Il fût un temps où les pilotes de Formule 1 étaient facilement reconnaissables au volant de leur bolide grâce aux couleurs qu’ils arboraient fièrement sur leur casque. Aujourd’hui, il est plus difficile de s’enthousiasmer sur ces accessoires qui font pourtant parti de l’histoire de la course automobile.

Licence d'exploitation Creative Commons / formulasantander.com

Car effectivement, les casques, qui servent avant tout à la protection du pilote, font parti de l’histoire.

Aucun passionné de Formule 1, où même un observateur moins assidu, ne réfléchirait longtemps si on lui posait la question de savoir quelles étaient les couleurs du casque du regretté Ayrton Senna. Le jaune, le bleu et le vert restent à jamais associées au pilote brésilien, devenu une icône depuis sa tragique disparition en course en 1994.

Ces couleurs ont à tel point marquées les esprits que son neveu Bruno, en toute logique, les a repris sur son propre casque lorsqu’il a débuté en piste.

Même Lewis Hamilton se les aient approprié. Bien qu’il se dédouane de cette filiation en arguant le fait qu’il fallait une couleur vive au dessus de sa tête pour que son père le reconnaisse dans la nuée des autres concurrents lorsqu’il courrait en karting.

Mais l’ustensile peut parfois également devenir un objet de fétichisme fort. Beaucoup se souviennent encore du fameux casque bleu d’Alberto Ascari, qu’il choyait comme un bijou et auquel il portait une importance primordiale lorsqu’il se mettait derrière un volant.

D’ailleurs, lorsqu’il trouva la mort en 1955 à Monza, il avait emprunté un autre casque et avait délaissé le sien, ce qui entoura encore plus cet objet d’un halo de mystification…

Cette anecdote peut en rappeler une concernant une nouvelle fois Ayrton Senna. Le brésilien avait pour habitude de rester casqué sur la grille de départ avant les grand prix…sauf à Imola, en 1994, quelques minutes avant ce qui serait sa dernière course. Le détail n’a pas manqué de sauter aux yeux des observateurs avertis et la photo d’Ayrton, tête nue dans sa monoplace avant le départ, reste la dernière prise de son vivant.

Plus récemment et moins tristement, certains pilotes portent à leur casques et à leurs couleurs des vertus malheureuses…

Jarno Trulli par exemple, las d’enchainer les contres performances et les victoires ratées d’un cheveu, décida un jour de changer totalement le design de son couvre chef en pensant ainsi tordre le coup à sa malchance tenace.

Coup du sort ou coup de génie, il remportera le grand prix de Monaco quelques semaines plus tard au volant de sa Renault en 2004.

Il est d’ailleurs de plus en plus fréquent que les commanditaires commerciaux profitent des charmes de la course monégasque pour s’approprier les casques des pilotes à des fins publicitaires ; comme cette année avec l’audace d’un bijoutier qui a serti ceux de Button et Hamilton de diamants !

Cependant, la tradition qui veut qu’un pilote garde les mêmes couleurs durant toute sa carrière, n’est plus trop au gout du jour.

Avec l’évolution du marketing et la place de plus en plus importante qu’occupent les sponsors dans le financement des écuries et de la carrière du pilote, les casques perdent de leurs couleurs.

Lors de son transfert de Ferrari vers Jaguar, l’irlandais Eddie Irvine avait troqué la décoration rouge à rayures vertes de son casque, reconnaissable entre mille, pour un fade jaguar dessiné sur fond noir.

De même, Fernando Alonso n’a pas hésité à abandonner ses couleurs asturiennes (bleu et jaune) lorsqu’il a rejoint McLaren, pour satisfaire les sponsors de l’écurie britannique. Son retour au bercail chez Renault après une année difficile au sein de la stricte équipe de Woking, a ravivé les couleurs chaudes espagnoles chères à son cœur et à sa région.

Michael Schumacher lui, a totalement embrasé son casque de rouge pour prouver son attachement à Ferrari. Mais même lors de son retour chez Mercedes en 2010, il est resté fidèle à ses couleurs…un beau signe de fidélité envers une Scuderia qui l’avait pourtant trahie.

Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de distinguer un pilote par la couleur de son casque pendant une course. A tel point que Bernie Ecclestone, toujours soucieux du rendu médiatique de la Formule 1, a réussi à faire différencier les monoplaces par la couleur des caméras embarquées se trouvant sur la prise d’air au dessus du pilote…

Alors Messieurs les pilotes, essayez d’avoir un peu d’imagination et de créativité pour retrouver enfin la légende des casques de Formule 1, pour que l’on se souvienne également de vous pour les couleurs que vous portez fièrement.

Axel B.

Advertisements