Si le manque d’action en piste a caractérisé le dernier grand prix d’Europe sur le circuit de Valence en Espagne, cette course fut néanmoins le théâtre d’un fait marquant qui ne s’est produit que peu de fois dans l’histoire de la Formule 1 moderne.

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En effet, sur les 24 pilotes qualifiés qui ont pris le départ de la course dimanche dernier, tous sont arrivés à passer sous le drapeau à damier.

Même l’optimisme béat, maintenant devenu habituel, de Michael Schumacher dans ses tentatives de dépassements, n’a pas réussi à entamer la liste des abandons pourtant prévisibles sur ce circuit urbain et sous cette forte chaleur.

Cette anecdote, qui peut paraitre futile, est pourtant bien historique.

Lors des 50 dernières saisons de Formule 1, seul trois grand prix sont arrivés à leurs termes avec la totalité des participants au départ. Le cas le plus récent est le grand prix d’Italie 2005, sur le circuit de Monza.

Ce grand prix, qui fut également un des plus courts de l’histoire (1h15), comme il en est de tradition sur cette piste rapide, avait été remporté par Juan Pablo Montoya sur une McLaren-Mercedes, leader sans discontinu des 53 tours.

Détail amusant, et autre point commun avec Valence 2011, c’est le pilote Narain Kartikeyan qui a fini bon dernier des deux courses ; au volant d’une Jordan en 2005, puis d’une HRT en 2011.

Il faut cependant remonter jusqu’en 1961 pour retrouver un tel record à l’arrivée d’une course. Plus particulièrement au grand prix des Pays-Bas sur le circuit de Zandvoort.

A cette époque, la grille de départ comportait 15 pilotes, et les stars du moment se nommaient Jack Brabham, Jim Clark, Stirling Moss ou encore Graham Hill.

Mais cela sera cependant l’allemand Wolfgang Von Trips qui remportera ici la première de ces deux victoires, avant de trouver tristement la mort un peu plus tard dans la saison, lors du grand prix d’Italie à Monza qui sacrera son équipier, l’américain Phil Hill, champion du monde. Une autre époque certes, mais où la fiabilité des monoplaces était encore bien plus fragile qu’aujourd’hui. Le fait d’avoir toutes les voitures à l’arrivée était alors encore plus iconoclaste.

Puisqu’il s’agit de trouver des points communs entre ces trois courses, nous pouvons également noter l’absence totale de pilotes français sur ces trois périodes, ce qui prouve que le malaise du sport automobile en France est cyclique et ne date pas d’hier.

Il est donc évident que l’évolution de la technique et de la fiabilité des Formule 1 tend vers un nombre de casses mécaniques moins important qu’auparavant. Les erreurs de pilotages, elles, sont toujours aussi présente, mais il faut croire que le week end dernier, à Valence, les nouveau héros du sport automobile, Sebastian Vettel, Mark Webber, Jenson Button, Fernando Alonso et surtout Lewis Hamilton, avaient décidé de mettre les risques de côté et de rallier l’arrivée en toute sérénité.

Voilà en tout cas ce qui fait rentrer le grand prix d’Europe 2011 à Valence dans l’histoire de la Formule 1, lui qui aurait eu tant de mal avec une course plutôt fade par rapport à celles du début de saison, à faire en sorte que l’on se souvienne de lui…

Axel B.

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