La profusion de nouvelles équipes indépendantes présentes sur les grilles de départ en 2010 n’est pas sans rappeler celle des années 90 où les artisans constructeurs n’hésitaient pas à se lancer dans le grand bain de la compétition automobile.

Parmi toutes ces écuries qui ont vu le jour dans cette décennie, beaucoup n’ont pas survécu. Happées la plupart du temps par des problèmes financiers, leurs dirigeants n’ont pas réussi à gérer le prix de leurs rêves d’excellence. Nous pourrions citer Fondmetal, Andrea Moda, Pacific, Simtek, Forti ou plus récemment Prost GP qui n’ont vécu que difficilement leur envie de compétition. D’autres comme Stewart GP, Jordan, B.A.R. ou Sauber – qui fera d’ailleurs son retour en 2010, ont eu plus de réussite en remportant des victoires ou en marquant des points de façon régulière ; mais l’arrivée des grands constructeurs à l’orée du nouveau millénaire a eu raison de la précarité de leur financement.

Leurs dignes successeurs s’appelle aujourd’hui Virgin, dont le directeur technique est l’ancien patron de Simtek ;  USF1 ; Lotus, qui fait son grand retour en Formule 1 sous  bannière malaisienne ; et Campos, qui peine déjà à mettre en place un budget correct. Il y a même Stefan GP, écurie serbe ayant repris à son compte le département technique de Toyota, prête à bondir en cas d’une éventuelle défection d’une écurie sus-citée.

Des similitudes apparaissent donc entre ces deux époques. La présence de pilotes payants, devant faire leurs preuves derrière le volant n’est guère rassurante. Qui pourrait se porter garant des résultats de Jose Maria Lopez (USF1), Luca Di Grassi (Virgin) ou même Bruno Senna (Campos) ? Seraient-ils du même niveau que les Andrea Montermini, Lucas Badoer, David Brabham ou Bertrand Gachot des années 90 ? Ne le souhaitons pas, car outre ces probables difficultés de compétitivité, ces nouvelles écuries vont également devoir faire face au dur aspect financier du monde hautement politisé de la Formule 1. Rien ne garantit encore la participation de Campos et USF1 au démarrage de la saison le 14 mars à au grand-prix de Bahreïn. L’expérience de Lola en 1997 qui n’a pas réussi à parcourir un seul kilomètre dans la saison alors même qu’elle était soutenue par un puissant sponsor, devrait faire réfléchir les nouveaux arrivants.

Finalement, le retour de Lotus et Sauber, écuries habituées aux us et coutumes de la Formule 1 semble les plus crédibles. On serait tenté également de pronostiquer une longue vie à Virgin, qui s’appuie sur un financement solide et un projet sain et transparent. La Formule 1 risque en fait de perdre un peu de son sérieux et de sa crédibilité avec des grilles de départs fluctuantes selon le bon vouloir et la capacité des écuries à participer au championnat.

Axel B.

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