Pour une fois, le monde de la Formule 1 a souhaité porter un regard sur ses 60 ans d’histoire. Pour une fois, tous les grands champions encore vivants se sont réunis pour célébrer le plus noble des sports mécaniques. Pour une fois, l’illustre passé a été mis à l’honneur.

Dans le cadre du premier grand-prix de la soixantième saison de Formule 1, au Bahreïn, les organisateurs ont mis en place la plus grande réunion historique de ce sport en réunissant les 18 champions du monde de la discipline encore vivants ou souhaitant se déplacer pour l’événement. Seul Kimi Raikkonen, retenu par ses obligations en rallye, et Nelson Piquet, contrarié par l’affaire du « crashgate », ne se sont pas présenté sur la piste du circuit de Shakir.

Le public présent a pu admirer les légendaires pilotes au volant de leurs mythiques voitures. C’est ainsi que Damon Hill a pu se glisser dans la Williams FW18 qui l’a mené à la victoire en 1996 tandis que son fils, Josh, prenait place dans Lotus 49B de son grand père Graham, double champion du monde en 1962 et 1968. Emerson Fittipaldi, premier brésilien à remporter la victoire finale en Formule 1 s’est lui aussi pris au jeu de remonter dans son vieux bolide, à l’image de Keke Rosberg, très présent habituellement dans les paddocks pour suivre le parcours son fils Nico, ou encore Jody Scheckter, Mario Andretti et Jackie Stewart. Nigel Mansell, de retour de ses essais en Le Mans Series au Paul Ricard, a pu tester avec délectation la Ferrari 125 de 1950 alors que Mika Hakkinen quant à lui se retrouvait au volant de la Mercedes-Benz W196 de Juan Manuel Fangio, victorieuse en 1954. Cette grille de départ historique avait fière allure.

Il est cependant décevant que ce ne soit pas la F.I.A. qui est organisé cet événement. A l’heure où la Formule 1 devrait essayer de se rapprocher de son public, ce type de manifestation festive est un très bon vecteur pour insuffler une aura d’humanisme dans un sport de plus en plus politisé et éloigné de la dimension populaire qui devrait être la sienne.

Saluons donc la passion et le travail méticuleux du Cheick Salman, l’homme providentiel qui amena la F1 au Bahreïn en 2004 et qui a réussi avec son équipe à réunir tous ces champions à l’égo surdimensionné et à arracher à leur propriétaires collectionneurs les monoplaces en parfait état de marche afin de faire vivre au public présent ce moment inoubliable.

Il suffirait enfin qu’une majorité de chaines de télévision retransmette ce genre d’événement pour que la fête soit complète.

Sinon, la première course de la saison a confirmé nos intuitions d’hiver, à savoir que la course au titre va se jouer entre les huit pilotes favoris appartenant aux équipes Ferrari, McLaren, RedBull et Mercedes.

Si Vettel, Alonso et Hamilton semblent bien placés, Schumacher, Webber et Button commencent déjà à rencontrer les premières difficultés d’une saison que l’on a annoncée, peut être à tort, passionnante. Après un temps d’adaptation nécessaire au nouveau règlement, nul doute que la prochaine course en terre australe sera plus animée.

Axel B.

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