En ces temps de crise mondiale, les grands constructeurs automobiles engagés en Formule 1 ne font pas uniquement face à des défauts de trésorerie. Une autre sanction, plus morale, les frappe de plein fouet.

En investissant leur richesse dans un domaine censé leur apporter une image de marque attractive, ils ne pensaient pas rencontrer autant de difficultés.

Ne nous voilons pas la face, si, chronologiquement, Honda, BMW et Toyota ont fui le grand cirque de la F1, ce n’est certes pas uniquement pour des raisons purement financières. A eux trois, en plus de 250 grand-prix cumulés, la moisson récoltée est de seulement deux victoires (à mettre au crédit de Honda en 2006 et BMW en 2008).

La crise financière et l’écroulement des marchés boursiers arrivent donc à point nommé pour servir d’excuse à un retrait anticipé sur fond de déroute sportive mal camouflée. L’image de marque en Formule 1 est bonne pour les vainqueurs !

Mais ceux qui restent doivent aussi tirer des leçons de leurs propres insuffisances.

Les cas les plus évidents de Renault et Mercedes sont éloquent. Comment réagir lorsque l’écurie officielle Renault peine à accrocher un podium à la régulière lorsque, en même temps, l’écurie cliente du motoriste, Red Bull, se bat pour la victoire dans les deux championnats ? Du coup, la marque au losange revend la direction de son écurie a un consortium luxembourgeois, mais en gardant son nom, histoire de récolter quand même les honneurs en cas de victoire.

Pour Mercedes, la déroute est moins violente mais toute aussi évidente. Même si McLaren, écurie phare du motoriste allemand, à bien remonté la pente fin 2009, Brawn GP, écurie cliente, a crevé l’écran et a récolté tous les honneurs sans avoir la moindre inscription « Powered by Mercedes » sur sa carrosserie…cherchez l’erreur.

Les dirigeants de Stuttgart ont vu rouge (pas celui de Ferrari, bien terne cette saison) et ont décidé dans la foulé d’inverser leurs intérêts dans les deux écuries, Brawn GP, vainqueur, devenant désormais l’officielle Mercedes GP. Une fois de plus, la fidélité de McLaren n’est pas vraiment récompensée…

Finalement, seul Toyota face à Williams, son écurie cliente, a réussi à sauver son honneur au championnat. Mais la maison mère nippone, las d’injecter des millions pour seulement quelques podiums dans l’année et aucune victoire, a décidé de jeter elle aussi l’éponge.

De l’humilité à l’humiliation, l’écart semble très ténu en sport automobile.

Axel B.

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