Comme toute entreprise qui cherche à assurer sa survie, une écurie de Formule 1 indépendante doit pouvoir et savoir se diversifier. C’est le parti pris par Frank Williams pour sauver sa présence dans uns sport auquel il doit tout et qui lui doit beaucoup aussi.

Le palmarès du Williams F1 Team n’est plus à présenter. Multiple champion du monde constructeur et pilote depuis son premier titre en 1980 avec l’australien Alan Jones, l’écurie menée de main de maitre par Frank Williams et son immuable associé Patrick Head s’est toujours battue pour rester au sommet de son art.
Les débuts difficiles et besogneux de Franck en tant que dirigeant sont à ce titre révélateurs de la suite de sa carrière. Il lui aura fallu près de dix années pour voir enfin son rêve d’écurie indépendante se réaliser avec la création de Williams Grand Prix Engineering en 1977. Et si les victoires commencent à affluer, il n’est pas à l’abri de mauvais coups comme le prouve son grave accident de la route en 1986 qui le laissera paraplégique, cloué à vie sur un fauteuil roulant. Une infamie pour ce personnage sportif et virevoltant.
Mais comme à chaque fois qu’il rencontrera des obstacles dans sa carrière, l’anglais en sortira la tête haute.
En ces périodes de crise financières et de restrictions budgétaires, Frank Williams et toute son équipe ont bien compris qu’il fallait compter sur d’autres ressources que les bénéfices que peut engendrer une participation au championnat du monde de Formule 1.
Avec le rachat de l’entreprise Mechanic Hybride Power (rebaptisée aussitôt Williams Hybride Power), dépositaire d’un brevet censé révolutionner l’utilisation du KERS (le fameux système de récupération d’énergie), Williams veut commercialiser son savoir-faire et sa technique à toutes les monoplaces de la grille en essayant de convaincre la FIA du bienfait d’un fournisseur unique pour ce système qui sera réintroduit dès la saison prochaine.
Si l’entreprise gagne le marché, Williams verra tomber dans son escarcelle de la monnaie sonnante et trébuchante qui lui permettrait de survivre et de continuer à développer son activité.


Mais Sir Frank ne se borne pas au simple domaine de l’automobile. En effet, les golfeurs les plus avertis et les plus riches pourront parcourir les greens avec des clubs construits grâce à la connaissance technologique du Team F1. Élaborés en carbone avec la collaboration des ingénieurs de l’équipe, ces petit bijoux commercialisés par…Williams Sport (homonyme mais n’ayant aucun liens précédents) bénéficierons de la connaissance de la dynamique des fluides et de l’aérodynamique développé par l’écurie dans sa présence en Formule 1.
Frank Williams résume très bien son approche d’autres disciplines : « Nous sommes au début d’une période fascinante de développement de nos affaires. Nous avons la propriété de beaucoup de savoir-faire que nous mettons à disposition de plus de clients ainsi que pour des applications industrielles. Notre engagement avec Williams Sport est un exemple clair de l’utilisation utile de notre connaissance dans des secteurs extérieurs à la F1. »

La notion d’artisan en Formule 1 n’aura jamais été si proche de la vérité grâce à cette ouverture vers le monde extra-sportif. Frank Williams prouve une fois de plus qu’il est un visionnaire en avance sur son temps. Ce qui lui permet actuellement de continuer son rêve d’être présent au plsu haut niveau du sport automobile. Une voie à suivre pour les nouveaux indépendants que son Lotus, Virgin ou Hispania Racing ?

Axel B.

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