Rien ne sert de courir…

27 04 2013

Depuis l’introduction des pneumatiques Pirelli en Formule 1 il y a de cela trois saisons, la discipline a pris un virage étonnant conditionné par la durabilité et la gestion difficile des gommes italiennes. En effet, la plupart des Grands Prix ne sont-il pas en train de se résumer à une simple course d’endurance et de stratégie plutôt que de vitesse pure, pourtant apanage du pinacle du sport automobile mondial ?

Licence Creative Commons / Morio

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Il est commun, chaque année depuis la saison 2011, d’entendre les pilotes se plaindre de la tenue de leurs pneumatiques. En effet, depuis l’arrivée de Pirelli en Formule 1, les composants des gommes fournies aux différentes écuries ne cessent d’évoluer vers une dégradation de plus en plus importante.

De plus, l’introduction de nouveaux éléments comme le KERS ou le DRS, qui facilitent les dépassements ont profondément modifié le comportement des pilotes en piste. Il n’est pas rare aujourd’hui de voir certains d’entre eux se laisser doubler pour éviter d’abîmer leur pneumatiques dans une tentative de résistance quasiment impossible face à un adversaire possédant des gommes plus performantes de trois secondes au tour, avec un DRS ouvert et un KERS en pleine action. Même les pilotes les plus hargneux, comme Sebastian Vettel ou Fernando Alonso, préféreront perdre une ou deux places et rallier l’arrivée, plutôt que de tenter un coup de poker stratégique au risque de voir un effondrement soudain de leur performance.

La stratégie a toujours eu une importance capitale en Formule 1. Surtout à l’époque des ravitaillements en essence, où les arrêts aux stands pouvaient coûter près d’une dizaine de secondes d’immobilisation. Maintenant que ceux-ci sont devenus interdits, le temps d’arrêt s’est considérablement réduit. Cependant, il n’est pas rare de voir des pilotes stopper très tôt dans la course pour se débarrasser rapidement d’un type de pneumatique, embarrassant mais obligatoire à chausser durant la course.

Mais si auparavant une grande partie de la stratégie était basée sur les arrêts ravitaillement dans le but de gagner quelques précieuses places dans les stands, aujourd’hui, c’est la dégradation des pneumatiques qui est la clé de la performance.

Une sorte de course d’endurance est alors lancée entre les pilotes, et celui dont la monoplace et le style de pilotage exploiteront au mieux ses gommes, aura peut être une chance de finir la course dans les premiers. Un paradoxe troublant pour une discipline basée sur la vitesse pure et la compétition. Des pilotes qui ne se battent plus, qui se laisse doubler par crainte de ne pouvoir finir la course et qui ont les yeux rivés sur l’état de leur gommes plutôt que sur le prochain virage, voilà le spectacle qui pourrait nous être donné de voir à l’avenir si Pirelli et les instances dirigeantes de la Formule 1 ne changent pas leur fusils d’épaule en arrêtant de miser sur divers artifices par crainte d’un manque d’animation.

Mais les pilotes sont tout de même assez talentueux pour offrir au public un spectacle de qualité, n’ayons crainte. Car sans cette confiance, un duel Villeneuve/Arnoux du Grand Prix de France à Dijon en 1979 n’aurait jamais eu lieu. Et cela reste pourtant à ce jour une des plus belles pages de l’histoire de la Formule 1.

 

Axel B.





Quel avenir pour Mark Webber ?

14 03 2013

A quelques jours du premier Grand Prix à Melbourne, tous les regards des Australiens seront tournés vers Mark Webber, qui représentera la meilleure chance de victoire de son pays. Mais à bientôt 37 ans, le pilote Red Bull ne serait-il pas en train de vivre sa dernière étape en Formule 1 sur son sol natal ?

Licence Creative Commons / Morio

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Après les retraits plus ou moins forcés de Michael Schumacher et Pedro de la Rosa à la fin de la saison 2012, Mark Webber est devenu le pilote le plus âgé présent sur les grilles de départ. Bien entendu, ce statut de senior ne cesse depuis quelques semaines d’alimenter les colonnes des magazines et sites spécialisés, qui n’hésitent pas à bombarder de questions le grand Mark au sujet d’une éventuelle retraite.

Après tout, plusieurs signes pourraient tendre à démontrer que l’Australien n’est sûr de rien quant à son avenir. Depuis plusieurs années maintenant, son contrat avec Red Bull, écurie qu’il fréquente maintenant depuis 2007, ne se renouvelle qu’année après année. Une preuve qu’un engagement sur le long terme n’est pas envisageable pour les deux parties, que cela soit une question de motivation pour le pilote, ou une crainte de baisse de performance pour l’équipe.

Ceci dit, l’Australien est capable tous les ans de remporter quelques courses, et se pose toujours en challenger au titre mondial à un moment de l’année. Cependant, on pourrait apporter un crédit particulier aux propos récents d’Helmut Marko qui soulignait que le pilote n’était pas capable, sur la durée entière d’une saison, de se battre pour le titre mondial. En effet, le titre n’était envisageable jusqu’à la dernière course pour Webber que lors de la saison 2010, mais ils étaient alors trois autres dans son cas (Sebastian Vettel, Fernando Alosno et Lewis Hamilton), une première dans l’histoire du championnat du monde.

En fait, le salut de Webber semble tenir aux piètres performances fournies par les jeunes pousses de Red Bull qui font leurs armes chez Toro Rosso.

Le premier duo qui a officié en 2010 et 2011, constitué de Sébastien Buemi et Jaime Alguersuari, n’a pas réussi à faire ses preuves. Aujourd’hui, ce sont Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo qui tentent leurs chances. L’année 2013 sera cruciale pour eux deux, et un net regain de performance de leur part est attendu pour pouvoir prétendre à une place dans l’écurie mère. Marquer des points régulièrement ne suffira pas à leur assurer une place dans l’élite et sécurisera un peu plus le baquet de Webber. Une grosse performance, un podium ou un coup d’éclat sont donc attendus.

De son côté, Webber devra continuer à enchainer les bons résultats, avec plus de constance que l’année dernière, et ainsi prouver à ses détracteur, Marko en tête, et à son équipe toute entière, qu’il a la carrure pour amener Red Bull jusqu’au titre mondial. Son apport a été non négligeable ces dernières années, mais le moindre faux pas de sa part en termes de performance risque bien de lui être fatal aujourd’hui. Surtout pour un pilote qui se plait à dire qu’il ne veut pas d’un statut de second couteau.

Mais au final, l’Australie n’a guère de soucis à se faire pour sa présence dans la discipline. Si Mark réalise une belle saison, il y a fort à parier que Red Bull lui renouvelle sa confiance en 2014. Il connaît très bien l’équipe qui l’entoure et il a une bonne image auprès du public et des sponsors. Dans le cas contraire, le jeune Daniel Ricciardo pourrait prendre sa suite, au sein de l’écurie autrichienne s’il est jugé assez bon, ou bien ailleurs, car son talent indéniable pourrait intéresser d’autres équipes.

 

Axel B.





2013, une année de transition

6 03 2013

A tout point de vue, l’année 2013 sera une vraie période de transition. L’évolution de la réglementation technique prévue pour 2014 en est la principale cause. Mais certaines grandes équipes ont aussi vécues des chamboulements internes dans leur organisation qui font qu’une période d’adaptation sera nécessaire à leur bon fonctionnement.

Licence Creative Commons / Magic Aviation

Licence Creative Commons / Magic Aviation

Sur le papier, la saison 2013 n’apporte pas beaucoup de changement par rapport à la formidable saison 2012 qu’il nous été donné (et je dis bien donné…) de voir.

Le gel des moteurs depuis maintenant plusieurs année n’offre que très peu de changement de ce côté-là, et du point de vue aérodynamique, très peu de nouvelles contraintes sont imposées aux concepteurs des monoplaces.

Le grand changement est surtout prévu pour l’année prochaine. En effet, la quasi-totalité des méthodes d’élaboration des voitures sera remise en cause avec l’arrivée des unités de puissance comprenant des moteurs turbo V6, des systèmes de récupération d’énergie cinétique et thermique (KERS et HERS) et de nouvelles boites de vitesses.

Sur le plan aérodynamique, des évolutions sont aussi attendues et devraient concerner plusieurs pièces dont les ailerons, l’empâtement de la carrosserie et les déflecteurs.

La seule grosse différence concerne les fameux museaux en escalier des monoplaces 2012 qui ont été gommé par certaines équipes cette année, même si ce n’est pas l’apanage de toutes, dont Red Bull. Mais les voitures présentées ces dernières semaines vont sûrement encore beaucoup évoluer jusqu’à la première course en Australie au milieu du mois de mars.

Une période de transition va également s’installer cette année dans certaines équipes. On pense avant tout à Mercedes et McLaren, qui sont les deux principale écuries du haut du tableau à avoir subit un changement radical dans leur duo de pilote.

Au sein de l’écurie de Woking, la perte de Lewis Hamilton, enfant choyé, a fait un grand vide que tente de combler le Mexicain Sergio Pérez. L’adaptation de ce tempérament latin à la rigueur et au flegme britannique de McLaren sera passionnante à observer tout au long de la saison, et conditionnera de manière importante les performances futures de l’équipe. Par le passé, plusieurs exemples contradictoires peuvent nous éclairer sur l’association entre la froideur de l’équipe et le bouillonnement de son pilote comme avec Ayrton Senna pour l’aspect positif ou Juan Pablo Montoya pour la déception.

Du coup, Lewis Hamilton débarque chez Mercedes et va entamer lui aussi une nouvelle ère avec son équipe. La firme à l’étoile a entrepris une profonde restructuration interne, qui ne touche pas uniquement ses pilotes, car elle accueille en ses rangs des grands noms tels que Niki Lauda, Toto Wolff ou Paddy Lowe. Il va sûrement falloir un petit peu de temps avant que tout ce joli monde arrive à travailler de concert pour le meilleur de l’écurie.

Pour les équipes les plus modestes, la valse des pilotes a également eu lieu, comme on peut le constater notamment chez Sauber, Marussia et Caterham qui ont totalement renouvelé leurs duos ou chez Williams qui voit arriver un néophyte finlandais aux côtés du solide Maldonado.

Et puis bien sûr, dans le microcosme de la Formule 1 française, les téléspectateurs devront également s’adapter  à leur nouvelle méthode de retransmission télévisuelle puisque c’est désormais Canal + qui est chargé de relayer la passion de milliers de personne. Nul doute que la chaine cryptée et payante devra elle aussi de son côté subir une période, plus ou moins courte, de transition avant de trouver la bonne formule, tant au niveau quantitatif que qualitatif. Mais restons attentif car c’est souvent les saisons dites « transitoires » qui sont les plus animées !

Axel B.





Tout ce qu’on sait, c’est qu’on en sait pas plus !

27 02 2013

L’heure des premiers essais d’intersaison est arrivée, est avec elle, les premiers bilans sur les nouvelles conceptions des écuries. Si chaque pilote peut ressentir en la pilotant, la bonne naissance d’une nouvelle monoplace, les temps au tour réalisés durant ces quelques journées de test ne sont guère révélateurs.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Depuis quelques semaines, l’aficionado de la Formule 1 a enfin quelques feuilles de temps à se mettre sous le nez. Les premiers essais sont enfin arrivés mais il n’est cependant pas facile de jauger des forces en puissances.

Une fois une McLaren, une fois une Ferrari, le lendemain une Mercedes avant de voir une Red Bull dominer la journée…quels enseignements tirer de ces informations ?

En substance, aucun ! Il y a trop d’éléments et de caractéristiques différents qui entrent en jeu pour pouvoir montrer du doigt l’écurie qui sera dominatrice lors de la saison à venir.

Mais en dehors des chiffres, le ressenti des pilotes est parfois bien plus parlant. Chez Mercedes par exemple, la bonne humeur et l’optimisme semblent être de sorti. Nico Rosberg n’hésite pas d’ailleurs à parler de victoire en 2013, une chose qui semblait totalement impossible à la fin de la saison dernière et avant que le pilote n’ait mis un pied dans la nouvelle monoplace grise. La venue de Lewis Hamilton a redonné un coup de fouet à toute l’équipe. Lui-même, semble ne pas avoir de spleen post-traumatique du à sa séparation avec McLaren, son écurie familiale.

Dans les garages de la Scuderia Ferrari, que cela soit sur la piste de Jerez ou à Barcelone, Felipe Massa et Fernando Alonso semblaient réellement enthousiastes des débuts de leurs nouvelles montures. Selon l’Espagnol, l’équipe n’est pas du tout dans la même situation qu’à la même période l’année dernière. Voilà donc une bonne base, selon lui, pour contester le titre à ses rivaux d’une manière moins complexe qu’en 2012. Le plus grand défi pour Alonso sera de réaliser une saison aussi parfaite que la précédente. Pour Massa, la renaissance est encore attendue…

Du côté de Force India, alors que Paul di Resta fait calmement son boulot, le Français Jules Bianchi et l’Allemand Adrian Sutil se battent par chronomètres interposés pour prouver à Vijay Mallya leurs capacités. Mais le patron indien, qui regarde plus vers les livres de comptes de son écurie que vers la piste, semble jouer un peu de cette situation et n’a pas encore, officiellement, fait son choix. Au final, on sait très bien que les préoccupations resteront financières et que l’annonce ne risque pas de faire de surprise.

Finalement, ceux qui tirent le plus de profit de ces journées de tests restent sans conteste les plus petites écuries. D’autant plus que cette année, Caterham et Marussia présentent à elle deux pas moins de trois néophytes dans la discipline. Giedo Van der Garde, Max Chilton et Luiz Razia apprennent le métier, comme il est coutume de dire, et même parfois la rudesse des rails de sécurité.

Allez vite, rendez-vous en Australie le 17 mars pour enfin se rendre compte des forces en présence. Enfin, certains s’en rendront compte uniquement sur le papier de quelques journaux spécialisés, puisque la totalité des fans, et c’est une quasi certitude, ne feront pas l’effort, financier et déontologique, de payer pour suivre leur passion…mais ceci a déjà été débattu récemment…

Axel B.





Une grille de rêve

2 01 2013

Une nouvelle année commence, une nouvelle saison va débuter, et beaucoup de vœux formulés par certains acteurs de la Formule 1 resteront vains. Alors tentons de réaliser certains de ces rêves dans cette première chronique 2013. En mettant de côté l’aspect financier et moral de certaines décision, à quoi pourrait ressembler une grille de départ rêvée pour la saison à venir ?

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Chez Ferrari, l’indéboulonnable Fernando Alonso a encore de nombreuses années en rouge devant lui. On voit mal pourquoi, et pour qui, l’écurie au cheval cabré pourrait s’en séparer. Mais en ce qui concerne son équipier, la question est longtemps restée en suspend. Dans notre fiction, Felipe Massa pourrait décider de raccrocher son casque après plusieurs années éprouvantes. Il souhaiterait se consacrer à sa famille et profiter d’une vie qu’il aurait bien pu voir s’achever un après midi d’été en Hongrie.

La liste de ses remplaçants est bien longue, mais le seul capable d’avoir la stature pour le rôle est aussi le seul qu’Alonso pourrait accepter à ses côtés. Il s’agit de Mark Webber, lassé de ne réussir à combattre Sebastian Vettel chez Red Bull, il viendrait donc chercher chez Ferrari un prestige qui manque à sa carrière et que l’écurie autrichienne ne saurait lui apporter. Une sorte de retraite dorée pour l’Australien même si son mental de compétiteur ne l’empêcherait pas d’avoir dans un coin de la tête, le rêve fou de détrôner Alonso de son piédestal.

Qui pourrait alors le remplacer chez Red Bull ? Là aussi, Vettel est incontournable. Mais la politique de Mateschitz et Marko serait alors de promouvoir un jeune de la maison. A ce petit jeu, Daniel Ricciardo, pur produit Red Bull, est le mieux placé. Il est celui qui a le plus d’expérience et, même s’il a fini la saison 2012 derrière son équipier français Jean-Eric Vergne, il semble le plus à mène d’apporter les garanties nécessaires à l’équipe pour remporter un titre constructeur.

Du coup une place se libère chez Toro Rosso, et il ne faudra pas aller chercher bien loin pour trouve acquéreur. Parmi la pléthore de jeunes pousses siglée Red Bull, Felix da Costa serait le mieux placé pour faire ses débuts dans la discipline. Il a impressionné ses employeurs en Formule Renault 3.5 et son accession à la discipline serait logique.

Dans le giron McLaren, même si l’on a peine à croire que Sergio Pérez ait été choisi par l’écurie basée à Woking uniquement pour son talent (le soutien de Telmex est un gros poids dans la balance), le duo de pilote formé avec Button reste cohérent et présente une des premières belles surprises pour 2013. Même constat chez Mercedes, ou l’association entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg pourrait faire des étincelles tant elle semble évidente. La génération « 85 » pourrait bien redorer l’étoile ternie du constructeur allemand.

Quand à Lotus-Renault, avec un Kimi Raikkonen en position de messie et avec tous les efforts consentis pour faire de Romain Grosjean un vrai pilote de Formule 1, l’équipe souhaiterait s’acheter une saison plus calme en conservant, au moins, la stabilité de ses pilotes !

Dans les écuries du milieu de tableau, l’argent fait encore plus loi. Si le transfert de Nico Hulkenberg de Force India vers Sauber peut éventuellement être synonyme de progression et de défi sportif pour l’Allemand, le recrutement d’Estéban Gutierrez au sein de l’écurie suisse sent le bon coup financier à plein nez. Il est vraiment dommage que le flamboyant Kamui Kobayashi ne soit pas de la fête, et il aurait toute sa place dans la grille fictive construite dans cet article. Au moins pour poursuivre une saison de plus avec Sauber…

Chez Force India donc, Paul di Resta reste en place en espérant briller un peu plus qu’en 2012 et il pourrait trouver à ses côtés un Bruno Senna, vainqueur des secondes, voire troisièmes chances, offertes dans la discipline mais qui, avec un tel patronyme et quelques belles performances, reste sympathique à voir.

Au sein de l’ancien employeur du Brésilien, Williams, on s’appuiera sur le désormais fiable Pastor Maldonado pour donner sa chance à l’espoir maison, le Finlandais Valtteri Bottas. Sir Franck a déjà raté Mika Hakkinen et Kimi Raikkonen, il n’est pas question qu’il passe à côté de son Finlandais !

Et puis bien sûr, dans les petites équipes, l’association entre un pilote expérimenté et un jeune espoir semblent être le deal idéal. Heikki Kovalainen chapeauterait parfaitement le Français Charles Pic chez Caterham et Timo Glock pourrait bien apporter toute son expérience à Vitaly Petrov, qui trouverait refuge chez Marussia, écurie de sa chère patrie. Le Russe est loin d’avoir démérité en 2012, et prouve qu’il a sa place en Formule 1, surtout à l’approche de l’organisation d’un Grand Prix en Sotchi en 2014.

Alors bien sûr, voici encore une chronique totalement subjective qui pourra laisser libre court à des commentaires et des critiques sur les choix formulés. Mais n’ayez pas d’inquiétudes, cette grille de départ rêvée et fictive ne verra sûrement pas le jour de si tôt, tout du moins tant que l’aspect financier aura le dessus sur la morale et le talent. D’ici là, bonne année !

 

Axel B.





La chronique de Noël

26 12 2012

C’est Noel ! Cela ne vous aura pas échappé. La période préférée des enfants mais aussi des adultes qui sont restés de grands enfants. Une cascade de cadeaux tous plus magnifiques les uns que les autres va être déversée pour le plus grand bonheur de tous. Et en Formule 1, les personnalités aimeraient avoir quel genre de cadeaux ?

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Sans aucun doute, Bernie Eccelstone aimerait beaucoup avoir au pied de son sapin une saison 2013 semblable à la précédente, faite de surprises, d’indécision et de titre attribué lors de l’ultime course. Presque une année parfaite donc pour le grand argentier de la Formule 1.

Fernando Alonso estime lui aussi que sa saison a frôlée la perfection. Il aimerait donc lui aussi ouvrir un cadeau rempli de ténacité, de hargne, de chance et de soutien des tifosi pour parvenir à se parer du titre mondial dans sa tenue rouge. Il serait alors le plus beau des Pères Noël pour tout le peuple italien, amoureux de son équipe au cheval cabré.

Mais le triple champion du monde en titre, Sebastian Vettel, veux lui aussi le même cadeau ! On ne doute pas qu’ils ne cesseront de se le chamailler durant toute la saison 2013, même si l’Allemand aimerait pouvoir le remporter un peu plus facilement que cette année.

A côté d’eux, d’autres pilotes auraient des envies toutes aussi légitimes de réussite. Mark Webber a commandé un livre : « L’Allemand pour les nuls » afin de pouvoir enfin expliquer à son encombrant équipier qu’il cesse de pointer son doigt au ciel à la fin de chaque course tandis que Jenson Button a souhaité avoir, dans la même collection, un ouvrage sur le Mexique pour pouvoir prendre la mesure de son nouvel équipier.

Puis dans l’ordre ou dans le désordre, Felipe Massa a commandé quelques podiums, Kimi Raikkonen une nouvelle caisse de t-shirt floqués à ses futures victoires, Romain Grosjean une combinaison en titane afin de protéger des éventuelles critiques faites à son égard, Lewis Hamilton une boite de polish pour faire briller sa nouvelle étoile Mercedes, Sergio Pérez des médicaments contre les maux de ventre afin de soulager son équipe de sa conduite mexicaine souvent épicée, Pastor Maldonado va se voir offrir de la part de son équipe un bon de réduction chez un opticien vénézuélien réputé afin qu’il juge un peu mieux certaines de ses trajectoires…et Michael Schumacher un nouvelle paire de pantoufles…

Mais bien entendu, tous ne seront pas satisfaits. Des pilotes comme Bruno Senna, Kamui Kobayashi, Adrian Sutil, Jaime Alguersuari, Heikki Kovalainen, Vitaly Petrov ou Pedro de la Rosa, qui ont noté sur leur liste un volant pour la saison à venir, risquent d’être déçu à l’ouverture des cadeaux le matin de Noël.

Les fans de Formule 1 eux, veulent avoir une saison 2013 de toute beauté avec quelques belles passes d’armes, un championnat serré, des monoplaces plus belles que celles de cette année et, pourquoi pas, une retransmission télévisée gratuite et de qualité ! Finalement, désirez-vous autre chose de plus au pied de votre sapin ?

Axel B.





Ils ont gagné en 2012

19 12 2012

Plusieurs pilotes et écuries ont remporté des victoires durant la saison 2012. Certains, pour la première fois, d’autre plutôt comme une confirmation. Petit tour d’horizon de ceux qui ont marqué la saison 2012 de Formule 1 de leur empreinte.

Licence Creative Commons / Nic Redhead

Licence Creative Commons / Nic Redhead

On ne peut pas parler des vainqueurs de la saison 2012 sans parler de Sebastian Vettel et de Red Bull, bien sûr. Maintenant devenus incontournable depuis plusieurs années, l’écurie autrichienne et son triple champion du monde allemand deviennent les nouvelles références en Formule 1.

La discipline reine du sport automobile a pour habitude de fonctionner par période de domination. Tant au niveau des pilotes qu’au niveau des écuries. Si Juan Manuel Fangio a été le pionnier de ses ère d’hégémonie, d’autre l’ont suivi au fur et à mesure de l’histoire comme Jack Brabham, Jackie Stewart, Niki Lauda, Alain Prost, Nelson Piquet, Ayrton Senna, Michael Schumacher et dorénavant Sebastian Vettel. Tous ont en commun d’avoir remporté au moins trois titres mondiaux. Le constat est le même en ce qui concerne les écuries. Ferrari, Lotus, McLaren, Williams et maintenant Red Bull ont tour à tour dominé la compétition. L’équipe autrichienne, menée de mains de maitre par Christian Horner et Adrian Newey, a sûrement encore de beaux jours devant elle.

Mais d’autres vainqueurs se sont mis en avant cette saison. A commencer par Mark Webber, coéquipier de Vettel, qui est rapidement retombé dans l’ombre de son leader, même si, à un moment donné de la saison, ses deux belles victoires à Monaco et à Silverstone ont fait de lui le rival le plus sérieux face à Fernando Alonso dans la quête du titre.

D’ailleurs, l’Espagnol est assurément le vainqueur le plus étonnant de cette saison à la vue des performances de sa Ferrari en début d’année. Revenu du diable vauvert, le double champion du monde, entouré par son panache et sa grinta indéfectible, a réussi à contester le titre à Vettel jusqu’à dans l’ultime manche de la saison. Ce qui lui fait dire d’ailleurs qu’il a, à ses yeux, réalisé une performance qui lui sera difficile de réitérer encore une fois dans sa carrière.

A côté de cela, les performances des deux « McLaren Boys » peuvent sembler bien ternes. Non pas dans la manière donc leurs victoires, sept au total, ont été acquises, surtout celles de Lewis Hamilton, mais surtout pour leur incapacité à transformer leurs belles performances et la rapidité de leur monoplace en réelles chances de remporter le titre. Mais cette contre performance n’est pas vraiment imputable à Hamilton et Jenson Button, qui ont souvent du faire face à la fébrilité de leur mécanique alors qu’ils étaient en position de gagner.

Une frustration qu’a connue très rapidement Nico Rosberg. Sa victoire en Chine lui a ouvert des perspectives finalement inatteignables au volant d’une Mercedes erratique et rapidement dépassée. Plus la saison avançait, et plus le pilote allemand sombrait dans les profondeurs du classement. Une détresse qui contrastait terriblement avec la joie de sa première victoire en Grand prix qui semblait pourtant en appeler d’autre au cours de l’année. Avec l’arrivée de Lewis Hamilton et le départ de Norbert Haug, la firme étoilée veut du renouveau pour 2013. Mais il ne sera pas dur d’être moins bon qu’en 2012…

Mais la victoire la plus inattendu et la plus sympathique de cette saison est sans aucun doute celle de Pastor Maldonado. Le Vénézuélien était le pilote que l’on n’attendait pas. En redonnant le goût de la victoire à l’artisan Franck Williams et à son équipe, il a également apporté un vent de fraicheur à la discipline et aux autres écuries plus modestes, en leur donnant un espoir de réussite. Certes, on pourra dire que le natif de Maracay à quelque peu vendangé la suite de sa saison avec des accrochages à répétition qui lui ont couté quelques précieux podiums et une place plus flatteuse au championnat. Mais grâce à sa victoire providentielle, il s’est trouvé une place de choix dans le monde de la Formule 1, où tant de pilotes, pourtant talentueux, se voient fermer les portes. Certes Maldonado a un apport financier très important qui lui offre, après le talent, l’autre garanti nécessaire à une présence durable dans la discipline. Mais il n’a pas payé sa victoire à Barcelone.

Pour finir, le prix de la victoire la plus jubilatoire pourrait être remis haut la main au succès de Kimi Raikkonen à Abu Dhabi. Le Finlandais a prouvé à ceux qui doutaient encore qu’il n’a rien perdu de son talent. Ni de sa gouaille d’ailleurs, puisqu’il se permettra de mettre gentiment en boite son ingénieur durant la course en lui expliquant qu’il n’avait besoin de l’aide de personne pour amener sa Lotus-Renault à la première place. Et il a eu raison !

A l’orée du Grand Prix du Brésil, les huit vainqueurs de cette saison auraient pu être neuf. Mais Nico Hulkenberg au volant de sa Force India n’aura pas réussi à réaliser cet exploit. Il ne nous reste plus qu’a espérer que la saison 2013 nous offre, elle aussi, son lot de surprise.

 Axel B.





On a le droit d’être déçu ?

5 12 2012

Clairement oui ! Une saison qui débute par sept vainqueurs différents en sept courses, qui voit les premières victoires de Nico Rosberg et Pastor Maldonado, un succès de Kimi Raikkonen après deux ans d’absence, quelques podiums d’un pilote français et qui se solde par un troisième titre consécutif de Sebastian Vettel…il y a un peu de quoi être déçu de voir s’imposer au final le même pilote depuis 2010.

Licence Creative Commons / Ryan Bayona

Licence Creative Commons / Ryan Bayona

A l’orée de la saison 2012 de Formule 1, rien ne pouvait laisser envisager un tel début de championnat. La victoire surprise de Jenson Button en Australie et la déroute des Ferrari étaient certainement les deux premières sur

prises de l’année. Un peu plus tard, le renouveau de Williams avec l’étonnante victoire de Pastor Maldonado en Espagne faisait écho au premier succès d’un Rosberg et d’une Mercedes depuis des décennies.

Malgré ce lot de surprise, les cadors de la discipline avaient aussi réussi à remporter leur Grand Prix. Les Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton ou Mark Webber satisfaisaient les espoirs de réussite placés en eux.

Pendant ce temps, les Sauber de Kamui Kobayashi et surtout Sergio Pérez, se plaçaient dans le rôle d’outsider aux côtés d’étonnantes Lotus-Renault avec un duo de pilote qui apportait pourtant beaucoup d’interrogations.

Les fans français, après plusieurs années de disette commençaient à s’enthousiasmer pour les quelques podiums de Romain Grosjean avant de connaître une terrible désillusion au fur et à mesure que la saison avançait et que leur nouvel idole s’empêtrait dans ses départs et se construisait, à coup de monocoques froissées, une réputation de « taré du premier tour » comme l’a gentiment baptisé Mark Webber.

Mais plus l’année avançait, plus le championnat reprenait une allure normale. Alors que jusqu’à tard dans la saison, six pilotes encore pouvaient se battre pour le titre (Hamilton, Button, Vettel, Webber, Alonso et Raikkonen), la lutte pour le graal suprême prenait rapidement des allures de duel entre le taureau rouge de Sebastian Vettel et le cheval cabré de Fernando Alonso. Certes, Kimi Raikkonen faisait figure d’épouvantail au milieu de ces deux étalons, mais ses chances de titres n’étaient vraiment crédibles que dans la banlieue d’Espoo…

Entre temps, les trublions du début de saison étaient rentrés rapidement dans les rangs. Exit donc les Grosjean et Mercedes, dont les performances ont chuté aussi subitement que le prix d’une casquette Schumacher entre 2006 et 2012, et exit également Sergio Pérez, déjà la tête parée du gris McLaren et qui enchainait les bévues à la même allure que ce qu’il enchainait les points en début d’année.

Au final, le duel entre Alonso et Vettel attisera les passions de fins de saison, certains seront heureux de dire que, enfin, après des victoires farfelues, la Formule 1 redevenait un vrai sport, mais d’autre, resteront sur leur faim de loufoqueries qui les avaient poussé à vouloir un champion du monde original, comme en 1982 ou en 2007 par exemple, avec les victoires inattendu de Keke Rosberg et Kimi Raikkonen, pas franchement favoris à l’entame de l’ultime course. Le rideau de la saison se referme donc sur une troisième victoire de Sebastian Vettel dans une saison qualifiée de folle mais qui accouchera d’un final conventionnel et attendu. Qui a dit décevant ?

 

Axel B.





Ferrari : tout pour la victoire !

21 11 2012

Ce week-end, Ferrari était encore au centre de toutes les attentions. Non pas pour avoir occupé le haut du tableau en qualifications comme en course, mais plutôt pour avoir une fois de plus interprété le règlement à sa sauce, en s’attirant les foudres et les critiques d’une partie du paddock et des passionnés.

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La piste d’Austin au Texas était la découverte de cette saison. Bien entendu, comme toutes les pistes nouvelles, son adhérence était précaire. Les pilotes l’ont découvert à leurs dépends et nous ont gratifié durant tout le week-end d’un festival de sorties de piste et de pirouettes sur cet asphalte poussiéreux. A tel point qu’après les qualifications, tous les pilotes se trouvant sur le côté gauche de la grille de départ, anticipaient déjà un envol calamiteux.

A ce petit jeu, dans le duel au sommet qui oppose désormais Sebastian Vettel à Fernando Alonso, ce dernier se trouvait avec un net désavantage en s’élançant de la huitième position sur la grille, du côté sale de la piste. De plus, pour la deuxième fois de la saison, son équipier Felipe Massa se trouvait deux places devant lui…

Il n’en fallait pas plus aux têtes pensantes de la Scuderia Ferrari pour échafauder une tactique qu’eux seulement n’auraient guère honte de mettre en pratique : pourquoi ne pas faire rétrograder Massa de cinq places afin de laisser Alonso gagner un rang et partir sur la ligne propre ?

Stefano Domenicali n’a même pas cherché à dissimuler ce que certains appellent une « interprétation du règlement ». Le directeur sportif de la marque au Cheval Cabré a réuni ses deux pilotes après les qualifications pour leur soumettre cette idée. On peut aisément imaginer la scène qui a du se dérouler dans le motor-home rouge :

-          Stefano Domenicali : « Bon Felipe, Fernando est mal placé sur la grille, je pense qu’on va péter un ou deux scellés sur ta boite de vitesse pour te rétrograder de cinq places afin qu’il puisse partir du bon côté de la piste. Tu es d’accord ? »

-          Felipe Massa : « … »

-          Stefano Domenicali : « Super ! Finalement, on a bien fait de te faire signer un an de plus, c’est plus simple ! Fernando ca te va ? »

-          Fernando Alonso : « Cool Stefano, on va y arriver c’est sûr ! »

Au moins, cette méthode nous a évités d’avoir droit à des communications radio insidieuses du genre : « Fernando is faster than you ». Si l’état d’esprit reste le même sur le principe – tout pour la victoire de Fernando aux dépends et au mépris le plus total de Felipe- la démarche est un peu moins hypocrite.

Bien entendu, cette décision a donné lieu à un bon nombre de critiques formulées par des observateurs outrés ; mais finalement, ce n’est qu’une consigne d’équipe de plus, et ces dernières ne sont désormais plus interdites.

Mais si l’on va au bout de ce raisonnement, pourquoi Red Bull n’a-t-elle pas demandé à Mark Webber de lui aussi rétrograder de cinq places afin de renvoyer une fois de plus Alonso du mauvais côté de la piste ? Après tout, l’Australien n’est plus en lice pour le titre de champion. Mais, outre le ridicule de la situation, deux arguments de poids empêchaient la réalisation de cet acte.

Tout d’abord, Red Bull jouait encore le titre des constructeurs au matin de la course, et même s’il aurait fallu un miracle à Ferrari pour le lui contester, l’équipe autrichienne avait besoin de ses deux monoplaces pour le conquérir. Ensuite, Mark Webber a un caractère bien trempé, et il n’est pas dans ses habitudes de s’écarter pour favoriser son équipier. Rappelez-vous ses déclarations en Corée du Sud ou il affirmait après sa pole positions qu’il ne ferait aucun cadeau à Vettel. Cela n’est pas non plus dans les habitudes de Red Bull de pratiquer ce genre favoritisme au contraire de Ferrari, comme son histoire récente avec Eddie Irvine et Rubens Barrichello le prouve.

Au final, Sebastian Vettel n’aurait-il pas plus de mérite à gagner le titre en se battant contre ses adversaires et sans l’aide de son équipier ? Pas si sûr. Il pilote malgré tout la monoplace la plus rapide du plateau actuel et Fernando Alonso et Ferrari ont bien besoin d’utiliser certains subterfuges pour compenser leurs lacunes en compétitivité.

Axel B.





Ces petits riens qui font perdre des titres…

7 11 2012

Le week-end dernier, Sebastian Vettel aurait bien pu perdre très gros face à son désormais unique adversaire, Fernando Alonso. Sa mésaventure des qualifications et son déclassement suite à une erreur de son équipe sur la quantité d’essence parait à ce stade de la saison, improbable. Et pourtant…

Licence Creative Commons / Ryan Bayona

Comment est ce possible qu’une écurie du niveau de Red Bull, désormais rompue à la victoire et aux titres mondiaux, puisse faire une telle erreur que celle commise lors des qualifications du Grand Prix d’Abu Dhabi le week-end dernier ?

En effet, Sebastian Vettel, en lutte pour le titre, avait réalisé le troisième temps des qualifications. Une performance qui le plaçait au devant de son principal adversaire, Fernando Alonso. Mais à la toute fin de la séance, la Red Bull de l’Allemand stoppait nette au bord de la piste en donnant quelques sueurs froides aux supporters du double champion du monde en titre.

A ce moment là, tout le monde a eu en tête la mésaventure survenue à Lewis Hamilton en Espagne, où celui-ci avait été obligé de s’arrêter à la fin des qualifications, en panne d’essence, et dans l’impossibilité de ramener sa monoplace aux stands par ses propres moyens. Cette erreur dans le calcul de la consommation d’essence de l’équipe McLaren avait valu au pilote britannique sa pole position et une possible victoire le lendemain.

Cette fois-ci, la pole n’était pas en jeux, mais l’erreur était bien flagrante. Certes, dans la Formule 1 moderne, il est devenu moins grave de partir en fond de grille grâce notamment à la tenue des pneumatiques et à une possible stratégie décalée, mais Vettel a du employer tout son talent pour parvenir à se hisser jusqu’au podium et ainsi limiter les dégâts.

Mais on a bien vu durant la course que rien n’est facile lorsque l’on doit se frayer un chemin dans le peloton : un accrochage et un bout d’aileron perdu, une incartade hors pistes derrière la Toro Rosso de Daniel Ricciardo au rythme de la voiture de sécurité le forçant à rentrer aux stands…le pilote allemand n’a pas ménagé sa peine.

La pression commence-t-elle à être trop forte pour l’équipe Red Bull ? En position d’outsider en 2010 puis largement dominatrice en 2011, l’écurie se retrouve cette année dans une situation moins confortable dans la lutte au titre.

Cette erreur évitable est en tout cas un signe de fébrilité que l’on n’avait pas encore constaté au sein de l’équipe autrichienne. C’est également le genre de brèche qu’il ne faut pas faire voir à Ferrari et Fernando Alonso, tant ce dernier est assoiffé par sa rage de vaincre comme il nous l’a prouvé une fois de plus dans le dernier quart du Grand Prix d’Abu Dhabi en menant une chasse incroyable derrière la Lotus-Renault de Kimi Raikkonen. Sa hargne sur le podium et ses encouragements envers son équipe en sont des preuves supplémentaires.

Mais à ce niveau du championnat, la tension est telle pour les derniers acteurs de la grande bagarre finale, qu’il n’est pas étonnant que l’un d’entre eux craque.

Cette fois-ci, c’est Red Bull qui a fait la première erreur, comme avaient pu le faire Ferrari lors de l’ultime course en 2010, avec une stratégie pour Alonso calquée sur Mark Webber alors que Vettel s’envolait vers le titre, ou encore Mika Hakkinen en 1999 à Monza, qui avait abandonné en partant en tête-à-queue dans les graviers à la première chicane, ce qui eu pour conséquence de le mettre à égalité de points au championnat avec Eddie Irvine, son plus proche rival.

Il reste deux Grands Prix à courir, et ce genre d’erreur ne doit pas se répéter. La marge de manœuvre serra très serrée entre les deux protagonistes à la victoire finale, et le premier à craquer, sera sûrement le premier à pleurer au soir de l’ultime course au Brésil.

Axel B.








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