L’ombre de Jacques Villeneuve plane toujours sur les paddocks en 2010. Quoi de plus légitime pour le pilote québécois que de se rappeler au bon souvenir du monde de la Formule 1 lors de son grand prix national au Canada ? Un retour derrière le volant ne serait pas pour lui déplaire…

Les récentes déclarations d’amour du champion du monde 1997 envers la Formule 1 contrastent nettement avec celles empreintes de dégout et de lassitude du milieu des années 2000. A cette époque, le pilote canadien était au plus bas dans sa carrière, malgré une tentative de retour plus ou moins convaincant au sein de l’écurie Sauber. Si la structure suisse pensait avoir flairé le bon coup, BMW, son repreneur allemand de l’époque, ne s’est pas encombré longtemps d’un pilote qu’il jugeait trop lent et à la faconde insupportable.

La carrière en Formule 1 du sympathique Jacques Villeneuve, qui avait réussi à se faire un prénom, semblait tendre à sa fin. Après une expérience malheureuse en NASCAR et une escapade dangereuse dans le milieu de la chanson (sûrement motivée par sa compagne de l’époque, Danii Minogue, sœur de Kylie) il finit par comprendre que le sport roi de la compétition automobile était le domaine au sein duquel il était le plus performant.

Etre et avoir été : un dicton qui s’applique bien à la situation. L’exemple le plus récent dont Jacques Villeneuve pourrait s’inspirer et bien entendu celui de son eternel rival en piste, Michael Schumacher.

Après un temps de réadaptation au haut niveau bien nécessaire, le pilote allemand, à ce stade de la saison, se doit désormais de démontrer toute l’étendu de son talent et surtout prouver qu’une longue absence n’est pas préjudiciable à la performance.

Mais en pratique, l’art est beaucoup plus difficile. Et l’ex-baron rouge, dont la tunique a viré au gris terne en même temps que ses résultats, n’arrive pas, cette saison, à retrouver son lustre d’antan, et ceux, malgré une équipe qui lui est entièrement dévouée.

Et Jacques Villeneuve, déjà auteur d’un retour chez Renault fin 2004 en remplacement de Jarno Trulli, connait les difficultés d’un tel challenge.

S’il avait réussi à intégrer l’écurie Sauber la saison suivante, ce fut surtout grâce à son palmarès passé, plus qu’à sa forme du moment. Une saison et demi chaotique et la présence de Robert Kubica, jeune pilote talentueux au sein du camp BMW, ont eu raison de la seule présence canadienne en grand prix.

Mais la motivation et la passion ancestrale de Jacques Villeneuve le pousse à refaire surface depuis deux ans pour réintégrer le microcosme de le Formule 1.

Une tentative avortée avec l’équipe serbe Stefan GP, non autorisée à participer au championnat 2010, n’a pas refroidi le téméraire ex-pilote Williams.

D’ailleurs, l’écurie anglaise de Grove pourrait faire une belle affaire en récupérant d’un seul coup son dernier champion du monde et un moteur Renault, constructeur victorieux avec qui Sir Franck est en âpres négociations depuis plusieurs mois.

Voilà de quoi donner des idées de victoires à n’importe quelles structures et une part de rêve supplémentaire à un public déjà ravi de trouver quatre champions du monde encore en activité sur les grilles de départ. Et puis le Canada est un pays qui aime réellement la Formule 1, symbole de vitesse, de courage et d’abnégation…des valeurs que ne peuvent renier la famille Villeneuve.

Axel B.

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