« Je n’ai jamais envisagé un échec, ce mot n’est pas dans mon vocabulaire. Je suis ainsi fait, je fais toujours mon maximum pour ne pas me planter. Je ne suis pas là juste pour faire de la F1, mais j’ai un objectif très clair. Primo, j’ai sauvé l’équipe; deuxio, je dois la stabiliser; et tertio, l’améliorer. Je n’ai pas besoin de superstars pour y arriver; les superstars on les fabrique le long du chemin. Et sachez-le : quiconque se met en travers de ma route n’y reste jamais longtemps »

Ces propos sont tenus par Colin Kolles, actuel Team Manager de l’écurie Hispania Racing Team. Ils font preuve d’une ambition et d’une culture de la victoire assez peut présente au sein des petites écuries comme Virgin ou Lotus.

Quel meilleur moment donc que ce week-end hispanique pour s’arrêter et jeter un œil sur la plus modeste des écuries du plateau mais également une des plus atypiques.

Rachetée à la fin de l’hiver par Jose Ramon Carabante, milliardaire espagnol, à Adrian Campos, ancien pilote et manager dans la catégorie reine du sport automobile, la structure ibérique ne cesse de vouloir ressembler à une grande.

Carabante a décidé en premier lieu d’offrir la gestion sportive au roumain Colin Kolles, déjà connu en Formule 1 pour s’être occupé de la destinée des diverses mutations de l’écurie Jordan au milieu des années 2000. Son seul fait d’arme au final est d’avoir réussi à faire de Force-India une écurie qui marque des points à la régulière. Même s’il ne fait plus parti de l’équipe indienne, son apport organisationnel dans les années précédents son éviction a eu une part importante dans la réussite de l’équipe cette saison. Outre son expérience donc, ses propos ambitieux et une confiance en soi à toute épreuve sont les premiers moteurs de motivation pour HRT.

Mais Kolles a également su bien s’entourer, notamment sur le plan technique en engageant Geoff Willis, ingénieur réputé, ayant fait ses preuves chez Honda et Red Bull. Mis à part la mésentente technique avec le constructeur Dallara, fournisseur de châssis, avec qui l’équipe ne collabore plus, la base de HRT semble saine.

Du côté des pilotes, un duo « à l’ancienne » a été formé. Le gentleman driver Karun Chandock doit autant son volant à son apport financier qu’à ses connaissances politiques dans le milieu de la Formule 1. Son père, à la tête de la fédération indienne de sport automobile, entretient de très bonnes relations avec Bernie Ecclestone, promoteur financier de la discipline. Il n’est pas rare d’ailleurs de voir Karun et Bernie échanger quelques bons mots dans le paddock.

Tous les espoirs de qualité et de performance reposent plutôt sur Bruno Senna. Pilote besogneux mais talentueux, au nom lourd à porter, et qui se voit enfin offrir une chance de se faire un prénom au plus haut niveau du sport automobile. Malheureusement pour lui, ce n’est sûrement pas cette saison qu’il pourra se faire remarquer…ou alors avec beaucoup de chance. Dans ces moments là, le talent n’est pas suffisant.

Cependant, avec toutes ces cartes en main, l’écurie peine à avoir un attrait commercial pour les commanditaires.

En étant la première écurie espagnole présente en Formule 1, en ayant pour pilote un dénommé Senna, neveu du mythique Ayrton et en possédant des bases techniques solide construite par Dallara et supervisées par Willis, HRT devrait avoir une multitude de sponsors frappant à sa porte.  Mais les livrées des monoplaces sont encore vierges…Même en Espagne, l’écurie à du mal a fédérer les foules, trop absorbées par le charisme de Fernando Alonso.

La prochaine étape pour Colin Kolles sera donc de faire d’HRT une vraie écurie de course indépendante. Des rumeurs filtrent déjà sur de possibles difficultés financières en ce début de saison. Le développement économique de l’écurie ne devra cependant pas se faire au détriment de la performance.

Axel B.

Publicités