Avec l’arrivée en Formule 1 de nouvelles options de pilotage disponibles au sein même des monoplaces, de nouveaux débats vont apparaitre pour mettre à jour la véritable utilité de l’aileron arrière mobile ou du système de récupération de l’énergie cinétique, plus connus respectivement sous les abréviations de DRS et KERS. Les pilotes menacent même d’une possible grève si leurs attentes ne sont pas respectées.

Directeur aux côtés de Felipe Massa de l’Association des Pilotes de Grand Prix, présidée par Rubens Bartichello, Sebastien Vettel clame depuis plusieurs jours, à qui veux l’entendre, que ses camarades de jeux et lui-même pourraient exercer une pression sur la FIA en faisant une grève si leurs revendications ne sont pas entendus.

Si le champion du monde 2011 est aussi radical, c’est que la multiplication des « aides » au pilotage et aux dépassements ne cesse de croitre.

Avec le retour, cette saison, du KERS et l’arrivée de l’aileron arrière mobile, les pilotes se voient confier des responsabilités et des obligations supplémentaires pendant les courses, qui pourraient bien les voir s’éparpiller au détriment de leur principale mission qu’est le pilotage pur et simple.

Outre le fait d’une complexité accrue pour les spectateurs à comprendre les courses, Vettel et l’ensemble des pilotes tirent la sonnette d’alarme concernant leur propre sécurité. Leur volant de course est en train de ressembler à un clavier d’ordinateur avec une multitude de boutons de réglages pour tel ou tel appendice ajustable, que cela soit au niveau mécanique ou aérodynamique.

La saison dernière, le F-Duct (système aérodynamique permettant de gagner quelques précieux kilomètres heure en ligne droite) avait été reconnu trop dangereux lorsque la FIA s’était rendu compte que les pilotes ne conduisaient plus que d’une main, l’autre étant occupée à obstruer l’orifice d’entrée du système mis au point au début de la saison par l’équipe McLaren. L’ingéniosité des têtes pensantes de l’usine de Woking fut certes admirable, mais les limites et les contraintes humaines doivent également être prises en compte lors de la mise en place d’une telle innovation.

Le même problème se pose désormais avec le KERS et le DRS, qui occupent plusieurs fois par tour les mains des pilotes qui sont parfois obligé de lâcher la piste des yeux, et parfois le volant, pour actionner plusieurs boutons sur ce dernier.

Cet aspect de danger, tous les pilotes l’ont dans un coin de leur tête. Même s’ils n’aiment pas l’avouer de peur de dévoiler des faiblesses à leurs adversaires. Sebastien Vettel ose en parler librement car il pense que la situation devient absurde : « Si la situation empire au point de devenir dangereuse, je pense que nous avons le pouvoir de faire valoir notre position. Le dernier ressort est de ne pas courir si une situation dangereuse n’est pas changée »

La dernière et unique grève des pilotes en Formule 1 avait eu lieu lors du grand prix d’Afrique du Sud 1982 en plein conflit entre la FISA et la FOCA. Même si elle avait été avortée et n’avait eu que peu d’incidence sur la situation politco-sportive du moment, elle avait eu le mérite de prouver que les pilotes possèdent un moyen de pression pour se faire entendre.

 

Des soutient de poids, à l’image du triple champion du monde autrichien Niki Lauda, ont eux aussi fait entendre leur voix sur cette situation qui risque de s’envenimer si la FIA ne prend pas en compte les remontrances des principaux acteurs de ce sport que sont les pilotes.

 

Axel B.

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