Personne n’y semble trop sensible dans le milieu de la Formule 1, mais Nick Heidfeld vient sûrement de tirer un trait quasi définitif sur sa carrière dans la discipline. Un sentiment d’inachevé et d’amertume doit d’ailleurs l’étreindre lorsque cette pensée envahit son esprit.

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Nick Heidfeld a toujours représenté en Formule 1 l’espoir qui n’a jamais concrétisé. Il avait pourtant toutes les armes en mains pour devenir le futur champion que beaucoup d’observateurs voyaient en lui.

Il a survolé les formules de promotion en gagnant le championnat dans toutes les disciplines dans lesquelles il a couru. Même s’il n’a jamais été étincelant, si personne n’a décelé en lui le petit plus, la petite flamme mystique qui différencie un excellent pilote d’un champion extraordinaire, son avenir semblait plus que radieux, soutenu par la firme allemande Mercedes, qui voyait en lui, le Schumacher qu’elle n’avais pas su retenir quelques années auparavant.

Ses premiers pas en Formule 1 se sont déroulés au sein de l’écurie Prost Grand Prix. Coéquipier de Jean Alesi, il se fait remarquer en dominant en fin de saison l’expérimenté pilote français. Si la Prost n’a jamais atteint les sommets, elle permet néanmoins à « Quick Nick » de se faire remarquer par Peter Sauber, grand dénicheur et formateur de talents, qui l’engage pour la saison suivante.

Les malheurs d’Heidfled vont débuter au sein de l’écurie helvétique. Associé au Finlandais Kimi Raikkonen, l’allemand va se voir griller la place par le futur champion du monde 2007, qui signera un contrat longue durée avec McLaren, place que convoitait légitiment Heidfled, pilote estampillé « Mercedes » et couvé par la firme à l’étoile depuis de nombreuses années.

Ce manque de confiance de Mercedes, Nick va le ruminer pendant longtemps tout en essayant de maintenir à flots une carrière de plus en plus chancelante.

Après une nouvelle saison où il croisera le fer avec Felipe Massa qui partira bientôt signer chez Ferrari, il trouvera refuge au sein d’une équipe Jordan moribonde qui ne lui offrira pas la chance de se montrer sous ses meilleurs auspices.

Et déjà, une première fois, à l’aube de l’année 2005, sa carrière a failli s’éteindre. Nick restera longtemps dans l’incertitude avant de signer un contrat tardif avec Williams. A cette époque, l’écurie britannique est motorisée par BMW, et Heidfled pense enfin tenir sa revanche sur Mercedes en rêvant de victoire chez le concurrent germanique.

Malheureusement, l’écurie de Grove commence sa longue descente aux enfers, et tous les espoirs du pilote allemand sont atomisés par une monoplace erratique et peu performante.

Cependant, BMW garde confiance en Heidfeld et le place, une nouvelle fois, titulaire chez Sauber, écurie que le motoriste vient de racheter.

Au total, il restera cinq années au sein de l’équipe, alternant le bon et le moins bon. Nouvelle marque de malchance pour l’allemand, il croisera la route de Robert Kubica qui le dominera outrageusement, remportant même la première victoire de BMW en finissant premier au Grand Prix du Canada 2008…devant Nick. Mais lors de la dernière saison de leur association, Pedro de la Rosa lui est préféré. A cette époque, BMW vient de se retirer et Peter Sauber a repris en mains les reines de l’écurie. Le Suisse lui préférera l’Espagnol, qu’il juge plus expérimenté et plus apte à remettre en selle une entreprise chamboulée et encore fragile. Au final, Sauber rappellera une fois de plus Nick pour finir l’année derrière le volant, mais sans aucune autre garanti sur l’avenir.

Voilà qui fait que ce dernier se retrouve une fois de plus à la porte des garages jusqu’à ce que le malencontreux accident de Robert Kubica début 2010 lui ouvre les portes de Lotus-Renault GP.

Engagé en tant que remplaçant du polonais, Nick monte sur un podium en début d’année et rapporte de solides résultats, sans être cependant flamboyant.

Est-ce pour cela qu’il est limogé en cours d’année pour laisser sa place au guère plus convaincant Bruno Senna ? Eric Boullier et LRGP ne se seront jamais vraiment expliqués sur cette démarche. Toujours est-il qu’après ce nouvel avatar dans sa carrière, on voit mal comment Nick Heidfeld pourrait retrouver une place en Formule 1.

Le principal intéressé l’a lui-même semble-t-il compris puisqu’il vient de s’engager dans une discipline de Tourisme. La course coule encore dans ses veines, mais un manque flagrant de chance, une liste bien trop longue d’opportunités ratées et, certains dirons, un manque de charisme flagrant, auront au final gâché un pilote que l’on croyait futur champion.

 

Axel B.

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