrait de décoller du milieu de grille afin de prétendre à la victoire et de placer ainsi l’Inde dans la hiérarchie des nations victorieuses de ce sport.

Car en effet, Force India semble être actuellement la mieux placée pour représenter dignement son pays. Car du côté des pilotes, seulement deux ont à ce jour couru pour le drapeau indien.

Narain Kartikeyan a été le pionnier en la matière en réussissant à décrocher un volant au sein d’une écurie Jordan en fin de vie et fréquentant les fonds de grille de départ. Seules des circonstances bien particulières lors du Grand Prix des Etats-Unis 2005, où seules les écuries chaussées en pneumatiques Bridgestone avaient pris le départ – soit six monoplaces- auront permis à Karthikeyan de marquer les points de la quatrième place et ainsi devenir le premier pilote indien à réussir cette performance.

Cependant, à court de budget, on ne reverra pas le pilote avant la saison 2011 pour un come-back étonnant au sein de l’écurie HRT. Il est une fois de plus encore le seul représentant de son pays.

Car entre-temps, Karun Chandhok a fait un passage éclair dans la discipline, toujours au sein de l’équipe HRT pour laquelle il ne disputera pas la totalité de la saison 2010, et n’arrivera pas à renouveler la confiance que l’on avait placée en lui. Il fera une pige d’une course l’année suivante pour le compte de Team Lotus (désormais Caterham) sans pouvoir donner de suite à sa carrière en Formule 1.

On comprend mieux alors pourquoi Vijay Mallya a jusqu’à présent toujours refusé d’engager un pilote indien dans son écurie. Si cette décision pourrait paraître étrange à l’heure ou le nationalisme des écuries fait rage (McLaren avec deux pilotes Britanniques, Mercedes avec deux pilotes Allemands…), elle est en fait très logique puisque aucun représentant de son pays ne se trouve être à la hauteur de l’ambition de Force India de se battre régulièrement pour le podium.

Finalement, la plus belle réussite pour l’instant de l’Inde en Formule 1 est sûrement l’organisation de son Grand Prix national sur le circuit de Buddh. La piste, inaugurée en 2011, a offert une belle course et a reçu l’enthousiasme unanime du paddock, autant pour son ambiance que pour la justesse de son tracé. Voilà déjà de quoi installer l’Inde durablement dans la discipline.

Axel B.





Les pilotes brésiliens en péril

30 09 2012

Tout comme l’Italie cette saison, ou la France encore très récemment, le Brésil risque de ne plus avoir de pilotes pour le représenter la saison prochaine en Formule 1. En effet, les deux seuls « auriverde » du plateau, Felipe Massa et Bruno Senna, sont dans une situation précaire.

Licence Creative Commons / Nicolas Lannuzel

La Formule 1 est un sport mondial, tant au niveau des pays qu’elle fréquente qu’au niveau de la nationalité des pilotes qui y participent. A ce titre, beaucoup de pays, de divers horizons, sont représentés : très récemment, l’Inde ou la Malaisie ont été les nouveaux venus alors que le Venezuela et le Mexique ont fait un retour fracassant grâce à Pastor Maldonado, vainqueur en Espagne cette année, et Sergio Pérez, désormais habitué des podiums.

Plus flagrant encore, la France qui avait connu une période de disette dans les années 2000 (entrecoupée par les quelques courses de Frank Montagny chez Super Aguri), après les départs de Jean Alesi et Olivier Panis, a réussi grâce à l’investissement de plusieurs sociétés nationales et au travail de la Fédération française de sport automobile, à trouver des représentants dignes d’être sur la grille de départ. Après le passage en 2008 et 2009 de Sébastien Bourdais au sein de l’écurie Toro Rosso, ce ne sont pas moins de trois pilotes, cette saison, qui portent haut les couleurs de la France.

A côté de cela, un autre pays européen vient de perdre son dernier représentant, quand l’italien Jarno Trulli a décidé de raccrocher son casque. Ce pays pourtant toujours présent en Formule 1, sauf lors de la saison 1969, se retrouve désormais sans aucun pilote dans la liste des engagés.

Cette situation risque maintenant de s’imposer pour le Brésil, qui ne compte cette année que deux pilotes. Si l’on peut penser que ce quota de représentation s’avérerait suffisant pour assurer une présence sur le long terme des Brésiliens en Formule 1, la situation personnelle de ces deux pilotes laisse cependant planer un doute.

On ne reviendra pas en détails sur la situation tant commentée de Felipe Massa chez Ferrari, mais pour le moment, rien n’est décidé quant à l’avenir du vice-champion du monde 2008. Si Luca di Montezemolo et Fernando Alonso restent de fervents défenseurs du Pauliste, nul doute que ce dernier devra prouver sur la piste qu’il mérite de rester une année supplémentaire chez les Rouges. Les récentes déclarations de Massa concernant son avenir laissent à penser que si Ferrari ne lui renouvelle pas sa confiance, il n’insistera pas en Formule 1 et se tournera peut être vers une autre discipline.

De son côté, Bruno Senna est également sur la sellette. Les performances du neveu d’Ayrton, même si elles sont plus régulières que celles de son équipier Maldonado, sont surtout moins étincelantes. La victoire du Vénézuélien à Barcelone a marqué les esprits au sein de l’écurie Williams, et les difficultés récurrentes rencontrées par Senna en qualifications compromettent à la fois ses courses et son avenir en Formule 1. Après être passé chez HRT et Lotus-Renault, Williams était sa dernière chance de briller pour sauver sa présence dans la discipline. A ce stade de la saison, les rumeurs s’orientent plus vers un remplacement du Brésilien que vers une reconduction de son contrat. Valtteri Bottas, le pilote essayeur de l’écurie britannique attend son heure avec patience en coulisse.

Une fois écarté de chez Williams, Senna aura-t-il beaucoup d’opportunités pour continuer sa route en Formule 1 ? Rien n’est moins sûr dans une période ou l’argent et la jeunesse sont des atouts décisifs pour l’obtention d’un baquet. Le Brésilien, 29 ans en octobre, n’a plus qu’un seul de ces atouts dans la poche.

Si un tel cas de figure devait se présenter pour la saison 2013, la fédération brésilienne de sport automobile devrait commencer à se pencher sur le sujet pour étoffer un vivier de jeunes pilotes bien peu convaincant jusqu’à présent.

Si l’on regarde dans les deux principales formules de promotions qui abreuvent généralement la Formule 1 de nouveaux talents (à savoir la Formule Renault 3.5 et le GP2 Series), on se rend vite compte que peu de Brésiliens y brillent. Felipe Nasr, pensionnaire en GP2, atteint péniblement une dixième place finale au championnat, alors qu’un autre de ses compatriotes, Victor Guerin n’a pas marqué un seul point de la saison. Du côté de la Formule Renault, le bilan n’est guère plus flatteur. André Negrao est actuellement dixième du championnat à deux manches de la fin de la saison et Lucas Foresti n’est que vingt-deuxième avec sept petits points.

Au final, il n’y a que Luiz Razia en GP2 Series qui peut représenter un espoir crédible pour l’avenir du sport automobile brésilien de haut niveau. Le jeune pilote natif de Barreiras s’est battu pour le titre jusqu’à la dernière course face à l’Italien Davide Valsecchi, pour finalement échouer à la seconde position finale.

Razia a même eu le privilège de participer aux essais lors de deux week-ends de Grand Prix en 2011 au sein de l’écurie Caterham (qui s’appelait encore Team Lotus) mais sans réellement impressionner l’équipe qui n’a pas reconduit l’expérience cette saison. L’avenir est-il bouché pour lui en Formule 1 ? Si c’est le cas, cela pourrait précipiter vers l’oubli le Brésil, pourtant terre de champions avec Emerson Fittipaldi, Nelson Piquet et Ayrton Senna.

 

 Axel B.





We never give up !

16 06 2012

« We never give up ! » soit « Nous n’avons jamais abandonné ! » c’est la phrase que s’est écrié Sergio Pérez en direction de son équipe, Sauber, après avoir franchi la ligne d’arrivé du Grand Prix du Canada à la troisième place. Une performance qui en dit long sur les capacités du jeune mexicain et des ressources de l’écurie suisse.

 

Licence Creative Commons / Morio

Voilà une saison réellement excitante. Nul ne peut savoir à l’issue des qualifications le samedi après midi, quel pilote aura la chance de monter sur le podium le dimanche.

Même avec une position modeste sur la grille de départ, les chances de victoire, ou tout du moins de bon résultat, sont grandes.

Le meilleur exemple de cette situation, nous l’avons encore vu ce week-end avec le podium de Sergio Pérez, et aussi dans une moindre mesure la deuxième place de Romain Grosjean.

Si pour le Français, ce podium est un peu moins étonnant que pour le mexicain, il n’en reste pas moins exceptionnel. Personne n’aurait parié que le pilote Lotus-Renault finirait à moins de trois secondes du vainqueur après une qualification qui l’avait vu en haute lutte pour accéder à une plutôt décevante septième place.

Certes, une fois de plus, Romain devançait son équipier pour être le seul représentant de son équipe dans la dernière partie des qualifications ; mais malgré une course que l’on pensait un peu plus chaotique que ce qu’il en est advenu, le Français a réussi un Grand Prix splendide fait d’attaque, de stratégie parfaite et surtout absent de toute erreur, ce qui, il faut le dire, nous rassure un peu…

En effet, si Romain Grosjean est rapide et digne de se battre avec les plus grands de la discipline, sa fiabilité et son irrégularité course après course risquent de lui jouer des tours à l’avenir. Mais il ne faut pas non plus oublier qu’il en est uniquement à sa première saison complète, et avec une petite quinzaine de Grand Prix derrière lui, ses performances restent exceptionnelles. Même au volant d’une monoplace qui semble être une des toutes meilleures du plateau. Il ne lui reste désormais plus qu’à trouver enfin un rythme lui permettant de se battre régulièrement, et à la régulière, pour le podium, ce qui devrait être, avec un peu plus de temps et d’expérience, à sa portée. La voix royale pour une première victoire française depuis 1996 et une nouvelle victoire pour la marque Lotus depuis 1987. Romain Grosjean pourrait bien être le huitième homme. Car lui non plus, n’abandonne jamais !

Est-ce que Sergio Pérez peut lui aussi prétendre à ce titre dans cette saison de toutes les surprises ? Sa performance au Canada fait devenir cette question légitime. En partant de la quinzième position en qualifications pour terminer sur la troisième marche du podium après un seul arrêt aux stands, le mexicain confirme tout le bien que l’on pensait de lui après sa course en Malaisie qui l’avait vu rater la victoire de peu.

Si lors de cette course, Pérez avait amplement profité des conditions climatiques (tout comme Fernando Alonso dont la Ferrari était à côté de la plaque à l’époque) pour décrocher un sensationnel résultat, son podium canadien doit beaucoup plus à sa formidable gestion des pneumatiques et à son sens de l’attaque en douceur.

Cette saison, le nerf de la guerre se trouve donc aux quatre extrémités des monoplaces. Les gommes fournis par Pirelli sont à ce point sensibles que même Jenson Button, pourtant proclamé « Docteur es gestion des pneumatiques », en perd ses moyens…et ses points.

Ce qui fait cette année que l’on retrouve avec un plaisir non dissimulé des pilotes que l’on attendait pas en haut de l’affiche. Les Lotus de Raikkonen et Grosjean régulièrement sur les podiums, un Maldonado vainqueur en Espagne et une équipe Sauber, revenue du diable vauvert après l’abandon de BMW fin 2010, emporté par un élan de jeunesse et de renouveau et qui a pour état d’esprit de ne jamais abandonner. Et si c’était seulement cela la clé du succès et de la réussite ?

Axel B.





Et si l’on s’intéressait aux derniers ?

12 10 2011

Sebastian Vettel vient de remporter le championnat du monde de Formule 1. Tous les média sportifs vont faire son éloge, à juste titre, et revenir sur sa (jeune) carrière et sa saison parfaite. Mais parfois, il est bon également de regarder en bas de classement, pour parler des derniers du championnat pilotes, souvent oubliés, mais tout aussi méritants.

Licence Creative Commons / Mark McArdle

En effet, que serait un premier sans un dernier ? Cette lapalissade peut prêter à sourire mais finalement, pourquoi ne devrions nous pas saluer ces pilotes de l’ombre qui courent tous les week-end de Grand Prix, dans des conditions souvent bien plus compliquées que les grands noms que nous sommes habitués à voir en haut des feuilles de temps et des classements.

Certes, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton, Fernando Alonso, Jenson Button ou encore Mark Webber, ont une lourde pression sur les épaules. Celle des pilotes qui doivent, chaque course, se battre pour la victoire. Pour eux, une autre place que la première est souvent synonyme de contre-performance.

Pour les pilotes de fond de grille, par contre, la pression est toute autre…

La plupart d’entres eux mettent en jeux chaque week-end leur place au sein de cette arène qui se doit de mettre en scène les meilleurs sportifs mondiaux de la discipline.

Des écuries moins compétitives comme Toro Rosso, Virgin ou HRT, accueillent souvent des jeunes pilotes avides de se faire remarquer pour embrasser une carrière victorieuse.

Si quelques un apportent des millions pour réaliser leur rêve (là, personne ne sera cité en exemple…), d’autre choisissent le talent pour faire parler d’eux.

Si l’ont jette un coup d’œil en bas du classement mondial de la saison 2011, des fortunes diverses sont à observer.

Classé dernier, le pilote indien Karun Chandhok n’a eu qu’une seule course pour démontrer son talent. En remplaçant Jarno Trulli lors du Grand Prix d’Allemagne, Chandhok pensait avoir une opportunité de damner le pion à l’italien jusqu’à la fin de la saison. Au lieu de cela, Trulli a récupéré son baquet manu militari et en a profité pour prolonger son contrat d’une année supplémentaire, détruisant par la même occasion les derniers espoirs de Chandhok d’obtenir un volant au sein du Team Lotus (ou plutôt Caterham) en 2012.

Le devançant juste au classement, à la hauteur de la 27ème place, le jeune espoir Daniel Ricciardo est dans une toute autre configuration de carrière. N’ayant guère moins de Grand Prix à son compteur que le pilote indien, l’australien, cependant, peut regarder l’avenir avec plus de sérénité que son homologue. Placé au sein de l’équipe HRT par les soins de Red Bull, un volant chez Toro Rosso lui semble promis, d’autant plus que Jean-Eric Vergne, l’autre prétendant à une place au sein de l’équipe de Faenza, n’a pas réussi à remplir son contrat qui consistait à remporter le championnat de Formule Renault 3.5 pour se voir assurer une place en Formule 1. La porte est donc grande ouverte pour Ricciardo, pour qui la galère espagnole de fond de grille ne devrait être plus qu’un lointain souvenir en 2012.

Et si l’ont remonte encore un peu plus le classement des mal classés, Vitantonio Liuzzi et son HRT ainsi que les deux pilotes Virgin, Timo Glock et Jérôme D’Ambrosio sont devancés par ceux du Team Lotus, Heikki Kovalanein et Jarno Trulli, qui naviguent depuis deux saisons maintenant dans la catégorie des pilotes à zéro point au compteur.

N’oublions pas également les deux vétérans, Narain Karthikeyan et Pedro de la Rosa, dont les éternels retours ne font que peupler un peu plus un championnat du monde qui compte à ce jours 28 pilotes classé, dont 19 sont arrivés, à ce stade de la saison, à marquer au moins un point.

Au final, si Trulli, Kovalainen, Glock, D’Ambrosio, Liuzzi ou Ricciardo marquent au moins un point, cela représentera sûrement autant qu’une victoire du double champion du monde Sebastian Vettel, à leurs yeux.

Axel B.








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