De plus en plus, la Formule 1 tend à devenir un sport artificiellement programmé. Si les rumeurs d’arrangements de résultats en fonction des bénéfices commerciaux restent à ce jour à prouver, de nombreuses modifications et obligations imposées par la FIA illustrent cet état de fait.


En premier lieu, la constitution des nouveaux pneumatiques Pirelli fait déjà beaucoup parler le monde de la Formule 1. Après le retrait de Bridgestone à la fin de la saison 2010, le manufacturier italien est devenu l’unique fournisseur de la discipline.

Pirelli a eu un cahier des charges bien précis délivré par la FIA, avec la contrainte de rendre les courses plus indécises et disputées.

Voilà donc que les pilotes se trouvent face à un pneumatique à l’usure rapide et inconstante, ce qui pourrait entraîner des différences de temps au tour de plusieurs secondes selon la fenêtre d’exploitation dans laquelle se trouvent les gommes.

Un moyen bien artificiel et hasardeux de pimenter des grand prix qui risquent de devenir une succession d’arrêts aux stands, de multiples crevaisons et de dépassements incessants, rendant la compétition brouillonne et incompréhensible.

Kamui Kobayashi, pilote Sauber-Ferrari plaisantait déjà à ce sujet la semaine dernière en exprimant le fait que l’ont pourrait voir une HRT doubler une Red Bull en course cette année. Même si l’exemple est extrême, il transparaît bien les craintes que peuvent avoir les pilotes concernant le comportement en course de leurs pneumatiques.

La dernière lubie de Bernie Ecclestone va dans le sens de cette politique d’arrangement de la compétition.

En effet, le magnat anglais n’a rien trouvé de mieux que de proposer de la pluie artificielle pendant les courses afin de rendre celles-ci plus palpitantes. Il est vrai que les grand prix sur piste détrempée sont souvent historiques. On pourrait citer la course espagnole de 1996 remportée par Michael Schumacher pour son premier succès chez Ferrari ou plus récemment le grand prix de Corée la saison dernière.

Mais alors quels seront les critères pour décider qu’une course se déroulerait sous la pluie ou non ?  Comment définir l’intensité de l’orage artificiel proposé ?

Aujourd’hui, les courses sur le mouillé restent encore indécises. Mais c’est aussi car les pilotes ne sont pas habitués à courir dans de telles conditions qui sont occasionnelles tout au long d’une saison. Si plusieurs courses se déroulent sur piste détrempée, ne doutons pas que des pilotes comme Fernando Alonso, Sebastien Vettel, Lewis Hamilton ou tous leurs camarades, développeront des techniques de pilotage en fonction de ces conditions et finiront par commettre moins d’erreur.

De plus, les règles d’utilisation de l’aileron arrière mobile sont confuses. Des lignes tracées sur le tarmac des circuits délimiteront les zones dans lesquelles les pilotes pourront bénéficier de cet avantage. Un souci de plus pour ces derniers, qui n’auront bientôt plus le temps de réfléchir à leur course à force de se concentrer sur d’autres éléments, et un obstacle supplémentaire à la compréhension intuitive des grand prix pour les spectateurs.

L’approche intelligente consisterait plutôt à se pencher sur le tracé de certains circuits qui sont, soit devenus obsolètes, soit élaborés en dépit du bon sens de la compétition.

Mis sous pression par le CMSA (Conseil Mondial du Sport Automobile), la FIA et la FOTA (l’association des écuries de Formule 1), certains circuits pourraient se voir contraindre de modifier leur tracé afin de favoriser les dépassements.

 

Une approche plus humaine et rationnelle serait en accord avec l’essence même de la course automobile dans laquelle les pilotes doivent rester les vrai héros. Des règlements ambivalents et factices ne vont pas dans le sens de la compétition automobile.

 

Axel B.

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