Les récents événements au sein de l’écurie Red Bull Racing ont forcé les observateurs du duel Mark Webber/Sebastian Vettel à se positionner en faveur de l’un ou de l’autre. Si la sagesse et l’expérience du pilote australien marque le respect, la fougue et la jeunesse de l’allemand font que l’avenir lui appartient. Cependant, ce n’est pas sans une certaine arrogance que la nouvelle idole de la Formule 1 regarde le reste du plateau.

Sebastien Vettel et Mark Webber ne partirons sûrement pas en vacances ensemble cet été. C’est certes une phrase communément employée mais qui illustre parfaitement la situation actuelle. La saison dernière, lorsque le titre de champion ne se jouait pas encore entre eux comme cette année, leur attente paraissait idyllique. Un savant mélange d’expérience et de jeunesse semblait être le dosage idéal pour mener à bien les plans victorieux de Red Bull Racing. Christian Horner ne cachait d’ailleurs pas sa satisfaction de disposer d’un tel duo de pilotes complémentaire.

Aujourd’hui, il en serait plutôt en s’en mordre les doigts pour savoir comment gérer une telle situation qui n’est pas sans rappeler l’animosité qui régnait entre Alain Prost et Ayrton Senna ou plus près de nous entre Fernando Alonso et Lewis Hamilton, alors équipiers chez Mc Laren. Dans tous les cas, on retrouve le même schéma : un jeune pilote qui vient perturber les plans d’un vieux briscard déjà établi. A la différence près que Mark Webber et Sebastian Vettel n’ont encore jamais gagné le championnat du monde.

Depuis leur accrochage au grand-prix de Turquie, Mark Webber bénéficie d’un capital sympathie bien plus important que son équipier allemand. En effet, hormis le soutient d’Helmut Marko, consultant de l’écurie Red Bull, Sebastien Vettel s’est retrouvé marginalisé. Son geste suicidaire alors que les deux voitures étaient en tête n’a pas été comprit et à surtout a été ouvertement critiqué. De part sa dangerosité et surtout de part sa bêtise.

Les gestes d’énervement du pilote allemand à la sortie de sa monoplace n’ont fait qu’agacer un peu plus l’opinion publique et les autres pilotes qui commencent à le trouver tel que Schumacher pouvait l’être dans les années 90, ambitieux mais arrogant et mal aimé.

Adrian Sutil, autre pilote allemand sociétaire de l’écurie Force India ne se cache d’ailleurs pas pour assener des commentaires acerbes sur son compatriote et son statut de superstar qui, selon lui, lui monterait un peu à la tête. Leurs altercations en piste aux grand-prix du Canada et de Grande Bretagne ne sont pas étrangères à ce comportement.

L’incident de l’aileron avant du dernier grand-prix est aussi symptomatique d’une mauvaise gestion interne au sein de l’écurie. Si Christian Horner n’avait pas voulu prendre position lors de l’accrochage turc, il semblerait que sa communication en interne au sein de l’écurie soit elle aussi défaillante. Pas de hiérarchisation pour les pilotes, mais celui qui se trouve en tête du championnat sera privilégié. Un état de fait qui semblait clair dans l’esprit du directeur sportif mais qu’il n’avait visiblement pas expliqué à Mark Webber qui s’est senti légitiment floué. Sa colère médiatique s’est transformée en énergie positive, ce qui lui a permis de gagner en Angleterre au nez et l’aileron de Vettel.

Finalement, Mark Webber est en train de devenir le vainqueur moral de cette lutte qui ne semble pas prête de s’arrêter. Sebastian Vettel est certes un excellent pilote qui sera à n’en pas douter un jour aux sommets du sport automobile et de la Formule 1 mais l’arrogance des grands champions comme savaient l’illustrer en leur temps Nelson Piquet, Ayrton Senna ou Michael Schumacher est réservée aux pilotes qui ont gagné des titres…de champion. A Vettel donc de se concentrer sur son premier objectif et de gagner le titre pour faire taire toutes les critiques.

Axel B.

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