La question est légitime à la veille du rendez-vous brésilien. Est-ce que Bruno Senna a sa place sur la grille de départ en Formule 1 ? Plusieurs éléments de réflexion doivent être abordés avant d’avoir un avis définitif.

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Après des débuts tonitruants chez Lotus-Renault GP au Grand Prix de Belgique, où il avait décroché une impressionnante cinquième place sur la grille, Bruno Senna semble marquer le pas en cette fin de saison.

La course en Italie, sur le circuit de Monza, reste à ce jour sa seule entrée dans les points avec une neuvième place, et ses difficultés en qualifications sont récurrentes depuis plusieurs Grands Prix.

La principale comparaison que l’ont peut établir pour juger de sa compétitivité, est réalisable par rapport à Vitaly Petrov, son équipier.

Certes, depuis une dizaine de course, les monoplaces noir et or n’ont plus reçu de développement digne de ce nom pour réussir à rester en course pour le podium, comme ce fut le cas en début de saison (Petrov et Nick Heidfeld montant sur la troisième marche du podium respectivement en Australie et en Malaisie). D’ailleurs, le russe a fait savoir son mécontentement dans la presse au sujet des difficultés rencontrées par son équipe.

Mais le constat reste édifiant. Sur les sept confrontations entre les deux pilotes, Petrov s’est classé en qualifications et en course, quatre fois devant son équipier.

Il est vrai que Senna découvre la Lotus-Renault GP, au contraire du russe qui fait parti de la maison depuis deux années. Mais nous étions en droit d’attendre un peu plus du remplaçant de Nick Heidfeld qui avait été rappelons le, remercié pour cause de résultats insuffisants.

Est-ce que les attentes ne sont pas trop grandes concernant le neveu d’Ayrton Senna. Il a été prouvé à maintes reprises dans l’histoire de la Formule 1, que les membres d’une même famille ont du mal à tous briller au sommet de ce sport. Hormis peut être Damon Hill et Jacques Villeneuve, qui ont inversé la tendance en étant les égaux, voire même plus, de leurs prédécesseurs, d’autres porteurs de grands noms comme Ralf Schumacher, Wilson Fittipaldi ou encore Nelson Piquet Jr, ne sont jamais parvenus à faire oublier leurs encombrants et victorieux liens familiaux.

Bruno Senna se heurte déjà à ce problème, même s’il semble que son équipe ne veuille pas l’accabler avec une pression du résultat excessive. Un problème que ses précédents employeurs n’ont pas chercher à contourner, puisque le brésilien avait été mis à pieds par HRT pour une course la saison dernière afin de lui signifier un manque de performance et d’implications, peu flagrant dans une écurie aussi peu compétitive.

Et puis le neveu d’Ayrton est arrivé très tard dans la compétition automobile. Les réticences de sa mère à voir un autre membre de sa famille risquer sa vie tous les week-ends ont eu raison des velléités de compétition du jeune Bruno.

Il se retrouve maintenant à 28 ans avec seulement 24 Grands Prix à son actif alors que Jaime Alguersuari par exemple, de sept ans son cadet, pointe à presque une cinquantaine de courses.

Est-ce que Bruno Senna mérite une autre chance ? Il en a déjà eu une seconde en héritant d’un baquet chez Lotus-Renault en milieu de saison. Mais la pression intense de Romain Grosjean au sein de l’équipe, et l’ombre planante d’un possible retour de Robert Kubica pourrait bien sonner le glas pour un pilote qui est peut être arrivé trop tard en Formule 1 et sur qui les attentes du public pourraient peser trop lourdement.

Axel B.

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