Retour vers le futur

24 01 2013

Après le retour de Lotus en Formule 1 depuis quelques années, il pourrait bien y avoir, dans les mois à venir, un autre nom mythique de la discipline sur les grilles de départ. En effet, Brabham envisagerait de faire son come-back.

Licence Creative Commons / Koch Eric / Anefo

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A l’époque des pionniers de la Formule 1, entre la fin des années 1950 et le début des années 1960, deux écuries ont écrit parmi les plus belles lignes de l’histoire de la discipline. Lotus, engagée en 1958 par Colin Chapman et Brabham, écurie portant le nom de son pilote fondateur et mis à jours en 1962, ont a elles deux remporté plus d’une quinzaine de titres.

A une époque ou l’innovation battait son plein, la force créatrice de Chapman et de Brabham a fait des étincelles pour amener leurs entités sportives aux plus hauts sommets.

Lotus, dignement représentée par l’Ecossais Jim Clark puis par le Brésilien Emerson Fittipaldi, domine presque vingt ans dans la discipline (grâces également aux titres de Jochen Rindt en 1970 et Mario Andretti en 1978) avant de lentement péricliter jusqu’à sa disparition en 1994. Dans ces dernières années de présence, même si les performances n’étaient pas à la hauteur de son glorieux passé, l’écurie aura permis à quelques jeunes talents d’éclore, tels le futur double champion du monde Mika Hakkinen ou le Britannique Johnny Herbert.

La trajectoire de l’écurie Brabham est étonnamment semblable à celle de sa rivale. Même si elle a remporté moins de titre, sa période faste correspond avec la présence derrière le volant de son illustre fondateur éponyme. Au début des années 70, lorsque Jack revendra son équipe à l’ingénieur Ron Tauranac, celle-ci connaitra une période de creux qui sera comblée après l’arrivée à sa tête de Bernie Ecclestone. L’homme d’affaire Britannique, qui racheta à son tour l’écurie moribonde à Tauranac pour lui redonner son lustre d’antan, permettra à Nelson Piquet de remporter deux titres pilotes au volant de monoplaces souvent à l’avant-garde de la technologie, et même si Brabham n’arrive pas à inscrire de nouveau son nom au palmarès du championnat des constructeurs, elle fait figure de leader au milieu des années 80.

Mais là aussi, comme Lotus, après le départ d’Ecclestone vers d’autres cieux, l’écurie entamera une rapide descente aux enfers avant de mettre la clé sous la porte à la fin de l’année 1992.

Après la disparition de ces deux noms mythiques, ce n’est qu’à partir de la saison 2010 que le nom de Lotus va refaire surface. Avec l’appui du gouvernement malaisien, Tony Fernandes, patron d’AirAsia, décide de se lancer dans l’aventure de la Formule 1 en répondant à l’appel d’offre lancé par Bernie Ecclestone pour l’acceptation de nouvelles écuries dans le championnat. Avec le soutien du constructeur automobile Proton, détenteur des parts de Lotus Cars, il reprend le nom de Team Lotus F1, sous la bénédiction du fils de Colin Chapman. Mais il va s’ensuivre un imbroglio politique sur la détention de l’entité Lotus qui fera que lors de la saison 2011, deux écurie portant de le nom de Lotus seront présentes aux départs des Grands Prix. Une situation ubuesque car, en effet, entre temps, l’entreprise Genii a racheté l’équipe Renault et l’a également baptisé Lotus.

Au final, après une longue bataille judiciaire, Fernandes abandonnera le nom de Lotus pour le laisser filer vers son rival, qui finira par remporter une course sous ce nom lors du Grand Prix d’Abu Dhabi en 2012. Le renouveau de Lotus en Formule 1 est donc en marche.

Et sa trajectoire pourrait donc croiser une nouvelle fois celle de Brabham, dont la famille vient tout juste de gagner son combat judiciaire pour l’utilisation et l’exploitation de son nom et souhaiterait se relancer au pinacle du sport automobile mondial.

Lotus, Brabham, Williams, Ferrari, McLaren…une multitude de noms mythiques qui sentent bons la Formule 1 de caractère tant appréciée par les fans de la discipline. A quand le retour de Cooper, BRM et Tyrell désormais ?

 

Axel B.





Une cascade de présentations (1)

1 02 2011

En Formule 1, les deux premiers mois de l’année sont propices à la présentation des nouvelles monoplaces des équipes. Ce début 2011 ne déroge pas à la règle. Cette semaine, nous allons nous pencher sur les démonstrations de Ferrari, Team Lotus-Renault, Lotus-Renault (à vous de faire la différence), Sauber-Ferrari et Toro Rosso-Ferrari, qui ont levé le voile sur leur avenir en piste. La suite du plateau sera analysée la semaine prochaine.

Une fois n’est pas coutume, la mythique Scuderia Ferrari a été la première à nous présenter sa F150, dont l’appellation est un hommage aux 150 ans de l’unification de l’Italie.

Un Fernando Alonso barbu et un Felipe Massa revigoré ont été des acteurs actifs de cette présentation en clamant haut et fort que cette nouvelle voiture allait leur permettre de, sinon remporter le championnat, du moins se battre pour celui-ci.

Après les restructurations internes de cet hiver, Ferrari veut repartir du bon pied et rapidement oublier le désastre du dernier grand prix à Abu Dhabi. Lucas di Montezemolo, très présent dans la presse ces derniers temps, s’est chargé de rappeler à ses troupes des objectifs bien clairs et dignes du standing de l’équipe.

La seconde équipe à avoir dévoilé sa voiture 2011 est le Team Lotus de Tony Fernandes. La distinction avec Lotus GP ne se fera finalement pour l’instant que sur la robe des monoplaces (verte et jaune pour l’écurie malaisienne et noir et or pour la britannique) puisque le procès qui déterminera qui est détenteur du  nom ne se tiendra que le 21 mars, soit plusieurs jours après le début du championnat.

Les pilotes, Heikki Kovalainen et Jarno Trulli, ainsi que le directeur technique Mike Gascoyne placent de grands espoirs dans cette nouvelle monoplace qui devrait leur permettre de viser le milieu de grille. Un objectif vital pour Jarno Trulli qui a récemment avoué à la presse ne pas avoir la force de supporter une nouvelle « année blanche », vierge de points comme en 2010.

Si d’aventure Tony Fernandes perdait son procès contre Lotus GP et devait changer le nom de son entité, la perte sèche pour l’écurie s’élèverait à plusieurs millions d’euros (soit les primes obtenues pour sa dixième place au championnat la saison dernière) ce qui mettrait un coup de frein sévère à ses ambitions.

De son côté, l’équipe Lotus-Renault GP était fière d’arborer le sigle cher à Colin Chapman et de présenter sa nouvelle armada de pilotes. Outre les deux titulaires, Robert Kubica et Vitaly Petrov, pas moins de cinq autres pilotes étaient présents. Romain Grosjean apportait la touche française chère à Renault, mais il se voyait damner le pion par Bruno Senna qui a lui aussi trouvé refuge au sein de l’écurie qui bat maintenant pavillon britannique. En claironnant haut et fort que c’est lui qui serait choisit en cas de désistement d’un des deux titulaires, le pilote brésilien a certainement donné un coup fatal aux ambitions de compétition du franco-suisse Grosjean. Ho-Pin Tung, Jan Charouz et Fairuz Fauzy complétaient le casting avec un rôle de pilote de réserve dont la fonction doit rester aussi flou dans leur esprit que dans les nôtres.

Une telle pléthore de pilotes est déroutant et semble même inutile, à moins qu’Eric Boullier anticipe déjà la possible mise à l’écart de Petrov durant la saison.

Même position au final chez Toro Rosso ou Daniel Riccardio attend tapis dans l’ombre du garage le moindre faux pas de Sebastien Buemi ou Jaime Alguersuari, tous deux très fier de présenter la nouvelle STR6 sortie des usines de Faenza, sans l’aide si précieuse de la technologie Red Bull. Le résultat est une monoplace qui s’éloigne de plus en plus du design de sa grande sœur autrichienne. Les résultats sur la piste seront, à n’en pas douter, eux aussi très différents.

L’objectif de la petite structure italienne sera de se battre plus régulièrement dans le milieu de grille où elle retrouvera sûrement l’équipe Sauber-Ferrari qui a pris cette année des accents très mexicain.

La signature de Sergio Pérez en tant que pilote titulaire a incité de nombreuses firmes mexicaines à s’associer avec l’écurie suisse pour la saison à venir. Une bonne manière pour Peter Sauber d’assurer la survie de son entreprise et de garantir sa présence sur le long terme en Formule 1. Kamui Kobayashi, pilote leader de l’équipe répondra présent pour apporter de gros points avec son style d’attaquant inimitable.

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite des présentations des nouvelles monoplaces 2011…

 

Axel B.





L’héritage tant convoité

21 12 2010

L’imbroglio politico-commercial dans lequel est plongée la marque Lotus semble bien flou pour la majorité des observateurs. Le conflit semble également inextricable pour les principaux concernés. Team Lotus ou Group Lotus ; qui est propriétaire de cet historique nom ?

La marque Lotus a été créée en 1952 par le britannique Colin Chapman, qui donne le surnom de sa femme à son entreprise de conception automobile. Devant le succès de ses modèles, il se projette alors dans la compétition en 1957 en lançant le Team Lotus sur les circuits de Formule 2 puis de Formule 1 dès 1958.

Après des débuts difficiles, l’écurie prend ses habitudes de victoires grâce notamment à l’écossais Jim Clark, pilote emblématique de la marque, qui remporte le championnat pilote en 1963 et offre du même coup le premier des sept titres constructeurs à Lotus.

La marque deviendra une référence en compétitivité et en innovation dans les années 70 et dans une moindre mesure dans les années 80 également.

A la mort de son créateur en 1982, l’équipe n’arrivera plus à retrouver son lustre d’antan malgré quelques victoires et coups d’éclat avec Ayrton Senna, qui forgera son immense talent au sein de la structure britannique.

Victime d’une santé financière déclinante et de dirigeants peu scrupuleux, le Team Lotus fait ses adieux à la compétition en 1994. Cependant, les actifs de l’équipe placée en liquidation judiciaire sont rachetés par David Hunt, frère de James Hunt, champion du monde de Formule 1 en 1976, avec l’idée de perpétuer le nom de Lotus en compétition.

Mais malgré tous ses efforts, Hunt ne parviendra pas à faire survivre l’équipe qui se met alors en sommeil.

Des années plus tard, la volonté de Tony Fernandes, homme d’affaire malaisien, de créer une écurie de Formule 1 en 2009 va réactiver la passion du nom Lotus. Fernandes se rapproche alors de Hunt qui lui cède l’autorisation de faire courir son écurie sous le nom de Team Lotus.

Cependant, en 1998, le groupe automobile malaisien Proton a racheté 80% des parts du groupe Lotus Cars, société gérant les actifs des Lotus de route tout en étant interdépendante du Team Lotus de compétition.

La participation au championnat 2010 de Formule 1 du Team Lotus est alors possible sans l’approbation de Lotus Cars, à partir du moment où le propriétaire du nom « Team Lotus » donne son accord. Ce qui se vérifie.

La Lotus-Cosworth de 2010 termine la saison en étant la meilleure des nouvelles équipes du plateau et son patron, Tony Fernandes signe alors un contrat de fourniture moteur avec la firme Renault pour 2011.

Mais pendant ce temps, Genii Capital, propriétaire majoritaire du Team Renault F1, revend ses parts  au Group Lotus de Dany Bahar via le constructeur Proton qui décide ainsi de faire courir l’ancienne écurie Renault sous le nom de Lotus.

De ce fait, afin d’éviter la présence de deux écuries portant le même nom, Proton, propriétaire de Group Lotus (maison mère comprenant entre autre Lotus Cars) décide d’empêcher l’équipe de Tony Fernandes de courir sous la bannière historique Team Lotus. Sans revendiquer l’héritage de Colin Chapman, Proton désire faire courir son équipe sous le nom de Lotus pour s’ouvrir à des opportunités commerciale inédites. Ce que contestent bien évidemment Fernandes et David Hunt.

 

Il semble inconcevable que deux écuries portant le même nom et possédant le même motoriste ne puissent concourir ensemble au championnat en ne se faisant distinguer que par une appellation « Team » ou « Group ». Bernie Ecclestone, détenteur des droits commerciaux de la discipline, attend sûrement le moment opportun pour régler cette affaire qui va devenir le serpent de mer de la pause hivernale.

 

Axel B.





La tentation de Lotus…et Renault

10 09 2010

Lotus et Renault sont deux entités qui ont un passé historique commun. Il se pourrait bien que, dès la saison prochaine, leur nom soit de nouveau associé pour rivaliser avec les écuries de milieux de tableaux.


L’association entre le constructeur anglais et le motoriste français remonte à 1983 et à l’époque des puissants moteurs V6 turbo, avec le flamboyant Ayrton Senna au volant. Un excellent souvenir donc pour les deux protagonistes qui se verrait bien tenter le coup d’un nouveau partenariat.

Même si l’écurie Lotus court maintenant sous une bannière malaisienne, l’esprit et l’âme qui ont fait de cette équipe une des références de la Formule 1 dès les années 1960, n’a pas disparu. Tony Fernandes, actuel patron de la marque est un passionné de course automobile, et sa gestion de l’équipe en est la plus belle preuve.

En engageant Mike Gascoygne aux commandes du département technique, le magnat de la compagnie aérienne Air Asia s’est assuré d’une grande crédibilité au sein du microcosme de ce sport et a fourni à son équipe un référent de valeur qui a déjà fait ses preuves.

Il en est de même pour les pilotes. Jarno Trulli et Heikki Kovalainen sont aguerris et ont eu l’intelligence de mettre leurs ambitions de victoires de côté afin de pouvoir profiter pleinement des futures évolutions que l’écurie ne cessera d’effectuer dans les mois et les années à venir.

Cet aspect professionnel et stable a certainement séduit Renault qui ne vend pas ses moteurs à n’importe qui. L’image de marque est importante et, même si l’écurie mère se fait régulièrement battre à plates coutures par son écurie cliente (en occurrence Red Bull), cela reste un moteur Renault qui est en tête du championnat.

Si l’association semble évidente aux yeux du public et des principaux intéressés, cela risque d’être différent pour Cosworth, actuel motoriste de Lotus.

Leur contrat commun court sur trois années à compter de 2010 et a été signé, en quelques sorte, comme un ticket d’entrée imposé par la FIA et Bernie Ecclestone aux nouvelles écuries afin de pouvoir participer au championnat du monde.

Les performances du Cosworth ne sont pas à mettre en doute. Il suffit de regarder l’utilisation qu’en fait Williams pour se rendre compte qu’il s’agit d’un bon outil pour une écurie de milieu de grille. Sa fiabilité reste une faille mais rien ne garantit à Lotus qu’elle trouvera mieux en cherchant ailleurs. Pedro de La Rosa et Kamui Kobayashi, pilotes Sauber en savent quelque chose, eux qui ont déjà éclaté leur quota de moteur Ferrari disponible pour la saison.

Mais le partenariat technique, s’il a lieu, entre Renault et Lotus concernerait également l’apport de tout le système de transmission et de boite de vitesse. Personne ne parle encore du prix à payer pour un tel service mais l’écurie malaisienne semble pourvue de ce côté-là.

Lotus à déjà gagné une première bataille cette saison. Celle d’avoir été, et ce même avant la fin de la saison, la meilleure des écuries débutantes. Si elle gagne pendant l’hiver sa bataille contre Cosworth et que Renault rejoint les rangs malaisien, gageons qu’il leur faudra peut de temps, avec des hommes de qualité, pour redevenir une écurie majeure de la Formule 1 comme elle l’a été sous son ère anglo-saxonne avec son fondateur Colin Chapman entre 1960 et 1990.

Axel B.








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