Il peut arriver, dans un sport mécanique aussi indécis que la Formule 1, qu’un pilote de grand talent parte du fond de la grille de départ suite à un quelconque problème. Généralement, cette aberration sportive donne lieu à de magnifiques remontées en course de la part du pilote concerné.

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Considéré comme une des plus belle course de l’histoire, le Grand Prix d’Allemagne 1957, couru sur le terrifiant Nurburgring, long à l’époque de plus de 22km, a été remporté par l’argentin Juan Manuel Fangio après un scénario haletant.

Le futur quintuple champion du monde a été retardé au stand en milieu de course suite à un ravitaillement difficile. Il perd alors près d’une minute face à l’armada des pilotes Ferrari qui caracolent en tête de la course.

Au prix d’un pilotage époustouflant de précision et de vitesse, l’argentin arrive à combler son retard en battant tour après tour son propre record sur la piste allemande.

Il reviendra au contact des voitures rouges dans l’ultime boucle pour les déposer sur place et aller cueillir ce qu’il considérera comme sa plus belle victoire.

Une victoire qui lui a permis de devenir champion du monde pour la cinquième fois. Un record qui ne sera battu à ce jour que par Michael Schumacher.

Plus proche de nous, on se souvient également de l’exploit du français Olivier Panis, au volant de sa Ligier-Mugen-Honda entre les rails du circuit urbain de Monaco.

Au volant d’une monoplace largement inférieure face à la concurrence, le pilote tricolore, parti de la 14ème place sur la grille, profitera de nombreuses circonstances de course et d’un pilotage sans erreur de sa part pour se faufiler jusqu’à la première place qu’il conservera farouchement jusqu’au drapeau à damier.

Seulement trois pilotes seront classés se jour là. Outre Panis qui remporte la victoire, David Coulthard (qui court ce jour là avec un casque prêté par Michael Schumacher suite à des problèmes de buée sur celui de l’écossais) et Johnny Herbert compléteront le podium d’une course qui aura vu ses favoris chuter un à un…Ni Michael Schumacher, ni Damon Hill, ni Jacques Villeneuve ne viendront se mettre en travers de la marche triomphante de Panis qui signe à ce jour la dernière victoire d’un pilote français en Formule 1.

En 2005, c’est Kimi Raikkonen qui devient le héro du Grand Prix du Japon en allant remporter la victoire en s’étant élancé de la 17ème place sur la grille de départ.

Les qualifications ont été perturbées par la pluie, et de nombreux favoris se retrouvent en fin de peloton. Malgré une petite erreur dans les premiers tours, le pilote finlandais trace sa route vers les premières positions pour se retrouver face à l’homme de tête, le pilote Renault Giancarlo Fisichella, à un tour du but.

Kimi Raikkonen, alors au volant d’une McLaren-Mercedes, tente dans l’ultime boucle un dépassement à l’extérieur du premier virage qui s’avérera décisif pour la victoire et qui scellera le sort de l’infortuné pilote italien.

Le finlandais, quant à lui, recevra toutes les louanges, à la fois pour ce magnifique dépassement mais aussi pour son impressionnante remontée jusqu’à la première place.

Le week end dernier, à Spa-Francorchamps, pour ses vingt ans de Formule 1, Michael Schumacher nous a offert un scénario semblable.

Suite à un problème mécanique en qualifications l’ayant empêché de défendre ses chances, le septuple champion du monde se voit forcé de partir de la 24ème et dernière place sur la grille.

Là encore, le pilote allemand fera taire ses derniers détracteurs en exécutant une formidable remontée jusqu’à la cinquième place, devant son jeune équipier Nico Rosberg.

De temps en temps, les grand pilotes, vexé par une position sur la grille de départ qui ne correspond pas à leur talent, nous offrent une belle leçon de pilotage qui nous prouve, si besoin est, que leur coup de volant est toujours envié.

Axel B.

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