La mode des pilotes payants serait-elle de retour dans le monde de la Formule 1 ? La titularisation de Pastor Maldonado en lieu et place du talentueux Nico Hulkenberg chez Williams et les difficultés que les petites écuries Virgin et HRT rencontrent pour signer rapidement des pilotes en cette fin d’année sont autant de signes annonciateurs de cette tendance.

La situation au sein de l’écurie Williams est à ce jour très représentative de ce phénomène des pilotes payants.

Perdant la majorité de ses sponsors les plus importants, l’écurie de Sir Franck Williams et Patrick Head a donc été contrainte de se séparer d’un des plus prometteurs jeunes pilotes du plateau, Nico Hulkenberg, pour se tourner vers un autre jeune, certes talentueux également mais devant encore faire ses preuves et manquant d’expérience, qui leur apporte un financement de plus de dix millions de dollars grâce à de nombreux soutiens.

L’avenir nous dira si ce choix a été un handicap pour les performances de l’équipe. Cependant, même si Maldonado, le pilote en question, est le récent champion de GP2, l’antichambre de la Formule 1 qui a notamment consacré Lewis Hamilton ou Nico Rosberg, rien ne lui assurait d’avoir un volant de titulaire en 2011 dans une écurie compétitive.

L’expérience et le talent ne sont plus les priorités des équipes qui ont du mal à boucler un budget pour l’année complète. Même Rubens Barrichello, l’homme aux plus de 300 courses a eu quelques sueurs froides en cette fin de saison en ne sachant qu’au dernier moment que son contrat allait être renouvelé. La pole position d’Hulkenberg au Brésil n’a fait que fragiliser la position de Rubens au sein de l’équipe. Mais l’intelligence de Williams et Head a sauvé sa position.

Vu de l’extérieur, cela peut paraître  paradoxal de se séparer d’un pilote qui a été en constant progrès depuis le premier grand prix et qui a signé la seule pole position de son équipe depuis de nombreuses années. Mais la situation économique globale, plus que fragile en ce moment, a dicté d’autres choix aux dirigeants de l’écurie britannique.

Cependant, l’engagement de Pastor Maldonado n’est peut être pas une si mauvaise pioche. Courtisé par de nombreuses écuries en manque de liquidités, le vénézuélien n’a eu que l’embarras du choix, lui qui représentait le meilleur compromis entre talent avéré et financement juteux.

Et puis en se référent à l’histoire de ce sport, on se rappellera que Niki Lauda, en son temps, avait lui aussi payé son premier volant en 1971 et 1972 chez March. Situation qui ne l’a pas empêché de devenir triple champion du monde entre 1974 et 1984. Un exemple parfait à suivre pour Maldonado.

A l’inverse, la bataille que se livre quelques pilotes pour obtenir un des baquets vacants de l’équipe HRT ressemble plutôt à une foire à l’empoigne qui sera remportée par celui qui apportera la plus grosse valise de dollars. Christian Klien, Sakon Yamamoto et même Pedro de la Rosa ou Bruno Senna semblent prendre le chemin de pilotes oubliés de l’histoire tels que Ricardo Rosset, Taki Inoue ou encore Gaston Mazzacane. Même Pedro Diniz, élégant pilote brésilien des années 90, a rapidement compris qu’il devait arrêter sa carrière après seulement quelques saisons afin de ne pas tomber dans le ridicule d’une situation caduque ; alors qu’il était pourtant ouvertement soutenu par la firme Parmalat qui avait, en son temps, sponsorisé Nelson Piquet Sr.

A ce propos, tous les grands pilotes présent dans les écuries de pointe conservent, même après victoires et titres, des soutiens financiers de premier plan, à l’image des banques Santander avec Alonso. Mais pouvons nous alors encore parler de pilotes payants leur volant dans ces situations là ?

 

Espérons néanmoins que ce phénomène ne soit pas annonciateur d’une nouvelle crise financière en Formule 1, car, si les écuries se tournent vers les pilotes pour assurer leur survit cela démontre que les fonds sont devenus encore plus difficile à trouver en dehors. Max Mosley, ancien président de la FIA annonçait d’ailleurs récemment  que certaines équipes pourraient rapidement être obligé de fermer le rideau, plus que sur leur ambitions, sur leur présences en Formule 1…

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