Les spéculations lors de ces dernières semaines concernant le possible retrait de Michael Schumacher, fin 2010 ou après 2011, ont bien failli éclipser la formidable lutte pour le titre de champion que nous offrent les cinq derniers protagonistes, totalement étranger au clan Mercedes.

Cependant, Michael Schumacher lui-même est en train de remettre les pendules à l’heure. Pendant plus d’une heure et demie, lors du grand prix du Japon, le pilote allemand a retrouvé sa fougue et son coup de volant légendaire.

Décrié, critiqué, vilipendé par ses pairs et les instances dirigeantes il y a quelques mois, lors du grand prix de Hongrie, pour son geste dangereux envers Rubens Barrichello, le septuple champion du monde s’est racheté dans les premiers tours en retrouvant son ancien équipier de chez Ferrari à la dernière chicane du circuit pour un somptueux dépassement qui, s’il n’efface pas son geste d’inconscience du mois d’août, permettra de prouver à ses fans comme à ses détracteurs qu’un grand pilote ne perd pas son coup de volant en si peu de temps ; même si trois années d’inactivité peuvent paraitre longue en Formule 1.

Néanmoins, ses contres performances cette saison ont peut être changé son image face au public.

Même si les dominations sans partage dont il a été l’artisan pendant une dizaine d’année forcent le respect, le public s’enthousiasme d’avantage pour un pilote qui, après avoir connu la gloire et l’arrogance, découvre l’humilité et la satisfaction de se sortir de ses difficultés.

Un peu à l’image d’un Jacques Villeneuve. Le parallèle entre le pilote canadien et l’allemand peut paraitre audacieux tellement ces deux personnages ont des comportements et des approches de la course et de la compétition différents, mais Jacques Villeneuve est lui aussi devenu champion du monde très rapidement. Même plus rapidement que Michael Schumacher. Et ses différentes galère successive chez Williams ou BAR après sont titre en 1997 en ont fait un pilote sympathique et attrayant qui, après avoir connu les fastes et les lumières de la victoire, se battait encore plus fort et durement pour décrocher une place en fond de grille.

Michael Schumacher se retrouve exactement dans la même situation cette saison, même si le contexte est différend. Il n’a pas perdu sa motivation, sûrement pas son talent mais sa position actuelle lui a beaucoup appris. Non pas qu’il était plus facile pour lui de dominer un championnat, cet exercice demande également du courage et de la détermination, mais un autre aspect de son engagement nous est révélé aujourd’hui.

Les plus rugueux parmi ses détracteurs pourraient trouver un minimum de sympathie, ou d’empathie, pour un pilote qui se bat contre lui-même et sa machine sans se plaindre ni renoncer. Finalement, cette attitude représente l’essence même du sport.

 

Et son réveil au pays du soleil levant n’est pas qu’une éclipse, cela, Nico Rosberg l’a bien compris, lui qui a passé une quinzaine de tour sous la pression de son illustre équipier avant de craquer à quelques tour de l’arrivée.

 

Axel B.

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