A l’heure où le monde de la Formule 1 se pose la question de la légitimité de sa présence au Bahreïn, une autre interrogation mérite d’être abordée : est ce que la Formule 1 doit continuer à aller courir en Malaisie dans les conditions actuelles ?

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Depuis 1999, la Formule 1 fait une halte en Malaisie. Pendant deux saisons, les équipes garaient leurs motor-homes sur les terres de Kuala Lumpur en fin de saison. Dans une période de l’année ou le climat et la météo sont un peu plus cléments, il était rare de voir une course perturbée pas la pluie.

Durant ces deux saisons, les courses n’étaient certes pas palpitantes. L’hégémonie et la domination sans partage des Ferrari (vainqueur de 1999 à 2001) sur la piste de Sepang, ne rendaient pas le Grand Prix très disputé.

Mais même si une majorité des pilotes trouve le tracé plutôt intéressant, voire grisant, il ne favorise pas forcement les dépassements et les courses vivantes, avec des monoplaces modernes. Les changements fréquents de réglementation n’ont jamais vraiment réussi, sauf jusqu’à très récemment avec l’introduction du KERS et du DRS, à rendre le Grand Prix de Malaisie très disputé.

Bernie Ecclestone, promoteur de la discipline, voyait alors dans les conditions climatiques changeantes, le seul salut de cette course qui risquait de devenir aussi soporifique que le tourniquer hongrois du Hungaroring.

En décalant le Grand Prix en début de saison depuis 2002, en pleine période de moussons d’hiver au mois de mars, qui apportent des précipitations de pluie très fréquentes, le pari de Bernie est réussi. Depuis plusieurs années, la course est perpétuellement perturbée par la pluie, souvent de forte intensité, et parfois paralysante…pour le bon déroulement du Grand Prix bien sûr.

Le point d’orgue de cette situation a été atteint en 2009 lorsque la course, ayant débutée dans des conditions météorologiques instables, a du être stoppée après seulement quelques tours.

Durant cette interruption, la direction de course avait été plus qu’hésitante, en faisant patienter pilotes, écuries, spectateurs et téléspectateurs, plus d’une heure avant de finalement renoncer à relancer les vingt deux acteurs sur la piste. De ce fait, et selon le règlement, seulement la moitié des points avait été attribuée.

En effet, même dans ce cas de figure où la pluie avait légèrement baissé d’intensité, la piste était toujours autant détrempée et impraticable et surtout, la nuit commençait à tomber. Car pour satisfaire le téléspectateur européen, le Grand Prix se déroulait à 16h, heure locale (10h en France, par exemple), alors que la nuit commence à faire son apparition aux alentours de 18h. Déjà que le tour du circuit est proche des deux minutes et que la course est généralement une des plus longue de l’année, si on y ajoute quelques heures d’interruption, la crainte d’un Grand Prix nocturne non éclairé se révèle.

Cette année, le scénario était à deux doigts de se renouveler. Une course interrompue après neuf tours, des conditions météo exécrables ayant noyées la piste, et une heure de plus en plus tardive, ont fait craindre le pire.

Au final, et par bonheur, une interruption d‘une heure et une course relancée derrière la voiture de sécurité (quinze minutes tout de même après la décision de la direction de course !), ont néanmoins abouti à un des finals les plus insolites et excitants de ces dernières années. Et ce ne sont pas Sergio Pérez et Peter Sauber qui penseront le contraire…

Mais la réflexion mérite tout de même d’être menée sur la viabilité d’un Grand Prix de Malaisie à cette période de l’année et dans cette tranche horaire. Les courses deviennent certes passionnantes, mais il ne faut pas que cela soit au détriment de la sécurité des pilotes.

Axel B.

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