Une telle domination de l’équipe Red Bull cette saison va être très dure à contrer. Autant sur le plan technique que sur le plan du pilotage, avec Sebastian Vettel, l’écurie est en train de prendre un ascendant décisif sur ses concurrents. Mais une telle domination n’est pas une première dans l’histoire de la Formule 1.

 

Sebastian Vettel, champion du monde en titre, est en train de survoler le début de saison. Au volant d’une voiture parfaitement imaginée par le génialissime Adrian Newey, le pilote allemand a vu son capital confiance grandir à un tel point qu’il semble aujourd’hui intouchable. Même Mark Webber, son coéquipier, avoue son impuissance et son admiration envers son plus proche rival.

D’ailleurs, si de nombreux soucis techniques (souvent inhérents au KERS) n’avaient pas handicapé l’australien en ce début de saison, nul doute que les deux Red Bull seraient en tête du championnat pilotes, loin devant des McLaren et des Ferrari qui tentent le tout pour le tout afin de rattraper leur retard.

Si l’on se penche un petit peu sur l’histoire récente de la Formule 1, cette domination de l’écurie autrichienne semble finalement logique.

Depuis les années 90, et à une fréquence décennale, une écurie se retrouve largement au dessus du lot durant une voir même plusieurs saisons.

En 1992, l’écurie Williams dominait de ce fait les débats. Après quelques saisons à haut niveau, sans vraiment réussir à atteindre l’apothéose d’un titre mondial, l’écurie britannique, qui comptait alors dans ses rang Adrian Newey à la baguette technique, allait sortit la fameuse FW14B qui permit à Nigel Mansell de dominer la saison…et également son coéquipier Riccardo Patrese. Bardée d’aides électroniques et possédant un aérodynamisme parfait, la monoplace conduite par l’opiniâtre et flamboyant pilote moustachu allait rentrer dans l’histoire.

L’année suivante, Alain Prost remportera lui aussi le titre, certes, avec une domination moindre mais qui allait annoncer une période faste pour l’équipe de Sir Franck Williams.

Même cas de figure dix ans plus tard avec la « dream team » Ferrari composée des ingénieurs Ross Brawn et Rory Byrne, du dirigeant français Jean Todt et du pilote Michael Schumacher.

La Scuderia dominera totalement la discipline au début des années 2000 avec en point d’orgue la saison 2002 ou l’équipe remportera 15 des 17 courses.

La domination de Michael Schumacher n’est pas sans rappeler celle de Vettel aujourd’hui, avec une équipe entièrement acquise à sa cause. La fusion totale entre le pilote et sa voiture exclu tous les autres, y compris son propre coéquipier, et donne une impression de sacralisation qui renforce d’autant plus la confiance du vainqueur.

Ross Brawn a bien tenté de recréer une telle domination en 2009 avec l’écurie portant son nom, mais un manque cruel de financements obligera Jenson Button, futur champion du monde cette année, à se battre jusqu’à la fin de la saison face à une concurrence qui les avaient rattrapé.

Cependant, une telle domination reste fragile. L’exemple de Ferrari et Williams en est pour preuve.

L’équipe au cheval cabré a subit les modifications techniques en 2003 (notamment concernant les pneumatiques) et a vu sa domination voler en éclats. Certes, cela ne les a pas empêché de remporter le titre, mais de haute lutte, face à des adversaires fortement revigorés.

Williams a connu elle aussi une longue descente aux enfers, de son dernier titre en 1997 jusqu’à aujourd’hui, avec de nombreuses restructurations autant sur le plan managérial que sur le plan technique.

Sebastien Vettel profite à fond de l’avantage qui lui est offert en ce moment car il est assez intelligent pour se rendre compte du côté éphémère de la chose. Son travail, une fois les succès engrangés, sera de faire tout son possible pour rester au sommet de son art, et d’attirer ainsi son équipe dans la même dynamique.

Axel B.

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