L’écurie Red Bull-Renault a remporté le titre de champion du monde des constructeurs lors du grand prix du Brésil le week-end dernier. Première équipe victorieuse représentant une marque commerciale hors marché automobile depuis Benetton en 1995, Red Bull en profite pour donner de nouveau des ailes à Renault, qui redevient un motoriste gagnant après sa parenthèse constructeur du début des années 2000.

Mais qui se souvient que l’actuelle écurie Red Bull était à l’origine détenue par Jackie Stewart et son fils Paul sous le nom de Stewart GP. Victorieuse d’une course en 1999 au Nurburgring grâce à Johnny Herbert, l’entité fut ensuite revendue entièrement à Ford, constructeur américain qui rêvait depuis longtemps d’avoir les mains libres en Formule 1. Rebaptisée Jaguar, emmenée par Eddie Irvine puis, déjà, Mark Webber, la réussite n’était malheureusement pas de la partie et les ambitions de Ford furent rapidement réduites à néant.

Dietrich Mateschitz, magnat de la boisson énergétique grâce à sa marque Red Bull, profite alors de l’occasion qui lui est présentée de s’investir plus durablement en Formule 1 pour racheter à son tour l’usine et garder une partie du personnel afin de lancer sa propre écurie ; le meilleur moyen selon lui de faire de la publicité, plus fructueux en tout cas que le sponsoring d’équipes de milieu de tableau comme Sauber ou Arrows.

Ayant déjà dans son escarcelle un vivier de jeunes pilotes issus de son propre financement, Mateschitz, autrichien, fait courir successivement Christian Klien, Vitantonio Liuzzi et Robert Doornbos aux côtés de David Coulthard lors des deux premières saisons. Mais c’est avec le retour de Mark Webber en 2007, puis l’arrivée du jeune Sebastian Vettel en 2009 que l’écurie prend sa réelle consistance et commence à se battre régulièrement pour la victoire.

L’embauche en 2006 d’Adrian Newey, ingénieur réputé pour avoir fait gagner toutes les équipes qu’il a fréquentée jusqu’à présent (Williams, Mclaren et maintenant Red Bull) n’est pas non plus étrangère au nouveau statut de prétendant à la victoire finale acquis par l’écurie ces dernières années.

Renault est grandement associé aux résultats probants de l’équipe ces deux dernières années. Même si le bloc français concède des chevaux en moins qui handicapent sa puissance, sa fiabilité et sa souplesse sont des atouts non négligeables. Seul l’abandon de Vettel en Corée du Sud cette année est à imputer au motoriste.

Ceci dit, les pilotes Red Bull n’ont pas eu besoin de beaucoup d’aide cette saison pour ne pas finir les courses. Un duel fratricide, qui n’a toujours pas connu son dénouement, s’est déroulé durant différent grand prix avec en point d’orgue l’historique accrochage en Turquie.

Les dirigeants de l’équipe autrichienne prenant ouvertement parti pour Sebastian Vettel, et ceux, malgré la clairvoyance des observateurs extérieur qui défendaient plutôt Mark Webber, la guerre psychologique entre le fougueux pilote allemande et le rugueux et expérimenté australien était lancée.

Le vainqueur de ce duel sera connu lors du grand prix d’Abu Dhabi, en fin de semaine et il se pourrait bien que la défaite soit amèrement partagée par les deux protagonistes. Un éventuel futur problème qui pourrait menacer la stabilité déjà précaire de l’équipe et envenimer sa progression victorieuse.

La victoire de Red Bull-Renault au championnat n’est pas sans rappeler celle de Brawn-Mercedes l’année dernière. Construite sur les cendres d’une écurie riche, mais peu compétitive (en occurrence Honda), cette dernière avait réussi à se souder autour d’un noyau dur et talentueux pour dominer la saison 2009 avec Jenson Button et Rubens Barrichello. L’ère des constructeurs indépendants est peut être de retour en Formule 1?

Mais outre cet état de fait, c’est surtout la victoire d’une équipe jeune, qui fait souffler un vent de fraicheur sur la Formule 1 grâce à son approche peu conventionnel de ce sport et de son aspect communication et commercial. Certaines images restent en tête pour illustrer l’atypisme Red Bull comme la cape de Superman de Coulthard sur le podium monégasque en 2006 ou la publication du « Red Bulletin », journal corrosif distribué dans le paddock. Bien loin du sérieux et du conformisme de Ferrari et McLaren mais finalement pas moins efficace.

Axel B.

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