Lucas di Montezemolo, fringant et charismatique patron de la Scuderia Ferrari milite depuis plusieurs mois maintenant pour que les écuries de pointe alignent une troisième monoplace lors des grand prix. L’idée n’est pas saugrenue et a une référence historique. Mais est-elle réalisable dans le monde de la Formule 1 moderne ?

Au commencement du championnat jusqu’à dans les années 70, il n’était pas étonnant de voir des artisans privés et indépendants aligner sous leur bannière une voiture d’un constructeur reconnu et déjà implanté en Formule 1. Cela était également la solution la plus rentable pour des pilotes fortunés, qui pouvaient ainsi s’offrir un chassis et un moteur compétitif afin de participer aux courses.

Mike Hawthorn, premier britannique champion du monde en 1958, a couru ses premiers grand prix sur une Cooper financée par son père. D’ailleurs, les Cooper étaient des monoplaces fortement demandées et elles représentaient dans les années 60 une part importante du plateau de Formule 1, en écuries officielles et privées.

D’autre grands noms ont commencé leur carrière de cette manière à l’image de Stirling Moss ou encore Nelson Piquet.

Il ne faut pas oublier non plus que la première Williams alignée en 1969 fût en fait une Brabham, achetée par Franck Williams pour faire courir son ami Piers Courage.

Certes, de nos jours, les pilotes préfèrent payer un volant fournit clefs en main, comme le montre l’exemple récent de Pastor Maldonado. Le dernier à avoir tenté de créer une écurie autour de son talent pour le pilotage était Jacques Villeneuve avec le British American Racing soutenu par des financiers de l’industrie du tabac et par le constructeur américain Raynard.

Cette aventure signifia la fin des succès pour le champion du monde canadien qui ne survécu sportivement pas longtemps à ce manque de réussite.

L’idée de Montezemolo s’inspire donc de ce phénomène mais avec une cohérence mieux adaptée à l’environnement financier du moment.

Les écuries les plus fortunées (parmi lesquelles on peut compter Ferrari, McLaren, RedBull et peut être Renault et Mercedes) aligneraient à leur frais une troisième monoplace qu’elles confieraient à des pilotes en devenir.

On imagine bien Ferrari faire confiance au multiple champion moto Valentino Rossi, Mercedes aligner un trio 100% allemand avec Schumacher, Rosberg et Hulkenberg, McLaren donner sa chance à Gary Paffet et Renault à un pilote français alors que RedBull n’aurait aucun mal à placer un de ses jeunes pilotes derrière le volant.

Si les éventuels points constructeurs marqués par ces pilotes ne compteraient pas au championnat, l’apport stratégique de posséder une troisième voiture en course pourrait être un avantage non négligeable.

Le seul problème, que Montezemolo a déjà largement souligné dans la presse, concerne le fait que la grille de départ se verrait engluée par trop de monoplaces présentes, d’où le forcing fait par le patron italien pour supprimer la participation des nouvelles écuries inscrite en 2010 et qui, au vue de leurs résultats et de leur chronos à plusieurs secondes des écuries de pointe, n’auraient pas le niveau requis pour assurer leur présence en Formule 1.

 

Jusqu’à présent, la FIA ne semble pas séduite par cette proposition qui équivaudrait à revenir sur leur décision d’accueillir de nouvelles écuries. Tout le travail de Montezemolo maintenant et d’arriver à convaincre que le spectacle sortirait gagnant de cette modification.

 

Axel B.

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