Le Grand Prix de Singapour déjà dans l’histoire de la Formule 1

20 09 2014

Depuis 2008, la Formule 1 fait escale à Singapour. Circuit en ville rendu atypique par le fait que la course se déroule de nuit, il s’y passe généralement des événements marquants. Petit retour en arrière sur certains d’entre eux.

Licence Creative Commons / Chensiyuan

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En 2008, première année de présence du Grand Prix de Singapour au calendrier mondial de la Formule 1, la course était la première et la seule à se dérouler de nuit. Rejoint ensuite par Bahreïn et dans une moindre mesure Abu Dhabi, cette particularité n’est donc plus inédite, ce qui n’empêche cependant pas la course disputée au cœur de la Marina Bay de nous offrir un spectacle digne de sa grandiloquence.

Déjà, lors de la première édition, la victoire surprise de Fernando Alonso au volant de sa Renault n’allait cesser de faire parler d’elle. D’abord vue comme un choix tactique audacieux et chanceux, la victoire de l’Espagnol est rapidement apparue douteuse jusqu’aux révélations de Nelson Piquet Jr un an plus tard qui allait avouer s’être envoyé volontairement dans le mur sur ordre pour favoriser la victoire de son équipier au sein de l’écurie au losange.
Cette mésaventure lui a coûté sa place en Formule 1, tout comme celles de Flavio Briatore et Pat Symonds, les instigateurs de cette supercherie appelée le crashgate comme seule la discipline reine du sport automobile est capable de nous fournir.

Mais d’autres images fortes restent également en tête comme le spectaculaire accrochage entre la Mercedes de Michael Schumacher et la Toro Rosso de Jean-Eric Vergne lors de l’édition 2012 qui semblait être une redite de l’accrochage entre l’Allemand et Sergio Perez un an plus tôt. Le septuple champion du monde ne s’est jamais senti à son aise sur ce circuit puisque son meilleur résultat reste une 13ème place en 2010.

D’autres pilotes, en revanche, y ont fréquemment brillé comme Timo Glock par exemple, excellent second sur sa Toyota en 2009 après sa quatrième place acquise l’année précédente. C’est également sur ce circuit que Nico Rosberg prendra la première fois la tête d’un Grand Prix. L’Allemand a toujours été performant sur cette piste, notamment avec Williams, où il signa un podium lors de l’édition 2008.

Singapour est également un circuit très sélectif puisqu’en six éditions, seulement trois pilotes s’y sont imposés. Il s’agit de Lewis Hamilton (2009), Fernando Alonso (2008 et 2010) et Sebastian Vettel (2011, 2012 et 2013). Uniquement des champions du monde qui totalisent à eux trois sept titres ! Sans compter que le virage n°18 du circuit, juste avant le pont, a régulièrement vue des pilotes aller s’empaler dans ses murs, usés par la fatigue, le décalage horaire et l’attention que demande le pilotage sur un circuit urbain. Jaime Alguersuari, Narain Karthikeyan ou encore Paul di Resta en ont déjà été les victimes, qui osera compléter la liste des meurtris cette année ?

Et puis la dernière image marquante qui nous a été offerte à Singapour est sûrement ce tour d’honneur de Mark Webber après son abandon l’an dernier, à califourchon sur la Ferrari de Fernando Alonso, non sans avoir auparavant traversé la piste à pied en manquant de se faire écraser par un Lewis Hamilton surpris de retrouver le pilote Red Bull en pareille position. L’Espagnol et l’Australien avaient d’ailleurs été sanctionnés par la suite.

La course, généralement animée donc, se termine par un feu d’artifice qui vient éclairer le ciel étoilé de Singapour, là où la Formule 1 peut afficher son faste et sa décadence sans le moindre remord.

Axel B.





L’Europe, terre sacrée de la Formule 1

26 04 2010

Les racines européennes de la Formule 1 sont incontestables. Même si Bernie Ecclestone, promoteur commercial de ce sport, cherche de nouveaux horizons pour offrir son spectacle, les grands prix les plus mythiques situés en Angleterre ou en Italie semblent indéboulonnables.

Il fut un temps où le championnat du monde de Formule 1 n’avait de mondial que le nom. Dans les années 50, hormis la mythique course des 500 Miles d’Indianapolis, qui n’était même pas alors intégrée dans le championnat, tous les grands prix étaient organisés en Europe de l’ouest. A partir de 1953, le grand cirque de la Formule 1 faisait une escale par an en dehors du vieux continent. C’est ainsi que les spectateurs de l’époque ont pu découvrir leur sport favori sur des circuits situés en Argentine, de 1953 à 1958 ou au Maroc, en 1958. Les années 60 verront apparaître sporadiquement des grands prix en Afrique du Sud (1962), au Canada (1967) et au Mexique (1963) alors qu’il faudra attendre 1976 pour que la Formule 1 fasse sa première escale sur le sol asiatique avec la création d’une course au Japon sur le circuit de Mont Fuji.

Ce sont dans les années 80 que les Etats-Unis font leur grand retour dans le championnat avec de multiples grands prix organisés dans des villes aussi diverses que Detroit, Las Vegas ou Dallas. Même si ces courses peinent à trouver leur public, la Formule 1 commence réellement à s’externaliser du sol européen pour se diriger vers des pays économiquement plus fort.

Cette tendance va s’accentuer dans les années 2000 avec la création de nombreux circuits ; en Malaisie, depuis 1999, en Chine et au Bahreïn en 2004, en Turquie en 2005, à Singapour et  à Abu Dabi en 2009. Des grands prix en Corée du Sud et en Inde sont également prévus respectivement en 2010 et 2011.

Face à cette désertion européenne du championnat, les circuits restant à l’affiche tentent, tant bien que mal, de s’adapter aux nouveaux standards imposés par Bernie Ecclestone. Si les pays d’Asie ou du Moyen Orient disposent de moyens conséquents pour satisfaire les exigences des promoteurs, les propriétaires des circuits européens, généralement peu soutenu par leurs gouvernements, ont des difficultés à conserver leurs places.

L’exemple le plus flagrant concerne le grand prix de France, absent depuis 2009 du calendrier, et qui n’arrive pas à refaire surface financièrement faute de soutient politique. La Formule 1 a beau tenter de se tourner vers les technologies respectueuses de l’environnement, elle traîne néanmoins une image tenace et négative sur le plan écologique dans certains pays.

D’autres circuits, à l’image de Silverstone, arrivent cependant à se renouveler. Grâce à l’influence du British Racing Drivers Club, propriétaire du site, le circuit subit cette année de nombreuses modifications, autant sur son tracé que dans ses infrastructures. En conséquence un nouveau contrat de sept années a été signé pour l’organisation du grand prix de Grande Bretagne.

Il est naturel, pour un championnat qui se veut mondial, de se tourner vers une majorité de pays les plus divers. En 2008, hormis l’Afrique, tous les continents étaient représentés. Si les grands prix historique font de la résistance à l’image de Monza ou Silverstone, leurs places semblent de plus en plus menacées. L’idée de Bernie Ecclestone, consistant à organiser vingt courses par saison, pourrait être une bonne solution pour réussir un mélange entre modernité et patrimoine.

Axel B.








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