L’insolite histoire de Desiré Wilson, femme pilote

3 03 2012

La Formule 1 est un sport de macho ? Non pas que les femmes n’y soient pas tolérées, mais il n’est pas aisé pour elles d’y accéder. Pourtant, quelques unes y sont parvenues, et parmi elles, la plus insolite de par son histoire, la Sud-Africaine Désiré Wilson.

 

Inconnue du grand public et même de la plupart des fins connaisseurs de ce sport, Désiré Wilson a pourtant couru pour Tyrell et Williams, et à même remporté un Grand Prix.

Mais il faut connaitre son histoire pour comprendre pourquoi ses faits d’armes ne sont pas inscrits dans les pages statistiques des livres d’histoire de ce sport.

Pourtant, Desiré Wilson peut être considérée comme la seule femme à avoir remporté une course au volant d’une Formule 1. Cela n’était certes pas dans le cadre du championnat officiel, mais lors d’une course du « Championnat de Grande Bretagne de Formule 1 », une discipline qui réunissait des monoplaces de F1 des années précédentes sur le sol britannique et dont Wilson a remporté la course de Brands Hatch en 1980.
C’est sur ce même circuit, également en 1980, que la jeune pilote a tenté de se qualifier pour le Grand Prix de Grande-Bretagne, officiel cette fois-ci, au volant d’une Williams privée, engagée par l’équipe Brands Hatch Racing.
Sa performance en qualification ne lui permettra pas de participer à la course puisque, à cette époque, les pilotes n’ayant pas atteint un certain temps au tour lors des essais n’étaient pas autorisés à concourir le dimanche.
Wilson se retrouvait donc sur la touche aux côtés de Jan Lammers et de Keke Rosberg, pourtant futur champion du monde en 1982, qui courrait alors sur une erratique Fittipaldi-Ford.
Mais elle réussit néanmoins à se qualifier la saison suivante sur une Tyrrell, à seulement six dixièmes d’Eddie Cheever son coéquipier, lors du Grand Prix d’Afrique du Sud 1981. Après un départ catastrophique, elle fit une belle remontée en course en dépassant notamment des pilotes établis comme Nigel Mansell, mais elle dut renoncer à quelques tours de l’arrivée suite à une sortie de route qui avait endommagé son aileron arrière. Comble de malchance, cette course tristement célèbre pour l’affrontement politique entre les deux instances dirigeantes, FISA et FOCA, a été purement rayée du championnat officiel et n’a jamais été reconnue pour la saison 1981.
Mais cette expérience malheureuse dans la discipline reine du sport automobile n’aura pas mis un terme à la carrière de la sud-africaine. Elle réussit même à impressionner Ken Tyrrell par ses prouesses, mais les financements de Riccardo Zunino et Michele Alboreto auront décidé à eux seul du duo de pilotes de l’équipe britannique pour le reste de la saison…
Consciente de la difficulté de se faire une place au sein d’un milieu dominé par les hommes, et à une époque où il était bien moins courant de voir un pilote de la gente féminine concourir dans des disciplines de hauts niveaux du sport automobile (comme Danica Patrick ou Sara Fisher récemment en IndyCar), Desiré Wilson s’est tournée vers les courses d’endurance avec succès. Elle remportera notamment les très prisés 1 000 Km de Monza et les 6H de Daytona toujours lors de la saison 1980. Elle tenta aussi de se qualifier pour les 500 Miles d’Indianapolis, mais sans y parvenir. Ces quelques victoires font penser qu’elle aurait peut être pu faire des résultats intéressants en Formule 1 si on lui en avait laissé le temps et l’opportunité.
Après tout, les quelques femmes qui ont participé à des Grands Prix n’ont pas été ridicules. La première d’entre elles, Maria Teresa de Fillipis, aurait bien pu marquer des points lors de la course en Italie en 1958 où elle dut abandonner sur problème mécanique alors qu’elle tenait fermement position à la cinquième place. Mais elle abandonna la compétition trop tôt pour pouvoir prétendre à confirmer son talent.
On pourrait également parler de Lella Lombardi, qui elle, est inscrite dans les livres d’histoire de la Formule 1 à jamais grâce au demi-point qu’elle a marqué lors du Grand Prix d’Espagne 1975.

Mais la plus insolite est aussi la plus méconnue et la seule victorieuse. Car Desiré Wilson est bien la seule femme à avoir gagné une course au volant d’une monoplace de Formule 1. Elle n’a jamais vraiment quitté le monde de la course puisque depuis qu’elle a raccroché son casque, elle s’est tournée, avec son mari au sein de l’entreprise Wilson Motorsport Inc, dans l’élaboration et la conception de pistes destinées à la course automobile.

Axel B.





Les pilotes en grève?

4 04 2011

Avec l’arrivée en Formule 1 de nouvelles options de pilotage disponibles au sein même des monoplaces, de nouveaux débats vont apparaitre pour mettre à jour la véritable utilité de l’aileron arrière mobile ou du système de récupération de l’énergie cinétique, plus connus respectivement sous les abréviations de DRS et KERS. Les pilotes menacent même d’une possible grève si leurs attentes ne sont pas respectées.

Directeur aux côtés de Felipe Massa de l’Association des Pilotes de Grand Prix, présidée par Rubens Bartichello, Sebastien Vettel clame depuis plusieurs jours, à qui veux l’entendre, que ses camarades de jeux et lui-même pourraient exercer une pression sur la FIA en faisant une grève si leurs revendications ne sont pas entendus.

Si le champion du monde 2011 est aussi radical, c’est que la multiplication des « aides » au pilotage et aux dépassements ne cesse de croitre.

Avec le retour, cette saison, du KERS et l’arrivée de l’aileron arrière mobile, les pilotes se voient confier des responsabilités et des obligations supplémentaires pendant les courses, qui pourraient bien les voir s’éparpiller au détriment de leur principale mission qu’est le pilotage pur et simple.

Outre le fait d’une complexité accrue pour les spectateurs à comprendre les courses, Vettel et l’ensemble des pilotes tirent la sonnette d’alarme concernant leur propre sécurité. Leur volant de course est en train de ressembler à un clavier d’ordinateur avec une multitude de boutons de réglages pour tel ou tel appendice ajustable, que cela soit au niveau mécanique ou aérodynamique.

La saison dernière, le F-Duct (système aérodynamique permettant de gagner quelques précieux kilomètres heure en ligne droite) avait été reconnu trop dangereux lorsque la FIA s’était rendu compte que les pilotes ne conduisaient plus que d’une main, l’autre étant occupée à obstruer l’orifice d’entrée du système mis au point au début de la saison par l’équipe McLaren. L’ingéniosité des têtes pensantes de l’usine de Woking fut certes admirable, mais les limites et les contraintes humaines doivent également être prises en compte lors de la mise en place d’une telle innovation.

Le même problème se pose désormais avec le KERS et le DRS, qui occupent plusieurs fois par tour les mains des pilotes qui sont parfois obligé de lâcher la piste des yeux, et parfois le volant, pour actionner plusieurs boutons sur ce dernier.

Cet aspect de danger, tous les pilotes l’ont dans un coin de leur tête. Même s’ils n’aiment pas l’avouer de peur de dévoiler des faiblesses à leurs adversaires. Sebastien Vettel ose en parler librement car il pense que la situation devient absurde : « Si la situation empire au point de devenir dangereuse, je pense que nous avons le pouvoir de faire valoir notre position. Le dernier ressort est de ne pas courir si une situation dangereuse n’est pas changée »

La dernière et unique grève des pilotes en Formule 1 avait eu lieu lors du grand prix d’Afrique du Sud 1982 en plein conflit entre la FISA et la FOCA. Même si elle avait été avortée et n’avait eu que peu d’incidence sur la situation politco-sportive du moment, elle avait eu le mérite de prouver que les pilotes possèdent un moyen de pression pour se faire entendre.

 

Des soutient de poids, à l’image du triple champion du monde autrichien Niki Lauda, ont eux aussi fait entendre leur voix sur cette situation qui risque de s’envenimer si la FIA ne prend pas en compte les remontrances des principaux acteurs de ce sport que sont les pilotes.

 

Axel B.





Coup d’arrêt

21 02 2011

Ce n’est pas la première fois que la Formule 1 tremble sur ses bases ; mais cette fois-ci, les événements politiques qui sévissent un peu partout dans le monde musulman, et plus particulièrement au Bahreïn, pourraient faire plier pour la première fois le grand barnum économico-sportif du sport automobile.


L’élan de révolution et de démocratie qui parcours le monde arabe est en train de toucher une multitude de pays. Après la Tunisie et l’Egypte, le Moyen-Orient commence lui aussi à sentir les déflagrations de ce tremblement de terre populaire.

Le Bahreïn, qui intéresse particulièrement le sport automobile puisque la première manche du championnat de Formule 1 doit s’y dérouler dans quelques semaines, est en train de devenir un épicentre de cette révolte.

De nombreux pays comme la Grande-Bretagne, l’Australie ou le Canada ont déjà fortement déconseillé à leurs ressortissants de se rendre dans le royaume.

La capitale, Manama, a déjà été la cible d’affrontements violents entre les manifestants anti-régime et la police locale. Une situation délicate qui fait évidemment passer le sport au second plan des intérêts actuels. De plus, la sécurité étant plus que précaire, les plus vives interrogations se posent quant à la tenue des derniers essais hivernaux et du premier grand prix prévu sur ces terres.

Bernie Ecclestone, promoteur de la discipline souffle le chaud et le froid depuis plusieurs jours en émettant des avis contradictoires selon l’évolution de la situation. Une chose est sûre, une alternative à déjà été trouvé.

Les essais prévus une dizaine de jours avant le grand prix pourraient être délocalisé en Espagne ou en France (on parle de Jerez ou du Castellet – ce qui serait la première apparition d’une Formule 1 sur le sol français depuis la victoire de Felipe Massa à Magny Cours en 2008) et la course au Bahreïn proprement annulée, ou reportée à une date ultérieure. L’Australie récupérerait alors sa place de première étape d’un championnat qui ne compterait plus que 19 courses.

Cependant, jamais la Formule 1 n’avait eu à subir ou à se plier à quelques mouvements sociaux, politiques ou terroristes dans toute son histoire.

La guerre des deux instances politiques,  FISA et FOCA, qui se disputaient la légitimité de la Formule 1 à l’orée des années 80 n’aura causé comme désagréments qu’un semblant de grand prix en Espagne lors de la saison 1980 ou seule les écuries FOCA ont participé à la course remportée par Alan Jones sur Williams, ainsi qu’a une tentative de création de championnat parallèle début 1981 avec les même écurie FOCA mais vite annihilée par le manque de suivi médiatique et la future création des Accords Concordes qui allaient régir ce sport jusqu’à aujourd’hui encore.

Finalement, l’affrontement qui opposait les deux hommes fort du moment, Jean-Marie Balestre pour la FISA et le déjà incontournable Bernie Ecclestone pour la FOCA n’aura eu d’impact que sur un tome de la fameuse série de bande dessinée Michel Vaillant dans lequel Jean Graton imaginait la suite de l’histoire, séparée en deux championnats distincts. Pure fiction dans les années 80 mais dont le spectre ressurgissait ces dernières années…

La Formule 1 n’a pas eu à subir non plus les conséquences de la guerre du golfe ou des attentats du 11 septembre. Elle était même devenue, dans ce dernier cas, une vitrine occidentale de la volonté de chacun de ne pas se plier aux menaces terroristes en continuant un semblant de vie normale. Toutes les écuries se présentant sur la grille de départ avec un bandeau noir sur leur livrée, même vierge de sponsors pour Ferrari.

 

Si la rumeur de boycott du grand prix de Bahreïn par quelques équipes se confirme, Bernie Ecclestone n’aura d’autre choix que de repousser la course. Personne ne songe à une annulation aux vues des enjeux économiques engagés par l’épreuve. Mais cette inquiétude parait cependant bien futile à la vue des événements sociopolitiques du moment.

 

Axel B.








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