La probable nouvelle écurie américaine USF1 pourrait-elle devenir le prophète tant attendu de Bernie Ecclestone aux Etats-Unis ?

Une histoire d’amour et d’incompréhension lie la Formule 1, sommet du sport automobile européen, et le continent américain.

Un peu d’histoire s’impose afin de comprendre ce relationnel sulfureux.

La Formule 1 à l’américaine, c’est le CART (anciennement USAC) et les 500 Miles d’Indianapolis. Aux balbutiements des sports mécaniques, la mythique course américaine fascinait au plus haut point les pilotes mondiaux et européens. A tel point que qu’Indianapolis s’intégrait jusqu’à la fin des années 50 au championnat des conducteurs de Formule 1. Des écuries aussi prestigieuses que Ferrari ou Cooper y apprêtaient spécialement des monoplaces emmenées par leurs meilleurs pilotes. C’est ainsi que Fangio ou Ascari parcouraient le fameux banking avec une joie non dissimulée qui se reflétait dans les yeux d’un public connaisseur, et donc exigeant, mais conquis.

Et puis voilà que l’histoire balbutie. Indianapolis n’est plus une étape inscrite au championnat de Formule 1 et les pilotes européens sont obligé de s’engagé à titre privé pour pouvoir y participer. C’est dans ces conditions que Jim Clark et Graham Hill remportent la victoire en 1965 et 1966 sur des Lotus préparées spécialement pour la série USAC.

Néanmoins, un grand-prix des Etats-Unis persiste jusque dans la décennie 90. Watkins Glen se taille la part du lion et accueille des courses mémorables. Dans les années 80, l’émergence du grand-prix des Etats-Unis Est et du grand-prix des Etats-Unis Ouest sème le trouble et l’incompréhension du public. De plus, la création de circuits temporaires improbables tels que celui de Las Vegas, érigé en plein cœur du parking du casino Caesar, enterre plus ou moins le peu d’intérêt restant du public américain. On se souviendra bien volontiers du magnifique duel entre l’icône Ayrton Senna et le flamboyant débutant  Jean Alesi en 1991 sur le circuit de Phoenix en Arizona comme d’une sorte de chant du cygne de la Formule 1 sur le continent américain.

Après une interruption de près de dix ans, les bolides refont leur apparition au début des années 2000 et pas dans n’importe quelles conditions, car Indianapolis est choisi pour être le théâtre de ce retour. Malheureusement, un aménagement insipide du circuit gâche un peu l’ensemble, mais c’est surtout le fiasco de l’édition 2005 qui va précipiter le divorce entre la F1 et les Etats-Unis.

Suite à deux violentes sorties de piste de Ralf Schumacher et Ricardo Zonta sur leurs Toyota lors des essais libres, sorties consécutives à l’éclatement d’un de leurs pneus, Michelin, incapable de déterminer la cause de ce déchappement, émettra une réserve important sur la participation au grand-prix des écuries chaussées par les gommes françaises.

Après des heures de négociations, aucune solution n’étant trouvé entre la FIA, les organisateurs et les écuries, seules les monoplaces chaussées en Bridgestone – soit Ferrari, Jordan et Minardi – participeront à la course. Michelin remboursera les quelques 20 000 billets en signe d’excuse envers les spectateurs se sentant floués par ce spectacle désolant.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Les tentatives peu fructueuses de Scott Speed, pilote à la bannière étoilée peu concerné par ses apparitions au volant d’une Toro Rosso n’ont pas changé la donne.

Mais voilà que la création d’une écurie appelé USF1 GP fait renaitre les plus fols espoirs de colonisation du territoire américain dans l’esprit de Bernie Ecclestone. « Le grand argentier de la F1 » a un flair à toute épreuve en ce qui concerne les bénéfices financiers que peut lui apporter ce sport. Les Etats-Unis ont toujours été une chimère inaccessible pour l’anglais et la création de cette écurie pourrait lui permettre de reconquérir son rêve américain.

Cependant, cette belle histoire n’est pas encore écrite. Le peu d’informations filtrant de USF1 depuis des mois n’est guère rassurant et ce n’est pas la signature de Jose Maria Lopez, pilote quasiment inconnu, au palmarès aussi fin qu’une feuille de papier et n’ayant plus couru depuis des années qui va faire taire les sceptiques.

Axel B.

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