La filière de jeunes pilotes de l’équipe Red Bull serait-elle en train de prendre du plomb…dans les ailes. La fameuse firme autrichienne avait pourtant fait de cet objectif de formation des jeunes un des ses principaux atouts. Cependant, personne ne semble apte à prendre la suite du talentueux Sebastian Vettel…

 

Depuis le début de son engagement en Formule 1, l’entreprise Red Bull, propriété de Dietrich Mateschitz, a toujours favorisé l’accession de pilotes plus ou moins talentueux au but ultime de leur carrière. On se souvient notamment du soutien au pilote brésilien Enrique Bernoldi, qui a largement bénéficié de l’apport financier de Red Bull, en partie chez Arrows, pour posséder un volant dans la catégorie reine.

Si beaucoup jugeaient ce soutien financier inutile envers un pilote d’une qualité et d’un talent discutable, Mateschitz voyait surtout une opportunité économique de conquérir un marché, en l’occurrence sud-américain, encore non exploité.

C’est avec le rachat de l’écurie Jaguar Racing en 2005, puis de Minardi en 2006, que le magnat autrichien a compri que son apport financier devait servir à faire grimper de jeunes pilotes talentueux dans la hiérarchie mondiale.

En rebaptisant respectivement ses écuries Red Bull et Toro Rosso, Mateschitz s’offrait la meilleure publicité possible avec une exposition médiatique décuplée par deux.

Il pouvait dès lors se concentrer sur la recherche du futur champion estampillé par sa fameuse marque de boisson énergétique.

Si Red Bull Racing sera l’écurie phare, avec, à ses débuts des pilotes d’expérience (David Coulthard, Mark Webber) pour essayer de développer avec cohérence les monoplaces et le savoir faire de l’équipe technique, Toro Rosso sera le centre de formation pour les jeunes pilotes.

L’américain Scott Speed et l’italien Vitantonio Liuzzi seront les deux premiers à bénéficier de cette filière. Avec le prometteur pilote essayeur suisse Neel Jani, l’équipe managé alors par Gerhard Berger, pensait avoir un trio de qualité.

Force est de constater cependant qu’aucun des trois pilotes ne se trouvent en ce moment au sommet de la Formule 1. Pire que ca, Speed sera proprement mis à la porte pour son comportement désinvolte, Liuzzi sera écarté pour n’avoir pas réussi à séduire ses patrons (scénario qui se répétera pour l’infortuné pilote italien avec Force India en 2010) et plus personne n’entend parler de Jani dans les paddocks de Formule 1.

La seule bonne intuition de Mateschitz et de son bras droit Helmut Marko sera de récupérer Sebastian Vettel, prêté à BMW en qualité de pilote essayeur, pour en faire le pilote talentueux, devenu champion du monde en 2010.

L’allemand, avant de gagner le titre au volant d’une Red Bull, remportera la seule et unique victoire à ce jour de Toro Rosso, où il se paiera même le luxe de laminer son équipier Sébastien Bourdais, pourtant engagé, non pas comme espoir, mais dans le but d’apporter un peu d’expérience technique à une équipe qui en manquait cruellement.

Sebatien Vettel reste à ce jour le meilleur et le seul exemple d’une passerelle réussi entre Toro Rosso et sa grande sœur Red Bull.

Aujourd’hui, le suisse Sebastien Buemi et l’espagnol Jaime Alguersuari se bagarre dans l’écurie basée à Faenza et bâtie, rappelons le, sur les fondations de Minardi, afin d’accéder, eux aussi, au sein graal que représente actuellement Red Bull et sa monoplace magiquement conçue par le génial Adrian Newey.

Cependant, même si Toro Rosso est actuellement moins performante que sous l’ère Vettel, aucun des deux jeunes pilotes n’arrivent à impressionner leur patron. A tel point que l’australien Daniel Riccardio et le français Jean-Eric Vergne, pilote essayeur respectifs de Toro Rosso et Red Bull commencent à pointer le bout de leurs ailes…

Axel B.

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