Une fois de plus, la Formule 1 doit faire face à un nouveau scandale. Mais cette fois-ci les grondements du public ont un air de déjà vu. Deux voitures rouges dominatrices, un grésillement de radio et un semblant de dépassement qui ne trompe personne.

 

La Scuderia Ferrari nous a refait le coup de 2002. A cette époque, Michael Schumacher dominait à ce point le championnat du monde au volant de son bolide rouge que tous les observateurs et passionnés s’étaient enthousiasmé de voir son coéquipier Rubens Barrichello le devancer lors du grand prix d’Autriche. Sauf peut être Jean Todt, alors patron de Ferrari, qui voyait surtout en ce regain de forme du brésilien un frein pour la conquête du cinquième titre mondial du pilote allemand, planifié bien avant le début de la saison.

Barrichello fut alors contraint de céder sa première place à un Schumacher dominé, ce qu’il fit en serrant les dents à quelques mètres de la ligne d’arrivée, pour bien signifier à son stand son incompréhension. Plutôt que de prétexter un quelconque problème technique ou de laisser passer son rival de manière moins flagrante, Barrichello a voulu jeter aux yeux du monde la bêtise d’une telle décision.

La cérémonie du podium ne fut qu’un camouflé monumental pour la Scuderia Ferrari. L’image de Michael Schumacher, désolé, donnant sa coupe de vainqueur au vainqueur moral, Barrichello finalement deuxième, était aussi triste que risible. Le brésilien, coincé entre son esprit de compétiteur et sa position de (second) pilote Ferrari faisait grise mine.

L’écurie ne put être sanctionné que sur le manquement au protocole du podium, et la FIA s’empressa de promulguer une règle interdisant toutes les consignes d’équipe durant la course.

Huit ans plus tard, dans le cadre du grand prix d’Allemagne, le même type de situation se renouvelle avec Fernando Alonso et Felipe Massa comme protagonistes. A ce point près que le ridicule de la situation est encore plus flagrant. Cette fois ci, c’est l’espagnol dans la peau du vainqueur et le brésilien dans celle du second pilote qui se soumet aux ordres de son stand.

Aucun des deux pilotes ne se battant en tête des quatre premières places du championnat, Massa avait tout autant besoin de marquer de gros points qu’Alonso, surtout un an, jour pour jour, après sont terrible accident au grand prix de Hongrie. La symbolique aurait été forte et Ferrari en serait sortie grandi.

 

Alors comment est-il encore possible de passer ce genre de consigne à un pilote lors d’une course après que la FIA l’est interdit en 2002 ?

Tout simplement en se moquant du public (spectateurs et téléspectateurs) et en prenant les instances dirigeantes de ce sport pour une bande de naïf.

Lorsque Felipe Massa et des millions de téléspectateurs ont entendu ce message laconique de Rob Smedley « Fernando est plus rapide que toi, m’as-tu bien compris ? », personne n’était dupe. Voilà comment passer une consigne sans donner d’ordre formel. Le pilote brésilien à d’ailleurs très bien compris le message en laissant passer son coéquipier quelques virages plus loin. Ce dernier d’ailleurs jouera l’étonnement en demandant à son stand ce qui avait bien pu arriver à ce pauvre Massa. Peut être une vitesse mal enclenchée ? Cette naïveté tellement soudaine ne peut paraître que suspecte.

 

Personne ne sort grandi de cette mascarade. Ni la Formule 1, ni Fernando Alonso et encore moins la mythique Scuderia Ferrari récidiviste dans ce domaine et avec des dirigeants qui semblent à ce point perdus cette saison qu’ils reproduisent les plus grosses erreurs de leurs prédécesseurs.

 

Axel B.

 

 

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