Jenson Button est un pilote étonnant. Après avoir été l’espoir de tout un peuple, avoir subi une déchéance sportive et le désamour du public face à son compatriote Lewis Hamilton, avoir mené de main de maître sa Brawn GP au titre l’année dernière au terme d’un retour sur le devant de la scène fracassant, le voici qu’il nous surprend encore en devenant le leader du championnat 2010 au sein de l’écurie McLaren-Mercedes.

Personne ne le donnait vainqueur de sa confrontation face à la star Hamilton, son actuel coéquipier au sein de l’écurie britannique. Et pourtant, Jenson Button enchaîne les bons résultats depuis le début de la saison. Après un temps d’adaptation naturel à son nouvel environnement, le champion du monde 2009 a démontré, s’il en était encore besoin, toute l’étendu de son talent.

Il ne faut pas oublier que ce pilote a eu une carrière au plus haut sommet du sport automobile plutôt chaotique mais pas si atypique que cela. En effet, les hauts et les bas de sa vie en Formule 1 ont souvent été l’apanage des plus grands champions. Des performances telles que les ont établies les Prost, Senna ou Schumacher restent exceptionnelles. Jenson Button serait plutôt à classer dans la catégorie des champions tels James Hunt ou Kimi Raikkonen, qui ont toujours ébloui ce sport par la flamboyance de leur pilotage mais à qui il a fallu une bonne dose de persévérance pour parvenir à leur but ultime.

A la différence près que Jenson semble réussir à s’établir plus longuement dans cette spirale positive de la victoire car, après un changement d’écurie cet hiver que d’aucun qualifiait de suicidaire, il réussi encore à vaincre et à s’imposer face à un équipier plus que renommé.

Il y a sûrement une part de revanche dans cette confrontation car avant que le jeune Hamilton débarque en Formule 1, Button était considéré comme le dandy playboy des britanniques. L’arrivée du protégé de Ron Dennis en 2007 a relégué l’ancien pilote Honda dans l’ombre. Beaucoup d’observateurs diront que cela a été un bien pour un mal. Le Jenson fêtard et chérie des médias a laissé sa place à un pilote travailleur et  beaucoup moins distrait par tous les à côtés divertissants de son statut d’idole.

Du coup, lorsque la chance s’est présentée, Jenson a su la saisir avec opportunisme. De nombreux pilotes au tempérament plus faible se seraient découragés en vivant ses galères. Mais le fameux proverbe « tout vient à point à qui sait attendre » s’applique parfaitement au pilote anglais. La meilleure voiture du plateau 2009 l’a emmené, non sans une certaine fébrilité bien compréhensible, vers le titre tant convoité de champion du monde.

Jenson Button est en train de prouver à tous ceux qui doutaient de lui, qu’il a l’étoffe d’un grand champion. Un début de saison plus que convaincant devrait lui permettre de s’asseoir définitivement sur le trône ultime, autant au sein de son écurie qu’on sommet de la Formule 1.

Axel B.

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