La question que beaucoup de monde se pose en ce moment dans le petit monde de la Formule 1 est de savoir quel pilote est le leader de l’équipe McLaren-Mercedes ? Si Jenson Button est actuellement devant son compatriote et équipier Lewis Hamilton au championnat, la situation ne cesse d’évoluer et de nous laisser dans l’expectative.

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C’est historique, l’équipe McLaren adore avoir deux pilotes compétitifs pour disputer un championnat du monde.

Tout le monde se souvient bien entendu du fameux (fumeux ?) duo Alain Prost/Ayrton Senna qui atteignit son apogée dans les saisons 1988 et 1989, rapportant beaucoup de victoires à l’équipe britannique mais également beaucoup de sombres histoires alimentées par la rivalité exacerbée du duo franco-brésilien.

Plus récemment, l’association entre le double champion du monde Fernando Alonso et le novice de l’époque, Lewis Hamilton, enfant chéri de Woking, produisit des étincelles. La mésentente viscérale de l’anglais et de l’espagnol conduisit ce dernier à claquer la porte de l’écurie pour retourner à ses premières amours françaises, chez Renault, où il retrouvait une place de leader incontesté, avec la totalité de l’équipe derrière lui, coéquipier compris ; en effet, peu de pilote peuvent pousser leur révérence jusqu’à s’encastrer volontairement dans un mur pour faire gagner son leader…

Donc, même si McLaren se complait dans cette rivalité incessante entre ses pilotes, elle rencontre cette année un problème d’un ordre différent.

En effet, en enrôlant les champions du monde 2008 et 2009 pour les associer, Martin Whitmarsh voulait avoir deux atouts dans sa manche pour gagner des courses, voire plus, mais il s’attendait aussi à devoir régler quelques problèmes d’ordre personnel.

Que nenni, Jenson Button et Lewis Hamilton s’entendent (pour l’instant disent les mauvaises langues depuis un an et demi…) à merveille !

Ni une bagarre virile en piste au grand prix de Turquie l’année dernière ou un accrochage au Canada cette saison n’ont réussi à entamer leur bonne entente.

Seulement, cette situation, qui est en fait plutôt bénéfique pour l’écurie et pour les pilotes eux même, cache un problème qui risque de devenir plus conséquent au fur et à mesure que la saison va avancer.

Aucun des deux pilotes n’arrive à prendre le dessus sur l’autre au championnat.

Lewis Hamilton a gagné de belle manière en Chine en étant le premier à terrasser l’extraterrestre Sebastian Vettel et il semblait avoir pris un ascendant psychologique sur Jenson Button, qui lui avait plus de difficultés en qualifications, ce qui l’handicapait fortement en course.

Mais le champion du monde 2009 a relevé la tête de façon magistrale en remportant un grand prix du Canada historique, sous des conditions climatiques qui favorisent son excellente gestion des pneumatiques et ses talents d’équilibriste reconnus.

Pendant ce temps, Lewis Hamilton marquait un peu le pas en étant impliqué dans beaucoup d’incidents de course l’obligeant à se concentrer d’avantage sur ses justifications à propos de son pilotage face à la presse, qu’à la gestion de son championnat.

Du coup, l’équipe McLaren se retrouve avec deux pilotes ayant sensiblement le même nombre de points au championnat, à égalité de victoire, et avec une influence similaire au sein de l’équipe. Si Lewis est le protégé de la famille, l’intégration de Jenson a été spectaculaire au point qu’il semble désormais damner le pion à son compatriote au sein de l’équipe.

Cette situation n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de Red Bull la saison passée. A une différence près, c’est que Sebastian Vettel et Mark Webber se battaient tous les deux pour le titre de champion du monde jusqu’à la dernière course…un contexte favorable pour exacerber les sentiments, bon ou mauvais.

Axel B.

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