Chaque saison en Formule 1, un champion est consacré par le titre mondial. Mais même lors de périodes de domination intense (Juan Manuel Fangio dans les années 50 ou Michael Schumacher dans les années 2000 par exemple), au moins un pilote a pu contester la suprématie du futur titré.

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Le titre de vice-champion est souvent galvaudé et quasiment tout le temps oublié, mais pourtant, ces pilotes qui contestent parfois jusqu’à la dernière course l’hégémonie du futur champion méritent que l’on s’attarde un peu plus sur eux car ils nous permettent, la plupart du temps, de ménager le suspens.

Qui se souvient qu’avant d’être double champion du monde en 2010 et 2011, Sebastian Vettel avait réussi à contester le futur champion Jenson Button lors de la saison 2009 ?

Pourtant, l’Anglais était devenu le favori imbattable après un début de saison tonitruant marqué par une succession de victoires et de podiums qui avait presque dégouté la concurrence.

Après un regain de forme de sa Red Bull en fin de saison, Vettel maintiendra la pression sur Button jusqu’à la dernière course mais le titre lui échappera néanmoins pour une petite dizaine de points.

La saison suivante, en 2010, Vettel se battra une fois de plus pour le titre jusqu’à la dernière course mais sans en être encore le favori puisque Fernando Alonso mène alors les débats.

Une mauvaise stratégie émanant de la Scuderia Ferrari fera chuter le pilote espagnol dans le trafic du Grand Prix d’Abu Dhabi et offrira la gloire à Vettel.

Il y a donc des secondes places au championnat dont on se souvient pour leurs issues malheureuses…

Un peu comme le malchanceux, mais plein de panache, Felipe Massa, qui se verra priver du titre dans le dernier virage de la dernière course de la saison 2008.

Le brésilien passera la ligne du Grand Prix du Brésil en champion du monde, mais dix secondes plus tard, une manœuvre de dépassement de Lewis Hamilton sur Timo Glock dans des conditions de pistes humides, permettra au britannique de prendre le point précieux qui lui permettra de franchir la ligne en champion du monde définitif d’une saison rocambolesque.

Massa reste à ce jour le seul pilote qui aura été champion du monde pour quelques secondes, mais il devient surtout le vice-champion le plus malchanceux de l’histoire, et donc un des plus reconnu.

Un peu à l’image d’un Stirling Moss, quatre fois vice-champion entre 1955 et 1958, qui a eu la malchance de courir durant la période dominatrice de Juan Manuel Fangio. Moss, surnommé l’éternel second, tel le Poulidor de la Formule 1, est sûrement le pilote jamais titré qui méritait le plus de devenir champion du monde. Aléas de l’histoire, Stirling reste dans les mémoires collectives comme ce fabuleux second qui donnait malgré tout du fil à retorde à l’argentin quintuple champion.

Mais d’autres pilotes se sont classé deuxième du championnat sans forcément marquer les esprits.

Rubens Barrichello, fidèle lieutenant de Michael Schumacher, David Coulthard, besogneux écossais dans l’ombre de son leader Mika Hakkinen, Eddie Irvine, propulsé meneur de la Scuderia malgré lui après l’accident de Schumacher en 1999 ou un peu plus loin dans l’histoire, Riccardo Patrese atomisé par Nigel Mansell en 1992 et Carlos Reutemann, mal-aimé et mal aidé par Williams (lui préférant Alan Jones) en 1981.

Mais il est des secondes places qui ont le gout de victoire. Pas de victoire au champagne ou de fausse modestie, mais des victoires d’âme et de cœur, comme celle de Jackie Ickx, refusant de jouer le titre en 1970 après le décès brutal de Jochen Rindt, déclaré champion à titre posthume. Le pilote belge n’est jamais devenu champion, mais grâce à ce geste et à cette seconde place, il devient un vrai grand homme du sport automobile.

Axel B.

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