Le monde du sport automobile regorge de personnalités omnipotentes qui cristallisent la réussite et la reconnaissance. Jean Todt fait parti de ceux là. Successivement victorieux en rallye et en Formule 1, puis dans le monde politique sportif, l’actuel président de la Fédération Internationale de l’Automobile est dorénavant suivi de près par son fils Nicolas, patron d’écurie et manager de pilotes. L’emprise de la famille Todt sur le sport automobile ne cesse donc de s’étendre.

 

Nicolas Todt était jusqu’à présent connu dans les paddocks de Formule 1 pour être le manager de Felipe Massa, actuel pilote Ferrari. Le brésilien est arrivé au sein de la Scuderia sous l’ère Todt/Brawn/Schumacher. Un avantage indéniable pour un jeune pilote qui jusqu’à là n’avait pas réellement fait ses preuves. Peter Sauber s’en était d’ailleurs séparé suite à de trop nombreuses et agaçantes sorties de pistes. Représenté par le fils de Todt, Massa trouvait donc une destination inopinée en tant que pilote essayeur chez la glorieuse écurie italienne…

De là à penser que les liens familiaux ont été pour quelque chose dans ce transfert inespéré, de nombreux observateur n’ont certainement pu s’empêcher de faire ce troublant parallèle. Heureusement que les résultats de Massa ont rapidement mis fin à tous commentaires possibles concernant un quelconque arrangement.

Et puis Sébastien Bourdais, également sous la coupe de Nicolas Todt n’a pas suivi la même destinée. Certes, il a piloté un moteur Ferrari, mais dans la modeste écurie Toro Rosso, au sein de laquelle il n’a pas réussi à convaincre de son indéniable talent. On ne peut donc pas soupçonner la famille Todt de quelconques arrangements politico-familial.

Un autre épisode va cependant encore apporter de l’eau au moulin des détracteurs. Voilà que l’écurie ART, en partie propriété de Nicolas Todt, va sans aucun doute se présenter en tant que candidate à la 13ème place vacante sur les grilles de départ des grands prix de Formule 1. Après l’épisode manqué de la structure américaine USF1, les dirigeants de la FIA souhaitent avoir un projet solide et sérieux pour ne pas renouveler le camouflet de ce début d’année.

Il est vrai que parmi les autres prétendants, ART semble la plus appropriée. Cette écurie créée en 2004 s’est inscrite victorieusement dans de nombreuses catégories comme le GP2 ou le GP3 cette saison. Elle a eu de nombreux pilotes talentueux qui ont tous passé le cap de la Formule 1 comme Lewis Hamilton, Adrian Sutil ou Nico Rosberg. Les autres nouvelles écuries présentent cette année sur le plateau ne peuvent pas se targuer d’avoir autant d’expérience. Virgin reste une folie de milliardaire, ce qui lui donne certes un côté attachant mais ne garantit en rien sa compétitivité, Lotus renait difficilement de ses cendres en repartant de zéro et HRT est née avec les plus grandes difficultés sur la base de l’écurie Campos, qui semble être maintenant bien loin de ce projet.

Néanmoins, quoi de plus logique qu’un président, français, de la FIA, favorise le projet éminemment sérieux d’une écurie française ? Jean Todt ne s’est jamais caché d’un certain nationalisme et porte le dossier d’une présence française en Formule 1 (sous la forme de grands prix, écuries ou pilotes) tout en haut de sa liste.

 

Si ART accède au plus haut niveau en 2011, la famille Todt sera en position de force dans le microcosme de la Formule 1. Le talent ne se transmet pas de génération en génération uniquement pour le pilotage (à l’image des dynasties Hill, Villeneuve ou Rosberg) mais également pour la gestion et la direction d’écurie. Peut être même que Nicolas marchera sur les glorieux pas politique de Jean d’ici quelques décennies.

 

Axel B.

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