Max Mosley avait fait un rêve. L’ancien président de la FIA, prédécesseur de Jean Todt à la tête de la plus haute instance automobile mondiale, voulait faire de la Formule 1 un sport ouvert et accessible à tous, où chaque entrepreneur pourrait tenter sa chance.En ouvrant la porte à des équipes moins fortunées et moins performantes, il a ravivé le pire cauchemar de son ami intime, Bernie Ecclestone.

A l’aube des années 90, Bernie Ecclestone et Max Mosley commençaient à étendre leur emprise sur ce qui allait devenir pendant plusieurs années, leur empire.

L’avocat britannique Mosley s’occupait de la gestion institutionnelle du sport automobile et de l’automobile en général et se fera une réputation d’intransigeance dans le domaine de la sécurité routière.

De son côté, Bernie Ecclestone, anglais roublard et débrouillard, tiendra les rênes de l’aspect commercial de la Formule 1, qu’il tentera, après de nombreux efforts, souvent décriés, de rendre plus professionnelle en balayant l’amateurisme trop présent à certains échelons, ce qui rendra ce sport plus crédible commercialement.

En voulant lui donner un aspect mercantile attrayant, Ecclestone permettra l’émergence des sponsors aux portefeuilles bien rempli, ce qui sonnera le glas, au fil des années, des petites équipes d’artisans qui jetteront l’éponge, sacrifiés sur l’autel de la finance.

Si certaines de ces écuries n’avaient certes pas de légitimité à être présente en Formule 1 (qui se souvient encore des Andrea Moda de 1991 et 1992 ou des Lola de 1997 ?) d’autres, à l’état d’esprit plus sympathique, ne verront pas leur persévérance les sauver d’une mort certaine (parmi elles, Forti et Pacific en sont de bons exemples).

Mais juste au moment où Ecclestone aura enfin réussi à stabiliser un plateau réduit à des équipes talentueuses et légitimes à ses yeux, voilà que Max Mosley part dans une ultime croisade qui fera de la Formule 1 un sport moins onéreux et plus accessible.

C’est ainsi qu’en 2010, trois nouvelles équipes vont être adoptées dans le sérail de ce sport devenu tellement exclusif grâce aux efforts d’Ecclestone, que plus personne n’avait le courage de franchir la barrière que représentait le prix d’une inscription au championnat.

Team Lotus, Virgin Racing et Hispania Racing, pour ne pas les nommer, ont donc involontairement ravivé le pire cauchemar du grand argentier de la Formule 1.

A tel point que le voilà lancé dans une veine bataille de propagande néfaste à leur encontre, visant à les dégouter d’une participation au championnat afin de réduire la grille de départ à dix voir onze écuries, proclamées crédibles à ses yeux, comme cela était le cas au début des années 2000.

Seulement voilà, la politique de réduction des coûts en Formule 1 est une évolution importante et vitale durant cette période de récession économique mondiale et, de ce fait, Bernie Ecclestone ne peut pas afficher ses ambitions réactionnaires au grand jour au risque de paraitre en total décalage avec le mouvement mondial. Déjà que la Formule 1 est montrée du doigt écologiquement parlant, il ne lui reste plus que de tenter de rester crédible économiquement pour assurer sa survie.

 

La survie des trois nouvelles équipes, elle, dépendra de leurs résultats en course. Team Lotus ne semble pas être la cible des remontrances acerbes d’Ecclestone, au contraire de Virgin ou HRT. Mais toutes les trois devront faire de gros efforts pour parvenir à rester sur les grilles de départ car, au vu de la première course de la saison, l’écart semble encore bien grand avec les premiers.

 

Axel B.

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