Il est des pilotes dans l’histoire de la Formule 1 qui marquent ce sport non pas grâce à leurs performances en piste, mais plutôt par leur capacité à se trouver au cœur de l’action au meilleur moment. Vitaly Petrov en a fait l’expérience cette année tout comme l’avait fait Timo Glock en 2008.

Fernando Alonso se souviendra longtemps de cette fin de saison et de cette ultime course de 2010. Ayant quasiment le titre en poche, le pilote Ferrari, bien mal aidé par une stratégie défaillante de son écurie, la mythique Scuderia Ferrari, allait se retrouver coincé derrière une monoplace jaune, la Renault, conduite par une jeune pilote russe avide de prouver à ses patrons son potentiel entrevu partiellement durant l’année.

Vitaly Petrov, pour ne pas le nommer, a sûrement augmenté ses chances de conserver son baquet la saison prochaine en tenant tête au double champion du monde espagnol. Ce dernier, ibérique au sang chaud, lui a fait connaitre sa déception d’avoir perdu le titre et sa façon de penser une fois la ligne d’arrivée coupée en maugréant toute sa rancœur à grand coup de poings fermés battant le ciel obscur d’Abu Dhabi. Heureusement que les deux pilotes étaient encore casqués et harnachés derrière leur volant sinon le spectacle en aurait été très différent et bien plus affligeant.

Car enfin, que peut on reprocher de censé à Petrov ? Certes, Alonso se battait pour le championnat du monde et Charlie Whiting, historique directeur de course, a sûrement sensibilisé l’ensemble du peloton à ne pas se mêler à la lutte ultime, mais le jeune pilote russe devait lui aussi de son côté défendre sa place et son volant, synonyme d’un avenir moins sombre. Les interrogations se seraient également portées sur son comportement s’il avait facilité la tâche du pilote Ferrari. Et quand bien même certains doutes peuvent être émis à son encontre au vu de la fourniture de moteur Renault à Red Bull, le talent de Petrov à résister à la pression dans son dos d’un champion du monde jouant sa saison, balaye tous doutes sur son intégrité.

L’intégrité était également au centre du débat au soir du grand prix du Brésil 2008 qui avait vu la victoire finale au championnat du monde du pilote britannique Lewis Hamilton sur McLaren au dépend de son grand rival de la saison, le brésilien Felipe Massa sur Ferrari.

Si l’enfant de Sao Paulo a entrevu le bonheur pendant quelques instants, c’était sans compter sur le soudain effondrement des pneumatiques de la Toyota de Timo Glock, qui, se faisant dépasser dans le dernier virage par Hamilton, privait de ce fait Massa d’une consécration mondiale devant son public.

Le panache du pilote Ferrari sur le podium mérite encore une fois d’être souligné tout comme doit être dénoncé la bêtise des médias et journalistes brésilien qui se sont acharné sur le pilote Toyota, coupable selon eux de n’avoir pas résisté au retour de la McLaren d’Hamilton. Les explications du pilote allemand seront pourtant crédibles, dénonçant des conditions de piste extrêmement changeante et une grande difficulté de sa part à rester sur la piste. D’autant que son résultat était très satisfaisant pour Toyota et son pilote, perdu dès le début de la course dans les bas fonds du classement et qui voyaient en fin de course, grâce aux conditions météorologiques, l’opportunité de marquer quelques points inespérés.

 

Vitaly Petrov et Timo Glock sont encore à l’aube de leur carrière. Il leur reste maintenant à faire en sorte que la mémoire de la Formule 1 ne les retienne pas uniquement pour ces faits de course mais pour leur talent et leurs possibles futures victoires.

 

Axel B.

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