Rencontre avec Salvador Servia, Directeur du circuit de Barcelone

10 04 2013

Depuis 2011, Salvador Servia est le Directeur du circuit de Catalunya, cadre du Grand Prix d’Espagne de Formule 1. Cet homme affable, ancien pilote de rallye, père du pilote d’IndyCar Oriol Servia et grand admirateur de Salvador Dali, nous a offert un échange exclusif et très instructif sur sa vision économique et sportive de la discipline. Tout cela sous le regard d’un tableau original nommé « La pêche au thon » d’un certains…Salvador Dali.

 

(c) Cédric Ciampini

(c) Cédric Ciampini

1/ Quel regard portez-vous sur ce début de saison et vous attendez vous à quelques surprises, comme la victoire de Pastor Maldonado la saison dernière à Barcelone ?

J’espère qu’il y aura un championnat intéressant, que la course arrive chez nous en Espagne ouverte comme aujourd’hui et que tout le monde puisse penser qu’il y ait six ou dix pilotes capable de gagner, car cela augmente l’intérêt du public. En 2011 c’était ma première année à la tête du circuit, et il n’y avait pas beaucoup d’intérêt sportif. Seul Vettel gagnait toutes les courses. Mais aujourd’hui c’est différent. Cela se présente très bien cette année, et il est clair qu’il va y avoir une concurrence entres les équipes car quatre ou cinq d’entres elles peuvent gagner, cela veut dire qu’il y a dix pilotes prétendants au podium…cela présente un plus grand intérêt pour le public et ca nous permet de vendre des billets (rires).

2/ Est-ce que vous pensez que Fernando Alonso peut gagner à Barcelone ?

Oui, bien sûr. Le problème c’est que le public pense que le fait d’être Espagnol va lui faciliter la victoire à Barcelone. Mais la victoire de nos jours, c’est une chose tellement technique, au niveau de la mise au point de la voiture, de la gestion des pneumatiques…le fait que l’on supporte Alonso ne le fera pas gagner obligatoirement, ce n’est pas comme au football ! Alonso sera chez lui, mais il n’aura pas d’avantage particulier. Il va essayer de gagner, comme en Chine, comme de partout.

3/ Il est de coutume de dire que les pilotes connaissent parfaitement le circuit de Catalunya, grâce aux nombreux essais qui y sont réalisés. Est ce que le fait qu’il n’ait plus de surprises pour eux ne gâche pas un peu le spectacle ?

Ils connaissent tous la piste. Ce qui veut dire qu’ils vont tous faire leur maximum. La mise au point de la voiture ou la gestion des pneumatiques feront sûrement la différence.

4/ Vous avez un pronostic pour cette saison ?

Non pas vraiment. C’est un championnat très ouvert…je ne suis pas capable de faire un pronostic. Pas avec la tête. Avec le cœur c’est différent…Chacun a ses favoris, moi je préfère les différences. Alonso est Espagnol, je devrais avoir le cœur avec lui, Ferrari c’est Italien, c’est très proche de nous…mais j’aime toutes les équipes, j’aime McLaren, j’aimerais bien voir Hamilton gagner sur Mercedes…je suis un passionné de sport automobile, mais j’ai été pilote de rallye pendant 42 ans. Ce qui veut dire que pour moi, le fait de tourner sur une piste fermée et faire 100 fois la même tour…c’est très différent de passer une bosse à fond sans savoir ce qu’il va y avoir derrière ; un mur, de la glace ou du brouillard…ca n’a rien à voir.

5/ Vous voulez dire par là que cela serait plus facile de piloter une Formule 1 ?

Non pas du tout. Ca n’est pas plus facile, c’est complètement différent. C’est beaucoup plus technique. On optimise au millième près chaque passage dans chaque virage, mais en rallye c’est autre chose, c’est de l’improvisation.

6/ Justement, en ayant été pilote de rallye et, aujourd’hui, Directeur d’un circuit de Formule 1, quel regard portez vous sur Kimi Raikkonen et Robert Kubica qui ont tous deux piloté dans les deux disciplines ?

Il n’y a pas beaucoup de monde qui puisse faire les deux choses au maximum de compétitivité. Participer c’est une chose, être le meilleur en est une autre. Mais il y a des pilotes supers qui arrivent à la faire. Le pilote qui né intuitif pourra piloter n’importe quoi, sur piste, sur glace, une monoplace ou un camion. Celui qui fait ca avec le cœur et avec passion peut y arriver. Mais il y a aussi d’autres pilotes qui ne sont pas nés pour être champion mais qui ont travaillé toute leur vie pour devenir champion et qui, sur une piste, avec une Formule 1 parfaitement réglée, avec de grands ingénieurs, peuvent être imbattables.

(c) Cédric Ciampini

(c) Cédric Ciampini

7/ Votre avis sur HRT, seule équipe espagnole en Formule 1 à ce jours et qui à mis la clé sous la porte fin 2012 ?

L’économie de nos jours a une grande importance sur ce type de projet. Ce sont des projets qui ont besoin de beaucoup d’argent. On trouve de temps en temps des personnes qui sont disposées à investir, puis d’autres difficultés interviennent et les empêche de continuer. L’économie et le monde la finance ont reçu des coups réguliers ces derniers temps.

8/ Les mêmes problèmes sont intervenus pour le Grand Prix d’Europe à Valence qui ne figure plus au calendrier cette saison ?

Deux Grands Prix en Espagne, cela a été beau pendant cinq ans. Mais tout le monde a des difficultés économiques en Europe, Spa-Francorchamps, Hockenheim, Monza…j’aurais aimé que cela continu pendant vingt ans encore si cela avait été possible.

9/ Une alternance entre Barcelone et Valence est-elle possible ?

J’ai lu beaucoup de choses à ce sujet. Mais nous n’avons jamais parlé de notre côté d’alternance entre Barcelone et Valence.

10/ Le possible retour de la Formule 1 en France sur le circuit du Castellet, finalement assez proche de Barcelone, ne pourrait-il pas vous porter un coup en terme de fréquentation ?

Je préfère avoir des pensées positives. Aujourd’hui en économie, penser positif c’est difficile voire impossible. Mais pour moi, cela fonctionne comme dans un restaurant. Dans un quartier, il y a un bon restaurant, un deuxième s’installe à côté, puis un troisième et tous sont bons et font bien leur travail et ils travaillent tous de plus en plus. Il y a des synergies positives. Entre le Castellet et Barcelone, cela ne serait pas une concurrence cannibale On pourrait tous se débrouiller parfaitement. Il suffit de bien gérer le calendrier.

11/ Votre position de grand Prix historique en Formule 1 ne vous permet-elle pas d’avoir des relations privilégiés avec Bernie Ecclestone lors de la négociation des contrats ?

Non, si nous avons quelque chose en plus, c’est l’énergie. Mais aujourd’hui, l’argent peut couper court à toutes les énergies. Il ne faut pas être confiant, mais travailler et lutter contre 9a. En 2012, nous avons eu un impact économique direct sur la Catalogne et Barcelone de 160 millions d’euros. C’est ça qui nous permet d’avoir les appuis pour continuer. C’est purement économique.

Le circuit de Barcelone détient un contrat jusqu’en 2016 pour accueillir la Formule 1. En plus du Grand Prix annuel qui se déroule traditionnellement au mois de mai, le circuit est le théâtre durant l’hiver de plusieurs journées d’essais officiels.

Axel B.





Raikkonen, le troisième homme !

12 09 2012

Qui aurait eu le courage de parier un euro sur un Kimi Raikkonen se battant pour le titre de champion du monde au terme de la saison européenne ? Peut être seulement le principal intéressé et quelques autres téméraires Finlandais. En tous cas, le constat est là : Kimi Raikkonen est bien le troisième homme du championnat !

Licence Creative Commons / Nic Redhead

On avait quitté, à la fin de la saison 2009, un Kimi Raikkonen usé. Physiquement absent, mentalement éprouvé, sa période Ferrari, bien que lui ayant remportée un titre mondial tant convoité, n’aura pas été de tout repos pour le pilote finlandais.

Las d’une succession de monoplaces plus à la hauteur de ses attentes et d’un ras le bol à peine dissimulé envers les obligations commerciales et médiatiques inhérente au monde de la Formule 1, Kimi préféra jeter l’éponge plutôt que de végéter et de trainer sa carcasse blonde dans un paddock où il ne se sentait plus à sa place.

Sa passion pour le rallye, comme tout bon Finlandais qui se respecte, allait devenir une échappatoire vitale. Mais on ne passe pas facilement de la lutte dans le peloton à une lutte contre le chronomètre. C’est sur ce point que se fait toute la différence entre la course sur circuit fermé et celle sur piste ouverte. Si l’impression de voyager et sûrement plus grande en rallye, jamais aucun pilote ne se bat directement l’un contre l’autre, roue contre roue, à la différence de la Formule 1, où Raikkonen s’était fait une réputation de pilote pugnace, difficile à doubler et un peu tête brulée il faut le dire. Bref, un pilote de la vieille école comme l’aime le public.

Les performances du champion du monde 2007 n’ont jamais atteints des sommets en rallye. Et son retour dans la discipline reine du sport automobile devenait un serpent de mer de plus en plus vivace. Les différentes annonces du pilote concernant sa volonté de renouer avec la compétition directe complétaient les rumeurs les plus tenaces.

Il a suffit, paradoxalement, que Robert Kubica, alors pilote Lotus-Renault, se blesse grièvement lors d’une épreuve de rallye, pour que la porte de la Formule 1 soit de nouveau ouverte pour Raikkonen.

Ni une ni deux, le Finlandais ne s’est pas vraiment fait prier pour se jeter dans le baquet de la Lotus, même si une Williams lui semblait promise à un moment.

Aujourd’hui, Raikko n’a sûrement pas regretté son choix. Il devient au soir du Grand Prix d’Italie, le troisième homme du championnat, seulement 38 point derrière le leader Alonso et à un petit point de la seconde place de Lewis Hamilton. Sa régularité est effarante, au même titre que celle de l’Espagnol qui mène les débats. Un seul résultat vierge en Chine pour le Finlandais et pas moins de six podiums à son actif.

Est-ce vraiment une surprise ? Pas tout à fait. Kimi est toujours resté au contact de la vitesse et de la compétition dans un championnat grâce à son expérience en rallye. Au contraire notamment de Michael Schumacher, autre revenant prestigieux, qui a eu bien plus de mal que le Finlandais à s’acclimater de nouveau à la Formule 1 après plusieurs mois loin du sport de haut niveau.

Bien sûr, il ne manque plus à Raikkonen qu’une victoire pour que le tableau de marche soit parfait. De plus, celle-ci le projetterais encore plus en avant dans la course au titre et lui donnerais encore plus de crédibilité et de crainte de la part de ses adversaires dans le peloton.

La Lotus est au final une voiture assez homogène. Il suffit de voir ce qu’en fait le quasi-débutant Romain Grosjean avec très peu d’expérience. Certes, le pilote français est plutôt doué, mais sa monoplace est docile et efficace.

Tous les atouts semblent être du côté de Raikkonen en cette fin de saison. La régularité, tant en course que sur la durée du championnat, qui lui faisait tant défaut lors de sa première carrière en Formule 1, sont au rendez-vous cette saison.

Il en est un qui doit sourire sous cape à la fin de chaque Grand Prix. Là non plus, personne n’aurait parié un euro sur un duo de pilote Raikkonen/Grosjean pour reconstruire une équipe en perdition. Eric Boullier a fait ce choix et il gagne aujourd’hui les dividendes de son investissement audacieux.

Axel B.





A nos victoires manquées !

25 07 2012

Voilà un toast que Kimi Raikkonen pourrait bien porter avec ses collègues de l’écurie Lotus-Renault. A la mi-saison, l’équipe aux couleurs noire et or semble être passée à côté de pas mal d’occasions de victoires, en collectionnant des places d’honneurs sur les podiums.

 

Licence Creative Commons / Rich Jones

Au début de la saison, de fortes interrogations étaient émises concernant les performances probables des Lotus-Renault. L’équipe avait eu beaucoup de mal en 2011 à satisfaire les ambitions placées en elle après deux podiums en début d’année, acquis consécutivement avec Vitaly Petrov et Nick Heidfeld.

Cependant, aucun de ces deux pilotes n’aura la carrure nécessaire pour être le leader naturel que l’écurie attendait après le terrible accident de Robert Kubica qui empêchera ce dernier de prendre part à la saison.

Eric Boullier, directeur sportif de Lotus-Renault tentera alors un coup de poker en titularisant en fin de saison Bruno Senna, en lieu et place du malheureux Heidfeld, pourtant pas déméritant. Mais même cette tentative d’électrochocs n’apportera pas le soubresaut tant attendu.

C’est aussi pour cela que le dirigeant français décidera de faire table rase pour entamer la saison 2012 sous de nouveaux auspices, avec un duo de pilotes totalement nouveau, mais pas vraiment inconnu. Boullier a réalisé le coup hivernal parfait en attirant Kimi Raikkonen dans son antre. Le champion du monde 2007, las de sa difficile expérience en rallye, s’est laissé séduire par le projet Lotus alors que Frank Williams lui tendait les bras et que les tractations avec le Britannique semblaient bien avancées.

Pour devenir le coéquipier du Finlandais, Boullier a choisi un pilote qu’il couvait depuis plusieurs années en la personne de Romain Grosjean, déjà en possession d’une expérience en Formule 1 pendant l’une des pires périodes de l’écurie en 2009. Si Grosjean n’avait pas impressionné à l’époque, sa maturité acquise en GP2 ensuite, devenait alors une bonne garantie de son talent.

Au final, les choix de Boullier ont été validés sur la piste. Si Grosjean a été un peu brouillon sur les premières courses de la saison, il s’est vite repris pour devenir un des plus beaux espoirs de ce sport. Sa deuxième place au Canada confortant son statut de pilote en passe de devenir vainqueur de Grand Prix. Kimi Raikkonen quant à lui s’est idéalement replacé dans la compétition en marquant des points très rapidement et en étant un habitué des podiums. Il donne l’impression de n’avoir jamais arrêté la Formule 1, ce qui est un exploit en soit lorsque l’ont voit les difficultés rencontrées par Michael Schumacher, lui aussi retraité en come back depuis trois ans et qui n’est monté sur un podium depuis son retour que cette année à Valence.

Mais malgré tout, une pointe de déception peut se faire ressentir concernant Lotus-Renault. En effet, l’équipe a toujours été à quelques secondes de remporter un Grand Prix mais a toujours manqué ce but pour diverses raisons, que cela soit en Chine ou au Canada.

Le facteur chance n’est certainement pas la seule explication pour justifier ce manque. Eric Boullier expliquait d’ailleurs lui-même très bien sur la grille de départ du Grand Prix d’Allemagne, les possibles raisons de ce palmarès vierge de victoire à ce jours.

Avant tout, comme dit précédemment, il ne faut pas oublier que ni Raikkonen, ni Grosjean, n’ont participé aux deux dernières saisons. Même si leur adaptation semble plutôt réussie, ils restent néanmoins des novices sur ces monoplaces modernes.

De plus, de fortes lacunes en qualifications mettent souvent en difficulté les pilotes pour la course du lendemain. Boullier sait parfaitement que si Raikkonen ou Grosjean se qualifiaient plus souvent dans les quatre premiers de la grille, ils seraient des prétendants plus sérieux et réguliers à la victoire.

Finalement, Lotus-Renault semble avoir tous les atouts pour gagner enfin, mais il manque une « synergie » (pour reprendre le terme de Boullier) à l’ensemble pour que tous les éléments qui font la victoire s’assemblent entres eux et donne enfin un résultat probant. Un petit coup de pouce du destin pourrait tout de même régler tout cela…

Axel B.





Jacques Villeneuve, 15 ans déjà

6 06 2012

A l’approche du Grand Prix du Canada de Formule 1, il est coutume de parler de la légende de Gilles Villeneuve. Enfant prodige de la discipline, son décès brutal en 1982, il y a tous justes 30 ans, en a fait une idole. Mais il faut également se souvenir qu’il y a tous justes 15 ans, son fils, Jacques Villeneuve, devenait, le seul et unique à ce jours, champion du monde de Formule 1 canadien.

 

Licence Creative Commons / Rick Dikeman

En effet, l’héritage du nom Villeneuve était un poids très lourd à porter pour Jacques. Ironie du sort, lors de ses débuts en Formule 1 en 1996, il était associé chez Williams-Renault à un autre fils de grand pilote, Damon Hill, progéniture de Graham, double champion du monde de la discipline dans les années 60.

Jacques Villeneuve avait déboulé en Formule 1 au volant de la meilleure monoplace du moment. En provenance de l’IndyCar américaine, son adaptation a été extrêmement rapide. Pourtant, de nombreux exemples qui ont suivi ont démontré qu’il était loin d’être aisé de passer de la discipline américaine à l’européenne. Villeneuve avait en quelque sorte lancé la mode de faire venir les champions d’IndyCar en Formule 1. Mais aucun de ceux qui l’ont suivi n’a trouvé le même succès. Alex Zanardi en 1998 n’a fait qu’un bref passage d’une saison chez Williams, Juan Pablo Montoya a eu quelques victoires, mais jamais vraiment l’abnégation nécessaire pour se battre pour le championnat, et Sébastien Bourdais n’a pas réussi à prendre le dessus sur son équipier, un certains Sebastian Vettel, ce qui a précipité la fin de son aventure dans la discipline reine du sport automobile européen.

Pour la canadien donc, l’aventure s’était plutôt bien déroulée. Il faut dire qu’à cette époque, il n’y avait aucune limitation d’essais privés durant l’intersaison, ce qui lui avait permis de réaliser un nombre incalculable de kilomètres avant de prendre le départ de son premier Grand Prix en Australie sur le circuit de Melbourne.

Il ne tardera pas d’ailleurs à rentrer dans les livres de records de la discipline en signant, dès sa première tentative, la pole position au nez et à la barbe de tous les cadors de la grille, Michael Schumacher, Damon Hill etc…

Un sombre et douteux problème mécanique l’empêchera de remporter par là même sa première victoire, mais il ne tardera pas à inscrire son nom au palmarès de la saison 1996 en gagnant lors de sa quatrième course, de fort belle manière d’ailleurs sur le circuit du Nurburgring dans le cadre du Grand Prix d’Europe.

La saison suivante sera celle de la consécration. Débarrassé de Damon Hill, Villeneuve devient le leader de l’écurie Williams et se battra jusqu’à l’ultime course contre la Ferrari de Michael Schumacher. Un coup de roue de ce dernier dans le ponton de la Williams-Renault du Canadien offrira une des images les plus marquantes de la Formule 1 des années 90et le titre à un Villeneuve aux cheveux peroxydé.

Le reste de la carrière de Jacques Villeneuve est malheureusement plus anecdotique. Lancé avec l’aide de son manager et amis Craig Pollock dans l’aventure d’une création d’écurie, sa motivation déclinera au même rythme que ses résultats se feront de plus en plus décevant et indigne de son talent. La British American Racing (plus connu sous l’acronyme de BAR) sera un relatif échec malgré quelques podiums, et Pollock ne tardera pas à quitter le navire, laissant Villeneuve se débattre dans un milieu qui lui est devenu hostile, dominé par la mainmise de David Richards, nouveau patron des lieux et surtout grand détracteur du pilote canadien.

Après une pause que l’on aurait pu penser salvatrice, le pilote tente un retour. D’abord au sein de l’écurie Renault en remplacement de Jarno Trulli à la fin de la saison 2004, puis ensuite en tant que titulaire chez Sauber pour 2005 et 2006.

Malheureusement, las du manque de fiabilité et de résultats de son pilote, Peter Sauber préférera le remplacer au cours de l’année 2006 par le prometteur polonais Robert Kubica, qui réalisait des performances bien plus convaincante en essais que le Canadien.

 

Jacques Villeneuve a laissé une impression d’inachevé en Formule 1. Son talent était flagrant, mais sa nonchalance et ses mauvais choix de carrière l’ont sûrement desservi. Il reste l’image d’un personnage sympathique au franc parler si rare dans ce milieu qu’il en était atypique. Il n’en reste pas loin un pilote d’exception, vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis, lauréat d’un titre de champion du monde de Formule 1, et qui tente sa chance depuis plusieurs années au 24h du Mans.

 

Axel B.





Les malheurs de Nick Heidfeld

18 02 2012

Personne n’y semble trop sensible dans le milieu de la Formule 1, mais Nick Heidfeld vient sûrement de tirer un trait quasi définitif sur sa carrière dans la discipline. Un sentiment d’inachevé et d’amertume doit d’ailleurs l’étreindre lorsque cette pensée envahit son esprit.

Licence Creative Commons / Gil Abrantes

Nick Heidfeld a toujours représenté en Formule 1 l’espoir qui n’a jamais concrétisé. Il avait pourtant toutes les armes en mains pour devenir le futur champion que beaucoup d’observateurs voyaient en lui.

Il a survolé les formules de promotion en gagnant le championnat dans toutes les disciplines dans lesquelles il a couru. Même s’il n’a jamais été étincelant, si personne n’a décelé en lui le petit plus, la petite flamme mystique qui différencie un excellent pilote d’un champion extraordinaire, son avenir semblait plus que radieux, soutenu par la firme allemande Mercedes, qui voyait en lui, le Schumacher qu’elle n’avais pas su retenir quelques années auparavant.

Ses premiers pas en Formule 1 se sont déroulés au sein de l’écurie Prost Grand Prix. Coéquipier de Jean Alesi, il se fait remarquer en dominant en fin de saison l’expérimenté pilote français. Si la Prost n’a jamais atteint les sommets, elle permet néanmoins à « Quick Nick » de se faire remarquer par Peter Sauber, grand dénicheur et formateur de talents, qui l’engage pour la saison suivante.

Les malheurs d’Heidfled vont débuter au sein de l’écurie helvétique. Associé au Finlandais Kimi Raikkonen, l’allemand va se voir griller la place par le futur champion du monde 2007, qui signera un contrat longue durée avec McLaren, place que convoitait légitiment Heidfled, pilote estampillé « Mercedes » et couvé par la firme à l’étoile depuis de nombreuses années.

Ce manque de confiance de Mercedes, Nick va le ruminer pendant longtemps tout en essayant de maintenir à flots une carrière de plus en plus chancelante.

Après une nouvelle saison où il croisera le fer avec Felipe Massa qui partira bientôt signer chez Ferrari, il trouvera refuge au sein d’une équipe Jordan moribonde qui ne lui offrira pas la chance de se montrer sous ses meilleurs auspices.

Et déjà, une première fois, à l’aube de l’année 2005, sa carrière a failli s’éteindre. Nick restera longtemps dans l’incertitude avant de signer un contrat tardif avec Williams. A cette époque, l’écurie britannique est motorisée par BMW, et Heidfled pense enfin tenir sa revanche sur Mercedes en rêvant de victoire chez le concurrent germanique.

Malheureusement, l’écurie de Grove commence sa longue descente aux enfers, et tous les espoirs du pilote allemand sont atomisés par une monoplace erratique et peu performante.

Cependant, BMW garde confiance en Heidfeld et le place, une nouvelle fois, titulaire chez Sauber, écurie que le motoriste vient de racheter.

Au total, il restera cinq années au sein de l’équipe, alternant le bon et le moins bon. Nouvelle marque de malchance pour l’allemand, il croisera la route de Robert Kubica qui le dominera outrageusement, remportant même la première victoire de BMW en finissant premier au Grand Prix du Canada 2008…devant Nick. Mais lors de la dernière saison de leur association, Pedro de la Rosa lui est préféré. A cette époque, BMW vient de se retirer et Peter Sauber a repris en mains les reines de l’écurie. Le Suisse lui préférera l’Espagnol, qu’il juge plus expérimenté et plus apte à remettre en selle une entreprise chamboulée et encore fragile. Au final, Sauber rappellera une fois de plus Nick pour finir l’année derrière le volant, mais sans aucune autre garanti sur l’avenir.

Voilà qui fait que ce dernier se retrouve une fois de plus à la porte des garages jusqu’à ce que le malencontreux accident de Robert Kubica début 2010 lui ouvre les portes de Lotus-Renault GP.

Engagé en tant que remplaçant du polonais, Nick monte sur un podium en début d’année et rapporte de solides résultats, sans être cependant flamboyant.

Est-ce pour cela qu’il est limogé en cours d’année pour laisser sa place au guère plus convaincant Bruno Senna ? Eric Boullier et LRGP ne se seront jamais vraiment expliqués sur cette démarche. Toujours est-il qu’après ce nouvel avatar dans sa carrière, on voit mal comment Nick Heidfeld pourrait retrouver une place en Formule 1.

Le principal intéressé l’a lui-même semble-t-il compris puisqu’il vient de s’engager dans une discipline de Tourisme. La course coule encore dans ses veines, mais un manque flagrant de chance, une liste bien trop longue d’opportunités ratées et, certains dirons, un manque de charisme flagrant, auront au final gâché un pilote que l’on croyait futur champion.

 

Axel B.





Kubica a-t-il un avenir en Formule 1 ?

10 02 2012

Après son terrible accident de l’hiver dernier, les attentes concernant Robert Kubica ont été quelque peu surnaturelles. Tout le monde s’attendait à la voir revenir à son plus haut niveau en quelques mois, et le principal intéressé aussi. Un an plus tard, le polonais a-t-il un avenir en Formule 1 ?

Licence Creative Commons / Renault F1 Team Official

Gentiment écarté par l’écurie Lotus-Renault à l’orée du début de la saison 2012, Robert Kubica ne fait plus parti des plans mis en place par Eric Boullier qui veut redonner un élan victorieux rapide à son équipe.

Le polonais comptait sûrement sur un rétablissement plus rapide de sa condition physique, malmenée par un nombre important d’opérations et une malchance flagrante. Les premières interviews du pilote après son accident lors d’une épreuve de rallye en 2011, laissaient entrevoir un homme déterminé à revenir au plus haut niveau, le plus rapidement possible.

De son côté, Boullier se montrait patient et affirmait à qui voulait bien l’entendre qu’un place au chaud était réservée à son pilote.

Mais durant l’année passée, les mauvaises nouvelles et les contres-temps fâcheux se sont enchainés alors que le manager français, à la tête de Lotus, devait prendre une décision rapide quant au futur immédiat de son équipe.

Avec un duo de pilotes prometteurs mais trop inconstants (Vitaly Petrov et Bruno Senna), Lotus-Renault se devait de remonter la pente en 2012 et de redevenir l’écurie gagnante qu’elle fut il n’y a pas si longtemps, à l’époque ou Fernando Alonso était allé chercher deux titres mondiaux des pilotes.

Cette urgence a précipité la mise à l’écart de Kubica, pour laisser entrer dans sa maison le revenant Kimi Raikkonen. Choix plutôt curieux et pari vraiment risqué pour une écurie plus vraiment affirmée et à la recherche d’une assise technique…ce qui n’a jamais été le point fort du finlandais.

Du coup, Kubica et son manager, Daniele Morelli, qui occupait une place médiatique très importante durant la convalescence de son pilote afin de ne pas le faire oublier, ont accusé le coup en silence, mais peut être pas sans avoir quelques idées derrière la tête…

En effet, en ce début d’année, une rumeur persistante a fait état d’un rapprochement entre le polonais et la Scuderia Ferrari.

On connait les liens d’amitié qui unissent Kubica et Fernando Alonso, pygmalion de l’écurie au cheval cabré. L’espagnol ne serait pas contre courir dans la même équipe que son ami, et le désamour flagrant entre Ferrari et son actuel second pilote Felipe Massa allant en grandissant, la porte serait alors grande ouverte pour cette association.

Visiblement, Kubica serait apte à retenter l’aventure au volant d’une voiture de course d’ici le mois de juin de cette année.

C’est en tout cas la date qui a été avancée par un journaliste italien à la fin du mois de janvier, pour une éventuelle collaboration en piste entre Ferrari et l’ancien pilote BMW.

Même si sa rééducation risque d’être encore longue et les difficultés grandes, notamment au niveau de son coude et de son poignet droit, l’éventualité d’un retour de Kubica à l’horizon 2013 est pour l’instant encore crédible.

Et puis ca n’est pas la première fois que le polonais se sort de situations dans lesquelles ont le croyait perdu. Au début de sa carrière, un accident de la route aurait bien pu stopper son ascension et plus récemment, les images impressionnantes de son crash au Grand Prix du Canada en 2007 restent dans toutes les mémoires.

A chaque fois, Kubica s’en est sorti comme miraculé et a su rebondir rapidement. Comme simple justification, il avouait la présence dans son casque d’une photo du Pape Jean Paul II, natif comme lui de Cracovie.

Cette image mystique et christique le rapproche un peu plus d’Ayrton Senna, véritable croyant qui, la veille de son accident mortel, avait lu un passage de la bible dans lequel il en avait déduit que Dieu allait s’offrir à lui en cadeau.

Le talent les réunis, mais cette croyance et cette sensation d’invincibilité aussi. Ce qui fait penser que Robert Kubica rebondira, une fois de plus…

Axel B.





Quelles ambitions pour 2012 ?

14 09 2011

Le Grand Prix d’Italie à Monza marque traditionnellement un tournant dans la saison. Beaucoup d’écuries dont les ambitions se sont vues contrariés décident alors de se concentrer sur la saison suivante. Red Bull a dominé 2011 et semble sur la voie royale pour remporter les deux titres. Alors que peuvent attendre les autres équipes de 2012 ?

Licence Creative Commons / formulasantander.com

Parmi les écuries de tête, nul doutes que seule la victoire contentera leurs ambitions. Il semblerait logique que les trois équipes forte de 2011 restent en haut du tableau en 2012.

Red Bull-Renault, Ferrari et McLaren-Mercedes ont, à ce titre, joué la carte de la stabilité.

Les pilotes seront les mêmes en 2012 ainsi que la motorisation. Si un doute avait subsisté en début de saison sur les cas de Webber chez Red Bull et Massa chez Ferrari, leurs employeurs respectifs leurs ont renouvelé leur confiance…mais jusqu’à quand ?

On sait que Ferrari ne compte plus sur Massa au delà de 2012. Même si le brésilien tente d’assurer son avenir chez les rouges, il reste cependant assez loin des performances de son encombrant équipier espagnol, Fernando Alonso.

A moins de réaliser une impressionnante saison l’année prochaine, on voit mal comment le vice champion du monde 2008 ne serait pas obliger de rebondir au sein d’une autre équipe.

Le cas de Mark Webber est différent. L’australien est plus proche d’une fin de carrière que d’une redirection de celle-ci.

La lassitude pourrait s’emparer de lui et faire fléchir sa motivation. Cette année déjà, les performances de Sebastian Vettel lui ont certainement fait du mal. Lui qui semblait si fort en 2010, a largement marqué le pas, surtout en début de saison…il ne faut pas oublier que le grand Mark n’a toujours pas gagné une course en 2011 !

Il faut donc impérativement que 2012 soit meilleure pour lui afin de prolonger un peu plus l’aventure, chez Red Bull ou ailleurs.

L’écurie autrichienne a justement un vivier de jeunes pilotes qui tape ardemment à sa porte. Au sein de Toro Rosso, pas moins de trois espoirs ont des vues sur un baquet de titulaire dans l’équipe championne du monde en titre.

L’avenir de Sebastien Buemi et Jaime Alguersuari n’est pas assuré et ils auront à se battre jusqu’à la fin de la saison pour sauver leur place, puisqu’aucune n’est actuellement disponible chez Red Bull.

Candidat à leur succession, Daniele Riccardio (qui fait actuellement une pige chez HRT pour engranger de l’expérience) et Jean-Eric Vergne espèrent avoir leur chance en 2012.

Dans les autres équipes du plateau, la situation et plus ou moins claire. Certains pilotes sont assurés, ou quasi assurés, d’avoir un volant l’année prochaine. Heikki Kovalainen chez Team Lotus, Timo Glock et Jérôme d’Ambrosio chez Virgin, Kamui Kobayashi et Sergio Pérez chez Sauber, Pastor Maldonado chez Williams, Paul Di Resta chez Force India, Vitaly Petrov chez Lotus-Renault GP et bien entendu le duo germanique Nico Rosberg et Michael Schumacher de Mercedes.

D’autres restent dans l’expectative, avec plus ou moins d’espoir de rester au plus haut niveau du sport automobile. Parmi eux, Adrian Sutil, qui attend toujours l’intersaison pour arrêter ses choix aux vues des baquets disponibles, Bruno Senna, dont l’avenir reste conditionné par le retour de Robert Kubica, Rubens Barrichello, proche de la retraite, ou encore le duo de pilote d’Hispania qui ne sera connu que très tardivement.

Finalement, si les « top teams » conserveront leurs pilotes fétiches, les autres écuries auront des places à offrir et des ambitions certainement plus élevé que cette saison 2011, outrageusement dominée par les Red Bull et Sebastian Vettel.

Axel B.





Finir avant tout

21 03 2011

Plus que jamais, le début du championnat du monde de Formule 1 est propice à toutes les allégations. La première course représente souvent pour les pilotes leur seule chance de réaliser une bonne performance durant la saison.

C’est presque devenu historique. A quelques exceptions près, la première course d’un championnat de Formule 1 nous réserve son lot de surprises.

Il suffit souvent, pour un pilote avec une monoplace modeste, de finir la course, pour se retrouver dans une position favorable et marquer ainsi les esprits et peut être même les seuls points de sa saison.

Les exemples ne manquent pas. Si le grand prix de Bahreïn la saison dernière a été surtout marqué par l’ennui, les courses d’ouvertures des saisons précédentes ont tenu leurs promesses.

En 2009, en Australie, malgré l’impressionnante et inattendu domination des Brawn GP, la course a été marqué par de nombreux accrochages (Vettel et Kubica dans les derniers tours en lutte pour la troisième place) et la remontée fulgurante de Timo Glock de la dernière à la quatrième place au volant de sa Toyota, bénéficiant donc de nombreux abandons des leaders et de la disqualification de Lewis Hamilton pour une manœuvre douteuse sur son coéquipier Jarno Trulli.

En 2008, toujours en terre australe, seulement six voitures seront classés à l’arrivée et le grand vainqueur de cette épreuve chaotique sera le français Sébastien Bourdais qui, partant de la dix-septième place sur la grille, remontera jusqu’à la quatrième avant de renoncer sur casse moteur mais d’être finalement classé septième au grès des divers abandons de ses concurrents directs.

L’australien Mark Webber aura sûrement à cœur, lui, de se souvenir de sa belle course à domicile en ouverture de la saison 2002 qui l’avait vu finir à la cinquième place avec la petite écurie Minardi-Asiatech, pour le premier grand prix de sa carrière. Il grimpera même sur le podium après la cérémonie officielle pour fêter sa miraculeuse moisson de points avec son public et son patron de l’époque, un autre australien, Paul Stoddart. Ce résultat, même si on ne peut douter du talent de Webber, fut la conséquence d’un grand nombre d’abandons dans un grand prix qui n’avait vu que huit pilotes classé sur les vingt-deux ayant pris le départ.

Certes, le tracé du circuit accueillant le premier grand prix de la saison a une incidence importante sur le déroulement de la course. La piste de Melbourne, associée à une météo souvent changeante, est plus propice aux rebondissements et aux courses spectaculaires que l’insipide tracé de Sakhir, qui a ouvert les saisons 2006 et 2010 dans le cadre du grand prix de Bahreïn…

Mais la fiabilité des voitures joue également un rôle très important en début de saison. Ce qui devient l’apanage des meilleures écuries en milieu de saison, reste souvent leur point faible lors des premières courses de l’année. Il n’est pas étonnant alors de voir des Ferrari, McLaren ou RedBull perdre de gros points lors de ces occasions au bénéfice d’écuries moins performantes mais ayant joué la carte de la fiabilité.

 

Comme le disait Enzo Ferrari, pour arriver premier, il faut premièrement arriver ! Le premier objectif du futur champion du monde 2011 sera donc de voir le drapeau à damier en Australie ce weekend. Les statistiques parlent d’elles même. Ces dix dernières années, 70% des vainqueurs de la première course de la saison ont remporté le championnat à la fin de l’année.

 

Axel B.





Kubica, pilote divin

15 02 2011

Ces derniers jours, le petit monde de la Formule 1 a été secoué par le grave accident de Robert Kubica, survenu alors qu’il concourrait lors d’un rallye en Italie. Si l’état du pilote suite au crash pouvait laisser penser au pire, des nouvelles rassurantes sont rapidement parvenues en provenance de l’hôpital dans lequel le polonais était soigné. Kubica est donc un rescapé.


Mais ce n’est pas la première fois qu’il lui arrive pareilles mésaventures. Et il s’en sort à chaque fois miraculeusement avec des blessures moins graves que ce que la puissance de l’accident pouvait laisser présager. Robert serait-il alors favoris des Dieux ? Lorsque l’ont connait l’importance de la religion dans sa vie, cette question, au demeurant futile et risible, prend une toute autre dimension.

Plus que la religion, Kubica entretient un lien particulier avec Karol Wojtyla, cardinal devenu Pape sous le nom de Jean Paul II, et originaire de Cracovie, en Pologne, comme le pilote.

Tout le monde se souvient du grand prix du Canada 2007, qui avait été le théâtre de l’effroyable accident du pilote polonais dont la monoplace avait percuté un mur après être entré en collision avec la Toyota de Jarno trulli, et avait effectué plusieurs tonneaux avant de retomber lourdement, déchiquetée, sur le bas côté.

Les secours présent sur le circuit étaient intervenus rapidement et les médecins s’attendaient au pire. Au contraire, Kubica ne souffrira que d’une légère commotion cérébrale, d’une cheville foulée et de quelques contusions. Outre le fait que la sécurité des habitacles des monoplaces et des abords des circuits aient été grandement amélioré au fil des ans (en effet, la coque de survie de la BMW-Sauber de Kubica est restée intacte après le choc contre les rails), le fait que les blessures du pilote soient si peu grave a étonné les précis observateurs.

Plus tard, Kubica avouera qu’il portait dans son casque une photo du défunt Pape Jean Paul II, et que celle-ci avait sûrement eu une influence sur la chance qui se trouvait de son côté cet après midi là.

D’ailleurs, l’histoire entre l’homme de foi et le pilote n’en restera pas là. Le père Slawomir Ode proposera lors du processus de béatification de Karol Wojtyla, d’inclure l’accident de Kubica au Canada comme étant un miracle avéré. Cependant, cet argument ne sera pas reconnu car il n’est pas surnaturel que le pilote est survécu à cet accident, grâce notamment aux progrès techniques cités précédemment.

Cela n’empêchera néanmoins pas l’église d’offrir dans quelques jours au pilote polonais une relique de Jean Paul II comportant une goutte de son sang et un bout d’étoffe lui ayant appartenu. La matérialisation et la reconnaissance d’un lien tacite qui unit les deux hommes.

Kubica avait également été victime d’un accident de la route en 2003, alors qu’il était passager d’une voiture et qu’un autre automobiliste les avait percutés, lui et son conducteur. Son bras droit (le même que celui qui a souffert dans son accident de rallye) avait été gravement touché et, après une rééducation impressionnante, la carrière du polonais pris un envol formidable aujourd’hui stoppé par un nouvel accident.

 

Mais preuve de son incroyable mental, Kubica a déjà déclaré à la presse qu’il allait revenir encore plus fort qu’avant : « Je veux revenir en piste plus fort que jamais, car après ces accidents, vous n’êtes plus le même qu’avant, vous vous améliorez ». Comment ne pas croire un homme qui a vécu tant d’embûches et qui conserve malgré tout un exceptionnel talent ?

 

Axel B.





Une cascade de présentations (1)

1 02 2011

En Formule 1, les deux premiers mois de l’année sont propices à la présentation des nouvelles monoplaces des équipes. Ce début 2011 ne déroge pas à la règle. Cette semaine, nous allons nous pencher sur les démonstrations de Ferrari, Team Lotus-Renault, Lotus-Renault (à vous de faire la différence), Sauber-Ferrari et Toro Rosso-Ferrari, qui ont levé le voile sur leur avenir en piste. La suite du plateau sera analysée la semaine prochaine.

Une fois n’est pas coutume, la mythique Scuderia Ferrari a été la première à nous présenter sa F150, dont l’appellation est un hommage aux 150 ans de l’unification de l’Italie.

Un Fernando Alonso barbu et un Felipe Massa revigoré ont été des acteurs actifs de cette présentation en clamant haut et fort que cette nouvelle voiture allait leur permettre de, sinon remporter le championnat, du moins se battre pour celui-ci.

Après les restructurations internes de cet hiver, Ferrari veut repartir du bon pied et rapidement oublier le désastre du dernier grand prix à Abu Dhabi. Lucas di Montezemolo, très présent dans la presse ces derniers temps, s’est chargé de rappeler à ses troupes des objectifs bien clairs et dignes du standing de l’équipe.

La seconde équipe à avoir dévoilé sa voiture 2011 est le Team Lotus de Tony Fernandes. La distinction avec Lotus GP ne se fera finalement pour l’instant que sur la robe des monoplaces (verte et jaune pour l’écurie malaisienne et noir et or pour la britannique) puisque le procès qui déterminera qui est détenteur du  nom ne se tiendra que le 21 mars, soit plusieurs jours après le début du championnat.

Les pilotes, Heikki Kovalainen et Jarno Trulli, ainsi que le directeur technique Mike Gascoyne placent de grands espoirs dans cette nouvelle monoplace qui devrait leur permettre de viser le milieu de grille. Un objectif vital pour Jarno Trulli qui a récemment avoué à la presse ne pas avoir la force de supporter une nouvelle « année blanche », vierge de points comme en 2010.

Si d’aventure Tony Fernandes perdait son procès contre Lotus GP et devait changer le nom de son entité, la perte sèche pour l’écurie s’élèverait à plusieurs millions d’euros (soit les primes obtenues pour sa dixième place au championnat la saison dernière) ce qui mettrait un coup de frein sévère à ses ambitions.

De son côté, l’équipe Lotus-Renault GP était fière d’arborer le sigle cher à Colin Chapman et de présenter sa nouvelle armada de pilotes. Outre les deux titulaires, Robert Kubica et Vitaly Petrov, pas moins de cinq autres pilotes étaient présents. Romain Grosjean apportait la touche française chère à Renault, mais il se voyait damner le pion par Bruno Senna qui a lui aussi trouvé refuge au sein de l’écurie qui bat maintenant pavillon britannique. En claironnant haut et fort que c’est lui qui serait choisit en cas de désistement d’un des deux titulaires, le pilote brésilien a certainement donné un coup fatal aux ambitions de compétition du franco-suisse Grosjean. Ho-Pin Tung, Jan Charouz et Fairuz Fauzy complétaient le casting avec un rôle de pilote de réserve dont la fonction doit rester aussi flou dans leur esprit que dans les nôtres.

Une telle pléthore de pilotes est déroutant et semble même inutile, à moins qu’Eric Boullier anticipe déjà la possible mise à l’écart de Petrov durant la saison.

Même position au final chez Toro Rosso ou Daniel Riccardio attend tapis dans l’ombre du garage le moindre faux pas de Sebastien Buemi ou Jaime Alguersuari, tous deux très fier de présenter la nouvelle STR6 sortie des usines de Faenza, sans l’aide si précieuse de la technologie Red Bull. Le résultat est une monoplace qui s’éloigne de plus en plus du design de sa grande sœur autrichienne. Les résultats sur la piste seront, à n’en pas douter, eux aussi très différents.

L’objectif de la petite structure italienne sera de se battre plus régulièrement dans le milieu de grille où elle retrouvera sûrement l’équipe Sauber-Ferrari qui a pris cette année des accents très mexicain.

La signature de Sergio Pérez en tant que pilote titulaire a incité de nombreuses firmes mexicaines à s’associer avec l’écurie suisse pour la saison à venir. Une bonne manière pour Peter Sauber d’assurer la survie de son entreprise et de garantir sa présence sur le long terme en Formule 1. Kamui Kobayashi, pilote leader de l’équipe répondra présent pour apporter de gros points avec son style d’attaquant inimitable.

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite des présentations des nouvelles monoplaces 2011…

 

Axel B.








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