Il est coutume de dire que la piste monégasque, théâtre du sixième grand prix de la saison 2011, révèle les vrais talents. Les pilotes les plus doués se retrouvent souvent en bonne position, malgré le handicap de monoplaces parfois peu performantes.

 

Le parfait et plus récent exemple de ce constat concerne un pilote allemand. Nous ne parlerons pas une fois de plus de Sebastian Vettel, lauréat 2011 dont le talent n’est sûrement plus à prouver, mais de son compatriote Adrian Sutil, pilote émérite de 28 ans qui a pour habitude de briller entre les rails monégasque.

Il se fera remarquer en 2008 en signant le meilleur temps lors des séances d’essais sous la pluie au volant d’une modeste Force India et manquera de confirmer en course en tenant la quatrième place à quelques tours de l’arrivée, juste avant que la Ferrari de Kimi Raikkonen vienne le percuter pour mettre fin à un authentique exploit.

Cette saison, Adrian Sutil, englué dans des faits divers extra sportif et au volant d’une voiture en net retrait par rapport aux années précédentes, ne manquera pas de se rappeler au bon souvenir de tous en tenant solidement une cinquième position pendant la majorité de la course avant de subir les affres d’une sortie de piste malchanceuse, ce qui ne l’empêchera cependant pas de rallier l’arrivé dans les points pour ce qui est à ce jours son meilleur résultat de la saison.

Juste devant lui, un autre pilote en devenir a longuement résisté aux attaques incessantes de Mark Webber au volant de sa puissante Red Bull, avant de lâcher prise à quelques boucles du drapeau à damier, offrant néanmoins à son écurie une excellente cinquième place. Ce pilote, dénommé Kamui Kobayashi, ne cesse d’impressionner les observateurs, et sa remontée monégasque, de la 13ème à la 5ème place, ne fera que confirmer tout le bien que l’on pense de lui.

D’ailleurs, il suffit de jeter un regard attentif à la grille de départ du grand prix 2011 pour se rendre compte que le circuit de Monaco est un véritable révélateur du talent intrinsèque des pilotes.

Jenson Button a la réputation de posséder une conduite souple et précise. Ces deux qualités, associées à une attaque sans vergogne à l’approche des rails de sécurité, font de lui un des artistes de rue que la Formule 1 sait si bien révéler. Ce n’est pas un hasard si l’anglais a été victorieux en 2009 au volant d’une Brawn-Mercedes encore dominatrice.

Un peu plus loin, le jeune Sergio Perez a démontré une capacité d’équilibriste effarante et parfois effrayante, fleuretant avec les rails à chaque virage jusqu’à ce que son inexpérience et sa fougue viennent stopper son ascension. Nul doute que les images du pilote mexicain à la limite, et ses excellent temps lors des séances d’essais resteront en mémoire…plus que sa violente sortie de piste.

Un autre débutant, souvent critiqué depuis le début de la saison a également réussi à se mettre en valeur lors de cette course. Il s’agit du pilote vénézuélien Pastor Maldonado, régulièrement devant son expérimenté coéquipier Ruben Barrichello (le pilote le plus expérimenté de l’histoire de la Formule 1!) et qui aurait pu marquer des points intéressants et importants pour son écurie s’il n’avait pas croisé la route d’un Lewis Hamilton très (trop ?) agressif.

Bien entendu, les vainqueurs du grand prix de Monaco ne sont que des grands noms de la Formule 1, qui ont souvent été des champions du monde : Ascari, Fangio, Hill, Prost, Senna, Schumacher, Hamilton, Vettel…ce qui donne peut être encore plus de crédibilité aux victoires de pilotes sans couronnes comme Olivier Panis en 1996 ou Mark Webber l’année dernière…

Axel B.

 

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