Entre la réussite du nouveau circuit de Yeongam en Corée du Sud et la confirmation de celle de la piste de Yas Marina à Abu Dhabi, la France se sent encore plus orpheline et frustrée de ne pas avoir de course de Formule 1 sur ses terres. D’autant plus qu’un circuit en particulier semble avoir tous les atouts pour accueillir ce petit monde.


Le circuit Paul Ricard, implanté dans la commune du Castellet à quelques kilomètres de Marseille, vient à peine de fêter ses 40 ans. Riche d’un tracé conçu sous les conseils avisés de Jean-Pierre Beltoise et Henri Pescarolo à l’orée des années 70, et optimisé depuis plus de dix ans grâce aux nouvelles idées apportées par Philippe Gurdijian (maintenant directeur et concepteur du circuit d’Abu Dhabi), le Paul Ricard HTTT (High Tech Test Track) n’aurait besoin que de quelques mineures modifications pour redevenir une vitrine française du sport automobile exposée mondialement grâce à la Formule 1.

A ce propos, la holding propriétaire du site, a récemment avoué son envie de revoir des courses de Formule 1 dans le cadre du circuit. Gérard Neveu, directeur du Paul Ricard HTTT, se veux quant à lui beaucoup moins optimiste sur le retour d’une course, ne serait-ce même sur le sol français.

Des appuis politiques inexistants (même si François Fillion, actuel premier ministre s’était penché au début de son mandat sur le dossier en ayant une entrevue avec Bernie Ecclestone), des partenaires financiers qui ne se manifestent pas et une conjoncture économique toujours plus restrictive ne favorisent pas l’optimisme des dirigeants du circuit.

Et même, sans évoquer tous ces aspects essentiels, la difficulté de trouver une place dans le calendrier de la Formule 1 actuel, qui passera à 20 courses la saison prochaine, risque d’être insurmontable. Surtout avec la récente signature de la Russie et l’envi de Silvio Berlusconi d’accueillir un grand prix dans les rues de Rome.

Mais cette approche réaliste peut néanmoins être nuancée par le fait que le circuit Paul Ricard attire encore beaucoup de monde pour des courses de Protos, de GT et devient une étape incontournable des Le Mans Series (LMS) européenne.

Lors des dernières manifestations, les tribunes encore existantes n’ont eu aucun mal à se remplir grâce, notamment au prix d’entrée attrayant et accessible au grand public, à la qualité de l’accueil et à la beauté du tracé de la piste et du paysage environnant.

Patrick Peter, promoteur de courses automobiles et plus particulièrement des LMS résume parfaitement bien cet état de fait : « Les spectateurs sont l’une des composantes du succès d’un événement, il faut travailler pour eux. Et je note avec plaisir les efforts accomplis par le circuit Paul-Ricard pour retrouver son public. On ne crée pas de la passion en laissant les gens derrière les grillages de protection. L’accès et l’ambiance dans un paddock, les séances d’autographes aussi font partie de la vie des courses. »

La passion et l’état d’esprit sont donc deux des atouts majeurs pour que le circuit Paul Ricard retrouve sa place dans le paysage mondial de la Formule 1, comme cela était le cas de 1971 à 1990. Que des grands noms de ce sport ont triomphé sur cette piste, Alain Prost, Niki Lauda, Jackie Stewart, Nelson Piquet etc…L’histoire serait belle si à l’avenir les Alonso, Hamilton, Vettel ou Kubica pouvaient ajouter à leur tour leur nom au palmarès du circuit.

Axel B.

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