La Formule 1 est souvent présentée par ses acteurs comme un sport d’équipe. La multitude d’ingénieurs et de mécaniciens œuvrant sur les voitures lors des week-ends de Grand-Prix en est la meilleure preuve. Cependant, elle devient un sport très individuel lorsqu’il s’agit de confronter face à face les deux pilotes d’une même écurie. 

Les deux premiers Grand-Prix de la saison permettent déjà de tirer quelques enseignements concernant ces duels fratricides. La bagarre la plus flagrante et surtout la plus médiatisée concerne les deux pilotes de l’écurie Mercedes : Michael Schumacher et Nico Rosberg. Leur seul point commun étant leur nationalité allemande (même si Rosberg, né d’un père finlandais, d’une mère allemande et résidant à Monaco pourrait courir sous la bannière européenne) tout oppose ces deux compétiteurs qui se retrouvent face à face à des moments bien différents de leur carrière. Si le Kaiser Schumacher a occupé l’hiver médiatique pour son retour à 41 ans après trois années d’absences, Nico Rosberg, 24 ans, qui a encore tout à prouver, et surtout cette saison, a su rester discret et travailleur. D’ailleurs, le jeune loup est sur le point de prendre le dessus sur son illustre ainé. Tout du moins en ce début de saison. Les quelques dixièmes qu’il lui inflige en qualification et qui se transforment en de multiples secondes en course sont les meilleures preuves de sa qualité face à un étalon vers qui les yeux de tous les connaisseurs sont fixés. Ne doutons pas que le septuple champion du monde, vexé par les trop nombreuses remarques à ce sujet, réagisse rapidement.

Un peu à l’image de Jenson Button, victorieux en Australie et pourtant vertement critiqué durant l’hiver pour avoir rejoint McLaren, écurie où il n’aurait eu aucune chance de réussir face à l’enfant prodige Lewis Hamilton. Sa récente victoire a fait taire en une seule fois tous ses détracteurs.

Un autre duel tout aussi passionnant est à suivre du côté de la Scuderia Ferrari. Le tumultueux Fernando Alonso doit faire face au coriace Felipe Massa. Si l’espagnol a déjà été sacré deux fois champion du monde, ses périodes moins fastes au volant d’une Renault en perte de vitesse ces dernières années en ont fait un pilote revanchard et particulièrement dur à battre. Si Massa semblait en retrait au Bahreïn face à l’attaque virile de Fernando au départ du Grand-Prix, le brésilien s’est vengé en terre australe ce week-end en devançant d’un cheveu son coéquipier sur la ligne d’arrivée. Alonso était néanmoins revenu de manière impressionnante de la 18ème à la 4ème place suite à un accrochage dans les premiers tours…affaire en suivre en Malaisie…

Que dire aussi du duel entre les deux Red Bull-Renault? La domination sans partage de Sebastien Vettel a malheureusement été entachée par des ennuis de fiabilité qui ont ruiné ses ambitions de victoires en début de saison. De l’autre côté du garage, l’inconstance et le pilotage brouillon de Mark Webber renvoie l’écurie en bas des feuilles de classement du championnat. Au nombre d’occasions manquées, le team autrichien se retrouve en tête de liste.

Dans la bagarre des petits, l’écurie Lotus semble prendre le pas sur les Virgin et HRT. Cette dernière, en manque de roulage, effectue sur ses premiers Grand-Prix des séances d’essais grandeur-nature, sans d’autres ambitions que de rallier l’arrivée à bon port.

Virgin, quant à elle, a récemment avoué que le réservoir de sa monoplace ne pouvait pas contenir la quantité d’essence nécessaire pour parvenir à la fin d’une course. Ses deux pilotes n’ont donc aucune chance de voir le drapeau à damier avant une profonde modification de la coque de leur voiture.

L’écurie Lotus amenée de main de maitre par les expérimentés Trulli et Kovalainen prend donc un avantage psychologique important sur ses rivales et commence à se rapprocher tout doucement des temps des Toro Rosso.

 

L’intensité de ses affrontements fratricides devrait augmenter régulièrement au fur et à mesure de la compétition et des objectifs de chacun des pilotes. Beaucoup seront déçu et ne pourront pas atteindre leur rêve mais, si dans leur malheur, ils arrivent néanmoins à battre leur coéquipier, alors leur saison ne sera pas totalement perdue.

 

Axel B.

Publicités