L’écurie Renault semble, en cette année 2010, reprendre quelques couleurs. Et cela n’est pas uniquement visible sur leur nouvelle livrée jaune et noire qui rappelle la grande épopée des années turbo pour la firme française.

Le constructeur de Viry-Chatillon a toujours souhaité s’engager dans une compétition automobile avec le souci d’innover la discipline dans laquelle il concoure. On se souvient de la fin des années 70 avec l’introduction des moteurs turbo et la fameuse « Yellow Tea Pot », ainsi surnommée autant pour sa réputation fumante que pour les couleurs qu’elle arborait alors.

Revenu en tant que simple motoriste au début des années 90, la victoire n’a plus fait défaut à l’ancienne Régie Renault avec divers partenaires et pilotes aussi prestigieux que Williams, Benetton, Prost ou Schumacher.

Après une pause de quelques années, le manufacturier français a décidé de racheter l’équipe Benetton en 2001 pour en faire une écurie 100% tricolore avec comme combat d’imposer un moteur V10 à angle de 111° contre les traditionnels 90°. Mais l’arrivée du V8, imposé par la F.I.A, et des frais trop important de développement de cette technologie, pousse l’écurie à revenir vers une approche moins innovante. Ce qui n’empêche pas leur victoire avec le doublé de Fernando Alonso en 2005 et 2006 qui emmène enfin l‘écurie française vers les sommets.

La suite de l’histoire devient plus chaotique avec les allers-retours du pilote fétiche Alonso et les problèmes financiers auxquels doivent faire face le monde de la F1. Renault boira le calice jusqu’à la lie avec le polémique du « crashgate » en 2009 mettant en cause ses dirigeants et pilotes, Flavio Briatore, Pat Symonds, et Nelson Piquet, dans un grand scandale de tricherie.

On pensait que la firme française ne s’en remettrait pas et trouverait alors une bonne excuse de quitter la Formule 1 sans avoir trop d’explications à donner et sans mettre leur échec des années précédentes en avant. Mais afin d’éviter une sanction financière plus lourde, les hauts dirigeants de Renault sont sommés par la F.I.A de s’engager sur le long terme dans la compétition. En effet, les instances sportives auraient vu d’un mauvais œil un énième départ d’un grand constructeur après ceux de Honda, Toyota et BMW.

C’est ainsi que le renouveau de Renault en Formule 1 s’établi. Rachetée aux trois quarts de ses actions par un consortium luxembourgeois (Genii Capital), l’écurie est maintenant dirigée par un français, Eric Bouillier, qui doit encore faire ses preuves mais qui provient néanmoins du monde du sport automobile. Cependant, il semble amener une stabilité et une rigueur qui faisaient défaut ces dernières années avec la flamboyante hégémonie de Flavio Briatore.

Du côté des pilotes, Robert Kubica, qui avait déjà signé son contrat avant tous les remous précédemment cités, reste le leader et il est épaulé par Vitaly Petrov,  pilote payant (un qualificatif qui fait son retour ses derniers mois dans le paddock suite aux grandes difficultés financières) et surtout premier russe en Formule 1, ce qui n’est pas pour déplaire à Bernie Ecclestone, friand de se trouver de nouvelles destinations de vacances.

Personne n’aurait parié en ce début de saison sur la compétitivité retrouvé de l’écurie française. Mais il faut bien se rendre à l’évidence que la voiture semble bien née et que les pilotes arrivent à l’exploiter efficacement. Ce qui semblait être une évidence au sujet de Kubica mais qui est bien plus étonnant concernant Petrov qui, même s’il n’a pas fini une seule course depuis le début de la saison, a démontré de belles qualités de bagarreur face aux pilotes plus établi du plateau. Déjà un podium et trente points au championnat constructeur, le pari français est en train de réussir…

Axel B.

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