Le peuple japonais rêve de s’enthousiasmer pour un pilote de Formule 1 enfin victorieux. De nombreuses idoles ont failli satisfaire ces attentes mais sans jamais réussir à atteindre le graal. Kamui Kobayashi, pilote Sauber révélé par Toyota la saison passée semble sur le bon chemin…

Avant lui, seul deux pilotes issus du pays du soleil levant sont parvenus à grimper sur un podium de Formule 1.

Aguri Suzuki a été le premier d’entre eux au volant d’une Larousse, au grand prix du Japon en 1990 à Suzuka. Même si sa carrière en dents de scie ne lui a jamais permis de réitérer cet exploit, il restera à jamais le premier nippon à avoir atteint ce niveau.

Il faudra attendre 14 ans et le grand prix des Etats-Unis 2004 pour trouver trace d’un nouvel exploit grâce à Takuma Sato et sa troisième place au volant d’une BAR-Honda. Le pilote de Tokyo au style flamboyant et apprécié du public représentait le plus fier espoir de tout un peuple. A tel point que, après sa mise à l’écart de l’écurie britannique, Honda a largement soutenu Aguri Suzuki dans la création de sa propre écurie, Super Aguri, avec Sato en pilote de pointe.

Lassé par les mauvais résultats et le manque de financement de la structure, l’association entre les deux champions japonais prendra fin au milieu de la saison 2008 et Takuma ne retrouvera plus jamais de volant à la hauteur de ses ambitions.

Les errances de Sakon Yamamoto et Kazuki Nakajima les années suivante ne marqueront pas l’histoire ni les esprits.

Kamui Kobayashi arrive donc à point nommé en 2009 pour le peuple japonais, lancé dans le grand bain par l’équipe Toyota suite à la blessure du titulaire Timo Glock, il conduit au Brésil et à Abu Dhabi de manière impressionnante, en marquant ses premiers points grâce à une 6ème place lors de la dernière course de la saison, non sans avoir tenu tête au futur champion du monde Jenson Button dans une passe d’armes resté mémorable à Sao Paulo.

Le retrait de Toyota à la fin de la saison n’aura pas d’incidence sur sa carrière puisque Peter Sauber, réputé dénicheur de jeunes talents, l’engage pour la saison 2010 afin d’épauler Pedro de la Rosa.

Le pilote espagnol sera vite submergé par le typhon Kobayashi, qui marque se fait remarquer grâce à sa grande qualité de metteur au point, son courage en piste et sa régularité tant en qualification qu’en course, qualités essentielles qui manquaient jusqu’à présent à ses prédécesseurs.

La plus belle preuve de son talent nous a été offerte cette saison devant son public à Suzuka avec une course opiniâtre et offensive qui a régalé les spectateurs.

 

Kamui est déjà une idole chez lui, au Japon, avec un peuple qui aime s’exalter rapidement face aux exploits de ses compatriotes. Les Suzuki, Katayama, Inoue, Nakajima père et fils seront peut être oubliés dans les années à venir si Kobayashi devient enfin le pilote tant attendu par le Japon.

 

Axel B.

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