La situation de Romain Grosjean en Formule 1 est plutôt exceptionnelle. Peu nombreux sont les pilotes qui se voient offrir une seconde chance d’accéder à la discipline reine du sport automobile après un premier passage peu convaincant.

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En 2012, la carrière du franco-suisse Romain Grosjean prendra un nouveau départ. Le pilote Lotus-Renault n’est pourtant pas un inconnu des grilles de départ.

En effet, lors de la saison 2009, il avait joué les remplaçants au sein de l’écurie managée alors par Flavio Briatore, lorsque le jeune Nelson Piquet Jr s’était vu remercier après ses révélations concernant le scandale du crash-gate.

Dans un contexte plutôt difficile, et au volant d’une monoplace rétive et peu performante, Grosjean n’avait pas réussi à se faire remarquer et à conserver son baquet pour la saison suivante.

Cette étape aurait bien pu mettre un coup d’arrêt définitif à sa carrière, mais la volonté du jeune pilote de se relancer en GP2, et avec le succès que l’ont connaît (champion de la discipline au terme de l’année 2011), l’a remit dans de bonnes dispositions pour pouvoir prétendre à un poste de titulaire en 2012.

Les soutiens de la firme française Total et d’Eric Boullier, ont donc été les atouts décisifs pour sa titularisation aux côtés de Kimi Raikkonen et aux dépends de Vitaly Petrov et Bruno Senna, qui n’ont pas su saisir la chance qu’il leur a été offerte ces derniers mois.

La chance, Grosjean l’a donc une deuxième fois, et ils sont peu à pouvoir se vanter de l’obtenir comme lui.

Dans l’histoire récente de la Formule 1, quelques pilotes peuvent s’enorgueillir d’une telle situation. Qu’elle soit répétitive ou ponctuelle.

L’exemple le plus flagrant et le plus récent est celui de Narain Karthikeyan. Le pilote indien avait participé à la saison 2005 au volant d’une Jordan, sans pour autant faire de coups d’éclats, même s’il avait profité des circonstances exceptionnelles du Grand Prix des Etats-Unis pour marquer ses premiers (et ses seuls) points de sa carrière. Un bilan sportif semble-t-il insuffisant pour qu’il puisse conserver son volant la saison suivante. On aurait pu croire ne plus avoir de nouvelle de lui, mais c’est avec surprise que l’on a retrouvé le besogneux pilote Indien dans le baquet d’une HRT au début de la saison 2011, après six années d’absence en Formule 1. Pas un record, mais une belle seconde chance offerte.

On pourrait évoquer aussi le cas de Lucas Badoer, qui s’est vu offrir le volant de la Ferrari de Felipe Massa, blessé en 2009, et qui n’a pas réussi à transformer la chance qu’il lui a été offert. Bien au contraire, cette étape dans sa carrière a surtout décrédibilisé son talent mis en sommeil par plusieurs années d’essais dans l’ombre des titulaires de la Scuderia.

Pedro de la Rosa est aussi un habitué des retours et des secondes, voire troisièmes, chances offertes. A 41 ans, le pilote espagnol surprend encore tout le monde en devenant titulaire au sein de l’équipe HRT après avoir fait des remplacements chez McLaren et Sauber, et même une saison entière dans l’équipe suisse en 2010.

On le voit donc aisément, il est rare qu’une seconde chance soit accordée à un pilote dans une écurie de pointe, ou tout du moins qui joue le podium à la régulière. Il est rare également que cette opportunité soit bien saisie par le pilote concerné. La pression est donc sur les épaules de Romain Grosjean, qui devra répondre aux attentes de Lotus-Renault et d’Eric Boullier, sous peine de ne plus avoir rapidement d’avenir dans la discipline.

Axel B.

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