Un peu comme les sondages en politique, dont nous sommes assommés en ces périodes préélectorale, les essais hivernaux en Formule 1 devraient être un regard fiable sur les futures performances des monoplaces 2012. Mais bien entendu, les sondages comme les temps au tour sur les circuits espagnols de Jerez et Barcelone, sont loin d’être fiables.

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A écouter tous les pilotes au soir du dernier week end d’essais libres espagnols, on a l’amusante impression que tous ont la chance légitime de se battre pour le championnat. A quelques exceptions près bien entendu.

En premier lieu, l’équipe Red Bull a tenté de démontrer à ses plus proches rivaux que cela ne servirait à rien d’espérer un revirement total de situation, dans la hiérarchie établie l’année dernière. Mark Webber et Sebastian Vettel ont trusté les hauteurs des feuilles de temps lors de toutes les séances, et ce n’est pas un surcroît de travail après quelques inquiétudes mécaniques à Barcelone qui aura mis à mal leur formidable confiance en eux.

Une confiance qui semble être de retour également dans le clan Mercedes. Très discret lors de ces essais, la bande de Michael Schumacher et Nico Rosberg s’est attelée à travailler en profondeur sur le comportement de la nouvelle monoplace et à apporter des évolutions qui leur fond dire que la W03 est une bonne base de travail pour débuter la saison en toute sérénité.

Cependant, l’expérimenté septuple champion du monde, sur qui Ross Brawn semble beaucoup compter durant la phase de développement au point de lui proposer une place au-delà de cette fin d’année selon ses motivations, relativise l’optimisme ambiant en affirmant qu’il faudra attendre quelques courses avant de voir le niveau réel de chacun car les temps réalisés durant l’hiver ne sont guère révélateurs.

Voilà qui pourrait donner un peu d’espoir à Ferrari. En effet, la Scuderia semble en difficulté et une ambiance de fin de cycle flotte autour de l’équipe au cheval cabré. La longue déchéance entamée après le départ du carré magique Todt/Schumacher/Brawn/Byrne, semble incontrôlable, même pas étouffée par le titre de Raikkonen ou la lutte d’Alonso en 2010 pour la première place.

L’Espagnol prend son mal en patience et met tout son talent et sa « grinta » au service d’une équipe en laquelle il croit et avec laquelle il pense redevenir le champion qu’il a été en 2005 et en 2006. Mais ses récentes déclarations laissent entrevoir un soupçon de défaitisme, puisqu’il se justifiait récemment de son parcours passé, en arguant sur le fait qu’un troisième titre ne rajouterait rien à sa légende.

Les doutes ont aussi assailli le clan Mclaren, qui s’est distingué avec une conception de monoplace très différente de la concurrence. Si Jenson Button jouait le jeu de l’équipe en restant optimiste, Lewis Hamilton, lui, avait du mal à cacher une certaines anxiété concernant les performances de sa monoplace. Des doutes cependant atténués par les temps au tour réalisés par les deux hommes.

Les difficultés ont aussi été l’apanage de Lotus-Renault et du revenant Kimi Raikkonen, avec une monoplace très fragile, ce qui a valu au deux pilotes titulaires de rater des journées précieuses de test et de se créer de belles frayeurs à quelques semaines seulement du début de la saison. Romain Grosjean a pu, par contre, faire preuve de son talent en accomplissant des temps le propulsant en tête des classements.

Justement, quelles ont été les fortunes de nos chers pilotes français ? On l’a vu, Grosjean a rencontré quelques difficultés mais a réussi néanmoins à se faire remarquer. Charles Pic, quant à lui, ira à Melbourne sans avoir fait le moindre tour de roue au volant de sa Marussia pour cause d’échec fréquent au crash-test de la FIA. Une situation embarrassante que son mentor, Olivier Panis, n’aura pas tarder à dénoncer. Afin de dédouaner son poulain face à des possibles contre-performances au début de la saison ? Finalement, seul Jean-Eric Vergne aura réussi à boucler un programme complet, en étant plutôt satisfait de l’expérience accumulée.

Bref, ces essais hivernaux sont au final juste là pour permettre aux acteurs principaux de la Formule 1 de reprendre leurs marques. Il ne faut surtout pas en tirer des conclusions définitives, mais, quand même, chacun regarde avec attention les performances de son voisin en se demandant s’il doit s’en inquiéter ou pas…

Axel B.

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