La Russie est en passe de devenir un pays émergeant en Formule 1. Son premier et unique représentant actuel, Vitaly Petrov, pilote de l’écurie Renault, ouvre la voie de manière flamboyante.


Depuis le début de la saison, Vitaly Petrov est sans aucun doute le pilote débutant le plus remarquable. Il est vrai qu’il est également le mieux armé pour bien figurer dans la hiérarchie mondiale. Le Renault F1 Team, enfin débarrassé de ses vieux démons, semble repartir sur des bases saines pour s’installer durablement à la lutte avec Ferrari et Mercedes, derrière les écuries leaders de ce début de saison que sont McLaren et Red Bull.

Si Robert Kubica, fort de son expérience, a réalisé quelques coups d’éclats à l’image de son podium lors du grand prix de Monaco, son co-équipier Vitaly Petrov a réussi à éblouir les amateurs grâce notamment à son courage et son abnégation lors de ses luttes roues contre roues avec de grands pilotes champions du monde comme Lewis Hamilton en Malaisie ou plus récemment Fernando Alonso en Turquie.

Cependant, un peu à l’image de Sebastien Buemi extrêmement malchanceux depuis le début de la saison, le premier pilote russe en Formule accumule les déconvenues et a du mal à se débarrasser du chat noir qui semble s’être embarqué avec lui dans sa monoplace.

Même si sa situation fait grimper sa côte de sympathie auprès du public, son score au championnat du monde stagne depuis le grand prix de Chine où sa sixième place lui avait rapporté…six points (finalement le nouveau barème de points est plutôt facile à retenir…).

Que d’occasions manquées ! Des erreurs de jeunesse imputable à son manque d’expérience mais pardonnable au vue de l’énorme pression sur ses épaules de tout un pays qui compte, économiquement et sportivement, sur ses futurs bon résultats.

Mais preuve qu’il en est de son talent, les meilleurs pilotes actuels sont obligés d’atteindre leurs limites pour se défaire de cet attachant compétiteur. Lewis Hamilton a été forcé à Sepang de louvoyer devant lui pour conserver sa place et Fernando Alonso, ce week-end, a fait connaissance avec la rudesse du pilote russe en étant obligé de se rabattre violemment sur la Renault lors d’une tentative désespérée de dépassement après de nombreuses autres infructueuses. Mais comme si cela ne lui suffisait pas, une fois rentré au stand pour réparer sa monture blessée et chausser des pneumatiques neufs, Petrov s’est payé le luxe de signer le meilleur tour en course au nez et à la barbe de tout le monde ! Une manière élégante de faire comprendre au pilote Ferrari qu’il ne s’était pas frotté à un débutant…Il faut une sacré dose de talent pour mettre à mal les deux derniers champions du monde de la discipline.

Si Eric Boullier, le maitre à penser de l’écurie Renault lui laisse le temps, Vitaly Petrov fera sûrement raisonner le Gossoudarstvennyï gimn Rossiïskoï Federatsii, soit l’hymne russe, sur les podiums de Formule 1. Il poursuivra peut être son apprentissage l’année prochaine aux côtés d’un autre grand pilote, Felipe Massa, si ce dernier échange son baquet avec Kubica comme le dit la rumeur actuelle.

En tout cas, le duo d’Europe de l’Est de Renault n’a rien à envier aux autres binômes flamboyant mais instable des Red Bull ou Ferrari. Demandez donc l’opinion à ce sujet de Christian Horner après le grand prix de Turquie.

Axel B.

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